^. èS-c . ANNULES ,liTè:/ i .1 :hDE5 ; HAiH'itfii -• .u'i/; O'rAV n.î nirn SCIENCES NATtJREttES > '^S i A '/' '- ^'^ IMPRIMERIE DE J. TASTU, RUEDE VADGIRARD, n" 36. ANNALES D.ES SCIENCES NATURELLES, MM. AUDOUIN, AD. BRONGNIART et DUMAS, COMPRENANT LA PHYSIOLOGIE ANIMALE ET VÉGÉTALE , l'aHATOMIE COMPAHÉE DES DEUX RÈGNES, LA ZOOLOGIE, LA BOTA- NIQUE , LA MINÉRALOGIE ET LA GÉOLOGIE. TOIVCE CINQUIEME, ACCOMPAGNE DE PLANCHES I N-4V . A PARIS, CHEZ BÉCHET JEUNE , LinUAlRE DE L'ACADÉMIE ROYALE DE MÉDEONE , PLACE DE l'École de médecine , n** 4- 1825. ANNALES DES SCIENCES NATURELLES Description du Chlamyphorus , nouveau genre de Mammifères de Tordre des Edentés; Par m. Richard Harlan. M. W. Colesberry déposa le i8 décembre 18114 ^ dans le Muséum d'histoire naturelle de Philadelphie, Tanimal intéressant qui fait le sujet de ce Mémoire -, il donna à son égard les renseignemens suivans : « Cet ani- » mal est originaire de Mendoza , et se nomme dans la )) langue des Indiens Pichiciago, Mendoza est situé dans » Tintérieur du Chili, à l'est des Cordillières par la la- » titude de 33", 25' dans la province deCuyo. On se le » procura vivant, mais il ne vécut que pendant peu de » jours, après qu'on l'eut privé de sa liberté. Ses habi- » tudes ressemblent à celles de la taupe •, comme elle , il » vit presque toujours sous terre -, on prétend qu'il porte » ses petits sous le test écailleux dont il est recouvert, . » et que sa queue n'a que peu ou point de mouvement. » 11, est à regretter que les viscères et la plus grande partie du squelette aient été enlevés avant qu'il ne fût entre mes mains, et la personne qui en a fait don au Muséum ayant quitté cette ville, il est impossible d'a- voir pour le moment d'autres renseignemens sur ses mœurs ; mais les observations que j'ai pu faire sur ses formes extérieures, sur son crAne et ses dents, qui étaient presque tous dans un état parfait de conserva- tion, établissent les caractères de cet animal sur les ba- se$l'es pjus solides. > Il résulte d^une connaissance parfaite des lois de coexistence auxquelles l'organisation des animaux est soumise, que le crâne seul de l'animal qui nous oc- cupe eut,, suffi pour déterminer qu'il appartient à un genre nouveau et non décrit. C'est à la magnifique colleclion du Muséum de Phi- ladelphie , collection fondée par le zèle et le talent du vénérable M. C. W. Peale, que j'ai été redevable de pou- voir faire les comparaisons nécessaires pour ce travail. L'ordre des Edentés renferme des quadrupèdes pri- vés de dents incisives, ils forment le dernier ordre des mammifères à griffes de Cuvier^ quoique réunis seule- ment d'après un caractère négatif, il existe cependant entre eux quelques rapports positifs , tels que les grands ongles qui embrassent l'extrémité des doigts et qui res- semblent plus ou moins à des sabots. ChLAMYPHOAUS ÏRUJSCA.TUS. 1 Corpore ^ supra testa coriacea^ posticetruncata^ lineis tvansversis dispositis ^ confîata^ suhtiis capillis albis ^ ser- riceisy obtecto^ capite supra squamis testa dorsali continuis, adoperto ,* pabtiis plantisque pentadaciyliS) unguibus an- terioiibus longissimis , compressis j niarginibus cxternis mucronibusque acutis; cauda rigida, suh ahdomine inflexa. Dimensions. Fouces anglais- Longueur totale 5,*< Longueur de la tête. i ,G (7) Largeur entre les yeux 0,8 Hauteur de la partie postérieure tronquée de. l'écaillé. . . . ; . i,3 Plus grande largeur de la même i,S Circonférence derrière les épaules o,4 Longueur de la plante du pied, y compris les ongles 1,2 Largeur dft pied o,3 Longueur des ongles. o,a Longueur de la main i,4 Largeur dé la main.. o,4 Longueur de l'ongle le plus long. . . . . 0,7^. Longueur de la portion de la queue qui est libre ou repliée sous le corps. . . : . 1,2 L'écaillé qui couvre le corps est d'une consistance un peu plus denso et moins flexible qu'une semelle de cuir de la même épaisseur^ elle est composée d'une série ,4ç plaques de fornve carrée, rhomboïdale ou cubique ;cjiaque rang est séparé par une lame épidermique ou niçq[ibra- neusc qui se réflécbit, en dessus et en dessous, sur les plaques. Chaque rangée transversale comprend de quinze à vingt-deux plaques ; la partie la plus large de l'écaillo correspond à sa moitié postérieure, ou elle entoure le corps à moitié^ cette enveloppe est libre partout, excepté le long de l'épine du dos et au sommet de la tête. Elle est attachée au dos immédiatement au-dessus de l'épiue par une expansion cutanée, lâche, et elleestfixée sur le sommetde l'os frontal parlemoyende deux larges plaquer qui sont presque incorporées avec deux apophyses ps- seuses remarquables de. cet os , et qui seront décrites plps lard. Sans cette adhérence et la queue qui est. fovlemeu^t (8 ) recourbée sous le ventre , récaille serait facilement détachée. i *)u m Le nombre des rangs de plaques sur le dos i^t, en comptant depuis le vertex où elles commencent, de vingt- quatre. A la vingt-quatrième , l'écaillé se courbe su- bitement en arrière, de manière à former un angle droit avec le corps ^ cette surface tronquée est compo- sée de plaques presque semblables à celles du dos, ellesf. sont disposées en rangs demi-circulaires au nombre de cinq. Le bord inférieur un peu cllipiique présente dans son milieu une entaille, dans laquelle est attachée 1» partie libre de la queue qui se recourbe brusquement et s'étend sous le ventre parallèlement à l'axe du corps-, la portion libre de la queue consiste en quatorze vertè- bres caudales entourées par autant de plaques sembla- bles à celles du corps -, l'extrémité de la queue est dépri- mée en forme de rame , le reste' est compritrfé. Les ver- tèbres caudales s'étendent jusqu'au sommet du dos sous la surface tronquée, où le sacrum est replié vers la qufeue; le bord supérieur demi-circulaire de la surface tronquée, ainsi que les bords latéraux de Técaille , sont garnis de longs poils soyeux. Tête. Moitié postérieure large , moitié antérieure en avant des yeux de forme conique. L'occiput est couvert par cinq rangs de plaques ana- loguesaux plaques dorsales avec lesquelles elles se conti- nuent, Focciput n'étant pas distinct extérieurement. La moitié antérieure du sommet de la tête est couverte, ï'* par un rang de larges plaques , au nombre de cinq , qui sont' fortement attachées aux os sousjacens , particulière- ment les deux latérales 5 2° par une rangée de six petites plaques devant lesquelles', c*est-à-dire sur le museau , se (9) trouvent des plaques plils petites disposées' irréguliè- rement. L'oreille extei'ne consiste en une ouverture circulaire un peu évasée, située exactement derrière les yeux , en- tourée d'un rebord élevé, et qui communique avéé un canal osseux qui sera décrit avec détail plus loin. Les yeux sont petits, lout-à-fait noirs , et presque ca- chés, ainsi que les oreilles , par de longs poils soyeux. L'ouverture de la bouche est petite-, quant au nez, l'ex- trémité du museau est entouré d'un cartilage étendu comme dans le cochon, les narines s'ouvrent au bord inférieur» et sont dirigées en bas. Toute la surface du corps est couverte d'un beau poil soyeux, plus long et plus beau que celui de la taupe, mais moins serré. La partie antérieure de la poitrine est large et forte, les extrémités antérieures sont courtes, grosses et puissantes 5 le poil s'étend jusqu'à p^ù de dis- tance de la paume-, les phalanges de la main sont unies ; cinq ongles très-forts se couvrent successivement l'un l'autre, l'externe est le plus court et le plus lat'ge ; le tout est disposé de manière à former un' instrument propre à déchirer et à couper*, ces membres sont très- propres à la progression sous terre , mais rendraient les mouvemens très-difficiles à la surface. Les membres postérieurs sont faibles et courts, les pieds sont longs et étroits , leur plante ressemble beau- coup à celle du pied humain, le talon étant bien marqué, et portant à plat sur le sol, tandis que le reste delà plante du pied est arqué. Les doigts sont séparés , et les ongles sont comprimés horizontalement. Crdnc. An premier aspect les os du crâlle et de la face paraîtraient constituer une boîte solide, les traces des ( 'o) sulures étant à peine visibles dans quelques points ^ la ca- vité (lu crâne est spacieuse , sa plus grande largeur cjui est d'une oreille à l'autre , est d'un pouce -, sa plus grande hauteur est de cinq dixièmes , et la longueur de sa eavilé- de sept dixièmes. Un des caractères les plus remarqua- bles de ce crâne consiste dans les deux apophyses osseu- ses dont nous avons déjà parlé , qui s'élèvent obliquement en avant , en haut et en dehors de l'os frontal , en avant de la* cavité crânienne et directement au-dessus de l'os molaire *, elles donnent au front un aspect tout-à-fait par-r ticulîer. Ces proéminences sont creuses, elles commu- niquent avec les sinus frontaux, et contribuent beau- coup à étendre l'organe de l'odorat. Il existe entre ces apophyses une concavité considérable qui, à l'étal frais , était remplie par une substance grisâtre, adipeuse, qui servait à unir le crâne aux plaques qui* le recouvrent. Le museau commence au-devant de ces apophyses, il diminue rapidement et s'aplatit-, les os du nez sont lar- ges et forts, légèrement arqués transversalement, s'é- tendant antérieurement au-delà des os incisifs, comme cela a lieu égaler;nent pour la cloison osseuse des fosses nasales. Les apophyses zygomatiques sont arquées laté- ralement. Une petite apophyse pointue descend près de l'os molaire à peu près comme cela a lieu dans le Pa-» resseux. Les fosses zygomatiques sont grandes. Le labyrinthe est saillant et occupe la place ordinaire à la base du crâne ; il est uni au tympan auquel est attaché un cylindre osseux qui se dirige d'abord en haut derrière l'apophyse zygomalique de l'os temporal autour de laquelle elle se contourne tout-à-coup pour se diriger en avant et en haut et se terminer à l'oreille externe. Cette structure que je crois propre à cet animal sera mieux comprise d'après l'examen de la figure. ( ■> ) Mâchoire inférieure. — • La portion antérieure a la forme de celle de l'éléplian t , mais elle est plus allongée -, sa forme générale et ses proportions ressemblent beaucoup à celle du mouton, sa base étant très -arquée , et )a branche montante formant avecla base un angle presque droit , et se dirigeant obliquement en dehors. La base est marquée dei'huit légères protubérances produites par les racines des dents,, l'apophyse condy- lienne est plus longue que Vapophyse coronoide -, dans le mouton c'est l'inverse^ l'articulation dans la cavité glénoïdale est disposée de manière à permettre une grande liberté dans les mouvemens. La longueur de la base de la mâchoire est d'un pouce ^ la longueur de la branche montante est de 0,5 ; la plus grande largeur est de 0,25 ^ la largeur de la branche montante de o,3. Dents, — Incisives nulles aux deux mâchoires. Huit molaires de chaque côté des deux mâchoires , tontes rapprochées les unes des autres et placées dans des al- véoles distinctes-, la couronne des deux premières seules est assez pointue , et ressemble ainsi beaucoup à celle d'une canine ^ les six autres ont la couronne presque plate *, leur structure est très-simple , un cylindre d'é- mail d'une égale épaisseur partout, entoure un axe cen- tral osseux , sans distinction du corps et de la racine ^ la moitié inférieure est creuse , la cavité représentant un c6ne allongé. • A la mâchoire inférieure les dents pénètrent l'os dans toute son épaisseur ^ la longueur des dents est de 0,3 pouces, dont 0,2 sont cachés dans l'alvéole ; leur diamètre est d'environ 0,1 ; elles sont un peu aplaties sur les c6tés et légèrement courbées en dehors pour l s'adapter à la forme de la mâchoire. Les dents de la ma- (...) choire inférieure sont dirigées en avant et en haut ^ celles de la mâchoire supérieure sont dirigées en sens inverse , de sorte que les couronnes se rencontrent obli- quement , et que le bord postérieur des dents inférieu- res et le bord antérieur des dents supérieures présente leur tranchant pour la mastication. Le reste du squelette ainsi que les viscères ayant été enlevés, je ne puis donner aucun. détail sur l'organisation intérieure de cet animal -, mais ayant pu obtenir le sque- lette complet de la tète , et sa structure extérieure étant bien conservée, je pourrai établir les caractères génériques sur des bases solides. Ceux qui se sont occupés d'anatomie comparée , pourront^ d'après les détails que nous venons de donner sur ce singulier animal , prévoir les obser- vations qui nous restent k faire , ils verront que cet animal réunit dans sa structure extérieure des carac- tères propres aux genres Dasypus ^ Talpa et Bradjpus; cependant , un examen superjQciel suffira pour montrer les caractères génériques qui le distinguent ; ainsi, quoi- que Técaille ou sorte de cuirasse qui couvre cet animal , lui donne une légère ressemblance avec le Tatou , ce- pendant il en diffère beaucoup par la texture , la forme , la^siluation et le mode d'adhérence de cette enveloppe*, dans les Tatous , le corps est recouvert d'une carapace dure, écailleuse , qui consiste , i* en une plaque sur la tête •, 2° en un large écusson qui couvre les épaules et qui est forméde petits compartimens rectangulaires, dispo- sés par bandes transverses ^ 3° en rangées de plaques sem- blables , mais mobiles et en nombre variable , depuis trois jusqu'à douze , suivant les espèces j 4° ^*^ "" écus- son qui couvre les reins et qui est très -semblable à celui des épaules ^ 5° en anneaux plus ou moins nombreux (^3 ) nulour (le la queiie. I^es doigts sont au nombre de cinq aux pieds de derrière , et de cinq ou de quatre à ceux de devant •, les poils sont épars -, toute la carapace est couverte d'un épiderme mince et trautparent • qui est uni à. la peau de Tanimal , et qui donne à cette écaille un aspect brillant et comme verni 5 les membres sont entièrement couverts de fortes écailles. Les Tatous creusent la terre , leurs mouvemens sont assez tranquilles , et ils peuvent rouler leur corps en forme de boule 5 ils sont omnivores, et leur oreille externe est assez grande et toujours très-apparente. D'après cette comparaison , nous sommes convaincus qu'il n'existe que des analogies éloignées entre la dispo- sition des tégumens du Dasjpus et de notre nouveau genre \ d'autres analogies , déduites de la comparaison des crânes, seront exposées plus tard. Toutes les parties inférieures de cet animal , ainsi que celles qui sont dessous sa carapace, ont une grande ana- logie avec les mêmes parties dans la Taupe. Les poils sont plus beaux et plus long que dans la Taupe , et à quelque distance , ils ressemblent à de longues masses de coton 5 les yeux sont petits j le col, la poitrine et les épaules sont très-forts ; les membres postérieurs sont courts et faibles 5 les antérieurs sont courts, forts et munis de grands angles comme dans la Taupe ; mais notre animal diffère entièrement de celui - ci par la forme de la tête , de ses mâchoires , et par son oreille externe , qui est visible lorsqu'on écarte les poils. Les ongles ont quelque analogie avec ceux des Paresseux (^ Bradypus), mais ils sont attachés à la der- nière phalange, comme dans la Taupe; comme dans ce dernier animal les organes de la génération doivent ( '4) s'ouvrir eu avant da pubis et à une grande dislance du sacrum , c'est-à-dire au-devant du bord inférieur de la partie tronquée de la carapace , vers le milieu des ver- tèbres caudales qui , comme neus Tavons remarqué , se continuent sous l'écaillé tronquée jusque vers le sommet du dos. Ainsi, notre animal, comme la Taupe, est émi- nemment organisé pour unô vie souterraine , mais ce sont là les seules analogies viritcJiles qu'il y ait entre •eux. ' -lui -il • "•r'--''>>!^ 'îrsT*. Dans l'examen du crâne nous sommes frappés par plu- sieurs particularilés.et par lagi'ande dissemblance qu'il y ik entre cet organe et celui de la Taupe , dont cet animal ae rapproche tant par ses habitudes souterraines. Le jçrâne de la Taupe est long et étroit , aplati verticale- ment^ les mâchoires sont armées de quatre grandes ca- nines séparées des autres dents ^ il y a six incisives à la mâchoire supérieure et huit à l'inférieure, sept molaires dé chaque côté de la mâchoire ; supérieure , six de cha- que côté à l'inférieure , leur couronne est terminée par des pointes aiguës ; par tous ces caractères, la Taupe diffère de notre animal. L'extrémité du museau se ter- mine^ comme dans la Taupe , par une sorte de bouton charnu mais d'une consistance beaucoup plus ferme. La forme de ce museau et de la partie postérieure du crâpe, ainsi'que la soudure des sutures, établissent entre euiX quelque légère ressemblance. La paume des mains est plutôt dirigée en dedans dans notre nouveau genre , tandis que dans la Taupe elle est dirigée en dehors ; et, dans cet animal, les ongles sont privés de ce bord tranchant si remarquable dans le pre- mier. En comparant le crâne de ce mammifère avec celui ( «5 ) (kl Tatou (Dasypus sexcindus ^ Lirin.), on reconnaît plusieurs caractères qui annoncent uti même type. Ces deux anîmaiix sont également privés de dents îhci- sïTeis et canines aux deux mâchoires. Dans Fun et Tau- tre ,' un espace' considérable sépare le bord antérieur de l'os inlerfnaxillaire dii commencement des dents; enfin , toutes les dents ont huit molaires de Chaque côté de Tnne et l'autre mâchoire , trenle-deu'x en tout. Ce sont les seules analogies qui existent c»tre ces!, deui ahî- Dàiî's'lè Z>fl57jt?ii.ç la couronne dës^derits' se termine par deux pointes qui: sont 'éii^èremént enveloppées ainsi que le corps des dents par l'émail. Elles sont tellement séparées les unes des autres , que lorèque les mâchoires soiit rapprochées , celles de la mâchoire inférieure se plà- céfit entré celles de la mâchoire supérieure. En outre lés dents sont proportionnellement beaucoup plus courtes , leurs racines ne pénètrent pas aussi profondé- ment dans la mâchoire, et 'leur couronne ne ôott pas au- tant des alvéoles. La ferme générale 'de la tète et des mâchdjfres , et par^ liculièifértiëtjt éellë de la mâchoire inférieure est tout- àJ-fôit ' différente daïrs céà^àéïhL* ahîmàûx. Ainsi ïés mouvemens latéraux sont presque impossibles dans le Tatou -, ils sont au contraire très -étendus dans notre nouveau genre , chez lequel l'apophyse condylienne est plus élevée que l'apophyse coronoïde. Les dents ressemblent davantage par leur structure à celles du Paresseux (Bradjpustridactylus , Linn.) , c'est- à-dire qu'elles consisieftt dans un cylindre osiseux en- touré d'émail , excepté feur la couronne qui est dépour- vue d'émail au centre; lès' racines (ou plutôt la partie do ( ï^,) ifi d^t qui est plongée da^s 1'^ ijn^choife ) , sont creuses dans ces dçux animaux. Ce caj^aoîtè^e,' joint à cette petite î^opliyse qui descpi;id de Tapophyse zygomatiqqe et à la forme des ongles des pattes antérieures, établit beau- coup d'analogie entre ces deux animaux ^ mais ces deux genres diffèrent essentiellement dans tous les autres points de leur organisation. J'ai maintenant passé en revue avec soin , autant que le sujet le permettait, tous } es détails d'qrganisa- lion de ce mammifère singulier; durant cette recherche , j'ai eii souvent occasion d'adjqiirer ces lois de coexis- tence , qui règlent la structure des êtres organisés ; la nature fidèle àses propres lois a suivi dans ce cas , comme dans tous les av,tres, la route qu'elle s'était tracée. |L'a- nimal qui faille sujet deç^s recherches nous a offert,une forme toute nouvelle» ,une combinaison dans ses orr ganes extérieyrs de plusieurs tr^^its qui caractériseipijt le Tftlou , le Paresseux ou la .Taupe , animaux q.ui révir nissent chacun séparément les caractères anatomiques les plus remarquables. Poursuivant ces recherches pas à pas, avec les squelettes de ces anitnaux sous le^ yeux, cçj^ç fut que lorsque j'eu^ complètement terminé cha- que observation, que j'aperçus , dans le crâne seul dj^ce nouveau Mammifère , une réunion plus ou moins com- plète de tous ces caractères remarquables, que la vue extérieure de cet animal avai,t offerts -à mon exaraen. Les caractères les plus essentiels de cel animal sont : i" sa forme générale ; 2° la forme, la texture et la dis- position de la carapace écailleusc, qui doit borner beau- coup \es juouyemens de flexion et d'extension du corps, et empêcher également les mouvemens latéraux ; la plus grande lil)e«i[f^ A^p^ ,leS;mouveinens doit consister ( ■:) Oans rextensiou de la lete sur le corps; 3« la position des orgaues de la génération ; 4^ la forme , la structure et la position de la queue*, 5* la structure particulière et compliquée des pieds et des ongles*, 6^ la structure de l'organe de l'ouïe -, y** les protubérances osseuses de l'os frontal ; 8° la disposition des dents *, et 9^ la forme de la mâchoire inférieure qui éloigne à cet égard cet animal des Edentés , et le rapproche des Ruminans et des Pachydermes. Explication de la Planche i. Fig. I. Chïamyphorns truncatus de grandeur naturelle. Fig. a. Partie infe'rieure et poste'rieure du corps , et disposition 4e U queue. Fig. 3. Partie postérieure et tronque'c de la carapace. Fig. 4- La tête, vue en dessus. Fig. 5. Pied de devant vu en dessus et en dessous. Ffg. 6. Pied de derrière, vu en dessus et en dessous. Fig. 7. Le squelette de la tête, vu de profil (grossi). Fig. 8. La mâchoire infe'rieure, vue en dessus (grandeur naturelU). Fig. g. La mâchoire supérieure, vue en dessous (grossie). Fig. 10. Plusieurs dents grossies. Fig. II. L'organe de l'ouie grossi. Fig. 12. Le bout du museau, vu en avant et en dessous. Notice sur les cocons ou les œufs du TjL'mbricus ter- iiESTRis, {extrait cVune lettre aux rédacteurs) \ Par m. Léon Dufour, ....La lecture des observations intéressantes que M. le docteur Rayer vient de faire insérer dans vos Annales ( février 1827 ) , sur le développement des Sangsues dans des cocons particuliers , m*a rappelé un fait à peu près analogue, relatif au Lombric terrestre ou jT'er de terre. Tome V. 2 ( '8) Eïi avril 1817 , je trouvai aux environs de Saint-Sever, ( département des Landes), dans une marnière en ex- ploitation , des cocons ou des œufs, que je décrirai hienlôl , qui renfermaient de jeunes Lombrics. .îe m'em- pressa'j de transmettre ce lait nouveau à mon illustre ami Mé Latreille, en le priant de le communiquer à M. Cuvier. L'année suivante , je fis de nouvelles rcclier- ches dans ce même but, el j'obtins des résultats tout aussi positifs , tout aussi incontestables. Je négligeai alors de publier isolément cette petite découverte , me proposant do me livrer à des investigations anatomiqucssur le Lom- bric terrestre. D'autres occupations m'ont détourné de ce travail; mais le Mémoire de M. Rayer fournissant un appui à mon observation en même temps qu'il en reçoit de celle-ci , je ne veux point prolonger mon silence à cet égard (i). Avant d'aborder la description de ces cocons ou de ces œufs, car je suis loin d'être rigoureusement fixé sur la préférence qu'il faut donner à l'une de ces dénomina- tions , je ferai la remarque suivante. Les genres Lom- bric et Sangsue occupent, dans le cadre zoologique de M. Cuvier ( Règn. Anim. , lom. II, p. 52y ) , le même ordre, celui des Annélides abuawches. Ainsi , il doit y avoir entre eux de grands rapports d'organisation, et (1) M. Savign}-- a lu à rAcatlemie des Siences, il y a environ trois ans, un Mémoire fort e'icndu sur le« Vers de terre, et qui paraît être le fruit d'une observation long-temps poursuivie j il s'est convaincu que sous le nom de Lombric terrestre , on avait confondu un ^rijnd nombre d'espèces différentes, et qu'en se bornant à celles des environs de Paris, on pouvait en compter jusqu'à vingt-deux. TVous savons que son Mémoire renferme en outre plusieurs particularités sur les mœurs «t sur l'organisation de ces animaux , et nous en parlons ici afin que si cet observateur habile avajt fait la même découverte que M. Dufour, on ne puisse pas accuser celui-ci de Pavoir ignoré; le travail de M. Savigny étant encore inédit, ( Nnfe des Rédacteurs. ) ( '9) ■ Ton pcui ijivoquer avec plus de couiianne la loi de l't- iialogie. Mais ils forment Tun et l'autre le type de dcnx familles distinctes. Les Lombrics apparlienuent à la ù^ nûWe de» ^branches séligères, et les Sangsues à celle des yJ branches sans soies. Les cocons ou les œufs du Lumbrïcus terrestris ne «e rencontrent guère que dans la terre, à cinq ou six pieds , au milieu de l'argile ou de la marne 5 circons- tances qui les mettent à l'abri de l'inondation ou d'unes humidité surabondante. Je les ai toujours trouvés isolés. Ils sont longs de sept à huit lignes sur trois ou quatre d'épaisseur, d'une forme oblongut conico-cylindroïde, ayant un bout un peu plus gros que l'autre. La subs- tance qui les constitue est cornéo-membraneuse , d'un tissu serré, assez élastique, résonnant, lorsqu'elle est sèche, sous le doigt qui la manie. Elle est parfaitement glabre, lisse, d'un roux jaunâtre, semi- diaphane, de manière que l'on voit à travers les circonvolutions du Lombric qu'elle enveloppe , et même les vaisseaux cir- culatoires de celui-ci. Le gros bout se termine dans son rentre par une petite pointe un peu crochue , qui m'a paru fixée à un disque membraneux d'une ligne au plus de diamètre. Cette pointe, à en juger par son aspect strié , ne semble qu'un faisceau de fibres agglutinées. Le bout opposé se prolonge en un cordon plus long , courbé sur lui-même, d'une texture pareillement fi- breuse, et finit par quelques filets détachés. La struc- ture des bouts de cette capsule me fait penser que celle- ci pourrait bien être fixée dans quelque loge particu- lière du sol. C'est ce que l'observation directe ne m'a point encore démontré. Je n'ai jamais rencontré qu'un seul Lombric dant ( î") chaque Ccipsule , et lorsque le ver n'est pas encore formé ou ne reconnaît dansTintérieur de celle-ci qu'une pulpe liomogènc jaunâtre. Ges deux circonstances feraient pré- sumer que cette capsule pourrait bien être une espèce d'oeuf. Au commencement de mai 1818 un ouvrier, auquel j'avais recommandé la recherche des cocons du Lom- bric, m'en apporta plusieurs; mais comme il les avait maniés sans ménagement et abandonnés au soleil pen- dant une demi-journée , ils étaient tous plus ou moins aifaissés et difformes. Je craignais que les vers ou les germes ne fussent n1»rts -, mais les ayant placés dans un vase à l'ombre, et ejiveloppés de papier gris mouillé, j eus la satisfaction , au bout de quelques heures, de les voir se gonfler de nouveau, et reprendre leur forme naturelle. Peu de jours après , je fus bien dédommagé de mes soins en assistant à la naissance d'un Lombric. Le gros bout de la coque s'ouvre par une rupt^re cir- culaire , qui en forme une calotte à peu près semblable à celle des capsules de la Jusquiame. Ce ver de terre avait, à sa sortie, de l'enveloppe, près de deux pouces de longueur, et la grosseur d'une flcelle ordinaire. Sa consistance était bien plus molle que dans l'état adulte ^ et sa région dorsale offrait un vaisseau d'un rouge vif, exécutant des mouvemens de sistole et de diastole. Ou reconnaissait distinctement, avec le secours de la loupe, que ce vaisseau émettait à droite et à gauche des bran- ches à peu près parallèles et fort serrées entre elles. Selon Willis, Linné et la plupart des naturalistes, les Lombrics sont ovipares , et ils pondent leurs œufs par l'anus. D'après l'ouvrage précité de M. Cuvier , « les œufs descendent entre l'intestin et l'enveloppe » extérieure jusqu'autour du rectum , où ils éclosent. ( •-•■ ) ». Les petits sortent vivanspar Taiius» 5 (/oc. aV., p. 528.) J'avoue que , malgré les faits que je viens d'exposer , je ne me crois pas suffisamment éclairé pour décider entre ces deux opinions contradictoires. Quoique les iJbmhric» soient nombreux dans nos contrées, il est fort difficile, vu la profondeur où ils s'enfoncent , d'être témoin ocu- laire de leur accouchement. D'une part, le volume et la structure de Ja capsule qui renferme le jeune Lombric, semblent éloigner l'idée d'un œuf; de l'auUe , la pulpe homogène , qui précède la formation du ver , nous por- terait à adopter cette dernière dénomination. Mais Fcxis- tence de cette pulpe est-elle constante, ou ne se trou- viiit-elle qu'accidentellement dans le petit nombre de capsules où je l'ai observée? Je sens ici le besoin de re- nouveler mes recherches sur ce point, et il est irès- vrai que presque toujours ces coques renferment des vers tout formés. Il n'est pas improbable que les Lom- brics soient réellement vivipares , et qu'aussitôt après leur naissance la mère les enveloppe isolément de ce tissu cornéo-membraneux dont j'ai esquissé la descrip- tion .«C'est ici que l'anatomi^, exacte de ce ver nous serait d'un grand secours pour résoudre le problème , car on doit trouver dans l'intérieur du corps , ainsi que je l'ai rencontré dans tous les insectes qui forment des Cocons , un appareil spécial de sécrétion pour la fabrication de ces derniers. Observations sur les rapports de la Mère et du Père a\^ec les produits , relaiwement au sexe et à la res- semhlance ; Par m. GiRon de Buzaringues. Les lois qui président à la procréaiiou des sexes et celles qui déterminent la transmission héréditaire de certaines qualités physiques ont depuis long -temps paru dignes de la méditation des esprits les plus éle- vés. La curiosité a toujours été vivement excitée par cette relation intime qu'on reconnaît dans une multitude d'observations journalières entre les formes matérielles des enfans et celles de leurs parcns , et qui s'observe même entre leurs dispositions morales et intellectuelles. La cause secrète qui amène de tels résultats semble l'un des plus beaux mystères de la physiologie , et les conséquen- ces probables de la solution d'un tel problème le ren- dent également intéressant pour toutes les classes de la société. On aurait donc lieu d'être surpris de voir com- bien il existe peu de travaux dirigés vers ce but , si les savans ne s'étaient réellement habitués à considérer cette curieuse question comme une de celles que la nature s'est attachée à recouvrir d'un voile impénétrable. Nous sommes arrivés toutefois à une époque où toutes les grandes idées frappent vivement les esprits , et où toutes aussi semblent exciter plutôt le zèle que le décou- ragement. Les difficultés, loin de rebuter les personnes qui se vouent aux études sévères, irritent au contraire leur ardeur, et Jes conduisent à d'importantes décou- vertes au travers des plus grands obstacles. C'est ce qui arrivera nécessairement à l'égard de la question que nous allons examiner lorsqu'un esprit solide aura vaincu par sa persévérance les difficultés qui s'opposent à la réunion des faits nécessaires pour la résoudre. Toutefois en parlant des théories générales sur la génération des animaux , on arrive relativement au pliénomènc de la production des sexes à quelques conclusions à la fois simples et faciles à mettre à l'épreuve , et tout nous porto à espérer que l'exemple de M. Girou sera suivi par beau- ( '3 ) coup d^autres agriculteurs. Quoique les faits qu'il a bien voulu nous transmettre soient en trop petit nombre pour amener une conviction parfaite, ils sont néanmoins assez rcMparquables pour exciltr rinlérêt des naturalistes, et pour les engager à mettre à profit toutes les occasions d*eu réunir de semblables. Nous allons résumer en peu de mots les diverses opi* nions qui ont été admises sur la génération , et nous en discuterons ensniie les conséquences relativement à la formation des sexes. • Les partisans du système de l'emboîtement admettent que le fœtus tout formé dans les ovaires reçoit, par l'in- fluence (le la liqueur du mâle, une secousse ou une communication qui lui donne une vie indépendante de celle de la mère. Dans cette bypotbèse Tembryon était déjà complètement organisé, mais il n'avait dans l'ovaiie que la vie commune à tous les organes de la mère. L'ac- Uou du mâle en fait un être distinct sans lui donner aucun nouvel organe. D'où il résulte évidemment que les mâles et les femelles existent déjà dans Vovaire ; que Vacte de la fécondation n entre pour rien dans la production des sexes et que par conséquent t influence du père est nulle à cet égard ; quil faut enfin chercher V explication des phénomènes dans Vétat de la mère seule et hors des circonstances de la fécondation. Les philosophes qui ont admis l'épigénèse se par- tagent en deux classes. Les uns pensent que l'embryon résulte de la combi- naison de la semence du mâle avec celle de la femelle. Parmi ceux-ci on distingue le célèbre BuDbn. L'opinion çmise par le profond anatomiste qui vient d'élever avec tant de bonheur l'édifice philosophique des rapports et ■ ( «4 ) dis lois de l'organisaiion, semble se placer aussi dan* cette classe. Les autres , admettant le résultat des recherches de MM. Prévost, et Dumas-, croient avec eux que Tanimal- cule spermatique fourni par le mâle se fixe sur l'ovule produit par la femelle. Ce dernier fournit tous les élé- mens du système cellulaire et du système sanguin , tandis que l'animalcule devient le rudiment primordial du sys- tème nerveux. Si Ton s'arrête à ces données , la coopération du père et de la mère dans la fonnatiou de l'embryon, devient évidente ; à la vérité les épigénégistes considérant le fœ- tus comme un être qui se fait pièce à pièce , il est clair qu'aux premiers temps de son existence il n'a pas encore de sexe. Les organes générateurs apparaissent assez tard, et il serait très -possible que des circonstances dépendant de la mère seule établissent le sexe du foetus par l'in- fluence qu'elle exerce nécessairement sur cet être jus- qu'alors privé d'appareils sexuels. La différence entre un mâle et une femelle est anatomiquement si faible qu'on peut présumer qu'une cause bien légère détermine la formation de l'un et/ de l'autre sexe. En considérant les choses sous ce point de vue , on se- rait donc porté à admettre que la mère a seule de l'in- fluence sur la production des sexes. Toutefois il résulte de quelques considérations tirées de l'histoire des insectes, et que M. Audouin se propose de développer prochai- nement , que l'âge de la mère et la nourriture fournie au fœtus influent sur son sexe dans les animaux articulés. Avant de connaître ce fait MM. Prévost et Dumas en- visa«'caienl vaguement la formation des sexes comme un accident de la gestation ou du développement fœtal placé (25) sous riufluence exclusive de la mère. Après avoir eu communication de celte importante observation^ , ils ont arrêté davantage leurs réflexions sur ce point , et ils ont "compris que les rapports de la mère à Tembryon devaient être dans ce cas relatifs et non point absolus^ ils ont compris en outre que si un fœtus devient mâle ou femelle suivant des circonstances déterminées, il était probable qu'avec un peu d'attention, on parviendrait à lier les principes sur la génération développés plus haut avec les conditions qui amènent la formation des sexes. Il semble assez bien établi soit en pbysiologie , soit en médecine, que le système cellulaire est plus abondant chez la femelle que dans le mâle, et qu'au contraire le système nerveux de celui-ci est plus développé que celui de la femelle. Nous avons admis plus haut que la femelle fournissait le système cellulaire à l'embryon , et le mâle le système nerveux. Il résulte du rapprochement de ces deux considérations que chacun d'eux tend à re- produire son propre sexe. En effet , si l'ovule produit par la femelle renferme des élémens de tissu cellulaire abondans , il en résultera une femelle, et réciproquement si l'animalcule par sa vigueur tend à donrier.un déve- loppement considérable au système nerveux, il en ré- sultera un mâle. Cette relation entre l'animalcule et l'ovule n'est point absolue, et l'on conçoit qu'une quantité de tissu cellu- laire suffisante pour produire une femelle avec un ani- malcule faible , donnera pourtant un mâle avec un ani- malcule plus fort. Le père et la mère auront donc l'un et l'autre une influence nécessaire sur la production des sexes. Lorsque le premier fournira des animalcules vi- f^ourcux , il produira un plus grand nombre de mdles ,• ( î6 ) ^uand il émettra des animalcules faiblei , il donnera plus de femelles, La mère de son côté donnera plus de fe- melles quand elle sera forte et plus de mâles quand elle sera faible. Le rôle du père dépend uniquement d'après ces vues de la vigueur et de la vivacité des animalcules qu'il four- nit, car les expériences de MM. Prévost et Dninas ont démontré que pour les dimensions les animalcules ne Yariaient point dans les individus d'une même espèce, quelle que fut d'ailleurs leur force ou leur âge. Mais ils ont vu au contraire que sous le point de vue du pouvoir locomoteur, les animalcules ofifraient de grandes difle- rences en rapports avec l'état physiologique de l'animal duquel ils provenaient. Le rôle de la femelle se rapporte à la quantité de nour- riture qu'elle fournit au fœtus dans les vivipares et à la dimension des œufs dans les ovipares. Il est aisé de voir qu'on ne peut arriver à une démons- tration expérimentale de ces résultats qu'en réunissant un grand nombre de faits. C'est une question de statisti- que à résoudre, et les agriculteurs ont à la fois un in- térêt direct à s'en occuper elles moyens de le faire avec facilité. Parmi les causes générales qui pourraient entrer comme éiémens dans la discussion , on ne fait mention ici ni de l'influence de la nourriture , ni de celle des saisons. Ce n'est point que l'on ne pût rien déterminer à cet égard à priori^ mais M. Fourier, qui a su appliquer avec succès dans beaucoup d'occasions ses connaissances mathéma- tiques aux questions les plus délicates de l'administra tîjon , nous fait connaître un de ses résultats les plus curieux. D'après les naissances de la ville de Paris pendant près » >«- d*un siècle, ou peut se convaincre que les saisons ne produisent aucune altération constante dans le rapport des mâles aux femelles Il ne reste donc que deux espèces de considérations à examiner , l'dge et la santé. Relativement à Tàge on peut diviser en trois épo- ques le temps pendant lequel les animaux sont capables d'engendrer : i* celui qui correspond aux premiers ins- lans de la puberté -, 2* l'époque moyenne de la vie sous le rapport générateur 5 3* les inslans qui précèdent la perle de celte faculté. D'après ce qu'on a exposé plus haut on trouvera les résultats suivans pour les produi^i de ces trois figes : Mâle jeune — plus de femelles que de mâles. Mâle moyen — rapports égaux, Mâle vieux — plus de femelles que de mâles. Le contraire aura lieu pour la femelle. Femelle jeune — plus de mâles que de femelle». Femelle moyenne — rapports égaux. Femelle vieille — plus de mâles que de femelles. En combinant ces trois âges entre eux on arrive à des considérations qui tendent à rétablir l'équilibre des nais-: sances. - 1* mâle jeune — femelle jeune — rapports égaux. a" ief, femelle moyenne — plus de femelles. 3** id, femelle vieille — rapports égaux. 4°Màlemoyen-7femelle jeune — plus de mâles. 5** id. femelle moyenne — rapports égaux. 6« id, femelle vieille — ^plus de mâles. ^® mâle vieux «^ femelle jeune — rapports égaux. B'* id. femelle moyenne — plus de femelles. 9* id, femelle vieille — rapports égaux. C>8) Les combinaisons 1,3,5,7,9, donneront donc des rapports à peu près égaux entre les produits mâles et femelles. Les combinaisons 1 , 8 donneront plus de femelles que de mâles. Les combinaisons 4 ? 6 fourniront plus de mâles que de femelles. Au total les rapports entre les. mâles et les femelles seront à peu près égaux , lorsque ces combinaisons seront livrées au hasard , ainsi que cela se pratique dans l'état social de Tespèce humaine. Si l'on voulait toutefois ex- pVquer pourquoi il "naît constamment vingt-trois mâles, pour vingl-d"eux femelles , on pourrait en trouver les motifs soit dans le tableau précédent, soit dans celui que nous allons former sous le rapport de la santé. Toutes choses égales d'ailleurs du côté de la femell.e , on trouvera les résultats suivans : Mâle fort — plus de mâles. Mâle moyen — rapports égaux. Mâle faible — plus de femelles. Et de même avec des mâles pris au hasard, les femelles donneront suivant leur état physiologique : Femelle forte — plus de femelles. Femelle moyenne — rapports égaux. Femelle faible — plus de mâles. Nous aurons aussi dans ce cas les neuf combinaisons suivantes : 10° Mâle fort — femelle forte — rapports égaux. Il** id. — femelle moyenne — plus de mâles. 12° id, — femelle faible — plus de mâles. i5« id. i& id. ^f id. 18" id. ( ^9 ) i3" Maie moyen — femelle forte —plus de femelle», i^" id. —femelle moyenne — rapports égaux. — femelle faible — plus de mâles. — femelle forte — plus de femelles. — femelle moyenne — plus de femelles. — femelle faible — » rapports égaux. Les combinaisons i o , 1 4 ? i B donnent des rapports égaux h peu près. Les combinaisons 11 , 12 , i5 donnent plus de mâles que de femelles. Les combinaisons 1 3 , 16, 17 fournissent plus de fe^ meîies que de mâles. Il résulte encore de ce tableau qu'en masse le nomb-re des naissances femelles et des naissances mâles doit être à peu près le même. En résiimé un mâle fort et bien portant donnera des animalcules qui exigent une nourriture plus abondante dans leur développement fœtal. Ils produiront plus de mâles que de femelles , toutes choses égales d'ailleurs. Une femelle bien portante et forte produira des œufs plus développés si elle est ovipare , nourrira mieux le fœ- tus si elle est vivipare , et donnera par conséquent plus de femelles que de mâles , toutes choses égales d'ailleurs. En combinant la considération de l'âge et celle de la santé, on multiplierait beaucoup les divers cas possibles; mais il est aisé de voir qu'en somme on reviendrait en- core à ce résultat d'une égalité presque parfaite entre les deux sexes. On va voir que le Mémoire de M. Girou justifie toutes ces présomptions, et qu'il est au contraire peu favorable aux conclusions qui résultent de la théorie de l'emboî- tement. (R. ( 3o) Obseuvà-tions sur le rapport des sexes , des produits auec Tétat relatif du père et de la mère à V époque de V ac- couplement. Le père très-jeime produit plus de femelles que de mâles. Celui qui a passé lage adulte et qui est fortement constitué, produit plus de mâles que de femelles. Les mères trop jeunes ou trop vieilles, ou faiblement constituées,^ouqui produisent à des époques rapprochées, donnent plus sûrement des mâles que des femelles. Les mères qui ont été disposées à recevoir le mâle par une abondante nourriture prise au sein du repos, don- nent plus de femelles que de mâles ; celles qui n'ont été prédisposées â la reproduction que par l'excitation du tnâle, donnent plus de mâles que de femelles, surtout lorsqu'elles ont été soumises récemment â un exercice pénible et soutenu , ou â une réduction dans leur nour- riture accouiuhiée. Les pères qui ont la tète grosse relativement au reste du corps donnent plu« de femelles que de mâles; et ceux qui ont la léte légère , l'abdomen spacieux , le bassin large, produisent plus de mâles que de femelles 5 tandis que les mères â tête grosse et sèclie donnent plus de mâles que de femelles, et celles dont la tête est petite font plus de femelles que de mâles. Le sexe masculin prédomine dans les résultats de la monte d'un grand nombre d'animaux domestiques, lors- que, dans l'ensemble des accouplemens, il y a eu prédo- minance relative de la vie intérieure sur la vie extérieure cbez les mâles, et de la vie extérieure sur la vie intérieure chez les femelles : de l'intervertion de cette prédomi- nance résultent plus de femelles que de mâles. (S. ) Je ne dois pas me dispfchser de rapporter les faits priuci- paux desquels j\ii déduit t'Cs propositions aphoristiques. Ayant remarqué que les irès-jeunes et les vieilles mè- res,, soit vaches, soit jumens, soît brebis, me donnaient plus de. mâles que de femelles ; tandis que les mères d*un f«ge moyen produisaient plus, ou à pou près autant do femelles que de mâles, surtout lorsque les premières avaient été accouplées avec des mâles vieux et les se- condes avec des mâles jeunes , j'ai soupçonné que les faits qui m'avaient fourni ces observations étaient une conséquence des lois de la nature j et ce soupçon a dé- terminé de nouvelles observations et plusieurs recherches. Mon honorable ami , M. H. de L.-G. , s'occupait avec beaucoup de soin de l'éducation d'un troupeau de mé- rinos., lorsque je lui adressai les questions suivantes : 1^. Les Béliers de dix-huit mois donnent-ils plus de mâles que de femelles ou plus de femelles que de mâles? 9.°. Môme question sur les vieux Béliers? Voici ses réponses : « En i8o3 , j'avais acheté à la bergerie de Perpignan quatorze Béliers dont deux seulement étaient vieux. Des circonstances particulières ayant déconcerté mes pro- jets, je fus contraint de placer mes Béliers un à un on deux â deux, dans différens troupeaux, a cette seule condition que toutes les agneleltes mélisses qui en pro- viendraient me seraient vendues , au prix moyen de la race indigène. Lorsque, profitant de ce droit, j'acquis les agneleltes, j'eus lieu d'observer que le nombre en était de beaucoup supérieur à celui des mâles, excepté dans le troupeau où les deux vieux Béliers avaient fait la monte communément avec un de trente mois. )) Eu i8o4 , nti de mes vieux Béliers ayant péri , celui ( 3s.. ) qui survécut se trouvant supérieur à ceux qui me restaient , je le gardai avec deux autres parvenus à l'âge de trois ans et demi , pour la monte de mon troupeau qui me produisit à peu près autant de mâles que de femelles. » En i8o]^, j'achetai trois Béliers sans cornes âgés de dix-huit mois, et je réformai ces trois autres. Le nombre des femelles fut beaucoup plus considérable que celui des mâles. En 1808, le nombre des femelles diminua, quoique encore supérieur à celui des mâles. » En 1809, j'achetai quatre autres Béliers, dont deux vieux avaient fait la monte à la bergerie de Perpignan. Depuis cette époque, je n'ai guère employé que dos Béliers vieux qui avaient déjà fait la monte à la même bergerie , et ils m'ont donné è peu près autant de mâles que de femelles. » M. P*'^'*^, fermier du domaine d'Is, situé dans le.dé- parlement de l'Aveyron, forma en 1819 le projet de ne pas livrer ses brebis au Bélier. Il est inutile de rapporter lesmolifs de cette détermination. Il acheta des agneaux mâ- les de six mois , et les mit dans le troupeau de ses brebis, ayant soin d'en éloigner tout mâle adulte. Ses bergers et ses domestiques , dont le salaire consistait en partie dans la faculté de tenir plusieurs brebis portières avec le troupeau de la ferme, ne jugèrent pas à propos de suivre l'exemple de leur maître , et ils placèrent leurs brebis dans les troupeaux du voisinage où il y avait des Béliers. M. P'*** n'obtint pas de sa spéculation le résultat qu'il en attendait, ses brebis furent fécondées, à son grand étonnement, par les jeunes agneaux qu'il avait achetés^ et elles produisirent soixante-six femelles conlK^ f route- (33) quatre mâles i, la première moitié de Tagnelage fut pres- que exclusivement composée de femelles. Il n*en fut pas de même des brebis qui appartenaient aux bergers ou aux domestiques. Celles-ci donnèrent vingt-un mâles et dix-huit femelles. En 1812, j'ai mis des Béliers jeunes dans mon trou- peau de mérinos , et des Béliers vieux dans mon troupeau de mélissrs; et cette monte m'a produit plus d'agnelettes que d'agneaux mérinos et beaucoup plus d'agneaux que d'agnelelles métisses. M. G***, artiste vétérinaire, m'a dit qu'en 18 12 il avait confié la monte de son troupeau à deux Béliers an- tenaîs, et que sur cent trente-huit agneaux il n'avait eu que cinquante mâles. De mes notes sur l'agnelage de mon troupeau, il ré- sulte que les brebis saillies au commencement de la monte donnent une plus grande quantité relative de fe- melles , que celles qui reçoivent le Bélier au plus fort de la monte, ou après cette dernière époque. En i8i6\ et à l'époque de la monté, je divisai mon troupeau en deux sections. Parmi les agneaux nés avant le i4 février 1817 , on comptait dans une section vingt- trois mâles et trente-trois femelles , et dans l'autre vingt- huit mâles et vingt-six femelles-, et parmi ceux qui na- quirent après cette époque, il y avait dans la première section trente-neuf mâles et trente-huit femelles , et dans la deuxième, soixante-cinq mâles et quarante-huit fe- melles. L'agnelage de 1821 m'a donné, avant le 9 décembre, dans le troupeau des mérinos, douze mâles et vingt-une femelles, et dans celui des métisses , dix mâles et quinze femelles -, et à compter du 10 du même mois, il a produit ToMB V. 3 ( 34 ) dans le premier iroupeau vingt-neuf inàles et trente^ quatre femelles , et dans le deuxième soixante-dix mâles et soixante- six femelles. L'agnelage de 182*2 m'a donné, avant le 2^ novem- bre, dans le troupeau des mérinos, douze mâles et dix- liuit femelles, et. dans celui des métisses seize mâles et vingt-une femelles-, et à compter du 28 du même mois, il a produit dans le premier troupeau vingt-un mâles et vingt-cinq femelles, et dans le deuxième trente-quatre mâles et trente-trois femelles. Je ne donne pas ici le relevé de mes notes des autres années, parce qu'elles ont été tenues moins exactement^ mais je puis attester que, pendant vingt-quatre ans, j'ai eu de semblables résultats. . Le sevrage de mes agneaux a lieu ordinairement dans le mois de mars, tant pour les mérinos que pour les mé- tis, mais je suis dans l'usage de faire traire le lait des brebis métisses, jusqu'au commencement de juillet^ tandis que je le laisse passer aux mérinos immédiatement après le sevrage. Celles-ci sont donc moins épuisées que les autres à l'époque de la monte. Or, il est remarquable qu'elles produisent aussi une plus grande quantité rela- tive de femelles : ainsi les mérinos m'ont donné en 1821 quarante-un mâles et cinquante-cinq femelles 5 en 1822, U-ente-trois mâles et cinquante femelles -, en 1823, trente- trois mâles et quarante-trois femelles 5 tandis que les métisses ont produit, en 1821, quatre-vingts mâles et quatre-vingt-une femelles, en 1822, cinquante mâles et cinquante-quatre femelles^ en 1823, soixanle-buit mâles et soixanle-liuit femelles. En 18 16 et avant la monte, j'ai formé deux troupeaux dont l'un était composé de mes brebis les plus grasses, et l'autre de mes brebis les (35 ) plus maigres. Ce premier m'a donné cinquante-neuf mâles et soixante-dix-neuf femelles , et le second, qua- rante-lrois maies et cinquante femelles. J'ai répelé la môme opération en 1817 , mais j'ai donné de jeunes Béliers sans cornes aux brebis maigres , et des Béliers cornus âgés de plus de quatre ans , anx brebis grasses. Les premières ont produit soixante-un mâles et soixapte-onze femelles, et les secondes, quatre-vingt- treize, mâles et soixante-quatorze femelles. J'ai demandé à différens bergers quel sexe prédominait ordinairement dans les produits des amenais? Ils ont tous répondu, sans hésiter, que c'était le sexe masculin, et je me suis assuré qu'ils disaient vrai, par des obser- vations répétées et personnelles. >*î En 1 8 1 3 , j'ai noté le fait suivant : sur trente-six vachètf portières, vingt-sept âgées de plus de cinq ans ont pro- duit quinze femelles et douze mâles , et les autres , plus jeunes , ont donné une seule femelle et huit mâles. Toutes ces vaches avaient été fécondées par des taureaux de dix-huit ipois. J'ai fait souvent des observations analogues dans mes étables et dans mes écuries.; et je regarde comme cons- tîint que les mères trop jeunes font plus sûrement des^ mâles que des femelles, à moins qu'elles n'aient acquis une vigueur précoce dans l'usage d'une nourriture abon- dante et choisie. .^ ;; i» ;;i; Parce que je préfère les pouliches aux poulinS-,' j-ai^ pris le parti de ne faire saillir mes jumens que tous les deux ans, et cela me réussit. Ce procédé est connu de beaucoup de cultivateurs qui le mettent en pratique aveci succès , pour avoir des mules qu'ils préfèrent aux mulets. En général , lorsque la force motrice des mères est 3* ( 36 ) prédominante , soit par VeÀYet de l'exercice , soit par la dé- bilitation de la force nutritive, elles produisent plus de mâles que de femelles , comme on peut s'en assurer par l'agnelage , soit d'un troupeau qui a voyagé extraordinai- renient, soit de jeunes brebis épuisées par la gestation ou l'allaitement d'une première portée ou de deux portées consécutives. AGn d'arrêter une débilitation progressive de la force motrice de mes brebis , je les ai fait voyager pendant trois étés sur les hautes montagnes de l'Aveyron : celte mesure n'a été suivie , la première année , d'aucune différence sensible dans les rapports des sexes de l'agnelage , parce que j'avais retiré les Béliers lorsque la moitié de mon troupeau eut été saillie ^ mais la seconde année il en est résulté une moindre quantité relative de femelles. - L'éclair, étalon arabe, dont j'aurai occasion de parler encore, avait la tête grosse, et il a donné, dans presque toutes les écuries où il a fait la monte , plus de pouliches que de poulains. J'ai eu des jumens à tête grosse et sèche qui m*ont donné constammenl des mâles. Pendant que je me livrais à ces observations M. le vi- comte de Morel-Vindé formait, avec cette précision et cette exactitude qui caractérisent ses travaux, un recueil de notes sur la monte et l'agnelage de son troupeau; et au nombre des résultats qu'il croyait avoir obtenus de ses notes , M. de Vindé comptait le renversement de tous les calculs sur la procréation d'un sexe plutôt que d'un autre. Je ne puis donc présenter à l'appui de mes observations des faits plus incontestables que ceux dont M. de Morel-Vindé a publié le recueil en 1812, 181 3 et iBi4» Je vais en faire le relevé. ( 37 ,) La monte de 1812 a produit cent trente mâles et cent quatorze femelles-, sur ces nombres, les brebis saillies avant le 17 juillet, époque du fort de la monte, soit qu'elles fussent fécondées avant cette époque , soit qu'elles soient rentrées ensuite en chaleur, ont donné quarante- quatre mâles contre cinquante-quatre femelles *, les autres ont donc fait soixante-quinze niàles contre soixante fe- melles. La monte de 181 3 a produit cent dix-sept mâles et cent dix-sept femelles. Sur ces nombres , les brebis saillies avant le i^ juillet, époque du fort de la monte, ont donné quarante mâles contre soixante femelles^ les autres ont donc fait soixante-dix-sept mâles et cinquante- sept femelles. La monte de i8i4 a produit cent soixante-douze mâles et cent vingt-neuf femelles. Sur ces nombres, les brebis saillies avant le 17 juillet, époque du fort de la monte, ont donné soixante-neuf mâles contre soixante-quatre femelles 5 les autres ont donc fait cent trois mâles et soixante-cinq femelles. Les divers âges ont : produit , en 1812 : 6 ans et \ 18 mâl( es i3 femelles 5 id. '7 '7 4 id. 24 24 3 id. 25 20 2 id. 33 ^1 I id. En i3 i8i3. i3 7 ans et ~ 10 7 t> id 12 lA 5 id. 20 ^9 (38) 4 ans et -i lO 21 à id. 28 23 2 id. et au. 2* Agneau i3 8 2 id. et au. i" Agneau i4 25 En i8i4. mâles femelles. 8 ans et - 12 5 7 id. 6 id. «7 •9 . 57 7 . 4 5 «W. •9 24 II 4 id. 24 ]. 3 tW. et au. 3"* Agneau 1 1 3 id. et au. 2™* Agneau 26 2 iV. 38 I id. 2 77 j8 35 2 La monte de i8i4 a été soumise aux influences d'une circonstance remarquable. Pour sauver son troupeau des dangers que lui faisaient courir les besoins des armées étrangères, M. de Morel-Vindé fut obligé de les mettre dans les bois pendant dix jours ; et il fut privé, pendant plus de deux mois , de tous les fourrages rassemblés pour son entretien. Je rapporte , en partie , à cette circons- tance la prédominance extraordinaire des mâles dans les produits de celte monte. Je dis, en partie; car lâge de huit ans et demi , qui né figure point dans les montes (39) des années précédentes , a donné douze maies contre cinq femelles. Il est digne de remarque que Finfluence de la débi- litatîon des mères sur le sexe des produits , a été bien plus grande chez les brebis âgées de cinq ans et au- dessus, que chez celles qui étaient âgées de moins de quatre ans , et qu'elle a été nulle chez celles de quatre ans. On peut déduire de ces faits les propositions suivantes : I**. A l'âge de quatre ans et demi , époque du plus parfait développement de la brebis, l'équilibre entre les sexes de ses produits est aussi le plus constant ; sans doute parce qu'elle échappe, par sa vigueur, à l'action des circonstances fortuites et n'est soumise qu'aux influences inévitables de ses rapports avec le Bélier. a*. L'âge de deux ans et demi donne plus de mâles que de femelles, lorsque les sujets qui en font partie ont été soumis à la reproduction à dix-huit mois 5 tan- dis que les brebis encore vierges à cet âge donnent plus de femelles que de mâles , si leur force nutritive n'a pas été soumise à des circonstances qui aient troublé, à l'é- poque de la monte , ses rapports naturels avec la force motrice. 3**. L'âge de trois ans et demie suit la même loi que le précédent , et sans doute par la même cause : en i8i4> les brebis de cet âge qui étaient à leur ^troisième agneaà , ont donné une plus grande quantité relative de mâles que celles qui n'étaient qu'à leur deuxième agneau. 4*. Au-dessus de quatre ans et demi , la brebis donne d'autant plus sûrement des mâles, qu'elle approche da- vantage de ia décrépitude. (4o) 5®. Les brebis qui entrent en chaleur au comraeuce- ment de la monte, et qui sont par conséquent les mieux portantes, donnent une grande quantité relative de fe- nn'lles -, tandis que celles qui sont fécondées dans le fort de la monte et qui par conséquent sont entrées en cha- leur, du moins la plupart, par les excitations du Bélier, donnent une grande quantité, relative de mâles; et j'ai observé que ce dernier résultat arrive, quoique les Bé- liers soient épuisés à celte époque. Je conclus de ce qui précède : i** que la femelle est prédisposée à produire des femelles , par l'exubérance de sa force nutritive ; 2" qu'elle est prédisposée à pro- duire des mâles , par Tépuisement de sa force nutritive, ou par l'exaltation de sa force motrice*, S*" que les ré- sultats que promet la femelle peuvent être changés par le fait du mâle, surtout lorsque les rapports entre la vie extérieure et la vie intérieure sont les mêmes chez celui-ci que chez celle-là ; 4° ^ue chaque sexe peut contribuer à produire l'un et l'autre sexe ; 5° que le sexe des pro- duits dépend de l'état relatif des émanations des deux sexes dont la réunion forme les rudimens du fœtus. Je montrerai plus tard que cette dernière proposition n'est pas combattue par la diversité des sexes que produisent presque simultanément les femelles multipares. Observations sur les ressemblances entre les descendans et leurs ascendans. Cinq à six cents animaux domestiques, soit mammi- fères, soit oiseaux, qui naissent annuellement sous mes yeux, et mes relations avec des cultivateurs qui font de C'4') réducation des bestiaux le principal objet de leur indas« trie, m'ont fourni de fréquentes occasions d'observor les ressemblances des pères et des mères avec leurs produits. Les observations (pio j'ai faites ou que j'ai recueillies sur CCS ressemblances vont être le sujet d'un autre ré- sumé. Les produits des animaux domestiques ressemblent , en général , plus au père qu'à la mère , par la tête, les mem- bres , la couleur, le caractère, en un mot, par tout ce qui tient à la vie extérieure 5 cependant, sous ces mômes rapports, la fertielle , plus que le mâle, ressemble au père, et le mâle, plus que la femelle, ressemble à la mère. Les mêmes produits ressemblent en général aussi plus à la mère qu'au père, par la taille , la longueur des poils, les dimensions du bassin, enfin par tout ce qui est sous les influences de la vie intérieure ou de nutri- tion \ mais sous ces rapports le mâle, plus que la femelle, ressemble au père , et la femelle, plus que le mâle, res- semble à la mère. Le fœtus ressemble souvent, par la vie extérieure, à l'aïeul paternel^ et, sous ce même rapport, la fille res- semble quelquefois à l'aïeule maternelle *, lors même que le père ressemble à sa propre mère et la mère à son propre père. Je n'ai jamais vu revivre l'aïeul paternel dans le pe- tit-fils, ni l'aïeul maternel dans une petite-fille , lorsque le pure ne ressemblait pas à sa propre mère , ou la mère à son propre père. En s'éloignant de l'époque de la naissance, le fils qui ressemblait d'abord à sa mère et la fille qui ressemblait à son père, acquièrent quelquefois de la ressemblance, l'un avec son père et l'autre avec sa mère : cette meta- ( 40 morphose est plus fréquente et plus prononcée chez le fils que chez la fille. Le fils ne passe jamais de la ressemblance avec le père à celle avec la mère, ni la fille de la ressemblance avec la mère à celle avec le père. La couleur du père et celle de la mère , ou se combi- nent dans les produits, et forment une teinte moyenne, ou s'y entremêlent sans se confondre , surtout lorsqu'elles sont contrastantes comme le noir et le blanc. Le mélange sans fusion est plus constant sur le tronc que vers lee parties antérieures de la tète ou les extrémités des mem- bres : l'on ne voit ici, bien souvent, que les taches du père ou quelquefois celles de la mère seulement. Plusieurs naturalistes ont reconnu les influences gé- nérales du père sur la vie extérieure , et de la mère sur la vie intérieure des produits. En parlant des Mulets , Vicq- d'Azyr dit : // semble que l extérieur et les extrémités soient modifiés par le père et que les entrailles soient une émanation de la mère. Bufîbn avait fait des observations analogues, dans sa comparaison du Mulet avec le Bar- deau. Nous ne devons donc pas insister là-dessus. Mais il est remarquable que les Mules issues de l'Ane ont les crins plus longs, le bassin plus large, quoique infécondes , et qu'elles sont plus têtues , plus vicieuses que les Mulets ; et que ceux-ci ont bien plus souvent que les Mules le poil coloré de la Jument. Les chasseurs ont adopté le proverbe chien de chienne et chienne de chien , pour exprimer qu'on retrouve les qualités de la mère dans le fils et celles du père dans la fille. M. de *** a été propriétaire d'une Jument sans poil. Je tiens de lui que, sur quatre produits, qu'il en avait (43) obtenus, lorsqu'il m'a rapporté ce fait, trois femelles ont nu du poil comme rétaîon , et un maie a été sans poil comme sa mère. ',; Une Vache de race suisse, au poil blanc semé de taches rousses, m'a donné cinq Veaux, dont une femelle qm ressemblait au Taureau , et quatre mâles qui ressem- blaient à la mère par le fond de la couleur et la distri-'- bution des taches. Dans un nombreux troupeau d'Agneaux issus de Bé- liers blancs et légèrement tachés de noir sur le nez et de Brebis dont la plupart étaient blanches et plusieurs noi- res , toutes les femelles étaient blanches et presque toutes tachées de noir sur le nez , tandis qu'il y avait des mâles noirs , et un petit nombre seulement d'entre les blancs étaient tachés sur le nez. Je me suis assuré que plusieurs Brebis noires avaient produit des femelles. Parmi les produits d'un Coq sans queue , j'ai compté beaucoup plus de Poulettes que de Poulets sans queue. Une Chienne de chasse au nez double, ou dont les naseaux étaient séparés par une solution de continuité, 'fet issue d'un père au nez double et d'une mère au nez commun, a été accouplée avec un Chien au nez commun -, et sur huit petits issus d'une même portée, il y a eu quatre mâles au nez double et quatre femelles au nez commun. Une Chatte domestique alliée à un Chat sauvage m'a donné deux Cha^s qui ressemblaient â la mère, et qui étaient doux et familiers à l'homme Comme elle, et une Chatte qui ressemblait au père et qui était sauvage comme lui. Celle-ci était bien plus rusée que ses frères, Surquatre Poulains que m'a donnés une Jument arabe, trois mâles ont eu le .poïl d« la mère, et une femelle celui du père. (44J Pendant dix ans , j'ai allié l'éclair, étalon arabe , petit et un peu panard , à tête grosse et oreilles basses , mais dont le train de derrière était parfait, avec environ sept à huit Jumens de taille moyenne, qui avaient presque toutes de l'aplomb, la tète assez légère et à rexc<'ption d'une seule la croupe avalée. Or, je n'ai pu obtenir de ces accouplemens un seul Poulain qui n'eût la tête plus grosse que celle de sa mère , et presque tous ont été pa- nards du même côté que le père. Ils ont eu, la plupart, les oreilles basses^ et excepté un seul qui provenait de la Jument à coupe horizontale, tous ont eu la croupe ava- lée. Ceux des mâles qui ont été gris rouan comme le père ont été petits comme lui^ et parmi ceux qui avaient le poil de leur mère, on en comptait plusieurs qui en avaient aussi la taille. Les femelles étaient en général plus grandes que les mâles ', et elles avaient, plus sûre" ment que ceux-ci, le caractère et le poil de l'é- talon. J'ai vu reparaître dans les Poulains mâles le poil de leur aïeul et dans les Pouliches celui de leur aïeule, qu'on ne trouvait ni dans le père ni dans la mère. Le dernier de ces faits a été plus rare que le premier. On est surpris souvent de voir naître des Agneaux noirs ou tachés de noir , de Brebis et de Béliers à laine blanche -, mais , si l'on prend la peine de remonter à l'o- rigine du phénomène, on la trouve dans les aïeux. Parmi les Veaux issus de Taureaux noirs et de Vaches rousses, il y a souvent des mâles qui, roux en naissant, deviennent noirs dans la suite ^ et parmi ceux qui proviennent de Vaches noires et de Taureaux roux , on rencontre quelquefois des Génisses qui , rousses en naissant , deviennent ensuite noires*, mais je n'ai jamais vu que le Veau teint en naissant de la couleur de sou (45 ) père prît ensuite celle de sa mère , ni que la Génisse, teinte d'abord comme sa mère, prît plus lard la couleur de son père. Les personnes qui voudront répéter ces observations doivent éviter de confondre les poils avec le duvet. Fresques tous les Poulains issus d'un Cheval noir et d'une Jument blanche , ou d'un Cheval blanc et d'une Jument noire, sont gris : l'observation en a été faite par tout le monde ; mais ce qu'on n'a peut-être pas autant remarqué , c'est que la fusion des couleurs cesse d'au- tant plus complètement et que le mélange sans fusion devient d'autant plus sensible , que les couleurs sont plus contrastantes , ou que les forces motrices de l'animal sont plus grandes : ainsi le blanc ne se fond point avec les autres couleurs 5 le mélange sans fusion est plus fréquent et plus complet chez les Chevaux ou chez les Anes, que chez des Bœufs ou chez des Moutons -, et il n'y a presque plus de fusion chez les Oiseaux. Enfin, le mélange même cesse ordinairement sur les points les plus éloignés du foyer principal de la vie intérieure, tels que les parties antérieures de la tête ou les extrémités des membres ; comme on peut le remarquer chez les Poulains, chez les Veaux, chez tous les animaux domestiques enfin, où ces parties semblent appartenir exclusivement, par la couleur , à celui de leurs parens dont la vie extérieure prédomine dans le reste de leur corps. Les taches des animaux pies s'entremêlent par masses dans leurs produits. L'albinos transmet son blanc de lait, ou il produit des animaux pies, ou l'influence de sa couleur est nulle dans la teinte de ses petits. MM. Prévost et Dumas rapportent , d'après M. Colla- ( 4.grand nombre proportionnel des mâles coïncide avec le plus grand nombre des naissances 5 et au contraire les femelles naissent dans un plus grand rapport quand il arriva que les naissances sont moins nombreuses. si°. Le plus grand nombre des conceptions coïncide ( 48 ) avec riiiver et le printemps dans le midi , avec le prin- temps dans le nord. Ainsi l'excès du chaud et du froid diminue le nombre des conceptions^ et les causes qui diminuent le nombre des conceptions diminuent aussi la proportion des mâles. Le mois de mars, examiné pendant un siècle, a cons- tamment fourni le même résultat que le mois de juillet , c'est-à-dire qu'il a fourni d'une manière absolue plus de filles que de garçons. Or, ces deux mois ont oifert un nombre de conceptions au-dessous du nombre moyen des autres mois. Donc ils sont moins favorables que les autres à la génération. La chaleur du mois de juillet explique l'influence dé- bilitante que ce mois exerce sur les forces génératrices. Lfî régime végétal du mois de mars , à raisoji du carême, explique la même cause débilitante de cette période sur les individus qui se nourrissent de celte manière. M. Bailly déclare que le mouvement de la population sur laquelle il a observé ces faits, comprend un siècl'd qui commence à 1691 et se termine en 1791, c'est-à- dire avant la révolution, époque qui a ensuite apporté des modifications particulières dans la population. Ce savant remarque qu'il est probable que le carême était plus généralement observé , quant à la nourriture , dans le siècle précédent que dans celui-ci , ce qui expli- que , suivant lui , la différence marquée que le mois de mars a apporté dans les produits de la conception dans cette durée. On sait d'ailleurs que , pendant l'été, le régime végétal est plus ordinaire que le régime animal*, circonstance qui rapproche cette saison du mois de mars. 3°. Les grandes années de disette coïncident avec le plus petit nombre de conceptions. ( 49 ) llsuU de cet ensemble de faits que rétal de force ou de faiblesse des parens influe sur le. sexe de l'enfant qu'ils auront -, que la plus grande activité des forces génératrices ou fécondantes coïncide avec le plus grand nombre proportionnel des mâles , et 'vice versd. Ces conditions étant connues, comme il est en notre pou- voir d'agir sur elles jusqu'à un certain point, M. Bailly perse que nous pouvons fa^ varier le rapport naturel des sexes. Il promet de reirore public un Mémoire où se trouveront tous les développemens qu'exige un ré-, sultat aussi important. Les recherches de ce savant ayant été faites sur des mouvemens de population indiqués , quant aux nais- sances , mois par mois, avec distinction des sexes, on conçoit facilement comment les personnes qui ont seu- lement opéré sur des totaux annuels , n'ont obtenu qu'une moyenne dans laquelle rien n'indiquerait Tin- fluence de§ saisons sur les produits de la conception : car l'hiver des pays chauds modiGaitles résultats de l'été, comme celte dernière saison modifiait l'hiver des pays du nord. Il peut être utile de rapprocher les considérations pré- cédentes d'un passage de V Essai philosophique sur les prohabilités , où M. De Laplacc, parlant des illusions dans l'estimation des probabilités, examine précisément une question du genre de celle qui vient d'être examinée : (( J'ai vu , dit ce savant, des hommes désirant ardemment d'avoir un fils , n'apprendre qu'avec peine les naissances des garçons dans le mois où ils allaient devenir pères , s'imaginant que le rapport de ces naissances à celles des filles devait être le même à la fin de chaque mois ; ils jugeaient que les garçons déjà nés rendaient plus pro- TOME V. 4 ( 5o) bables les naissances prochaines des filles Si dans le cours d'un mois il était né beaucoup plus de garçons que de filles , on pourrait soupçonner que vers le temps de leur conception , une cause générale afas^onsé les con- I ceptions masculines ^ ce qui rendrait la naissance pro- chaine d'un garçon plus probable.... La fréquence d'un événement semble indfquer une cause un pou durable qui le favorise, ce qui augmente la probabilité de son prochain retour , et sa ré^H^on longtemps prolongée , telle qu'une longue suite de jours pluvieux peut déve- lopper des causes inconnues de son changement. » M. Bailly trouve ici une autorité imposante qui donne de la force aux conséquences qu'il tire des faits obser- vés ; et on remarque avec intérêt que l'illustre auteur de l'Essai sur les probabilités à , pour ainsi dire, prévu qu'il devait y avoir dans les circonstances extérieures des causes constantes propres à favoriser les naissances mas- culines et le nombre total des naissances. ( Bulletin de la Soc. Thilom. , oclolre 1824. ) iV. B, Nous avions annoncé plus haut (p. 26) que d'après les observations de M. Fourier, l'influence des saisons sur la production des sexes pouvait être consi- dérée comme nulle. Les résultats qu'on vient de lire seraient en contradiction avec ceux de l'illustre géo- mètre que nous avons cité , et malgré la confiance que nous inspirent les recherches de M. Bailly , il est dif- ficile de croire que M. Fourier qui a porté dans l'é- tude de la statistique , la sévérité d'un esprit mathéma- tique et la sagacité d'un homme supérieur , ait pu com- mettre une erreur sur ce point délicat et important. (R.) (5.) Note sur tes contractions musculaires produites par^ te contact d'un corps solide, avec les Nerfs ^ sans arc galvanique ,• Par m. W. F. Edwards, D. M. Lue à l'Acaddoiie royale des Sciences. Les expériences de Galvani sur la contraction mus- <:ulaire excitèrent une fermentation dans le monde sa- vant, qui donna naissance à de nombreux et d'impor- lans travaux. On regarda cette époque comme une ère nouvelle en physiologie-, elle le l'ut réellement par des faits qui tenaient du prodige et des résultats fondamen- taux ; elle fut aussi très-remarquable sous un autre rap- port, en donnant naissance à une nouvelle branche de physique. Cependant toutes les espérances relatives à la physiologie ne se réalisèrent pas. Les physiologistes qui avaient d'abord trop espéré se découragèrent trop tôt, et depuis la fin du dernier siècle , où parut le célèbre ouvrage de M. de Humboldl ^ur le Galvanisme , jusqu'à une époque très-récente , ils s'occupèrent pou de ce genre de recherches. II était naturel cependant que la nouvelle impulsion donnée à Télectricite par M. OErsted réveillât leur attention , ei la grande extension donnée à l'influence de cet agent parles rticherches de M. Becquerel, devait faire renaître l'espoir de nouvelles applications de ce principe à l'éco- nomie animale. Aussi M.VI. Prévost et Dumas présentè- rent bientôt après à l'Académie des Sciences un travail qui excita un vif intérêt. Ils firent connaître la terminaison des dernières rami- fications des nerfs , leurs rapports de direction et de con* nexion avec la fibre musculaire, et changèrent entiè- 4" ( 5> ) rcjjient nos idées sur le mode de contraction de celle (îbre. La preuve de ces faits reposant sur le témoignage des sens , et soumise à l'inspection de plusieurs mem- bres de l'Académie, ne peut laisser aucun doute sur leur exactitude. MM. Prévost et Dumas clierchèrent à les rattacher à Taciion de Félectricité , et appuyèrent leur explication de plusieurs expériences nouvelles qui ten- daient à la confirmer. L'objet de cette note ne se rapporte qu'à un dés sujets que ces physiologistes ont traités dans leur Mémoire. Comme il est exposé avec beaucoup de concision dans lé passage suivant, je le citerai textuellement. Yoî'ci comment ils s'expriment : (( Il s'agit maintenant de montrer que, dans tous les cas où les contractions se produisent , il existe aussi Un développement d'électricité. Haller et ses disciples em- ployaient comme excitans l'acide sulfurique ou nitrique concentré, le chlorure d'antimoine, les métaux rouge» de feu; enfin, la pression ou la piqûre, qui sont évi- demment deux phénomènes identiques. Nous allons examiner toutes ces conditions d'irritabilité. )> Adaptons, à cet effet, deux fils de platine identi- ques aux extrémités des branches du galvanomètre ; plongeons l'un d'eux dans les muscles de la grenouille , et touchons les nerfs de l'animal avec l'autre , après l'a- voir chauffé au rouge ; les contractions seront très-vives, et la déviation de l'aiguille très-sensible. Ces deux phé- nomènes se reproduiront, mais avec moins d'intensité , si le métal rouge est porté sur les muscles. » Substituons maintenant à l'un de ces fils une coupe de platine remplie d'acide nitrique , et fixons à l'autre un fragment de nerf , de muscle ou de cerveau ; à cha- ( 53 ) que Gonlacl , l'aiguîUe sera déviée , et le courant ira de l'acide à la matière animale. On obtiendra des effets analogues au moyen du chlorure d'antimoine. » Quant à la pression ou à la piqûre, qui n'en est qu'une modification , nous n'avons pu , dans ce genre d'expériences, accuser l'électricité qu'elles doivent ex- citer ; mais les belles découvertes de M. Becquerel ne laissent aucune incertitude sur ce point 5 et les diflficultés que nous avons éprouvées tiennent à des conditions qui rendent nécessaires des modifications dans l'appareil. » D'ailleurs nous savions par d'autres essais entrepris dans le courant de l'hiver dernier, que, par la pression la pins légère, deux matières animales vivantes se cons- tituent dans des états électriques contraires. îl suffit que deux personnes isolées se touchent la main pour qu'elles se retirent du contact avec un excès d'électricité libre , suffisant pour dévier l'électroscope de Coulomb, m Lo passage que je viens de citer établit d'abord que trois modiîs principaux d'excitation extérieure , l'action du feu, des acides et de la compression , développent de l'électricité. Ce fait, il est vrai, est très-favorable à l'opinion de ces physiologistes , que la contraction musculaire , excitée par ces stimulans , dépend de l'électricité que leur ac- tion développe. Il y a , en effet , en même temps , et développement d'électricité et contraction musculaire j mais on peut se demander si c'est bien en vertu de ce développnment d'électricité , que la conlraclion a lieu. Et quoiqu'on sache bien que l'électricité , si elle est en quantité suffisante, et appliquée d'une certaine manière ,. détermine des contractions ; on ignore si le fluide , dégagé dans ces trois modes d'excitation , est { 5/i ) dans les conditions requises pour produire U contrac- tion. Voilà , ce me semble , l'état de nos connaissances à cet égard , et le sujet est assez intéressant pour nous faire désirer de nouvelles lumières. Occupé de quelques rechorrlies sur le système nerveux, j'ai eu occasion d'examiner un mode d'excitation mécanique , qui me paraît avoir été négligé jusqu'ici , et qui m'a conduit à ties observations relatives à la question que je viens de poser. Le procédé consiste à toucher un nerf, comme on louche un barreau d'acier pour l'aimanter, en faisant passer l'excitateur sur une certaine étendue de sa sur- face. L'objet n'est pas d'agir par la pression , quoiqu'il lîii ait toujours plus ou moins dans toute espèce de con- tact 5 mais dé toucher successivement diflérens points contigus , et l'on est toujours le maitre de toucher aussi légèrement qu'on le veut. Afin de passer ainsi l'excitateur sur une certaine éten- due de nerf, il convient que le nerf soit plus ou moins tendu et soutenu. Ges conditions se trouvaient réunies dans les circonstances où j'ai employé ce genre d'attou- chement, et c'est ce qui a toujours lieu lorsqu'on se borne à dénuder une portion du nerf , en le laissant en connexion avec le reste du système nerveux et le muscle où il se rend. Je mets à découvert les nerfs sciatiques d'une gre- nouille dans l'étendue du sacrum , en enlevant la peau et la chair musculaire qui les recouvrent-, ensuite, j'ôle la peau des membres , pour que l'on puisse observer les contractions des muscles. Je passe sous les nerfs sciati- ques une bande de taffetas gommé , aGn de mettre lea ( 55 ) nerfs en évidence et de les porter au niveau du sacrum* Nous ne devons considérer d'abord dans cette pr^» paralion qu'un animal dont les nerfs sciatiques sont mis à la portée de la vue et du toucher, et dont les muscles nus des membres inférieurs ne peuvent faire le moindre mouvement sans être aperçus. Pour empêcher les mou- vemens volontaires qui dérangeraient l'observation , î! est nécessaire de faire une section à la moelle épinière immédiatement derrière la tête. L'animal ainsi disposé, je touchais un nerf sciatique , de la manière que j'ai décrite plus haut, avec une tige mince d'argent. Il en résultait des mouvemens dans les muscles du membre correspondant , ièt celar presque à chaque fois que je répétais ce genre d'attouchement , quelque léger que fut le contact. Je passais doucement l'exciiateur sur le nerf dans l'espace découvert, qui était de trois ou quatre lignes. Toute autre tige métallique produisait aussi des contractions, telles que le cuivre, le zinc , le plomb , le fer , l'or , l'étain et le platine. J'avais tu soin de n'employer que des métaux de la plus grande pureté , que MM. les Essayeurs de la Monnaie avaient eu la bonté de me procurer. Il n'était pas nécessaire que la tige fût de métal. Je réussissais aussi avec le verre et la corne. De façon que , pour produire des contractions , il suffisait de toucher de la manière que j'ai décrite avec un corps solide quelconque. Ce procédé, pour déterminer des contractions mus- culaires, en touchant successivement les points conligus d'un nerf dans une petite étendue , en n'employant qu'un seul corps, sans communication avec les muscles de la cuisse , m'a paru fournir une occasion favorable d'examiner le mode d'action de celte excitation métal- ( 56) lîtj lie ^c'est-à-dire , si elle détermine les coniraclîonspar un intermédiaire qui nous est absolurafent inconnu , ou si elle les produit en vertu de l'éleclricité que développe l'action mécanique. Ma première recherche était d'exa- miner si je pouvais reconnaître une différence d'action suivant la substance de l'excitateur , toutes les autres conditions étant sensiblement les mêmes. Je reconnus bien qu'il y avait une différence marquée entre le fer et le zinc d'une part , et les autres métaux ; le fer et le zinc produisant des contractions moindres -, mais je ne pouvais, d'une manière satisfaisante, établir une échelle de gra- dation entre les autres , et je ne pouvais guère l'espérer, à cause des variations dans l'état de l'animal, qui donnent lieu , sous l'influence du même corps , à des différences tellement grandes qu'elles pouvaient égaler ou surpasser celles qui proviendraient de la différence des substances. Il me suffisait de pouvoir reconnaître que quelques- uns de ces excitateurs différaient manifestement entre tmx , et je renonçai à établir une échelle de gradation , (jue le sujet ne comportait pas , et qui , d'ailleurs, n'au- rait pas mené directement au but. Il s'agissait , en effet, de savoir si le genre d'attouchement qui constitue le procédé d'excitation , employé dans les expériences pré- cédentes , produit la contraction musculaire eu vertu d'un intermédiaire dont la nature nous est absolument inconnue , ou s'il les détermine par le moyen de l'élec- tvicilé développée par toute action mécanique d'un corps sur un autre. Je pensais qu'il y aurait un moyen de se décider à l'égard de la vérité ou de la fausseté de cette dernière hypothèse. En effet, si l'électricité dé- veloppée par le coniaci de l'excitateur et du nerf était la cause de la contraction, on pouvait, en diminuant ( 5;) beaucoup la quantité de fluide qui agit sur le nerf, di- minuer d'une manière sensible , ou même rendre nulle la contraciion musculaire. Or, il y a moyen de pro- duire de pareils effets , et c'esIrtUn de ceux qui permet d'établir dans des expériences ^Wanic^ues les compa- raison* les plus décisives. Il se rapporte à la conductibilité ou la non-conducli- bililé de la substance sur laquelle le nerf repose. Ainsi , lorsque le nerf est dans ses rapports naturels , il repose sur les chairs musculaires qui sont d'excellens conduc- teurs de réleclricité. Et si Ton fait agir une quantité don- née de ce fluide sur le nerf, tandis qu'il est en contact avecles chairs musculaires , il se fait un partage entre le nerf et les parties charnues , qui diminue l'excitation du nerf et l'intensité des phénomènes qui doivent en ré- sulter. Si, au contraire, on place sous le nerf qu'on veut exciter un corps isolant, ou concentre toute l'élec- tricité sur le nerf, et l'on obtient de la quantité du fluide employé tout l'effet que l'on cherche à produire. L'on a toujours recours à cette précaution dans les expériences galvaniques, lorsqu'il s'agit d'exciter des contractions par de petites quantités d'électricité, comme celles qui se développent par le contact de deux mé- taux. \ Mais pour s'assurer de l'influence respective de ces deux conditions , savoir du nerf isolé et du nerf non isolé , il ne faut pas établir la comparaison sans avoir égard à l'état de l'animal. Si l'animal est vif et très-exci- table, on aura de trop fortes contractions dans l'un et l'autre cas , pour que la différence soit sensible : car la comparaison ne peut rien apprendre, lorsque, dans la condition la plus défavorable , l'agitation du membre a ( 58 ) lieu. Il u'y a plus de gradation au-delà *, c'est pourquoi il faut attendre que lahimal soit assez affaibli pour que la contraction musculaire n^agite pas le membre , lors- que , par le coplact ae deux métaux , on exciie le nerf qui repose sur les chairs. On peut ainsi réduire le phé- nomène à la contraction du muscle, sans locomotion , ou même le rendre tout-à-fait nul. Si , dans cet état , on place sous le nerf un corps isolant , tel que du verre ou du taffetas gommé , et si l'on rétablit l'arc métal- lique composé de deux corps hétérogènes , on produit de suite l'agitation du membre. D'après ce fait bien avéré , et le principe universel- lement reconnu sur lequel il repose, j'ai cherché à m'assurer si les contractions produites par Tattouche- ment du nerf avec un seul corps sans arc , dans la série d'expériences décrites plus haut, dépendaient de raC" tion de la même cause. J'ai dit, en décrivant le procédé, que j'avais placé sous la petite portion du nerf dénudé une bande de taffetas gommé. Il s'agissait maintenant d'établir la comparai- son entre un animal ainsi préparé , et un autre dont la même portion de nerf dénudé ne serait pas isolée , mais reposerait sur les chairs sous-jacentes. J^employais une des tiges avec lesquelles j'excitais facilement des contrac- tions, en touchant légèrement de haut en bas la portion de nerf isolée par le taffetas gommé ; mais lorsque je touchais de la même manière le nerf non isolé de l'autre animal , je ne produisais plus de contractions. On con- çoit facilement que je ne me bornais pas h quelques tentatives ^ que je les répétais fréquemment ayant soin de m'assurer que la nullité des effets ne tenait pas à la manière de toucher le nerf j que le contact était aussi (59) complet dans un cas que dans l'autre , et que je soumet- lais à la même expérience plusieurs animaux de même espèce , pour que la différence des effets ne tînt pas aux individus. Mais comme les nerfs n'étaient pas autant en évidence , ni soutenus au niveau du sacrum , comme dans l'autre cas, au moyen de la bande de taffetas gommé, j'établissais , sous ces deux rapports , une parité com- plète , eu soulevant les nerfs, et en les faisant reposer 8nr une bandfî de cbair musculaire, semblable à la bande de taffi'ias gommé , et placée do mcme en travers sur le sacrum. Mais je ne réussissais pas mieux à produire des contraclions , en touchant , de la même manière , le nerf non isolé. Il en était de même quelle que fut la nature de la lige dont je me servais'pQur exciter le nerf. On peut rendre cette différence plus trancliée encore j au lieu d'établir la comparaison entre deux individus , on peut la faire sur le même animal. Après avoir tenté inutilement de produire des contractions, en touchant, comme il est dit plus haut , le nerf sous lequel est placée la bande de taffetas gommé , on détermine des contrac- lions, et l'on obtient alternativement l'un ou l'autre résultat, suivant que l'on place sous le nerf le corps conducteur ou le non-conducteur -, mais les manipula- tions que ces épreuves nécessitent , épuiseraient le nerf si elles étaient trop fréquentes. Or, cette différence est tellement tranchée qu'elle ne saurait l'être davantage, puisqu'elle est du tout au tout; point de contractions d'une part , et contractions de l'au- tre. Un contraste si grand n'était pas nécessaire *, une moindre différence eût suffi, pourvu qu'elle fût bien ma- nifeste. Et l'on ne voit pas de raison pour qu'il n'arrive (6o) pas quelquefois des contractions dans le cas où le nerf n'est pas isolé ^ car on sait que dans les expériences gal- vaniques , la même quantité d'électricité dégagée par le contact de deux métaux produira , ou ne produira pas de contractions, suivant la vitalité de l'animal, laquelle varie chez le même à différens momens , comme elle diffère entce des individus. Je l'avouerai cependant -, l'absence constante des con- tractions dans un cas , et leur production dans l'autre , pour ainsi dire h volonté, laissait quelque chose à dé- sirer. Ce contraste extrême dans les effets , d'abord très -satisfaisant, parce qu'il faisait ressortir davantage l'inlluence respective des conditions et nous éclairait sur la nature de la cause y semblait ensuite trop prouver par la reproduction constante de la môme différence. Paurais désiré produire quelques contractions, en lou- chant le nerf non isolé, comme on le fait dans les ex- périences ordinaires du galvanisme par le contact de deux métaux , moins prononcées , à la vérité , parce que le mode d'excitation que j'employais était moins éner- gique. J'y parvins dans la suite. En observant la diffé-, rence des effets, suivant que je touchais le nerf isolé avec plus ou moins de vitesse, je reconnus qu'un attou- chement rapide et léger, car j'évitais toujours la com- pression , détermine des éônlractions plus constantes. Voyant que je pouvais déterrhiner plus facilement des contractions en augmentant la vitesse de l'attouchement, j'en fis l'essai sur un animal dont le nerf n'était pas isolé, et j'obtins fréquemment des contractions légères. Ainsi , Véà^'Aé pouvait soupçonner d'autre influence à Ja bande de chair musculaire qui soutient le nerf, que (6i ) celle d'affaiblir par sa conductibilité l'action électrique, et , par conséquent , de diminuer ou d'empôcher la con- traction qui en dépend. Dans les expériences précédentes , j'ai choisi les ex- irômes parmi les bons et les mauvais conducteurs pro- pfres à être placés sous les nerfs ; car il faut qu'ils y repo- sent mollement , afin de ne pas être irrités et comprimés entre deux corps durs. Ainsi , la bande musculaire et celle de taffetas gommé sont toutes deux molles et flexi- bles, l'une le meilleur conducteur, et l'autre la substance la plus propre à isoler, et qui présentent les conditions les plus favorables pour obtenir des différences tran- chées dans les effets d'attouchement du nerf. Mais je ne. me bornai pas à ces substances , malgré la difficulté d'ob- tenir des différences sensibles , en employant des subs- tances dont les propriétés fussent intermédiaires. Je plaçai sous les nerfs sciatiques d'une Grenouille, préparée de la même manière , une bande de peau de Grenouille ; sous les nerfs d'une autre, une bande de papier mouillé , et j'obtins encore , en touchant alternativement l'un el l'autre de la même manière et avec une vitesse mé- diocre, des différences marquées ; la Grenouille dont les nerfs sciatiques reposaient sur la bande de peau , ne donnait pas dé mouvemens , tatidis que le même attou- chement du nerf qui reposait sur le papier mouillé pro- duisait des contractions dans les muscles. Pour m'as- surer que la différence des effets dépendait encore de la différence de conductibilité des bandes placées sous les nerfs, j'établis, au moyen d'expériences galvaniques par le contact de deux métaux , la comparaison entre la conductibilité de la peau de Grenouille et celle du papier mouillé, et je m'assurai qu'elles différaient essen- (60 tiellcment •, la peau de Grenouille conduisant beaucoup mieux que le papier mouillé qui est un conducteur im- parfait. Jo n'entre pas dans le détail des expériences \ M. de Humboldt ayant préalablement établi la supério- rité des substances animales , sous le rapport de la con- ductibilité, sur les substances végétales dans leur état de fraîcheur, et que celle différence n'est pas due à Peau, mais a la nature même des substances organiques : elles 30nt faciles à faire et reposent sur des principes connus. Je ne chercliais pas à comparer d'autres nuances •, j'ai déjà fait connaître l'obstacle qui s'opposaità l'établis- sement d'une échelle de gradation, à cause des varia- lions que présente chaque individu dans des momena même très-rapprochés. ' ^ Le fait sur lequel j'ai désiré attirer l'attention par celte note , consiste en ce que, toutes choses égales d'ailleurs, les contractions produites par le contact d'un corps solide et d'un nerf sans arc galvanique , sont di- minuées ou abolies, si ce nerf, au lieu d'être isolé, com- munique avec un bon conducteur ; d'où il paraîtrait ré- sulter que lei^jCQntractions sont dues à l'électricité pro- * duite par le contact du perf et du muscle. Note sur les collections et les observations recueillies par M. J. D'Urville , durant la campagne de la Coquille autour du monde ^ en 1822, 1828, 1824 et iS'iS, Lue à TAcadémic royale des Sciences, dans sa séance ôa %3 mai iSaS. Lorsque, conjointement avec mon collègue Duperrey, je proposai le plan de la caaipagne qui vient d'être exé- (63 ) cutée , et dont les résultats sont soumis à votre juge- ment j dans le principo, tout ce qui devait se rapporter aux opérations astronomiques et nautiques entrait dans ses attributions , et je devais rester chargé de ce qui concernait Thistoire naturelle. Par l'intérêt du ministre qui accueillit nos projets et la libéralité du gouverne- ment, Tcxpédition fut montée sur une plus grande échelle , et plusieurs collaborateurs nous furent donnés. Cinq à six officiers de marine pleins de zèle, de mérite et de dévouement, çissisièrent continuellement M. Du- perrey dans ses travaux astronomiques et géographi- ques. En outre, deux officiers de santé, MM. Garnot et Lesson , qui s'occupaient avec succès de diverses branches de l'histoire naturelle , furent appelés à par- tager les hasards de la campagne. Ce fut avec un vrai plaisir que je leur abandonnai sans réserve les par^ lies , qu'ils pouvaient traiter avec plus d'avantage que moi, et les matériaux immenses , ainsi que les utiles observations qu'ils ont rapportées , leur méri- teront sans doute votre approbation. Ainsi , je me ren- fermai, pour ce qui était étranger aux devoirs de mon état, dans la botanique et l'entomologie, qui, depuis quelques années, occupaient mes loisirs au port, et m'avaient valu de votre part, au retour de mes cam- pagnes dans l'Archipel grep et la mer Noire, les suf- frages les plus flatteurs. Ces deux parties feront l'objet de la note q^ue je vais soumettre à l'Académie , et dont le but est de lui indiquer sommairement la marche que j'ai suivie et les résultats que j'ai obtenus. , En quittant l'Europe , j'emportais un espoir bien na- turel aux voyageurs qui vont parcourir des régions loin- taines et des îles peu connues -, jugeant de la fertilité , (64) delà variélé des productions de ces climats par celles dit continent que nous habitons , je me croyais destiné à voir à chaque instant des Ggures nouvelles , à faire des découvertes nombreuses; en un mot, à ajouter une foule d'objets ignorés à la masse des objets déjà connus. Cette illusion ne fut pas de longue durée. Plus de la moitié de notre campagne s'est eifectuée sous la Zone Torride et au milieu de ces nombreux archipels semés dans l'immense océan l[^aci(îque. Sur toutes ces îles, à partir des plus avancées vers l'Orient jusqu^aux Confins de l'Asie et même de l'Afrique , ce n'est à peu près qu'une même flore-, les herbes, les arbustes, les arbres même le plus souvent sont les mêmes , et là âeule nuance qu^on y observe , est que le nombre de ces espèces va sensiblement en augmentant à mesure qu'on se rap- proche des continens. Ce nombre est fort limité , et les travaux successifs de mes prédécesseurs , Forster , Commerson, M. Labillardière , et tout récemment de mon ami M. Gaudichaud , en ont fait connaître une grande partie. Le Chili , imparfaitement exploré jusqu'à ce jour , les flores presque complètes des Malouines , de Taïti et d'Ualan, ainsi qu'un fascicule de plantes provenant de l'intérieur de la Nouvelle-Hollande, et que je dois à l'amitié généreuse de M. Cunningham au Port- Jackson , semblent me promettre le plus grand nombre d'objets nouveaux à décrire et à figurer. Autant que je puis en juger, et surtout d'après le coup-d'œil que M. Desfontaines a jeté sur mes collections, elles pourront offrir quatre à cinq cents espèces inconnues, et probablement quelques genres nouveaux. Les herbiers (le Taïti et d'Ualan auront surtout l'avantage de nous faire connaître ces végétaux utiles que les naturels de ces ( 65 ) iles avaient si bien appropriés à leurs usages, et dont ils retiraient , par les procédés les plus simples et les plus ingénieux , leur nourriture , leurs vôtemens , leiys teintures, leurs médicamens, et jusqu'à leurs objets de luxe et d'agrément.. Je me suis procuré avec exactitude leurs noms dans la langue dn pays, avantage précieux pour comparer nos observations avec celles de Forster , et en même temps pour les naturalistes destinés à me suivre dans les mêmes contrées. .^^ En partie frustré sous le rapport des découvertes pro- prement dites , je m'imposai un système d'étude , un plan de travail dont les résultats me parurent encore d'un certain intérêt pour la science. Chacun de vous sait les progrès étonnans qu'a déjà faits la géographie botanique par les efforts réunis de MM. de Humboldt , De Candolle , Robert Brovs^n , Kunih , etc. Je me pro- posai de lui rendre de nouveaux services , et mes col- lections , ainsi que toutes mes observations , furent toutes coordonnées vers ce but essentiel. Dans chaque relâché que je faisais, je ne me bornais point à collecter le^ es- pèces qui me semblaient nouvelles 5 mais je préparais soigneusement et sans exception toutes celles que je trouvais en fleurs ou en fructification. Je notais leur localité, leur port, la couleur de leurs fleurs , et je dis- tinguais autant qu'il m'était possible celles qui me sem- blaient importées, de celles qui étaient évidemment in- digènes. Quelquefois même mon infatigable collègue M. Lesson , dont les connaissances en histoire naturelle embrassent presque toutes les branches de cette vaste science, pour m'obliger, s'empressait de peindre sur le frais, avec une vérité remarquable, les plantes dont les organes étaient ou trop fugaces ou trop périssables. Tome V. 5 (66) L»'herbiçr fjiie j'ai ainsi formé , et qui se compose en- viron de deux mille cinq cents à trois mille espèces , peut èlre considéré comme i^ne suite de flores particq- lilres des pays que nous avons visités, relatives à l'é- tendue du terrai 1^ que je pouvais y parcourir, et à la saison où je m'y trouvais. On eu pourra déduire des rapports intéressans entre les genres et les familles pro- pres à /chacune de ces stations 5 il en résultera des docu- mens utiles touchant les lois .générales qui président à la distribution des végétaux sur toute la surface du globe. On ne verra pas sans étonnement que sur un développement de près de quatre mille lieues , environ la moitié du tour du Monde, dans toute la zone inter-^ tropicale , depuis l'Ile-de-France jusqu'à Haïti et bien au-delà, sur les îles comme sur les conlinens, le règne végétal offre une quantité d'objets constamment iden- tiques, tandis que, dan% l'océan Atlanlique, les deux îles de Sainte-Hélène et l'Ascension , situées sous la même zônç_ , présentent des espèces qui leur paraissent pro-» près , et qu'on n'a;e^rouvées ni au Brésil , ni en Afrique , sous la même latitude, Non contçnt de^ çpqsidératiQns générales dont je viens de vous entretenir, je me suis constamment atta^ ché h un genre d'observatipus qui me semble également important pour la botanique. J'ai voulu indiquer d'une manière mpins vî\giAç et plus précise les degrés de firé- quence de tel ou tel végétal dans un terrain ^l.sur ui^ espace donné. Pour cela > je me suis servi <^e termes numériques que j'ai employés deux à deux, et dont j'ai affecté chacune des espèces que je récoltais dans le re- gistre où j'avais soin (Je les consigner au retour de mes herborisations. Le premier dç. cçç nombres exprime la (67) quantité d'endroits où Ton peut trouver la plante en question dans un espace donné ; le second , le degré d'abondance où on l'observe dans ces mêmes endroits , et par conséquent le produit de ces deux nombres don- nera le degré de fréquence absolue de l'espèce sur le terrain dont il s'agit. Sans doute ces résultats, qui ne dépendent que d'un petit nombre de courses et d'un examen rapide et superficiel , ne peuvent inspirer une entière confiance , et doivent seulement être regardés comme des à peu près , comme des points de départ propres à guider les voyageurs qui me suivront dans les mêmes lieux ^ et pour long-temps encore susceptibles de nombreuses rectifications. Toutefois je pense que ce moyen, employé pour des flores mieux connues et manié par des observateurs scrupuleux, pourrait donner sur la nature et le ton général de la végétation dans les divers points du Globe des idées beaucoup plus exactes que celles que l'on peut s'en former communément. Je devais naturellement être jaloux d'enrichir votre beau jardin de quelques espèces nouvelles. Aussi , dès la Conception du Chili, je m'empressai d'expédier à M. Thouin , par le ministère de la marine , une cin- quantaine de paquets de graines recueillies sur ce point de la côte américaine. Quelques-unes d'entre elles , que J'ai vu prospérer à Toulon , et qui provenaient d'uii petit paquet pour le jardin de cette ville , que j'avais joint à celui du Muséum, me donnent lieu d'espérer que cet envoi parvint alors à sa destination. Du Port-Jackson, j'en expédiai encore un pareil nombre., recueilli tant sur les iles de la Société qu'à la Nouvelle-Holl|inde et aux Moluqucs ^ mais le funeste naufrage qui priva mon es- timable collègue, M. Garnotf de tout ce qu'il possédait, 5"" ( 68 ) .1 aussi causé la perle de ce second envoi. Enfin , » mon^ arrivée à Paris , j'ai eu Thonncur de remettre à M. Rose \ine centaine d'espèces de graines didenintes que j'avais demandées au Port-Jackson à MM. Mac-Arthur, Cun- nîngham et Frazier , dout j'avais eu l'avantage de faire la connaissance, et qui, à ma prière, se firent un plaisir de concourir à accroître les richesses du bel éta- blissement que vous dirigez. La nature et les emménagemens de la Coquille ne nous permettaient point de songer au transport des plantes vivantes. Néanmoins , à l'Ile-de-France , je me procurai des tubercules d'un ^rum aussi remarquable par sa forme que par ses dimensions et son inflores- cence^ c'est l'espèce vulgairement connue dans cette île sous le nom àefaux Carnhere des mers du Sud, et que Rumphius décrivit avec autant de naïveté que d'exacti- tude sous le nom de Tacca Phalliphora. J'ai eu le plaisir de la voir fleurir à bord , tandis que nous doublions le cap de Bonne-Espcrance, et je l'ai déposée en pleine végétation au jardin de Toulon. J'ai confié également aux soins de l'habile directeur de ce jardin un bel échan- tillon du Dicjisonia arhorescens de Sainte-Hélène, que je dois à l'obligeance du gouverneur Walker. Je rapportais en outre de cette île intéressante un ^leààe BeatSonia et plusieurs des Solidago ligneux qui lui sont propres ; mais la première lame qui vint à bord les consuma, et je ne pus sauver les autres qu'en les faisant descendre dans la cale où elles sont restées jusqu'à notre arrivée à Toulan. Les haiimens à batterie couverte sont indis- pensables gour la conservation des plantes vivantes. J'ai suivi pour la collection d'Entomologie le même système que j'ai adopté pour les plantes. Celle que j'offre (%) au Muséum se compose de douze cents soixante-cinq espèces recueillies sur quatorze localités diverses. Toutes sont rangées suivant l'ordre de ces localités et pourvues d'un numéro qui correspond à celui du registre où j'ai consigné les observations que j'ai pu recueillir à l'appui de chaque insecte. Pour indiquer leurs fréquences rela- tives, j'ai employé une méthode semblable à celle que j'ai appliquée aux plantes. D'r.illeurs, j'ai eu l'honneur de développer à M. Latrcille , d'une manière détaillée , l'ordre et la marche que j'ai suivie j; et mieux que moi , ce savant entomologiste peut vous faire connaître de quel prix pourront être mes travaux en ce genre. Du reste , il a déjà calculé que je rapportais plus de trois cents espèces inédiles , et qu'il y avait deux ou trois genres nouveaux, sans compter ceux qu'une étude plus approfondie permettra d'établir. Enfin , comme tous mes collègues , j'ai réuni sur les mœurs, les usages et les opinions religieuses des peu- plades que nous avons visitées, toutes les observations qui m'ont semblé de quelque intéi'èt.. Je me suis attaché particulièrement aux langues^ j*ai rassemblé une foule de leurs vocabulaires , provenant tant de notre voyage que de ceux de nos prédécesseurs 5 et leur comparaison attentive m'a déjà procuré un grand nombre de rapports curieux , de rapprochemcns interessans. Peut-être un jour me irouverai-je en état de compléter et de mettre au net ces matériaux encore informes , et de les sou- mettre à votre jugement. Quelqu'éloignés que soient de uous ces mortels bizarres , et tout enfans qu'ils nous pa- raissent sur la scène du monde , dans ce qui a trait à l'histoire de l'homme rien n'est indifférent aux yeux de l'observateur ^ et , sous ce rapport , une description (70) fidèle el impartiale d'une àeule de ces tribus , n'olTrirait- elle pas plus de champ aux méditations du philosophe , que r histoire complète d'un de nos grands empires ? Telles sont les éludes , Messieurs , qui ont été l'objet de mes recherches et de mes réflexions dans le cours de cette pénible campagne-, déjà elles m'ont procuré Ta- vantage inappréciable de me sauver de l'ennui et des dégoûts inséparables d'une aussi longue navigation , el je suis trop heureux si elles peuvent mériter les suf- frages de votre illustre Société. Extrait dune lettre sur la génération , adressée par M, Fray aux Rédacteurs des Annales. Limoge, lo mars 1826. .... J'ai lu dans vos intéressantes Annales du mois de mars de l'année dernière , le détail des observations mi- croscopiques que M. Gaillon a faites sur l'organisation de plusieurs espèces de Conferves , et j'ai été singuliè- rement frappé de l'opinion qu'il manifeste touchant la nature de leurs principes constituans. J'ai observé il y a irès-long-temps le procédé dont la nature fait usage pour constituer ces végétaux ; je les ai vus se former sous mes yeux , à peu près de la même manière que re savant , el je me serais abstenu de revenir sur cet objet , si M. Gaillon n'avait fait une méprise quil me paraît utile de signaler , parce qu'elle pourrait induire à de graves erreurs. Le savant auteur de ces observations a étudié avec soin la constitution d'un grand nombre de Conferves 5 (7«) il les a vues se décomposer en atomes ovoïdes , et ezé" ■ eu ter ( dans Feau sans doute ) divers mouvemens dé progression , et puis se réunir à la suite les uns des autres pour former de nouvelles Conféryes. D'après ces observations et les raouvemens qu'il a vu exercer à ces atomes , il a cru devoir les considérer comme de véri-^ tables animaux , quoiqu'il n'^it rien dit de leurs orga- nes, et il a conclu, en conséquence, que les Conferves sont des végétaux entièrement composés d'animaux , qui se multiplient pat* la génération f,v -comme les autres animaux , puisqu'il a été assez heureux pour les voir s'accoupler, et observer ensuite le frai qui était le ré- sultat de cet accouplement. Voici des observations qui changeraient étrangement toutes nos idées , si l'auteur ne s'était pas trompé , comme nous le prouverons plus bas , sur la nature de ces corpuscules. En effet, quoi de plus étonnant qu'un végétal soit composé de l'agrégation d'une foule d'ani- maux ! En émettant son opinion , ce savant observateur au- rait pu se dispenser d'être aussi sévère envers les hom- mes qui , cherchant la vérité de bonne foi , pensent , par suite d'études , d'observations et de longues médita- tions , qu^ la nature peut organiser la vie , au moins dans les classes les plus inférieures, avec les élémens que le Tout-Puissant lui a soumis , après j[^s avoir doués d'une foule de propriétés différentes-, il aurait pu , dis-je , s'en dispenser, puisque , si cette opinion n'est , comme il l'assilre , qu'un rêve , il est force de convenir qu'il partage entièrement son illusion sans' s'en douter. En effet , quels que soient ces corps mouvans qii'il a vus s'accoupler, grâce à l'excellence de son microscope , (70 et produire des œufs sous forme de poussière , il n'en est pas moins vrai, d'après même ses propres assertions , que les Conferves ne sont pas très-certainement le pro- duit d'une génération directe , le produit du développe- ment d'un germe quelconque , puisqu'il les a vues se former sous ses yeux, de toutes pièces, par l'addition successive d'une foule de corps d'une infinie petitesse dépourvus d'organes. Il y a plus de dix-sept ans , à la fin de 1807, que j'ai publié , à Berlin (i) ,,une suite d'observations , la plupart microscopiques , sur l'organisation intime des animaux et des Végétaux, et que j'ai reproduites dans un écrit im- primé à Paris, en 18 17 (2), dans l'une desquelles (la huitième) je rapporte, tiès en détail, ce que j'ai observé sur la formation des Conferves ainsi que sur celle des atomes dont la réunion constitue ces petits Végétaux. J'ai vu se former, dans de l'eau bouillie exposée pen- dant quelque temps au soleil et renouvelée à mesure qu'elle s'évaporait avec de l'eau également bouillie, une foule de corps doués de mouvemens de progression très- vifs, d'une infinie petitesse, arrondis ou oblongs, trans- parens et n'étant inunis d'aucun organe : j'ai vu, comme vient de l'observer M. Gaillon, les corps oblongs et moins petits perdre leur mouvement et se réunir peu à peu , à la suite les uns des autres , pour former des Conferves. . (i) Nouvelles cxpërieoces extraites d^uq. manuscrit qui a pour titre : Essai sur l'Origine des Matières Organisées et Inorganise'es ; de l'imT primerie de Louis Quien , Berlin 1807. A Leypsicli , chez Griesamer , à Paris , chez Kicole , rue de Seine. (2) Essa^ sur rorigine des corps, Organisés et inorganisés , et sur quelques phénomènes de Plif siologie animale et végétale. Chez Huzard, libraire , quai de la Vallée. ( 73 ) Je n'ai pu considérer ces corps qui , comme je Tai déjà dit, sont entièrement dépourvus d'organes, et dont la réunioA compose un végétal , comme de véritables animaux ; car je ne puis reconnaître comme tels que dés corps qui manifestent une organisation quelconque. Je n-ai pu définir leur nature , parce qu'elle m'est inconnue et que rien ne leur ressemble. Mais il m'a paru , par cela même , qu'ils doivent être le sujet de l'étude et des mé- ditations sérieuses de tous les penseurs. Si M. Gaillon avait fait infuser dans l'eau distillée , non-seulement des Conferves , mais n'importe quelle portion d'un végétal ou d'un animal quelconque , il se serait très -facilement assuré que toutes les parties des êtres organisés se dissolvent, comme les Confefves , en corps plus ou moins globuleux , doués des mouvemens de progression les plus manifestes quand ils sont dé- layés dans l'eau , et que ces êtres organisés en sont en- tièrement composés : il se serait ainsi convaincu que ces infiniment petits ne sont pas des animalcules ou petits animaux , à moins qu'on ne veuille se persuader ( ce qui serait peu philosophique) que les animaux et les Végé- taux sont uniquement composés d'animaux. Pour rendre ces observations plus incontestables , pour qu'on ne pût pas objecter que ces corps globuleux et mouvans des infusions proviennent de l'atmosphère , j'i* maginai de faire infuset et d'autres fois dissoudre corh- plètement des portions d'animaux et de végétaux dans des flacons remplis de gaz faits de toutes pièces , avec de l'eau distillée et parfaitement clos -, je me suis ainsi as- suré que ces matières , privées de toute communication avec l'air extérieur, se dissolvent en une pâte plus ou moins liquide, qui n'est absolument composée que 4e (74) l'agrégaiion (ruii nombre iiitini dd corps globuleux qui sont un mouvement dès qu'ils sont délayés dans une suf- Csantff quantité d'eau distillée. J'ai obsérVé très-souVent que ces globules se réunissaieht dans les flacons encore parfaitement bouchés , pour constituer diverses moisis- sures , des Byssus , des Confervës et de très-petits ani- maux doués d'organes très-manifestes. On peut voir le détail de ces observations , qui ont été très-souvent ré- pétées , dans récrit cité à la note. Ces faits , que je crofs avoir matériellement démontrés par le soin que j'ai mis à les éclaircii*, devraient, dans ce moment , où tant de bons esprits s'occupent d'une manière si particulière de la physiologie , mériter leur attention et les engager à étendre leurs savantes re- cherches sur un objet si intéressant et sur lequel il y a encore tant à apprendre. En effet , peut-on espérer raisonnablement de pouvoir pénétrer bien avant dans les mystères physiologiques , si dans les efforts qu'on fait pour les dévoiler, on continue à faire abstraction précisément de ces corps globulaires , de ces élémens qui constituent à eux seuls tous les êtres organisés, et qui, quoique d'une extrême petitesse , peuvent encore être soumis à notre investigation au moyen de nos instrumens? Je ne le pense pas : c'est comme si le chimiste , qui voudrait connaître la nature et les propriétés d'une substance , se bornait à examiner «es caractères extérieurs sans faire usage des moyens d'a- nalyse qui sont à sa disposition. Il ne peut suffire sans doute de bien posséder la struc- ture anatomique des difiérens instrumens ou organes qui exécutent les phénomènes physiologiques et pathologi- ques pour les expliquer*, on doit aller plus loin, et pour (75) cela il faut chercher à connaître les principes qui com- posent ces instrutnens et dans lesquels réside la pre- mière cause des phénomènes dont on veut se rendre raison ; il faut qu'un grand nombre d'observateurs éclai- rés et profonds se livrent avec courage à l'étude de ces élémenS) de ces corps singuliers qu'on ne peut compa- rer à rien , qui sont privés d'organes, et qui cependant sont doués d'une sorte de vie et de mouvemens de lo- comotion très^vifs et bien réglés ; que la nature produit spontanément ^ comme nous l'avons démontré , avec une excessive abondance partout où il y, a de Teau , de l'air et de la chaleur , et enfin qui , n'étant ni des ani- maux ni des végétaux , constituent cependant tous les animaux et les végétaux : on devra chercher à connaître leur origine, leur composition; bien observer le mode de leur rapprochement , de leur union ^ pour consti- tuer un tout organisé , et surtout bien apprécier l'in- fluence qu'exerce sur eux l'atmosphère qui , seule peut- être , fait que leur union , sous diverses formes organi- ques , produit un tout qui jouit de la vie et de toutes ses conséquences ; car tout semble nous persuader que c'est dans ce fluide , qui reçoit à chaque instant les émanations solaires , que réside le principe et l'aliment de la vie , puisque tous les animaux et les plantes qui cessent d'en être pénétrés cessent en même temps de vivre. Enfin , nous pensons qu'on ne fera faire à la physio-i logîe de véritables progrès que lorsque , dans les con- ceptions d'un ordre très-élevé qu'exige l'explication des phénomènes organiques, on ne fera aucun sacrifice aux idées vulgaires, et qu'on prendra pour point de dé- part ces infiniment petits , ces élémens de toute orgftiii-- (76) s.Tiion. Leur étude approfondie suppose sans doufe beau- coup de zèle et de persévérance ^ mais elle promet aussi des résultats de la plus haute importance, qui dédom- mageront de leurs travaux les jeunes savans (car il faut être jeune pour cela) qui voudront s'y livrer. Le moment est très-favorable , puisqu'à présent le microscope-, qui doit être la source d'une foule de belles découvertes , est perfectionné et est devenu d'un usage général , tandis qu'il y a peu d'années il était regardé comme un instrument trompeur dont presque personne ne faisait usage pour appuyer les hautes conceptions scientifiques , tant les observations faites par son moyen étaient décriées par tous ceux qui repoussent les faits qui contrarient leur manière de voir ou leurs pré- jugés. .... Note des Rédacteurs, L'un de nous avait déjà , dans l'article Génération du Dictionnaire classique d'histoire naturelle , exprimé son opinion sur ce point et manifesté le même vœu. « Que l'on place, dit-il, un fragment de chair musculaire ou d'une matière analogue dans de l'eau , et qu'on aban- donne le mélange à lui-même, on observera bientôt, au moyen du microscope , une foule de petits globules dans le liquide , et l'on pourra se convaincre aisément que chacun d'eux est doué d'un mouvement spontané qu'il paraît peu capable de diriger , et qui ressemble assez , mais avec beaucoup plus de précipitation, aux oscilla- lions de la lentille d'un pendule. Toutefois ce mouve- ment est progressif. Le diamètre de ces petits êtres , qui paraissent propres à réaliser la haute pensée des molé- cules organiques de Buffbn , est absolument semblable à ' (77 ) celui (les globules élémentaires qui constituent la fibre musculaire. Ils sont par conséquent aussi, petits que là plus petite parlicule organique qu'il nous ait été donné d'observer encore, et cependant ils jouissent du mouve- ment volontaire, ou du moins d'un mouvement spontané, fonction qui semble supposer une organisaflion déjji com- pliquée. Si la faible puissance de nos moyens d'observa- tion pose des liiîiites à notre ardente curiosité^ et uc nous permet pas de nous éclairer sur la véritable orga- nisation de ces êtres , elle nous permet du moins d'étu- dier les transformations successives qu'ils peuvent subir, et d'examiner les phénomènes qui en dépendent. » (c On a vu une matière organique morte , et que tout nous autorise à considérer comme inerte , se transformer en autant de petits êtres vivans qu'elle contenait de glo- bules élémentaires. Ce fait donne déjà la mesure de la singularité et de l'importance de ceux qui nous restent à examiner. Ou aperçoit bientôt deux de ces globules mouvans s'accolant complètement l'un à l'autre, de ma- nière à produire un être nouveau , plus gros , plus agile, cl capable de mouvemens mieux déterminés que ceux qu'on observe dans les simples globules. Ce composé binaire ne lardera point à attirer à lui un troisième glo- bule qui viendra se réunir aux précédens et se souder intimement avec eux. Enfin un quatrième, un cinquième, cl bientôt trente ou quarante se trouveront ainsi accolés et conslituei ont un animal unique, doué de mouvemens puissans, énergiques, et muni d'appareils locomoteurs plus ou moins compliqués -, enfin un être dont l'organi- sation savamment calculée repousse au premier abord toute idée d'une génération avissi simple que celle dont on vient d'offrir l'histoire. Toutefois quelques jours d'une (78) observation attentive et patiente suffiront pour convaincre de la réalité des résultats que nous venons d'exposer, et Ton pourra se former une idée juste de la nature de ces étranges animalcules microscopiques désignés sous le nom d'Intusoires. Que d'ailleurs on prenne un de ces êtres tout achevé , et qu'on le tue au moyen de l'étin- celle électrique , et bientôt on verra se désunir ces par- ticules élémentaires, ces petits globules qui le consti- tuent. Ils ne se sépareront point complètement, à la vérité , mais leur forme nettement dessinée donnera au cadavre de l'animalcule un aspect framboise qui permet au besoin d'en évaluer le nombre. ;> « Tel est le phénomène de la génération dans les ani- maux microscopiques , et peut-être ce mode peut-il se retrouver aussi dans beaucoup d'autres espèces animales , telles que les vers intestinanx , etc. , qui offrent une orga- nisation plus élevée. » « Quant à l'origine des vers intestinaux , on sait qu'en thèse générale les zoologistes allemands qui les ont étudiés avec tant de soin , ont fini par les regarder comme produits par une génération spontanée. Relativement aux infusoi- res, les expériences deGleichen, de Spallanzani, de Fray, de Needham , de Bory de Saint-Vincent et de beaucoup d'autres haturalistes , sont également favorables à l'hy- pothèse d'une génération spontanée. Mais avant d'a- dopter une opinion dans une question aussi délicate, il faudrait répéter les expériences de la plupart de ces ob- servateurs avec un soin tout-à-fait scrupuleux , écarter les causes d'erreurs qu'ils ont pu négliger, et surtout éviter l'extension qu'ont donnée à leurs opinions ceux d'entre eux qui ont cru à la génération spontanée, m «Fray, qui pense qu'une Mouche ou tout autre Insecte (79) aussi compliqué a pu naître spontanément dans des ma- tières animales pourries, et Spallanzani, qui croît que rébullilion ne détruit pas les germes des Infusoires , pro- fessent Tun et l'autre des opinions quMl est difficile à l)Otrç esprit d'admettre aujourd'hui. Il est donc impor- tant de faire de nouvelles recherches, et celui qui aura le bonheur de mettre au jour sur cette question des faits clairs, précis et débarrassés de toutes les chances d'er- reurs que la physique et la chimie peuvent nous per- mettre en ce moment de prévoir et d'éviter, celui-là, disons-nous , auva rendu à la physiologie un service émi- pent et dont les copséquences sont incalculables. » L'importance du sujet nous engage à joindre quelques mots à la citation que nous venons de rapporter. Spallanzani , M. Fray et quelques autres observateurs, en plaçant dans de l'eau bouillie des matières végétales pu animales , élevées préalablement à une température suffisante pour tuer tous les êtres vivans qu'elles auraient pu contenir, en ayant soin de mettre les vases à l'abri de la poussière et de l'accès de Tair extérieur, ont ob- tçpu des animalcules infusoires. Les partisans de ia génération spontanée ont regardé ce fait comme décisif et en ont conclu que les animalcules naissaient sans germe. Bonnet, dont les opinions sont bien connues, trouve ^e fait très-remarquable , félicite Spallanzani sur cette découverte , et, loin de la contester, s'écrie de son qôté : La nature nous ofï're un sujet d'études inépui- sable ! Qui aurait pu croire qu'il existait des Germes que la température de l'eau bouillante ne peut faire périr, accoutumés comme nous Je sommes à voir la vie des ani- maux supérieurs de l'échelle s'éteindre promptement à la température de 5o ou 60°. (8o ) Le fait est précis et clair pour toutes les personnes qui se sont donné la peine d'étudier ces matières , mais l'explication que chacun en donne roule sur une chicane de mots. Il est évident qu'on fait usage d'une matière \ ' organisée , et que par l'action de l'eau , de Tair et de la lumière elle se transforme en animalcules. Bonnet explique cette métamorphose en supposant que la matière renfermait des Germes, les épigénégistes l'expliquent de leur côté par la présence des Molécules organiques. Or, les plus petites particules des matières organisées ont j^ de millimètre de diamètre j les pre- miers animalcules infusoires qui apparaissent ont -j^ de ' inillimètre \ les Molécules organiques telles qu'on les voit j '^'dans le lait, le chyle, la lymphe et tous les tissus ani- ^^^-'liiaux ou végétaux, ont j^ de millimètre; et si les Germes de Bonnet sont matériels^ ils ont aussi j^ de millimè- " 'tre. C'est donc toujours le mêpie objet désigné sous des noms divers. Voici la difficulté. Les Molécules organiques^ les Glo^ hules, les Germes qui se trouvant dans le chyle , le lait , la lymphe , les tissus végétaux et animaux, y sont immo- biles. L'action simultanée de l'eau , de l'air et de la lu- mière leur donne le mouvement. Les partisans de la génération spontanée admettent que par le concours de ces trois agens la vie peut appa- raître au sein d'une matière inerte. Bonnet compare ce mouvement vital à la germination des plantes. Les mêmes agens favorisent le développe- ment des graines -, deux d'entre eux, l'air et l'eau , sont indispensables. Tout le monde convient que les semences végétales sont vivantes avant la germination , et que cet \ acte n est qu'une conséquence de la vie qui leur est propre. I (8. ) Pour s'entendre , il serait donc nécessaire de définir la vie elle-même, et ce n'est pas possible, peut-être, dans l'état actuel de la physiologie. Il est évident pour Bonnet que presque toutes les matières qui sont composées d'oxigène , d'hydrogène , de carbone et d'azote , ren- ferment des Germes, et que ceux-ci persistent autant que la combinaison elle-même. On pourra donc impu- nément chaullbr, refroidir, etc. ; tant que la combinai- son ne sera pas détruite, les Germes seront capables de se développer. La tâche des épigénégistes est peut-être plus difficile qu'ils ne pensent. En effet, ils sont obligés de poser en principe que la vie est entièrement détruite à une cer- taine température. L'analogie nous porte à l'admettre. Mais l'analogie nous aurait fait penser aussi que lorsqu'un animal était mort, il ne pouvait pas revivre^ et certes, les phénomènes que présentent les Vibrions , les Vorti- celles sont tout aussi éloignés et peut-être plus éloignés de no^ idées communes que la résistance que certains (jrermes pourraient opposer à une température de loo" ou plus. Il est donc fort difficile de résoudre ce problème , tant que l'on n'aura pas une idée plus exacte de la vie elle- même. Cependant il serait possible, dans l'état présent de la science, de tenter une expérience de nature à lever bien des doutes. On pourrait en effet produire une matière organique en combinant des corps gazeux ou autres , préparés chimiquement avec le plus grand soin. Si , en mettant ces matières dans de l'eau artificielle faite en brûlant l'hydrogène pur, et si, en plaçant dans le vase du gaz oxigène préparé lui-même par les procédés ordi» Tome V. 6 (82) naires, on obtenait des animalcules , il faut avouer que rhypothèse de Bonnet deviendrait insoutenable. Mais tant qu'où sp bornera à faire revivre des matières qui ont déjà vécn , il sera permis de croire que le seul ré*- sultat de celle expérience consiste à donner une autre direction ,,^Ufl,. autre mouvement au principe de vie préexistant dans ces mêmes matières. Qbservati6hs ^5^r quelques plantes de la France; Par m. LéoN Dufodr. Ceux qui cultivent la botanique ne peuvent pas tous prétendre à faire des ouvrages ejc professa sur celte utile et aimable science. Quelques-uns doivent se bor- ner à fournir dés matériaux isolés aux arcliilecles des- tinés, par rétendue et la solidité de leurs connaissances, à en élever Tédifice. MM. de Lamarck et de Candolle , en publiant \^ Flore Française, ont multiplié les bota- nophiles sur le sol de notre pairie , et c'est pour ceux-ci une sorte d'obligation dictée par la reconnaissance que de concourir, soit par leurs observations propres , soit par la communication des plantes elles-mêmes , au per- fectionnement de cet ouvrage vraiment national. C'est dans ce dernier but que je me propose de pu- blier dans ces Annales des observations sur plusieurs plantes que j'ai étudiées sur le vivant^ principalement dans le département des Landes, lieu de ma résidence, et dans les Pyrénées. 1. Ornîthopus roseus. Ornilliope rose. O. sativus» St.-Am. , flor. agen. , p. 3oo (excl. syn. ) (83 ) Villoso-pu'bescens , procnmbens ; foliis pinnath sessilibus ; foUolts «vato-oblongis aciitis ; pedunculis folio duplo longioribus ^ bracteis pentaphyllis; calycis yillosi dentibus acuminato-setaceis ; corella (ma- juscula ) albido-rosca , alis planiusculis patulis, cariDa brcvKsima ; leguminibus redis compressis , arliculatis, rostro recto. - Cet Ornitlîope émet d'une mémo racine annuelle plusieurs liges toul-à-fait couchées , étalées , longues souvent de plus d'un pied. Il a le port de VO. compressus, dont il dïOère essentiellement par unevillosité bien plus prononcée , des folioles plus pointues , une corolle bien plus grfinde d'un rose clair avec le pavillon réfléchi mar- qué de stries plus foncées , des légumes plus distincte- ment articulés , droits et luisans. Il croît dans les sables des Landes , plus particulière- ment sur les lisières des forêts de pin. Il est surtout fort commun aux environs de Mont-de-Marsan , et fleurit à la fin du printemps. Observations. — Malgré que M. de Saint - Amân^ donne à son O. cultivé des liges redressées et un aspect tomenieux , caractères qui ne sauraient convenir à notre espèce , je ne doute pourtant pas que nous n'ayons eu tous les deux la même plante sous les yeux. La couleur et la grandeur de la corolle de l'O. rose sont des traits remarquables et constans. Brotero ne les exprime point dans la description de son O. salivas qu'il dit avoir une corolle mélangée de pourpre , de blanc et de jaune. Cet auteur signale encore un double caractère qui ne s'observe pas dans notre espèce ; c'est celui de « Leguminibus subrugosis pendulis» »> Je pense donc que VO, satiuus de Brotero est une espèce dis- tincte de la nôtre. Î/O. perpusillus p grandi/JoruSy Lois., fl. GalL, p. 466, 6* ( 8'i ) appartient peut-être à notre O, rose. Je le présume sur- tout d'après l'indication de Vhahiiat aux environs de Rayonne. Quant à VO. intermedius de Rotli , que M. De Can- dolle mentionne pnrmi les variétés de VO. perpusiUus , et dont M. Loiseleur fait une espèce distincte, je ne saurais le regarder comme la môme plante que VO. rose , puisque la couleur de sa corolle est différente , que ses légumes sont arqués, et le pédoncule à peine plus long que la feuille. 2. Silène Tliorei. Silène de Thore. S. Crassîfolia. Thore, Prom. sur les côtes du golfe de Gasc. , p. 53. Cucuhalus fabarius. Ejusd. Chlor. , p. i^2(nonLin.) Glabra, prosfrata, ramosa; caulibus teretibns; foliissubcarnosis con- natis, ovato-ellipticis nec non spathulato-acutis , margine tenuissime lacero - subciliatisj pedunculis axillaribus, unifloris, subsolitariis ; calyce erecto inflato, subvenoso , glaberrimo; petalis albis, bifîdis , oblusis ; capsula glaberrima nitida ; seminibus reniformibus déganter seriatim scabriuscuiis. Cette espèce, vivace par sa racine , a l'aspect du Cucuhalus behen., Lin., dont elle diÏÏere essentielle- ment. Elle est particulière aux sables maritimes de la côte océane des Landes , et abonde surtout dans les dunes , autour du bassin d'Arcachon. Elle y forme des touffes étalées qui acquièrent jusqu'à deux pieds de dia- mètre , et fleurit en mai. Thore, qui l'avait d'abord mentionnée sous le nom di» Cucubalus fabarius , la dé- crivit ensuite sous celui de Silène crassîfolia. Cette der- nière épilhète ayant déjà été donnée par Linné à une espèce de ce même genre tout-à-fait différente , j'ai cru devoir consacrer notre Silène à la mémoire de celui qui le premier Ta décotiverte et décrite. ( 85 ) 3. Festuca sabulicola. Feluque sabulicole. F. Juncifolia, St.-Am. , fl. Agen , p. 4^? Conf. t. Arenaria Askelof in Rœm. et Schult. Syst. I veget. , vol. 2 , p. 718 (nonLam.) Radice fibro<;a, ramosa, interdutn stolonifera ; cuimo erecto ; foliis giaucis involutis subflliformibiis, intus laevissime pubcscentibus ; va- gini» longisHimis; panicuia elongata subsecunda fluvo-pallescenti \ spi- culis 4 vel 6-floris pubescenti-villosis ; valvis calycinis glabris acu- tissimis subinaequatibiis j glumls villosis insensim in cuspidem aris- taeforaiem terminalis. Elle est fort commune dans les sables maritimes de la côte océane des Landes , principalement autour du bassin d'Arcachon et à Mimizan , où je l'ai cueillie dans le mois de mai. Elle concourt avec quelques autres Graminées à la fixation des dunes. On la distingue facilement de la plupart des autres Fétuques, à la vitlosilé et à la pâleur de sa panicule. Celle-ci , dans les conditions les plus favorables à son développement, acquiert jusqu'à trois pouces de longueur. Elle n'est point roide , mais bien un peu penchée à son sommet. Les liges s'élèvent jus- qu'à un pied et demi. Elles ont rarement plus de deux nœuds , et ceux-ci sont presque insensibles. Les feuilles plus longues, plus grosses , plus droites que celles de la jP. glauca, sont , comme dans cette dernière , roulées en dedans, mais moins dures et moins pubescentes à leur surface interne. Elles se terminent par une pointe acé- rée. La caulinaire supérieure dépasse souvent la pani- cule ^ la languette est si courte , qu'on peut la considérer comme nulle. Observations, Quelquefois la panicule de cette Gra- minée est sujette à une sorte d'avortement, parce qu'elle est en partie dévorée par des insectes, notamoient par (86) le Zabrus inflatus Dcj. , coléoplère qui y est excessive- ment commun. Alors sa physionomie est insidieuse. Je Fai fréquemment trouvée ainsi rabougrie dans les dunes de Mimizap. 4. Cochlearia anglica. Lin. — Lois. , fl. gall. , p. 896. Cranson anglais. Cette espèce , que M. De Candolîe a omise dans la Flore Française y se trouve aux environs du bassin d'Arcachon, près de la Teste de Buch , dans les lieux envahis et délaissés par la marée. Je l'ai cueillie en fleurs dans cotte localité en mai i824« Ce Cranson est une plante herbacée , succulente , rameuse , remarquable par ses siliques qui ont quatre lignes de longueur et une forme elliptique. 5. Juncus nitidifJoi'its. Jonc à fleurs luisantes. /. hrJhosus auct. (tion Lin. ! ) Radice horizontaliter repente, fibris iiliformibus subparallelis sti- pata ; cultno erecto foHosoj foliis inarticulatis canaliculatis basi mem- branaceis vnginantibus ; panicula pauciflora subterminali subrigida j fioribus hexandris ; petalis margine sanguineo-fuscis , nitidissimis , capsula longioribus. Ce jonc est excessivement commun dans Ifs marais salans autour du bassin d'Arcachon près la Teste de Buch. Je l'y ai cueilli en pleine floraison au mois de juin. Il ressemble singulièrement au Juncus alpinus par son port et la disposition de sa racine-, mais il en diflère surtout par l'absence de nodosités et de cloisons aux feuilles. Ses racines tracent horizontalement et se pro- longent souvent .à plus d*un pied de distance. Elles émettent d'une part de nombreuses fibres filiformes , qui s'enfoncent perpendiculairement et oiïi-ent souvent ( «7 ) à leur naissance un peu de chevelu , de Tantre des nge» droites, simples, qui, dans les lieux découverts, s'é- lèvent rarement au-delà de six à huit poncés , tandis qu'au milieu des grands joncs de la plage, elles ac- quièrent jusqu'à un pied de hauteur , et sont alors plus faibles. Ces tiges ont , en général , une certaine roideur et ne sont pas sensiblement comprimées. Elles naissent d'une touffe de trois à quatre feuilles droites , canali»- culées ou en alêne déprimée, pointues et dépourvues de cloisons intérieures , et elles sont enveloppées à leur base par des gaines membraneuses embriquées, qui ne sont que la base dilatée de feuilles dont la lame manque. Indépendamment de ces feuilles radicales , il y en a aussi une caulinaire. La panicule des fleurs est petite, peu garnie , inégalement ramifiée , et n'est point terminale , comme il le semblerait d'abord. Elle est dépassée de quelques lignes par le prolongement de la lige. Les brac- tées de l'origine des pédoncules sont un peu striées et se terminent en une pointe de longueur variable. Les fleurs ont six étamines à anthères jaunes. Chacune d'elles est munie à sa base 4e deux bractées opposées, engai- nantes , ovales-obtuses ou même arrondies au sommet. Les divisions du périgone sont ovales- oblon gués , ob- tuses , d'un brun marron luisant , avec une ligne dorsale, d'un vert obscur. Leurs bords sont un peu repliés en dedans. La capsule est brune et plus courte que les lobes du périgone dans les nombreux individus que j'ai eus sous les yeux. Le Juncus nitidijiorus croît dans diverses contrées de l'Europe. M. Bory de Saint-Vincent me l'a envoyé des côtes de la Bretagne, et M. Soleirol de la Corse, sans dénomination spécifique. Le savant professeur Sellata (Lani.), belle Graminée de quatre à six pieds , dont les feuilles s'étalent en éventail à la façon de celle des Iris ^ elle couvre entièrement les îlots ; enfin , le Pernettia empetrifolia (Gaud. ) , (^r^afi/5 Ql Andromeda empC" trifolia des auteurs) , et VEmpetrum rubrum (Soland), sous-arbrisseaux de très- médiocre taille . que Commerson avait observés déjà aux terres n)agellaniques. Le reste des (90 végétaux semble passé au niveau, tant sont rares les espèces qui s'élèvent un peu au-dessus des autres. La plupart forment des loufTcs gazonneuses très-serrées , très-fermes. Rien n'annonce pour le botaniste une abon- dante moisson. Toutefois le travail de M. Gaudichaud prouve que |es Malouines possèdent plus de quarante espèces qui leur sont propres , ou du moins qui n'ont pas encore été trouvées ailleurs. Les familles dominantes sont les Lichens , les Fou- gères « les Mousses, les Cypéracées, les. Graminées, les Synanthérées et les Renonculacées. Nous ne parlons pas maintenant des Algues qui, pourtant, sont très-nom- breuses , parce que, venant sur les rochers que baigne la mer , elles ne donnent aucune notion sur la puissance productive du sol , et ne présentent aucun point de comparaison avec les végétaux terrestres. Il est surpre- nant que notre voyageur n'ait trouvé ni Chénopodées , ni Labiées, ni Borraginées , ni Légumineuses, etc., familles dont prnsque toutes les parties du globe sont richement pourvues. Stpt espèces de Graminées , auxquelles se joignent trois Cypéracées et quatre Joncées , se multiplient dans lis Malouines avec une telle profusion, elles forment des touffes si rapprochées, et les autres végétaux sont, en général, si peu apparens , qu'elles semblent être seules maîtresses du terrain. En écartant cet épais gazon, on aperçoit une prodigieuse quantité de Lichens , de Mous^ ses, de Lycopodes, de Marchantia et autres plantes Cryptogames , et beaucoup de Phanérogames , herbes ou sous-arbrisseaux à tiges débiles et rampantes. Quand le retour périodique de l'hiver marque le terme de la végétation annuelle, l'eau contenue dans le ■ (90 sol comnie dans une éponge, préserve d'une entière dé- coinposilion les nombreuses plantes qui périssent, et leurs squelettes ligneux forment une bourre dont Té- paisseur accroît chaque année la masse du lit de tourbe. Il est permis de conjecturer qu'ici, de même qu'on l'a observé dans d'autres parties du Globe, ces débris de végétaux s'accumulant insensiblement , finiront par combler des lacs. Nous allons indiquer avec M. Gaudichaud la station ordinaire des diverses espèces. Dans les anfractuosités des rochers qui bordent les côtes, croissent le Statice cœspitosa (Poir.) , si commun en Europe, le Pcrdicium recun^atum (yM) , Synan- ihérée de l'Amérique australe i un Nassauy^ia que M. Henri de Cassini a nommé Gaudichaudii , en sou- venir de M. Gaudichaud qui l'a découvert ; ^Hy- menophyllum cœspitosum , espèce nouvelle , et la plus petite qu'on connaisse \ car elle s'élève à peine à six lignes. Cette Fougère , réunie à d'autres Cryptogames, forme sur le roc des gazons arrondis en pelotes très- fermes. Sur les sables de la plage ou dans les dunes , et par- ticulièrement sur leur revers, ou un peu d'humus se mêle au sable , croissent les espèces suivantes : le Mjr- tus nummulana(Coininers. Linn.), sous-arbrisseau qui a le port d'un serpolet : c'est ce végétal que notre illustre Bôugainville a surnommé Lucet musqué; les auteurs qui l'ont décrit d'après Commerson , lui assignent l'Ile-de- France pour patrie; mais M. Gaudichaud pense qu'il y a erreur de leur part -, le Ruhus geoides ( Lam. , ou Dalibarda geoides^ Smith), petit Framboisier; le Nanodea muscosa (Gaertner), de la famille des Santa- ( 93 ) lacées ; le Pernettia empetrifolia , qui est VArbiUus pu- mila de IJnoé Gis et de Fors ter, V Empetrum rubruni (Soland.); les j^ncistrum adscendcns (Genxd*)^ (^u^ncis" trum magellanicum ^ Lin.), et luoidum ( Lamarck ) ; le Fiola pjrolœfolia (Poir. ) {V. macalata ^ Cavan. ) , dont la fleur eçt jaune comme celle à\\ Viola sudetica d'Europe \ le Brassica magellanica , seule Crucifère que M. Gaudichaud ait trouvée dans les Malouincs : toutes ces espèces viennent aussi dans l'Amérique australe; le Ljcoperdon arenarium ,• le Senecio liltoralis ; VHypo- chœris arenaria-, le Cacalia candicans , grande herbe à odeur de céleri; une espèce de Taraxacum , ou peut- être un genre nouveau ; VErigeron Vahlii ; Je Pratia rrpens , herbe grôle, rampante et laiteusç , si voisine du genre Lobelia , que nous doutons qu'on puisse en faire un genre distinct, malgré son péricarpe à parois char- nues : Ces sept espèces sont nouvelles ; les Cerastiiun viscosiun et lineare , le Rumex patientia ou patience , plantes communes en Europe, et un céleri qui a tant de ressemblance avec le nôtre, \ Apium graveolens , que M. Gaudichaud est tenté de les confondre. Sur le penchant des collines humides croît en touffes le Lomaria setigera , nouvelle espèce de Fougère ; sur les monticules, le Framboisier des dunes (^Rubus geoides) ^el sur les montagnes, dans les lieux où la vé- gétation n'est pas trop serrée , le Bolax glebaria de Commerson {Hjdrocotfyle gummifera, Lam.), Umbel" lifère surnommée le Gommier des Malouines. Elle forme sur la terre une touffe verte , dense et ferme , quelquefois haute de trois pieds, et épaisse de sept, à huit. Toutes les parties de la plante sont remplies d'un suc gommo-résineux blanc, lequel rougit et durcit à ( 94 ) l^aîr. Le Bolax gleharia n'nppartient pas exclusivement à cet archipel \ il a été observé en Patagonie et dans les Andes du Chili. Snr le hord des ruîsseau"x et des étangs , et dans les J)lnines humides , croissent le Lycopodium selago ( L. ) d'Europe •, le Lycopodium magcllanicum ( Swartz ) \ les Juncus magellaniciis (Lam. ) et grandiflorus des terres magellaniques, et \e Juncus scheuchzerioides j V Alopecurus magellanicus (Gaud., ou Alopecurus antarticus , Vahl) ; le Sysyrinchium Jili forme j V /irethusa lutea (Gaud.) ( ou Serapius lutea, Commerson ) dés terres ihagellani- ques ; le Nerteria depjessa (Smith), qui vient au Chili et à la Nouvelle-Grenade , et que notre savant confrère, M. Du Petit-Thouars , a observé à Tristan-d'Acungha -, la Gentiana magellanica ( Gaud. ) -, le Mysandra ma- gellanica , sans doute congénère du Gunnera, que M. Gaudichaud a rapporté des îles Sandvv^icli. Dans les étangs , dans les marécages , et quelquefois aussi sur le bord des eaux Courantes , et dans les plaines mouillées , car les limites de ces diverses stations se con- fondent , croissent le Zï'mo.çe/Zfl temdfolia (Pers. ) de l'Europe septentrionale , le Raminculus hydrophilus (Gaud.) , le Ranunculus pan^ifJorus (L.) du midi de l'Eu- rope et de l'Afrique septentrionale, le Caltlia sagittata (Cav.), un autre Caltha, C. appendiculata (Willd.), et le Drosera unijiora (Willd.) , toutes deux du détroit de Magellan , r^2rore/Za Ijcopodioîdes (Gaùd.), les Myriophyllum elatînoîdes eî ternatum (Gaud.) Parmi les ruines du bourg Saint-L?Juis et dans les terres autrefois soumises à la culture par les Français et les Espagnols , mais depuis long- temps abandonnées à elles-mêmes, croissent le Poa anmia, les Rumex acê- (95) tosa et acetosella , le f^eronica serpylHfolia , le Senecio vulgaris ei YUrtica uTens. C'est tout ce qui subsiste des colonies européennes. La disparition des végétaux utiles introduits ancien- nement dans cet archipel , n'a pas piDrmis à M. Gaudi- chaud d'espérer que les graines de la Nouvelle-Hollande qu'il y a semées pourraient prospérer. Les autres espèces terrestres dont nous ne parlons pas , habitent indiUeremment presque toutes les stations. Vingt-une espèces d'Algues appartenant à quatorze .genres ont été récoltées sur les côtes v cinq de ces es- pèces, savoir, les Ceramium interruptum et intiicatum^ le Sphacelaria callitricha , le Bryopsis rosael le Rhodo" mêla Gaimardi sont lout-à-fait nouvelles pour nous. Les autres nous étaient déjà connues. La plupart vien- nent du cap de Ronne-Espérance. De ce nombre est le Macrocysiis pjiifera ( Agh. ) qui; vient aussi au cap Horh. Dans la baie française où il croît abondamment, il est distribué de l'ouest à l'est en ligues parallèles qui s'approchent de plus en plus du centre du bassin, et marquent , par leur disposition symétrique, la direction des chaînes de rochers dont le fond de U mer est garni.. Qu'on ne pense pas que le règne végétal n'offre abso- lument aucune ressource au navigateur qui échouerait sur ces côtes au temps de la végétation; il est de rqdes positions où l'homme civilisé, semblable au sauvage, sait se contenter de peu. M. Gaudichaud en a fait l'exoé- rience. Sans parler des fruits du Myrtus nummularia ^ du Pernettia empctrifolia , de VEmpetrum ruhrum^ du Rubus géodes , dont la saveur est très-agréable , nous citerons comme espèces alimentaires , un Apium^ sorle de céleri que produisent les dunes, \Oxalis enneaphylla^ (96) et trois espèces d'oseille-, les Rimiex acetosa^ acetosella et paUentia. En cas d'extrême nécessité, ]e Cenowyce rangiferinU on Lichen des rennes , et plusieurs autres espèces de Lichens , ne seraient pas à dédaigner. Per- sonne n'ignore que les Lapons et plusieurs peuplades sauvages du nord de l'Amérique en font une énorme consommation. Les bulbes de VArethusa hitea , sem- blables aux bulbes des autres Orchides , pourraient être 'réduites en salep. La base de la tige du Festuca flabellata a le goût savoureux du choux palmiste , si recherché dans les contrées équaloriales. Nous regrettons que M. Gaudichaud n'ait pu se procurer les semences de celte belle Graminée \ le climat de l'Europe ne lui se rait probablement pas contraire. Une plante utile qui réussirait dans nos terrains bourbeux serait une acqui- sition précieuse. Nous joignons ici le tableau de la végétation des Malouines. t'amilles. Espèces. Patrie des espèces déjà connues. Al«uss . Ceramium diaphanum , Roth . rubrum, Agardh. Cap de B.- Espérance. interruptum ( espèce nouv.). intricatum , id. V alonia inlricata ^ Agardh. Griffitsia setacea , Ag. Sphacelaria caUitricha ( espèce nouv. ) B/yopsis rosa^ id. Rhodomela Gaimardi , id. Chondria acanthophora , Ag, Sphaerococcus palmetta , Ag. Cap de B.- Espërance. (91) Familles. Espèce. Sphœrococcua Jimbriatus , Ag. Patrie de& espèce* déjà connues. Cap de B.- Ëspërance. suhulatus var. nigres- cent. /iarlul&f Ag. Delesseria rusci/olia , Ag. plocaniium , Ag. var. Sphaerococcids laci/iiatus , L^ngb. Sporochnus ligitlatus, Agh. Encœlium bullosum , Agh. Laminaria buccinalis , L. Cap de B.- Espérance. Id. Cap de B.. Espérance, Id. Europf Macrocystis pyrifera^ Agh. Champignons. Lycoperdon arenarium{\) ( nouv. espèce) Jgaricus fimetarius , Pers. Lichens. Lecanora macloviana {nouy. espèce). Sticta citrina , id. Gaudichaudii , id. Parmelia polycarpa y Sprengel. lugubris (espèce nouvelle). saxatilis , Achar. pubescens (espèce nouvelle). lactucœfolia , id. Collema lanatum , id. Cenomyce chlorophaea , id. pleurota , Achar. scabrosa , Achar. aggregala, Achar. subulata , Achar. Europe. gracilis , Achar. ici. pycnoclada (espèce nouv. ). Sphaerophoron compressum , Achar. Europe . Cornicularia acuteata , Achar. Id. fiavicans (espèce nouvelle). {\) Lycoperdon arenarium , ovale, inmiersum, albido-griseum , Iseve. Pers. Tome V. 7 (98) t^àmdUs. Espèces. Patrie des espèces déjà connues. •\\ . Physcia sepacea , id. HÉPATIQUES. Jungermannia sphiulosa , Roth. Europe. Maj'chantla polymorpha , L. Id. polychnemos (nouv. esp.). ^ Moytisiiis. Trichostomum lani/ginosuf». Europe. Sphagnum acutifolium. Id. Diotnnum strictum , Schleicher. Id. Jiexuosum. Id. purpureum . Id. Hypniim aduncum , L. Id. L^^totojiiA.ci.Es. Lycopodium selago , L. Europe, Si- bérie. mageilnnicurn , Swarlz. Détroit de Magellan. Fougères. Schizœa australis (i) (uouv. espèce). Ijomaria setigera (a) , id. V h'i.|. 8uid*o*iKv> *.... polypodloides (3) , id. I ■ ilMtî é u l é » i iai > (i > <■ y i.JU ni, M, ^:_;^ , ' • (i) iScîdzceaaustratis.Vv&ûàa, «itbplicissiiUh ^ littèaYi filiformi, tri- quelra, aspera, pkribus spicarum teiinltiaHum septenis; paleis radicis liliforojihtiB , Gaud. (2) Lomaria setigera. Frondibus ferlilibus pinnatis; pinnis scssilibus, valde approximatis linearibiis rachique leviter lanuginosis, stipite re- raote dentato-tuberculato , basi densissitne squaaioso , squamis longis- simis lineari-setiformibus ; frondibus sterilibus glabriusculis , pinnis lanceolatis acutis , basi subirabricatîs, Gaud. Cette plante diffère de la Lomaria magellanica , avec laquelle elle a beaucoup de rapports par ses pînnuïes plus serrées et plus épaisses avortées vers la base dès /éuihe^; cf sùVlfout par la forme des écailles qui éttùVi-ént la partie inf'(5fiént't; déS lîges • cette espèce nous paraît en outre avoir de grands rap^drt^ av6<î \A t^rtiaria robusta, Carrnich. , Trans. Linn. , vol. *î , j^. 5ïti, à[\n tttiW Û Tile de Tristan d'Acugna , et qui arvfait étî^ diéslgnée p^H M. Du Pétît-Th6ùàrs , sous le nom de Pteris palmceforinis. Cettb dernière plante tte pai^àîl différer de celle des îles Malouines, que par Àa tige un pélj arborescente et ses frondes quelquefois plus grandes, ee q«4 peurratt tenir tra climat pins chaod qu'elle habite; (3) Lomaria polypodloides , Desv. Mes. (Stegania alpina?R. Brothi:, (99) . FanUliet. Espèces. Patrie d^selpécès déjà conniieâ. HymerwphyUu/n cœspitosum (I) , id. Mabsiléacéi». Azolla mageUanica , Willd. Tene de Magellan , Montevideo. GYFÊHAcéEs. Oreobolus obtusangufus (a) ( nouvelle espèce ). Uncinia macloviàna {l) ^ Willd. Terre de Magellan , Montevideo. Carex banariensis , Desf. Buenos- Ayres. (^RAMmÀf.s. Poaa/mua,h. Europe. prod. i53.) Frdndibus fèrtilibus pmcatis, pinnis sessilibus, oblongis , obtusis glabris , rachi stipiteque remote squaraatisj indusiis margine lacinulatis; frondibus sterilibus brevius stipitatis, pinnis latioribus. Cette plante ne serait-elle pas !a même que M. Carmichci a dé- crite sous le nom de Lomaria antarctica. Les caractères quMl donne à cette plante, nous paraissent bien convenir à celle des îles Ma- ibulnei. (1) Uymenophyllum cœspitosum. (Gaud. Voyagi; autour du inonde; botanique tab. 6, fig. a.) Frondibus pinnafis (3-6 lioeas longis ) pinnis subimbricalis , ovato- oblongis, concavis, integerrimis , costa média subtus pilosis ; soris sub- terminalibus; rachi stipiteque capillaribus birtiSytcaudice câpillari re- pente. (a) Oreobolus obtusangulus., FoUis lineari-subuUtis subciliatiâ , culmo ^rigono, sex-sulcato. Cette espèce diflère de celle de la !NouveUe-HoUande ( O. pumilio R. Br. )par ses feuilles un peu plus longues, très-pointues, à 3 ner- vures le'gèrement ciliées sur les^bords, et par ses chaumes presque cy- lindriques à six côtes obtuses et non pas à trois angles tranchans. Ses fleura se composent d'un involucre formé de 4 écailles im- briquées sur deux rangs et caduques (M. Brown n*en indique que deux dans VO. pumilio) j d'un périanlhe de six écailles lancéolées dont 3 plus externes et 3 internes , et de trois étamines à filets très- longs; Tovaire est globuleux ou ovoïde, il renferme ufic graine dont l*embryon est en cône renversé à la base du périsperme. (3) C/'/icima mac/ot'tVf raa. S pica tiliformi , densa, multiflora , squania Jhftmii/es. ai. JoNcéES. ( loo ) /ispèces. Âlopecurus magellanicus , Lamk. ( Alopecurus antarcticus , Valh. ) Jgroslis mogellanica ^ Lamarck. Patrie des espèces déjà observées. Dëtroit de Magellan. Patagonie. Détroit de Magellan. Cûe5/?//05a ( espèce nouvelle). Airaflexuosa , L. Europe. Fesluca Jlahellata (i) , Lam. Détroit de Magellan. Arundo alopecurus (2) (espèce nouv.). Juncus magellanicus ^ Lara. Détroit de A Magellan. — *-''^ \ gj'andijiorus , L. Id. ' ■ ' ' scheuchzerioides (o)(nouvelle espèce ). Luznla alopecurus , Des vaux. R'esti icÉES. Gaimardia auslralis (4) ( genre nouv.). inflma longe arist.ita , fructibus oblongis , plano-convexis , villoso- ciliatisj culmo ,triquetro^ fiUformi, striaîi-Jaevi; foliis sfrictis, planis. (\) I^estuca Jiabellata, Panidula dense, stnota, subspicata , basi in- lerrupta, spicitlis compressis , pedicellatis, sub-sexfloris , arislatis , sub-glybris culmo compresso, foliis raJicalibus flabellatim disticliis. (2) arundo alopecurus. Panicula suberecta , spiccTformi dcnsa j gliimis spicula sub-quinque£Iora longioribus , dorso ciliato-scabris , palea infejriore lana vestita. •(;*;:• , .ii<. Q) Juncus scheuchzerioidei. Cu\mo brevissimo, foliis filiformibus bre- viore^spicis subbinis, bibracteatis, 3-5 floris; perigonii foliolis œqua- libus, ovato-lanccolatis, mnctonatis, capsulam subglobosam aequan- tibus (Luharpc, Monog. J^nc. ined.). (4) Gaimaiidia , Gaud. Ciityx. Glutnœ duae uiembranaceae aouininatœ , inferior major su- periorero involvens. Stamina duo , glumis et infer so opposita , exserta libéra j anlherœ ellipticae , pel^itaî , biloculares , locuii marginales, augusti, secundura longitudinem dthiscentes. Oi^arium unicum (intèr- dum ovaria duo, altcro efl'elo ) , stipilatiim, biloculare; ovulum 1 in quolibet loculo, suspensum. Stigma sessile, bipaititum, laciniis elon- gatis subulatis, exserlis. Lruclus longe stipilatus ad basim glumis fila- mentisquc persistentibus cinctus, elliplicus, compressus; apice emargi- ( ^d, ■ Rumex patientia , 1j. ? Euf ope. acetosa , L. Id. acetosella. ■ ■•' Jdj. ,1 nato-bilobus , laevis , glaber , bilocularis , loculicido-bivalis, dissei'i- mento secundura longitudincm fisso. Semina solitaria siispcnsa, locu • lum replentia, cylindraceo-ohlong;» , apice rotundata hiloque oblongo notata, basi acuminata lœvia. Inlcgumentura simplex , tenue membra- naceutn. Perispermium scmini conforme, carnosum. Embryo exteriori» conicus,ad Atremitatem inferiortm seinînis, hilo oppositam , situ», Herbula muscoidea , caespitosa , glabra ; caulés erè'cK illrtigiaii^ supcrne ramosi , dense foliosi; ramis sparais apice unifloris; floHbas subsessilibus j foliis arcte imbricatis, subulato-triquetris, iofcrne valde dilatalis t-t vaginantibus, ligula intégra. (>) SisyrinchiumfilifoUum. Caide tereti, striato , rau'li (4^8) flore f foliis radicalibus filiformibus , caulem subœquiaotibus; capsuJ» glabra , loculis 3-6 spermis. •- -■ - ■ - >> (a) Wanodea, Gîerfn. fil. tiMi^Btéid \m Catfx hemispbœricus, ovario adnatu», ttmbo liBero 4-P''»rtito erecto, laciniis sub-deltoideis, basi constrictis œqnalibos; iutorstitiis undulato- prominentibus. Corolla nulla. Siamina \, limbo calycis inserta, ipsius laciniis opposita; filamenta brevissima ad imam basim iucrassato-dila - tala; antherœ elliplicae wtrinqne emarginatœ, biloculares, interne se- cundtim longitndincm déhiscentes. O^flnum snbglobofum, calyci ad- natuni uniloculare, vortice libcro, in sty!nm desinens. Oi^ulum r, sub« ellipticum , per podospcrmium longiiisculum liiifôrnaic fundo loculî cnatiim. Stylus breviuscubis hinc et inde sulco longitudinali notatus. Stignia bilobum, lobis subrotundis. Fruetus drupaceus, calyce camoso undiqueobtecius, iimbo styloque persistcntibus coronatus, monosper- niMs , non dehiscens ; pericarpitim osscum. Semen scssile globosum inamaturum ). familUs, Plombaginées Primulacées. ( .02 ) Kspvcei. Statice cœspitosa , Poirel. Primula farinoaa , L. RniNANTAcécs. F'ewnica s^rpyllifolia , L. deeussata (1) , Willd. Personées. Gentianées. ERICINéES. Fil trie des espèces iléjà connues. Id, Europe, Si- bérie, dét. de Magel). Europe, Si- bérie , Pé- rou. pétroit de Magellan. Allemagne. Limosclla tenuifolia^ Persoon. Gentiana magellanica (2) (nouvell espèce). Pernettia empetrifolia (3) , Gaud. {Arhutus purnilaylj. Forst.) Détroit de Magellan. ( Andromeda empetrifolia , Lam. ) (i) La structure du fruit de cette plante ( yoy. pi. 3, fig* 4) proure quelle ne diffère point des véroDiques par le mode de déhiscence de la capsule comme M. De Jussieu l'avait pensé d'après Commerson. (a) Gentiana magellanica. Caulibus ereçtis , ramosis, tetragonis , angulis racmbranaceis ; foliis spathulato-lanceolatis , acuiiusculis , trinerviis; floribus terminalibus solitariis ternis ; calicibus 4-fi tout par les 10 glandes qui entourent l'ovaire, et par son port par- ticulier j il est probable que les Arhutus mucronata, microphylla ^ elc. , du détroit de Magellan, doivent se rapporter à ce genre. ( .^p'i ) FçnnlUçi. Espèce». Patrie des espèces déjà connues. Empetrum ri^brum , Solfind . Dé i rolt de Mageliau. LoBÉLiACÉES. Prafiq. repens (i) ( genre nouveau ). Chiqob A.cé£S. Hypochœris arenaria ( 2) (nouv . espèce) , Taraxaçum puntilum (3) , id. Cw A^ocEvntiLEs. Nassau\>i(^ Gaudlc/^au^if i^)t Cassini ( nouvelle espèce ). CoBYHBiFÂR£s. Cacalia candicans , Willd. Détroit de Magellan. ^ Gnqphfdium çQn^çif^ineum (5) (nouv . espèce ). Baccharis tridentata , Persoon. Çonjza magellanicajWïWd. Id. Prigeron Vahlii (6) ( nouvelle espèce). (1) PflATiA. Calyx pvario adnatus, liflnbo liberp, 5-dentato. Cor-ollu sub-infundibuUformîs dorso usque ad basim fissa, limbo 5-fido pa- t«ale. è'iamina ê filamenta stiperne iit tubiim coanata; anifaerfle eo»- nalœ. Stigma bilobutn. Capsula calyce carnoso oblecta, bilocularis, non dehiscens ; loculis polyspermis. Herbulx pusillae. Gaules filiformes, ramosi , repentes. FoHa «ul^-re- niformia, crassiuscula , flores axîllares, soiitani, pedynculati , pallide roseo-violacei , pedupculis sjubbracleolptis. (a) Hypochœris arenaria. Gaule ramoso , erecto, plurifloro ^ foliisque bispiduUs, subs(|uan^oso-pinDatifidis, f-adic^libus mious profunde in- cisis j involucro piloso. (3) Taraxacurn pumilum. Gaule subramoso, foliisq^e pjlpso-lanatis , lineari lanceolatis, acutis. (4) JVassauvia Gaudichqudii, Caulibus conferto-ramosissimis , foliis parvis, imbricatis, squarroso-recurvatis, rigidis, lanceplatis, margioe spinoso-dentatis. {Mastigophorus Gaudichaudii. , H. Gassini, Dict. Se. INat., tom. 34, p. ?aa). (5) Gnaphalium consanguineum. Ganlibus herbaceis simpUcibus, , crectis, foliis albo-lanatis , spatbulatis , subacutis ; spica terminali coarctata infjerne subioterrupta , involucris sessilibus , flavescenti- fuscis, glabris, nitentibus. (6) Erigtron f^ahlii. Gaulibus herbaceis sub-siraplicibus crectis , fo- (io4) Fnmilln^ Espèces. Patrie des espèces rléjà connues. . Senecio littoralis{\) y\à. vulgaris , L. Europe. Terdicium recuruatum , Willd. Détroit de Magellan. Oligosporus emarginatus (a), Cassini (nouvelle espèce ). Achillea tomentosa y L. ? Alpes d'Eu- rope. Chiliotrichum amelloides , Cassini. { A mellus diffusas, W\\\à.). Détroit de Magellan. RuBiACÉES. Nerteria depressa , Smith. {Gomozia-granadensis.\^mn.su^\A.) Ile Tristan- d'Acunha , Chili, INouv. -Grenade. Ombellifères. Bolax glebarla (3) , Commerson. {Hydrocotyle gtimmifeiXLf Lam. ) Andes du :W ffc^(>>;î?'V!, Chili, Patagonie. liisque glabris , oboTato-lanceolatis acutiusculis remote serratis in- ferne angastatis, vaginatis, (i) Senecio littoralis. Gaule herbacée, erecto, folioso, foliis oblongo- lanceolatis, acutis, integerrimis coriaceis- involucro polyphyllo. Var. a. Lanata. Caule sub-siroplici uni-trifloro , foliisque albo- lanatîs. Var. ^. Glabrata. Caule proceriore, ramoso, ranais corymboso- multiflorîs; foliis glabris. (oi) Oligosporus emarginatus. Involucrum pentaphyllum regulare , tri-quinqueflorura ; receptacnlum nudum , flores tubulosi; limbo qua- drifido regulari; a-3 marginales feminei, difformes, 'Hàibo Irifido-ir- regulari. Akenia pappo dest-ituta. li' ii Herba caespitosa, facie Bryi ; caules densissimi, sub-ramosi, ïbliosi. Folia arcle iml)ricala, simplicia, oblonga, coriaceo-carnosa , intégra, apice membranacca et eraarginato-biloba , flores terminales solitarii sessiles. (3) Le fruit de ce genre n'ayant pas encore ëte' figure' avec exacti- tude, soit parce qu'on l'a repre'senté d'après d&se'chantillons quin'e'taient pas mûrs ou qui avaient ëte' complètement déformés par la compres- sion , il nous a paru important de le représenter d'après les dessins de ( to5 ) l'amilles. Epèces. Patrie des espèces déjà connues. Azorelta fycopodioides{i) , ( nouvelle • espèce). ^pium graueolens , L. ? Europe. RKNONcuLAcéES. Ranunculus /lydropAiius {2) {nouvelle espèce). parpiflorus , L. ? Europe Australe , Afrq. Septentrionale. Caliha sagittata , Gairanilles. Iles Malouines , dét. de Magellan. appendiculata , Commerson. Crucifères. Brassica magellanica , Poir^? Détroit de Magellan. GÉRANIÉES. O.ralis enneap/tjr lia , Cav&iï. IlesMalouin. ViOLARiÉES. F'iola pj rolœfolia f VoiveX. {P-iola magellanicâ'';'î'6ÂM:f'^'^ *^'^î)ëtroit de . . v\o vv-A-(;\X j Magellan. Droséracées. Drosera uniflora , Willd. Détroit de CARYOPHYLLiES. Sagina procumbân^^'hft-f>^froâo ; «hr Europe. Cerastium viscosum , L. ? - Id, • - lineare , L. ? Id. (Alpes), '"d^.'lJë^ Magellan. Hygrobièes. Mjriophyllum elaJînoides^)\^h\3rfrêXie ^ espèce.) M. Gaudichaud , sa forme étant très-remarquable, et distinguant par- faitement ctî genre des AzoreVa. {Voy. pi. 3 , fig. i et it.) (i) Azordla Ijrcopodioidee, Foliis interne vaginatis apice tricuspit- datis, laciniis subulatis, rigidis, yaginii infundibu^ibroiibus, ciliato- denticulatis. rrr? ' (a) Ranunculus hydrophilus. Caulibus repentibus vel subnatantibus foliis radicalibiis ovato-orbiciilares, longissime petiolatis; pcdnncrtl» unifloro, pctiolis multo brevioribusi fructibus laevibus subacuminati*. (3) Myriophyllunt elatinoides. Foliis quaternia , inferioribus pro- funde pinnaliildis (laciniis capillaribus) , superioribus pinnatifîdis , dentatis vel integris, oblongo-lanceolatis , floribus diœcis , fenàîAci» axillaribus. ( »o6 ) lùimiiUi. Espèces. Patrie des Espèces déjà connues. Myrtées. RosAcéES. Myriophyllum t^matum(\)y Myrlus nummutaria , I^ar». liubus §eoi(i^s , Lara. [Dalibarda geoides j Srail^h.) Ancistrum adscendens , Gaud. id. Détroit de Magellan. Détroit de Magellan. ( A. magellanicum lucidum , Lam. , Lam.) Id. Iles Ma- louines. Orticées. l/rdcQ Urem , L. Europe y Sibérie. Misandra magellanica ^ Commerson. . iOm%Hçra rrMgeHanka, Lam .) Iles Sand- , w- . ^^ MagelL Ce tableau nous offre 128 espèces, dont 4^ à 4^ sont nouvelles , et dont 5i8 ou 29 croissent dans rAmérique aiustrale , 3i en Europe;, ïo au cap 4e Bonne-Espérappe , sur les rochers que mouille la mer. Il ny a pas sujet de s'étonner qu'un grand nombre d'espèces des terres niagellanîqucs et de la Patagoniç croissent dans les Malouines; ruais ce qui doit surprendre, c'est que le quart de celles qui composent actuellement la petite Flore de cet archipel , figure dans la Flore eu- ropéenne ; que notre Ortie , nps Oscilles communes, vé^ gètent au pied des vieux murs du bourg Saint-Louis et dans les localités dont les cultivateurs européens ont la- bouré le sol , cela sp çouiprei^d. M. Ramond a vu ces espèces , compagnes de l'homme , gravir les hautes mon* (i) MynnphyUum ternatum. Foliis ternis, inferioribus profundc pinuatifidis , laciniis capiUaribqs, superioribus indivisis, oblongis , in- tegerrimis ; ûoribus axillaribus , superioribus masculis octandris , in- ferioribus fœmincis. ( '07 ; tagnes avec les bergers ; elles n'ont pas rencontré plus d'obstacles à traverser les mers avec les fondateurs des nouvelles colonies 5 mais que des plantes sauvages , le Primula farinosa des Pyrénées et des Alpes , le Limo^ sella tenuifoli'a des, marais de TAllemagne, notre Lyco- podium selngo , le Jungermannia spinulosa , six de nos Mousses , etc. , habitent de petites îles de l'Océan aus- tral, situées au voisinage du cap Horn , voilà ce que n'expliquent pas les colonisations. Trois genres nouveaux figurent dans le tableau. I*. Le Gaimakdia, établi sur une espèce nouvelle, à laquelle l'auteur donne le nom ô^australis ^ cette plante, de la famille des Resliacées, vient en touffes; elle a le port et la hauteur d'une Mousse. Le genre se distingue par des fleurs hermaphrodites , accompagnées de deux spathelles opposées , par ses deux étamines , chacune opposée à l'une des deux spathelles, par son ovaire atta- ché sur un petit support et surmortté de deux styles àîgus , par son fruit sec, composé de deux coques réu- nies , à une loge et à une graine chacune. L'auteur a dédié ce genre à M. Gaimard , son compa- gnon de voyage , connu de l'Académie par de beaux tra^ vaux sur la zoologie. îi*. Le Peunettia, qui est V Afbutus pumila deForster et de Linné fils , et V Andromeda empetrifolia de La-^ mark. M. Gaudichaud lui a conservé le nom spécifique à! empetrifolia, Cest un sous-arbrisseau de petite taille. Il diffère des Arbousiers par son calice à base épaissie, ses anthères à quatre pointes , ses filets élargis , son nec- taire composé de dix glandes trilobées formant un an- neau autour de la base de l'ovaire, et alternant avec les dix étamines. ( io8 ) Ce genre est consacré à la mémoire de don Pernellly qui a devancé M. Gaudi chaud dans l'archipel des Ma- louines. 3*- Le Pratia, genre établi sur une nouvelle espèce de Lobélîacées , que l'auteur nomme Pratia repens. C'est une petite îierbe rampante et laiteuse , très-voisine des Lobelia. Sa corolle ressemble à celle du Goodenia; son péricarpe à parois charnues finit par se détruire y maïs il ne s'ouvre pas régulièrement. M. Prat Hournon , officier de marine , mourut à bord peu de jours après son départ de Toulon. Le genre Pratia lui est dédie. M. Gaudichaud n'a passé que deuic mois et demi aux Malouines , dans une saison où la végétation était sur son déclin-, il n'a donc pas tout vu*, mais il a si bien viv ce qu'il était possible de voir, que nous n'hésitons pas à dire qu'il a conquis ces îles à la Botanique; espérons que M. d'Urville , qui , depuis , a paru dans les mêmes con- trées , ne laissera rien à faire aux botanistes qui lui succéderont. On sait que la frégate l'Uranie fit naufrage dans les parages des îles Malouines , le i4 février 18-20. Heureu- sement personne ne périt ; mais l'équipage se trouva dans le plus déplorable état., M. Gaudichaud , qui en faisait partie, ne se laissa pas abattre par ce revers-, il avait autre chose à faire que de se préoccuper de sa triste position. Ses herbiers, restés à fond de cale, trempaient dans la mer ; il fallait les retirer et les sécher-, la terre déserte sur laquelle il avait été jeté, lui offrait une vé- gétation inconnue-, il fallait l'étudier. C'est à cette abné- gation de lui-même, c'est à son zèle ardent pour les sciences , que nous sommes redevables de la conservation ( «f>9 ) d^,' la plus riche partie de sa coHeclîon , cl de rintéres- snnle Flore des Malouines, qui a été rc»nvoyée à notre examen. jNons pensons que ce travail, fruit de six se- màîhesV août aiicun moment n'a été perdu , est très- digne de l'approbation de l'Académie , çt noij^s avons l'honneur de lui proposer d'en autoriser l'insertion dans les Mémoires des sa vans étrangers , pour donner à Tan- lenr hti témoignage public de sa salisfaclion. / Signd, Desfokïaines , Mik^el , rapporteur. L'Académie adopte les conclusions dé cfe rapport. Explication des Planches représentant qv!elques^ Plantes re^ marquables de la Flore des ilçs Malouines , par M, Gau- dichaud. )• <:.'■'.'■ PI. J. Fig. I. Or^okçlUi obtus angulu$)J^^\kd. a. De grandeur naturelle, B. feuil)e!SS-(i,),}^|Ç, $path« à 4 valves, D. përigone à six divisions, E. cqupe du cbaurae, F. fruit en- toure' par le pt'rigone, G. coupe du fruit, H, graine. Fig. a. Callixene niars^inata. Commers. C. involucre à 5 folioles, D. fleur marginale fe- melle, E. fleur centrale mâle, F. stigmate des fleurs femelles, G. stigmate des fleuri! mâles , H. étamine. Examen d'une nouvelle variété de Wolfram ou Schéelin ferruginé; Par m. Vadquelin. [Extrait du nouveau Bulletin des Sciences, féurier \%ib.) M. Vauquelin ayant analysé une nouvelle variété de Wolfram découverte dans le Limousin , n'y a point trouvé l'Yllria et le Tantale qu'on avait soupçonné en faire partie ', mais il a obtenu une proportion de Man- gahèse beaucoup plus forte que dans le Schéelin fer- (...) rugiiié ordinaire qui , comme on sait , esl composé d' Acide tiingsiiqiié , 74,66(5 Oxide de fer , ï7'%4 Oxide de manganèse, 5^670 97' 9*^ Tandis que la variété nouvelle esl formée d' Acide tungslique , 73,ft Oxide de manganèse, i3,» Oxide de fer, i3,8 lOO-O On voit q(Je la proportion de manganèse est beaucoup plus forte que dans le Schéelin ferruginé ordinaire , et que cependant la quantité d*âcide reste la même , d'où il résulte que le rapport indiqué par M. Berzélius pour ce genre de sels dé t à 3 entré Toxigène des bases et celui de l'acide, neâek'aît p^S eiïict. M. Vauquelin a été conduit par ses expériisnces , à penser qu6 le ler con- tenu dans le Stihéelin ferr&gitté était portion à l'état de protoxide, portion à l'état de peroxîdè. Note sur le Platine , de Sibérie, M. le baron de Humboldt a présenté à TAcadémie, de la part de M. le baron Schilling , des échantillons de Platine , d'Osmium et d'Iridium en grains , découverts dans les sables aurifères de Kuschvs^a, dans les Mowls- Ourals , à deux cent cinquante w^erst d'Ekaterinl)urg. Les Sables qui renferment ces métaux se, ti-ouveut presqu'à la surface du sol dans un terrain; argileux \' ils contiennent également dès fragmens de , jJûJéritc , de Corindon , de Fer oxidulé , o» y ©bserve par conséquent ^ ( ,,2 ) ia plupart des mômes cii*conslances que dans les sables, aurifères qui renferment le Platine du Clioco. Les grains de ce Platine sont beaucoup moins plats, plus épais et plus irréguliers que ceux du Platine du Choco ; leur éclat est moins vif et leur, couleur plus plombée. Les grains présentés par M. de Ilumboldt et déposés au Mu- séum d'Histoire naturelle , paraissent avoir été parfaite- ment lavés et séparés de toute autre substance étrangère. L'Osmium et l'Iridium qui les accompagnent sont en par- tie en grains très- irréguliers , d'un gris de plomb , et qui ont l'aspect de la petite grenaille caverneuse qu'on produit en jetant ce métal fondu dans l'eau , et en partie en grains d'un brillant argentin , aplatis, ou en polyè- dres irréguliers à arêtes émoussées. Note sur l'analyse d'un échantillon de Phosphate de manganèse et de fer ^ Par m. Vauquelin. Ce Minéral provenait d'un endroit nommé le Hu- reaux , commune de Saint -Sylvestre , déparlement de la Haute -Vienne ^ il était d'un brun violet, et avait été; adressé à M. Vauquelin par M. Alluaud. Il est com- posé de Oxide de manganèse, i4 Oxide du fer , 28 Acide phosphorique , 58 100 M. Vauquelin le considère comme un Phosphate dou- ble et neutre , et donne le nom de Sous -Phosphate à une variété d'un jaune verdâtre , trouvée dans le même endroit, qui ne contient que 3o pour 100 d'acide phosphorique. (..3) Notice sur la vie et les travaux de Jean- Vincent-Félix Lamouroux -, Membre correspondant de Tlnstitut, Professeur d'Histoire Naturelle à rUnivcrsité de Caen , des Sociétés d'Agriculture et de Médecine de cette ville, etc. ^ Par m. jI-J.-N. Hcot. Les phénomènes de la nature ont lin attrait >p!lus on moins vif pour la plupart des hommes ; après quelques études préliminaires , tous sont susceptibles de suivre les travaux des savans dans quelqu'une des branches de This- toire naturelle. Cette étude est le plus noble délassement de Fesprit humain-, c'est él lis aussi qui lecon«<4e ïe plus facilement des peines de la vie et de ses trompeuses illusions. Mais dans l'état de perfectionnement où les sciences sont parvenues depuis trente ansl) ibfaut unei capacité peu ordinaire pour soptîr de la foule des ama- teurs , et acquérir par des travaux importans un oertaîd degré de célébrité. ■ i C'est cependant co qu'a fait le savant distingué dont nous déplorons la perte, et dont les vertus et les Tf-avaux sont un sujet de regrets pour ses amis et pour les sciences naturelles dont il aurait accru les découvertes , si la mort eût respecté^ un6' vie que , jeune encore , il avait si utilement employée. Jean -Vincent -Félix Lamouroux naquit à Agen le 3 mai 1779. Fils d'un des plus respectables manufactu- riers de cette ville , son p^re le destinait à le renfiplacer dans la direction- d'une fabrique de toiles peintes, dont les utiles produits rivalisaient avec ce qui sortait (les plus belles manufactures anglaises. Tome V. — Juin. 8 Ce fui pour répondre aux îiitenlîons de son père , que le jeune Lamouroux se livra de bonne heure à l'étude de la cliiniie. Il s'y adonna avec tant d'ardeur, il y fit des progrès tellement rapides , il était d'ailleurs doué d'une activité si remarquable, qu'encouragé par l'exem- ple de quelques amis , et principalement par son cama- rade d'enfance et son compatriote , M. Bory de Saint- Vincent, il ne voulut être étranger à aucune des sciences naturelles, La botanique fut d'abord celle qui lui pré- senta le plus d'attrait^ c'était son principal délassement. Il s'initia si rapidement aux secrets de cette science , qu'à peine âgé de seize à dix-huit ans , ce fut lui que M. de Saint-Amans, professeur de botanique à l'Ecole cen- trale d'Agen , qui l'avait distingué comme le plus habile de ses élèves, choisit, malgré son jeune âge, pour le remplacer ,^ pendant une absence assez longue que le professeur était forcé de faire. L'honneur de suppléer son maître ne fut point «n motif d'orgueil pour le jeune Lamouroux ^ ce fut seule- ment un motif d'encouragement et un noble dédomma- gement du temps qu'il dérobait aux plaisirs de son âge pour ae Uyrer à l'étude. Dès ce moment, les sciences naturelles qui n'avaient été pour lui qu'un passe-temps agréable, qu'un but d'application relatif à ses connais- sances en chimie , acquirent plus d'importance à ses yeux. Tout ce qui se rattachait aux sciences physiques et naturelles devint , pour cet esprit avide de s'instruire , un sujet continuel de méditation. Ce naturaliste de vingt îins n'oubliait cependant point que sa principale étude devait avoir pour but tout ce qui pouvait contribuer à la prospérité de l'éta- blissement fondé par son père -, mais il savait mettre à profit les voyages qu'il était chargé de faire dans l'intérêt de la manufacture de M. Lamouroux 5 ses tournées com- merciales étaient eh même temp^ des excursions de na- turaliste, au moyen desquelles il accroissais ses collec- tions naissantes, qui sont devenues par la suite si im- portantes pour la science. Quoique la fabrique de son père absorbât la plu» grande partie de son temps , le jeune Lamouroux sut trouver assez de momens de loisir pour rédiger quelques-^ unes de ses observations en histoire naturelle. En i8o5 , il publia ses Dissertations Sur plusieurs espèces de Fucus peu connues ou nouvelles. \\ dédia cet ouvrage à M. de Sainl-Amans. En livrant ces Mémoires à l'impression, il avait moins en vue de se faire connaître comme botaniste , que de payer un tribut de reconnaissance au professeur qui l'avait encouragé dans ses premiers essais. Cependant, M. Lamouroux, qui craignait que l'amour de son fils pour les sciences ne le détournât des occupa- tions relatives à ses travaux industriels, tenta de le faire renoncer à un genre d'instruction qui semblait être in- compatible avec la vie laborieuse d'un manufacturier. A quoi pouvait le mener, disait - on , cette soif de l'étude ? C'est un préjugé encore généralement répandu, que le goût des sciences naturelles , par cela même qu'jl est attachant, est peu convenable aux personnes qui se livrent à des occupations sérieuses et suivies. On con- vient toutefois qu'il faut un soulagement et des distrac- lions à l'homme qui se livre tout entier aux devoirs de son état*, mais si l'étude est pour quelques, individus un» besoin qui repose l'esprit en même temps qu'il l'exerce, n'est-il pas plus utile de satisfaire ce besoin. av^c so- 8* ( "6) briété, que do chercher dans le désœuvrement et dans les plaisirs de la société , un délassement qu'on y trouve si rarement? Un grand naturaliste, homme d'État à la fois , l'a dit avec raison : « Le goût de l'histoire natu-* relie inspire l'amour de l'ordre ; il habitue à classer ses idées ; il est ennemi du faste et des dépenses ; il apprend enfin à régler l'emploi du temps et à en apprécier la Valeur. » Quel est le délassement qui pourrait présenter ces avantages? Ce jeune et savant manufacturier, auquel on sem- blait reprocher son goût pour l'étude , jugeait cependant bien la situation des affaires. Il sentait qu'il était temps que son père quittât un commerce dont les chances de- venaient de jour en jour plus dangereuses ^ et qu'il se décidât à jouir en paix d'une honorable fortune , fruit de ses longs travaux et d'une utile industrie. Il s'était établi , entre les fabriques de toiles peintes de nos départemens du Nord et celles du Midi , une con- currencé qui fut favorable aux premières. M. Lamou- roux , dont les ateliers considérables occupaient un grand nombre de familles , soit qu'il se fit illusion sur le danger qui menaçait son établissement, soit qu'il ne voulût pas renvoyer trop précipitamment les ouvriers dont il était l'unique soutien , se décida trop tard à suspendre ses travaux. Déterminé à faire honneur à ses affaires, il les quitta en emportant l'estime générale; mais il ne sauva que quelques débris de sa brillante for- tune. Chacun de ses nombreux enfans , qui perdaient par cette catastrophe la perspective d'une honnête ai- sance , choisit avec résignation une nouvelle branche d'industrie. L'aîné , dont nous esquissons rapidement l'histoire , ( «'7) vint à Paris fen i8ô^ poUr s'y livrer à Tétudi; ùc la mé- decine. 11 s'y fil bientôt remarquer par son instruction , par son assiduité au travail et surtout par une activité extraordinaire , dont ses nombreux amis peuvent se faire seuls une juste idée. En se livrant à ses nouveaux tra- vaux , il était loin de prévoir que l'étude des science» naturelles ) qu'il n'avait considérée que comme un objet de jouissances et de délassement , deviendrait pour lui une ressource précieuse et le principal moyen d'arriver à la célébrité. Les hommes les plus marquans dans ce» sciences , ne tardèrent pas à l'apprécier , et ce fut par une suite de la justice qu'on rendait à ses talens , qu'en 1808 il fut nommé professeur adjoint d'histoire naturelle à l'Académie de Caen. Il y acquit en peu de tçmps une telle réputation, qu'en 181 1 il fut appelé à occuper dans la même ville , comme professeur en titre , la chaire d'histoire naturelle , vacante par la mort de M. Roussel. Le choix qu'on avait fait de lui fut encore justifié par les nombreux travaux auxquels il se livra. Il en reçut la noble récompense dans l'empressement avec lequel l'Académie des Sciences se l'adjoignit en 1807 en qualité de membre correspondant. La facilité avec laquelle il s'énonçait dans ses cours, la clarté qui distinguait ses descriptions , les saillies heu- reuses et piquantes qu'il semait dans ses narrations , donnaient à ses leçons cet intérêt qui entraine les audi- teurs les moins familiarisés avec le langage de la science. Aussi le talent qui le distinguait contribua- 1 -il beaucoup à répandre le goût de l'histoire naturelle parmi les per- sonnes qui ont pu Tentendre professer. On cite plu- sieurs naturalistes distingués , dont les heureuses dispo- sitions se sont développées h son école. C'est à ses soins que Ton doit la formation de la Société linnéenne du Calvados, qui se distingue entre toutes les autres par ses travaux , et qui compte au nombre de ses membres plusieurs de ses meilleurs élèves, tels que le docteur Lamouroux, son frère , à Paris, le docteur Deslonchamps, à Caen , M. Gaillon , à Dieppe , MM. Delize et Lenor- mand, à Vire. Cette Société qui , dès sa formation , reçut parmi ses membres correspondans les hommes les plus marquans de France et des pays étrangers , dans les sciences naturelles , prouva ce que peut Tinfluence d'un nom distingué. Lamouroux se proposait d'enrichir de ses observations les Mémoires qu'elle devait publier ; mais il voulut laisser aux jeunes gens qu'elle comptait dans son sein , le soin de commencer celte lâche , et le premier volume de ces Mémoires, publié en 1824? a même surpassé, par l'importance et l'intérêt des objets qui y sont traités , ce que les savans avaient droit d'at- tendre d'une association naissante, formée loin de l'in- fluence de la capitale. Tout ce qui pouvait contribuer à propager le g^ût de l'histoire naturelle intéressait Lamouroux. Ce fut dans ce but qu'il consentit à diriger la belle édition des -oeuvres complètes de Bufibn, publiée par les libraires Verdière et Ladrange, non qu'il pensât que les écrits du Pline français pussent jamais tenir lieu d'un ouvrage classique entre les mains de ceux qui désirent étudier les objets qui y sont traités. Son admiration pour l'im- mortel auteur de la Théorie de la terre et des Epoques de la nature, n'allait pas jusqu'à 1 aveugler sur des sys- tèmes ingénieux, qui ne pouvaient, à l'époque où ils parurent , être appuyés sur des faits positifs et sur des preuves suffisantes -, il ne croyait pas que le défaut de méthode qui caraclérise les écrits zoologiques de Huflbn , pût être d'une grande utilité pour ceux qui désirent étudier *, mais il pensait avec raison que le style éloquent de cet auteur devait généralement inspirer le désir de pénétrer dans le sanctuaire des sciences naturelles. Lamouroux s'occupait de terminer un Species des plantes marines , ouvrage que tous les botanistes atten- daient avec impatience; il mettait la dernière main à rbistoire des Polypiers radtaires , dont il avait déjà fourni un volume à l'Encyclopédie méthodique , concurrem- ment avec M. Desloncliamps , son élève, et M. Bory de Saint-Vincent. Il continuait à coopérer au succès de rexcellent Dictionnaire Classique dirigé par ce na- turaliste \ il travaillait au deuxième volume des œu- vres de Buffon ; il rassemblait enfin de nombreux et importans matériaux pour l'histoire naturelle , quand une attaque d'apoplexie foudroyante l'enleva à sa fa- mille et à ses nombreux amis, dans la nuit du ^5 au a6 mars dernier. Il était dans sa quarante-sixième année lorsque la mort le surprit-, sa perte a été vivement sentie par ses frères dont il était le guide et le conseil , par une épouse inconsolable , et par son jeune fils qui s'em- pressera sans doute un jour de marcher sur ses traces^ Outre un grand nombre d'articles insérés dans les journaux scientifiques , Lamouroux a laissé plusieurs Mémoires , tels que ceux sur la Montée, poisson qui vil dans rOrne, et qu'il a reconnu être le frai de Tespèce de l'anguille Pimperneau ; sur la culture du blé Lama, et sur l'animal de la classe des I{adiaires , qu'il a appelé \r Lucernaire campanulée , et quelques ouvrages indis- ( 1^0 ) pensables pour tous ceux qui se livrent à 1 étude des s/cip;aces n^iiu relies. ,. ^ous avpns dit que celui par lequel il se Ct connaître, est itH^itiilé : Dissertations sur plusieurs espèces de Fucus peu connues ou nouvelles (in-4"). Il parut en i8o5 , ac- compagné de trente-six planches représentant une ving- taine d'espèces, avec leurs nombreuses variétés. L'au- teur, suivant la méthode linnéenne , n'adoptait point encore la division des Fucus en plusieurs genres \ ce n'est que vers l'année 1812 qu'il sentit la nécessité de subdiviser les plantes marines beaucoup plus qu'elles, ne l'avaient été jusqu'alors. L'espèce de désordre qui régnait dans la distribution de ces êtres, l'engagea à publier, en i8i3, sous le titre modeste à^ Essai sur les genres de la famille des Tha-r lassioplvytes non articulés, une sorte de Gênera , com- prenant vingt-sept genres distribués en six familles, et renfermant toutes les espèces connues à cette époque. Ce travail , enrichi de treize planches , le mit au rang de nos premiers botanistes ; il est devenu la base de toutes les recherches des algologues étrangers qui se sont oc- cupés du même sujet. Lamouroux avait choisi le nom de Thalassiophytes pour désigner les végétaux qui croissent dans les eaux de la mer \ plus tard , il y substitua celui d'Ifydrophjtes , comme plus simple et aussi exact. Il avait l'intention de publier un Species de toutes ces plantes, lorsque la mort est venu l'enlever-, il a laissé ce rravail presque entièrement achevé -, il est à désirer que de si précieux matériaux ne soient pas perdus pour la science, et que sa famille rende un juste ( >" ) hommage à sa mémoire en les livrant à rîmprcssiôn. Les Polypiers occupèrent à leur tour le savant dont nous examinons les ouvmgcs-, il publia, en 1816, une Histoire générale des Polypiers coralUgènes jlexihles (un vol. in-8° orné de planches). Elle fut tellement re- cherchée par ceux qui s'occupèrent de cette branche in- téressante de la Zoologie, que l'édition en fut épuisée en peu de temps. Une classification simple et claire Ja description d'un grand nombre d'espèces nouvelles , des détails intéressans sur chacun de ces êtres, en ont fait un livre classique. Cependant ^ Tétat de perfection auquel cet ouvrage a porté la science, a rendu nécessaire la révision que Lamouroux se proposait d'en faire à l'aide de son savant ami, M. Bory de Saint-Vincent, pour retirer de la classe des Polypiers les genres que leur double consti- tution doit placer dans un règne nouveau proposé sous le nom de Psjchodiaire. On a de Lamouroux, sur le même sujet, un ouvrage intitulé : Exposition méthodique des genres de Tordre des Poljpiers (un vol. in-4°, Paris, 181 1 ), contenant leur description et celle des principales espèces , et où sont reproduites et augmentées les planches peu connues des Zoophytes d'Ellis et de Solander. Il y comprend tous les Polypiers vivans et fossiles \ ils y sont classés en trois grandes divisions ainsi dénom- mées : Polypiers Jlexibles , ou non entièrement pier- reux, — Polypiers entièrement pierreux et non flexi- bles, — • Polypiers sarcoïdes plus ou moins irritables et sans axe central. ( '22 ) La première de ces divisions se partage en trois sec- tions , savoir : Celle des CelluUfères ^ comprenant 5 ordres et 4o genres. , Celle des Calcifères , comprenant 2 ordres et 10 genres. Celle des Cor^ncj/^Vex, comprenant 3 ordres et i3 genres. La seconde forme trois sections , savoir : Celle des Foraminés , comprenant a ordres et 25 genres. Celle des Z,a/we///yèVcj, comprenant 4 ordres et 20 genres. Celle des Tabulés , comprenant 1 ordre et 4 genres. Enfin la troisième se compose de 3 ordres et 23 genres. En tout 20 ordres^et i35 genres. Lamouroux a publié , en 1821, un livre dont Tulilité a été généralement reconnue \ c'est le Résumé d'un Cours élémentaire de Géographie phjsîque (un vol. in-8**). Il y a peu d'ouvrages dont la lecture soit aussi essentielle aux jeunos gens qui commencent l'étude des sciences na- turelles. Il est divisé en quatre parties , qui traitent de V Astronomie , àeV A éro graphie , Aq V Hydrographie el de la Géognosie. Chacune d'elles offre un exposé clair et rapide de tous les principes de ces diverses connais- sances. Nul doute que s'il eût vécu , l'auteur n'en eût fait le sujet d'un traité plus volumineux , qu'il eût exé- cuté avec sa supéiiorité ordinaire ,• mais dans le cadre resserré qu'il occupe, cet ouvrage laisse sans excuse ceux qui ignorent les principes de la. Géographie physique , science si vaste à laquelle se rattachent aujourd'hui toutes les branches de l'histoire naturelle. ( l^i) R EMARQUEs SUT les OiSEAux Pélagiems , Cl suv quelques autres Palmipèdes , spécialement considérés sous le rapport de leurs mœurs et de leur distribution géogra- phique sur les grandes mers du Globe ,• Par mm. Quot et Gaimabd, Médecins de la Marine royale , Naturalistes de Pcxpedition de découvertes autour du mcodc, comaaandëe par M. le capitaine de i'rcycinel. L'Océan a ses Oiseaux coramc la terre. Forcés d'en parcourir sans cesse les solitudes pour y trouver leur subsistance , ils furent doués d'une puissance de vol ex- traordinaire, afin de pouvoir, en quelques heures , fran- chir des espaces immenses et se porter où l'inslinct les appelle. Parmi ces nombreuses tribus, il existe des distinctions de mœurs aussi tranchées que les caractères physiques qui servent à les classer : c'est ce qui nous détermine à ne donner lenom à^Oiseaux pélagiens proprement dits, qu'aux Pétrels et aux Albatros. On trouve les premiers dans toutes les mers , sous tous lefe méridiens et presque par toutes les latitudes. Excepté le peu de temps qu'ils donnent à la reproduction, tout le reste de leur vie est employé à parcourir l'Océan, et à rechercher péniblement, au milieu des orages , une nourrfture rare, presque aussitôt digérée que prise : ce qui semble mettre ces animaux sous la dépendance d'une seule fonction , celle de la nu- trition. Ainsi nous avons vu, dans un précédent Mé- moire lu à la Société d'Histoire naturelle de Paris, toute une famille d'Oiseaux à langue plumeuse, que celte organi- sation particulière contraignait à être sans cesse en action pour se nourrir. C'est vraiment de ces animaux qu'on ( .«4 ) pourrait dire avec justesse qu'au lieu de manger pour vivre, ils semblent ne vhre que pour manger. Les Frégates , les Paîlle-en-queues , les Fous , les Noddîs , quoique s'avançant quelquefois fort loin sur rOcéan , ne méritent point le nom de Pélagiens. Ce sont pour eux de simples excursions ; et , préférant aux on- dulations des flots leurs rochers solitaires, ils y revien- nent ordinairement chaque soir. Avant de parler successivement de ces diverses espèces , nous dirons que la difficulté de se les procurer a forte- ment embrouillé leur synonymie. Des navigateurs de toutes les nations leur ont donné des noms différens , et en /ont fait des descriptions en les voyant seulement passer ; de sorte que , excepté les espèces qu'on possède et dont on connaît avec précision les demeures habi- tuelles , on doit se tenir en garde contre les méprises des nomenclateurs. 11 serait cependant utile de bien s'en- tendre sur les noms assignés à quelques-uns de ces oiseaux : tout n'étant pas encore découvert en géogra- ' phie , la navigation , dans de certaines circonstances , pourrait en tirer des avantages. C'est ce que l'expérience démontre chaque jour, prin- cipalement dans le Grand-Océan , ainsi que nous le dirons bientôt. Nous étant particulière*ment attachés à l'étude des Oiseaux grands voiliers, et, dans nos navigations, leur ayant entendu donner des noms divers par les marins, -comme ceux de Coupeurs d'eau, de Sardiniers^ de Manches de velours, de Cordonniers, de Fous, etc. , nous avions essayé d'abord de faire concorder cette syno- nymie avec celle des naturalistes *, mais bientôt nous abandonnâmc*s cette idée, en voyant que les navigateurs ( «25 ) ne s'entendaient pas bien entre eux sur les noms impo- sés aux mômes individus, et que beaucoup de ces animaux nous manquaient pour les reconnaître. Ainsi nous nous bornerons à parler des habitudes de quelques-uns , et nous commencerons par les Albatros. Ces Oiseaux sont bien connus. Les personnes qui sont allées jusqu'à l'extrémité sud de l'Afrique savent que ce sont les Moutons du Cap des navigateurs français. C'est le plus grand des palmipèdes ; très-rare dans le Nord , il appartient plus spécialement à l'hémisphère antarctique : encore n'est-ce pas dans nos mers qu'on l'aperçoit. Il faut dépasser l'équateur et visiter celles qui s'étendent depuis la Chine jusqu'aux côtes d'Amérique. On dit qu'au Kamtchatka il y en a beaucoup. Dans le Sud , on commence à voir des Albatros au tropi- que , en petit nombre, il est vrai ; nous n'y avons même aperçu qu'une seule fois l'Albatros chlororhynque , près du cap Frio, au Brésil. Ordinairement ils ne dépassent pas le trentième degré : on en trouve davantage à mesure qu'on s'élève en latitude. C'est du cinquante-cinquième au cinquante-neuvième parallèle que nous en vîmes le plus j et probablement que , dans cette direction , ils ne reconnaissent de limites que les glaces polaires. Ils par-^ courent tous les méridiens de cet espace immense, les coupent ou les prolongent avec la vitesse de l'Aigle, sui- vant qu'ils trouvent plus ou moins de nourriture. Cepen- dant ils ont des parages de prédilection : ce sont les ex- trémités les plus australes des deux conlinens, le cap Horn ou celui de Bonne-Espérance , séjour de tempêtes pu de perpétuels frimats, où viennent se briser les flots de deux océans »^ sans bornes. Tous les navigateurs, en voyant leurs troupes nombreuses , savent qu'ils sont peu ( ia6 ) éloignés du cf>p de Bonne -Espéranc<*. Le môme si,gné se renouvela pour nous en approchant de la Terre-de- Feu. Nous avions franclii tout d'un irait Fespnce qui se*- pare le Port-Jackson de l'Améi iquo : dès notre sortie , nous vîmes de ces Oiseaux qui nous accompagnèrent presque constamment ; et lorsque , par une grosse mer et au travers des brouillards , nous reconnûmes laTerre- de-Feu , dans le voisinage du cap de la Désolation , leur nombre augmenta considérablement. Ces Oiseaux ayant une si grande dimension et passant très-près des navires , il serait assez facile d'établir des espèces par la couleur du plumage, si les nuances n'en variaient pas à l'infini dans les deux sexes, selon l'âge et les saisons, comme il arrive dans les Goélands. Ainsi , nous nous contenterons d'indiquer par localités les es- pèces dont les caractères sont bien tranchés -, et nous réunirons dans un même groupe , comme n'en consti- tuant qu'une seule , le grand Albatros ou Diomède exilé {^Diomedea exuîans), plusieurs individus sur lesquels on n'a encore que fort peu de données. C'est par cette dernière espèce que nous commence- rons, parce que nous la vîmes pour la première fois aux approches du cap de Bonne -Espérance , dans le mois d'avril, et qu'elle nous accompagna, en allant à l'Ile- de-France, jusqu'à cent lieues en-deçà du tropique du Capricorne. Nous la retrouvâmes à la fin d'août, à peu près dans les mêmes parages jusqu'auprès de la baie des Chiens-Marins, à la Nouvelle - Hollande , par environ 26" en latitude. C'est encore à la môme espèce qu'appar- tiennent les Albatros du Port-Jackson et du cap Horn , que nous vîmes dans ces mers depuis novembre jusqu'en février. ( '«î •) Les diflerences qu'ils nous ont offertes se réduisent à celles que nous allons indiquer pour chaque individu : Dos et couvertures des ailes d'un brun sale-, ventre blanc. C'est probablement celte variété qui a servi de type pour l'espèce Dlomedea spadicea. Dos grisâtre 5 cette couleur s'étend sur les ailes et de- vient brune à mesure qu'elle approche de leur extrémité : le ventre est brun. Dos et poitrine d'une couleur blanche éclatante , ainsi que les couvertures des ailes : le reste de ces mêmes ailes est noir en dessus. Il existe de légères variétés à cet égard dans le blanc, qui s'étend plus ou moins loin. Ailes brunes, ventre et dos blancs. Cet individu est principalement distingué par une raie noire sur l'extré- mité de la queue qu'il porte en éventail : peut -être est-ce une espèce différente. Il habitait avec les précé- dens à quelque distance de la baie des Chiens-Marins. Par 36° de latitude nord , en allant des Marianes aux îles Sandwich , nous vîmes un Albatros beaucoup plus petit que les précédens, mais marqué comme eux de taches d'un gris blanc. Un caractère constant pour tous les individus , c'est d'avoir le dessous des ailes blanc jusqu'à la pointe qui est noire. Les autres espèces bien distinctes sont : l'Albatros brun de la Chine, qui , à cause Je sa couleur et de sa petite taille , peut être pris , en le voyant voler, pour un grand Pétrel^ l'Albatros fuligineux, que, pour peu qu'il approche des vaisseaux, on distinguera toujours du Pétrel géant, à sa teinte brune plus foncée , à son bec bianc , et surtout au demi -cercle de la même couleur qu'il a autour des yeux(i). Nous nous en procurâmes deux individus dans (1) Cet oiseau a le corps d^un gris cendré , la tête, le« ailes et le bout ( 1^8 ) le Grand-Océan , pai» des latitudes bien opposées , d'abord en aïïant des Marianes aux îles Sandwich, par le trente- sixième parallèle nord, puis par le cinquanlc-huîtième sud, à quatre cents lieues du cap Horn. Vient ensuite l'Albatros chlororbynque, que Ton recon- naît de loin , parce qu'il est plus petit que le Diomedea exulans, et que , tout blanc du corps , les couvertures de ses ailes sont toujours noires. Ce signe ne varie jamais ; il est plus saillant et pour le moins aussi positif que celui qu'on a tiré de la couleur du bec. Cet Oiseau n'approche jamais beaucoup les navires , comme les autres espèces. Nous l'avons vu près de la Terre-de-Feu , par 55° de latitude , dans la baie Fran- çaise aux îles Malouines , et enfin , longeant la côte. orien- tale d'Amérique, s'avancer jusque sous le tropique. Les Pétrels, infiniment plus nombreux en espèces que le genre précédent , sont aussi beaucoup plus diffi- ciles à déterminer. Ces Oiseaux sont les compagnons in- séparables des marins pendant leurs longues navigations. On les trouve, comme nous l'avons dit, dans toutes les mers et d'un pôle à l'autre. Tournoyant sans cesse au- tour des vaisseaux , ils ne les abandonnent que quand le vent cesse de les pousser , et cela par un instinct dont nous parlerons après avoir fait mention des caractères physiques de quelques-uns d'entre eux. ' Nous avons vu le plus commun et' le mieux connu de tous, le Pétrel Damier, fréquenter en même temps, dans le de la queue de couleur brune j un d«;mi -cercle blanc autour de l'œil prend la largeur de la paupière ; la mandibule inférieure offre une ligne membraneuse d'un blanc bleu : contre l'ordinaire , les pâtes ont postérieurement des rudimens d'onglets. L'enycrgure est de six pieds deux pouces. mois de février , les parages brumeux des îles Malouines , parle cinquante-unième parallèle, et le beau ciel du Brésil, où nous le retrouvâmes encore en septembre. Ainsi , s'arrètant en latitude vers les limites de la zone tempé- rée , il parcourt en longitude l'espace qui sépare TAfri- que du Nouveau-Monde et de la Nouvelle-Hollande. Ces Oiseaux sont donc bien éloignés d'être relégués sous le quarantième degré, de latitude australe , comme l'a dit Linné , sur le rapport des voyageurs ; et nous-mêmes , à cet égard, nous ne faisons qu'avancer un fait, sans vouloir en inférer qu'ils ne poussent pas leurs courses plus loin que dans les parages où nous les avons vus. Dans certaines parties de 1 histoire naturelle, l'époque n'est point encore arrivée où , aidé d'un nombre suffi- sant d'observations précises , on pourra tirer des conclu- sions générales et invariables. Il faut ajouter aux habitudes connues de ces Oiseaux , celle de ne pouvoir plus s'envoler lorsqu'on les pose ^r une surface plane , le pont d'un navire , par exemple. Cependant leurs ailes ne sont pas très-longues ni leurs jambes très-courtes. Après les Damiers , le groupe qu'on rencontre le plus fréquemment est celui des très-p^its. Pétrels, dont on possède quelques espèces dans les collections. Mais il s'en faut beaucoup que toutes soient connues. Il ne nous reste rien à dire dë^ l'Oiseau de tempête (Pi^ocellaria pelagica), le Salanicle des matelots, qui se montre depuis les mers du Nord jusque vers le pôle Sud , sinon qu'on est bien revenu de l'opinion où Ton était que sa présence annonce la tempête. Nous nous bornerons à indiquer quelques espèces dif- férentes que les navigateurs confondent souvent, à cause Tome V. o ( .3o ) de leur laille, avrr celle-ci. Ainsi , sous l'équaleur atlan- tique, par 'i5" (le longitude ouest, en octobre, nous vîmes pendant plusieurs jours de petits Pétrels noirs , à croupion blanc , ayant sur chaque aile une large ligne longitudinale d'un noir plus foncé. Avant d'entrer au cap de Bonne-Espérance , dans le mois de mars » des milliers de ces petits palmipèdes , noirs^ tachés de gris en dessus , se tenaient constamment dans notre sillage. Sous la ligne équinoxiale , dans le Grand-Océan , par environ lôo** de longitude à l'ouest de Paris , nous fumes suivis par une espèce noire à ventre blanc , à queue fourchue , qui volait avec beaucoup de rapidité. Enfin , après notre départ du Port- Jackson , nous di- rigeant vers l'extrémité sud de l'Amérique , nous en vîmes beaucoup de noirs à ventre blanc , mais dont la queue était carrée. §; des plus petits de ces Oiseaux nous passons aux plus grands de la même famille, qui sont entre eux, pour les dimensions , ce qu'un moineau est à une oie , nous dirons que le Pétrel géRnt (Quebrantahuessus) habite de- puis le* cap Horn et au-delà jusqu'à celui de Bonne-Es- pérance, et que ses. limites en latitude paraissent être celles de là zone tempérée , hors de laquelle on l'aperçoit très- rarement. Nousl'avons rencontréauxMalouines,oùmême il fil quelquefois partie des mauvais alimens qui compo- saient notre pourriture. Nous tenons du capitaine améri- cain Orne , qui s'occupait alors de la pêche des phoques dans ces parages, qu'au printemps ces Pétrels venant en grandes troupes 'pondre sur la grève, son équipage se nourrissait en partiede leurs œufs, dontil pouvait charger des canots. D'après ce qu'a écrit Delano , autre capitaine ( '3«- ) américain , il semblerait que ces Oiseaux sont suscepti- bles de mettre beaucoup d'ordre dans l'arrangement général de leurs œufs, et que, vivant à celte époque comme en république, ils exercent tour à tour une sur- veillance toute particulière dans Tespèce d'établissement temporaire qu'ils forment. Le capitaine Orne, qui con- naît parfaitement \cs Malouines pour les avoir fréquen- tées plusieurs fois, ne nous ayant point parlé de celte particularité , nous n'y accorderons que le degré de croyance dû à un fait qui paraît extraordinaire et qu'on n'a point vu soi-même. A la mer, le Pétrel géant peut être pris pour l'Albatros gris, dont il a la taille; toutefois, pour peu qu'il soit proche, on le distinguera facilement à la protubérance très-saillante que forment sur son bec les deux rouleaux de ses narines , protubérance qui , chez l'Albatros , est à peine apparente. Les caractères dont nous allons nous servir pour les espèces ou les variétés suivantes que nous avons à faire connaître, ne sont point assez exacts pour être donnés comme sûrs , puisque nous n'avons pu avoir à notre dis- position les individus : c'est donc seulement d'après un examen attentif et souvent répété , auquel nous nous li- vrions lorsqu'ils passaient et repassaient à toucher notre bâtiment, que nous nous hasardons à les décrire; ce qui est bien insuffisant, sans doute. Mais si l'on réfléchit qu'il n'y a que les Albatros et les Pétrels qui soient ainsi dans l'habitude d'accompagner les vaisseaux , il paraîtra aisé aux navigateurs d'appliquer aux uns ou aux autres ce que nous allons en dire, et de reconnaître les traits d'a- nalogie qui existeraient entre les espèces qui s'offriront à leurs regards et celles que nous avons vues dans tels ou 9' ( i3a ; tels parages. Au reste , ce moyen , mis en pratique par des observateurs attentifs , est peut-être le seul à l'aide du- quel on pourra éclairer riiistoire de ces Oiseaux ; car, comme ils n'entourent jamais les vaisseaux que quand la mer est agitée , il est assez facile de les tuer, et c'est ce que nous faisions quelquefois ; mais il est rare qu'on puisse aller les chercher sans compromettre l'existence d€s hommes qui s'y hasarderaient. D'un autre côté , la plupart des terres qu'ils fréquentent étant des rochers inaccessibles battus par les flots, on ignorera encore long-temps quelles sont leurs habitudes pendant la ponte et l'éducation de leurs petits. Près du cap de Bonne-Espérance , nous vîmes des Pétrels gris , d'autres noirs avec une lunule blanche au- tour de l'œil ; et entre ce lieu et TIle-de-France , une grande espèce toute brune, qui parut en même temps qu'une plus petite dont la couleur était presque noire. Eu allant de l'île Bourbon à la baie des Chiens-Marins , il s'en offrit successivement de tout noirs, d'autres joi- gnant à cette couleur un ventre blanc avec des taches brunes sur la tète et le dos. La même espèce, sans ta- ches brunes , nous a accompagnés depuis les Malouines jusqu'à Montevideo , et de-là au Brésil ; de sorte qu'elle habile en-deçà et au-delà du cap de Bonne - Espérance , jusqu'au détroit de Magellan. Le Pétrel cendré se trouve à la baie des Chiens -Ma- rins, à la Nouvelle-Hollande. Non loin du Port-Jackson, nous rencontrâmes, eu novembre , des troupes de ces Oiseaux, qui suivaient la direction des bancs de poissons ou de certains mollusques, et péchaient avec beaucoup d'activité : ils étaient noirs en dessus , bruns en dessous. ( -33 ) Par 53* de latitude sud , aux environs de l'île Camp- bell , se montre un Pétrel qui a la forme et le vol des Damiers ; sa couleur est grisâtre. C'est probablement cet Oiseau que le capitaine Cook compare aussi au Pro- ccllaria capeiisis, sans qu'il soit cependant de la même espèce. On en voit d'à peu près semblables près des Malouiiies, avec cette différence que l'extrémilé de leurs ailes est marquée en dessus d'une tache noire et blanche. 11 rcî:- semble beaucoup au Pétrel colombe. C'est aux approches de cette même île Campbell que nous vîmes , pendant plusieurs jours , de grands Pélrels dont le corps était blanc , le dessus des ailes, le dos dcïns sa largeur, le bout de la queue noirs; en dessous, les ailes étaient noires avec une bande longitudinxile blanche. Une variété de ces Oiseaux, au lieu d'avoir la icte blanche comme les précédens , l'avait toute noire. Peu après avoir laissé ce rocher, nous vîmes roder au- tour de nous un Pétrel tout-à-fait différent, pour la forme et le vol , de ceux que nous avions vus jusqu'à ce jour. Il est fort gros, d'un noir très-foncé, avec quel- ques taches blanches à l'extrémité de l'aile , d'un vol peu agile -, ce qui tenait probablement à ce que ses ailes n'a- vaii'ut pas le développement de celles des grands voiliers. Toutes les fois que les navigateurs verront leurs vais- seaux entourés et suivis assez long-temps par des oiseaux de mer planant sans cesse , ils pourront être assurés que ce sont des Pélrels. Les grandes espèces peuvent quel- <|uefois être confondues avec les Albatros ; mais , comme nous l'avons dit, on pourra , si elles approchent assez, les distinguer à la proéminence de leurs narines. Ces Oiseaux doivent être considérés comme essentiel- ; ( .34 ) lement pélagiens. Ils fréquentent toutes les mers, et, pour ^insi dire, dans toutes les saisons. On peut croire seulement que , dans celle des amours , ils s'éloignent mpins dt-'s rochers où sont leurs petits, qui demandent une, nourri m re continue. Il est indubitable que des poissons servent de proie aux Albatros et aux Pétrels : cependant nous ne les avons jamais vus poursuivi e les poissons volans, et nous n'avons poiflt trouvé dans leur estomac de débris de ces animaux, .pas plus que de certains mollusques et zoophytes qui parfpis couvrent les mers , et dont un seul suffirait pour rassasier tout un jour un de ces Oiseaux. Nous avions beau être entourés de Biphores , de Méduses, de Pbysa- les , de^^élelles, dePorpites, etc., ils ne s'en nourris- saient point, et recherchaient avec activité d'autres alî- mei^s^Il n'en est pas de même des Sèches et des Calmars, dont nous trouvions toujours des fragmens dans leur ventricule. Une circonstance qui n'a pu nous échapper pendant de longues navigations , c'est l'habitude , nous dirons presque la nécessité dans laquelle ils sont de fréquenter les mers agitées \ la tempête même ne les effraie pas ^ et lors du coup de vent, mémorable pour nous , que nous reçûmes dans le détroit de Le Maire , nous voyions des Pétrels entourer le cadavre d'une Baleine , voler contre le vent, et se jouer entre les montagnes mobiles d'une mer en fureur. Le calme, au contraire, aplanit-il la surface de l'O- céan, ils fuient vers d'autres régions, pour reparaître avec les vents. Ceci tient, on ne peut en douter, à ce que l'agitation des flots ramène à leur surface une plus grande quantité des animaux marins qui servent de pâ- ( i35 ) ture à ces Oiseaux. C'est par la rnènie rnison qu'ils se tiennent dans le tourbillon c|ue forme le sillage du vais- seau , que la mer soit grosse ou belle. Cette cause nous fut démontrée de la manière la plus évidente , en abor- dant au cap de Bonne-Espérance. Nous étions accompa- gnés par une grande quantité de petits Pétrels, de la grandeur de ceux qu'on nomme ordinairement yilcyons, qui n'occupaient, en volant à fleur d'eau, qu'une ligne exactement de la largeur de notre sillage. Partout ailleurs on n'en voyait point. Nous fîmes bien attention qu'on jïQ jetait rien de la corvelle ; et cependant nous les voyions à chaque instant lancer des coups de bec comme pour attraper quelque chose que nous riè pouvions dis- tinguer. La durée, la rapidité, la force et le mode même du vol de ces Oiseaux, en général, ont toujours été pour nous un sujet d'étonnement et d'étude. Leur agilité à s'abatlre sur leur proie , comme un harpon qu'on lance, à l'enlever avec le bec -, leur prtstesse à frapper du pied le dos des vagues écumantes , ou bien à parcourir leurs longs sillons mobiles , étaient quelquefois le seul spec- tacle que , pendant des mois entiers , pouvaient nous offrir les solitudes de l'Océan. Encore un des caractères propres à ces palmipèdes , c'est que leur vol s'effectue presque toujours en planant. S'ils battent quelquefois des ailes, c'est pour s'élever avec plus de rapidité , mais ces cas sont rares. Ce méca- nisme peut s'étudier principalement sur les Albatroîi, comme étant plus gros et appr. chant davantage les na- vires. Nous nous sommes assurés , et nous avons fait observer à diverses personnes de l'état- major de Wra- nie , que leurs ailes étendues et formant en dessus une ( .36 ) concavité , n'ofl'raient point de vibrations apparentes , quelles que fussent les positions que prissent ces Oiseaux , soit curcffleurani la surface de Tonde , ils soumissent leur vol à SCS ondulations, soit que s'élevant ils décrivissent de grandes courbes autour du vaisseau. Les Oiseaux de proie terrestres , qui planei;it beaucoup , ont coutume de s'abaisser quand ils tiennent cette allure. Les Albatros et les Pétrels , au contraire , s'élèvent avec facilité , tour- nent brusquement sur eux-mêmes à l'aide de leur queue, et vont contre le vent le plus fort sans que leur marcbe en paraisse ralentie , et sans imprimer à leurs ailes le moindre battement sensible. Cependant, il faut bien admettre une action , une im- pulsion quelconque sur le fluide qui les soutient , qu'on ne peut apercevoir, il est vrai , parce qu'elle ne s'opère probablement qu'à l'extrémité de très-longs leviers , mais qui n'en existe pas moins-, car autrement on ne pourrait pas concevoir comment la progression de l'animal pour- rait avoir lieu. Quelques-uns de ces Oiseaux grands voiliers ont des ailes si démesurément longues , qu'après s'être abattus sur les eaux, ils les tiennent étendues un instant. Lors- qu'elles sont serrées , elles nuisent à l'élégance des formes par le renflement qu'elles produisent vers la partie pos- térieure du corps. Mais c'est dans le vol que ces Oiseaux déploient avec avantage leurs agrémens naturels ^ ils sont doués, pour l'exécuter, d'une force prodigieuse, par 59** de latitude sud , où il n'y a presque pas de nuit quand le soleil est sous le tropique du capricorne, nous avons vu les mêmes Pétrels voler sans interruption plu- sieurs jours de suite. Les Pétrels n'ont pas l'habitude de plonger pour at- ■ ( ■»7) teindre leur proie ; ils se reposent d'abord à la surface de la mer; et si l'animal qu'ils guettent se tient à une cer- taine profondeur, ils s'eflbrcent de le saisir en enfonçant sons l'eau une partie de leur corps. Il doit résulter de ce que nous venons de dire , que la présence seule de ces Oiseaux n'est point un signe assuré de l'approche des terres. Après cette nombreuse famille , viennent les Frégates, oiseaux bons voiliers , mais qui ne méritent pas le nom de Pélagiens , d'après le sens que nous avons^altacbé à cette dénomination , fondée sur des habitudes particu- lières. En effet , les Frégates s'éloignent peu des côtes ; deux fois seulement nous en avons vu quatre très au large *, et comme c'était dans des parages peu connus , nous soupçonnâmes qu'il existait quelques rochers aux en^ virons. Ce genre est très-circonscrit-, les espèces que nous avons vues nous ont paru se rapprocher infiniment de la plus ordinaire , le Pelecanus aquila, même celles- que les habitans des Carolines apportent en cadeau au gouverneur des Marianes (i). Partout les Frégates font une grande consommation de nourriture : à Rio de Ja- neiro , où elles viennent jusque devant le palais du mo- narque chercher leur pâture parmi les immondices de la rade , nous avons vu un de ces Oiseaux que l'on avait tué , rejeter de son estomac , en expirant, plus de deux livres de poisson. Elles se tiennent le plus souvent dans les régions éle- (i) Ces ofseaux , donnes par un peuple doux et simple, étaient np- privoise's et nourris avec du poisson. Ou en voit aux galeries du/Mu- sëum plusieurs individus que nous avons rapportes. La couleur fauve qui recouvre leurs ailes tient à leur jeune i^ge, ce qui indique encore mieux des traces de duvet. ( «38 ) vées , planent ou battent des ailes d'une manière qui leur* donne un air disloqué. Lorsqu'une proie se laisse aperce- voir, elles descendent en tournoyant, fondent dessus, et , sans toucher à Teau , l'enlèvent avec leur long bec. Nous avons lu dans des relations de voyageurs, et sou- vent entendu dire à des marins , que plusieurs fois ils avaiertl vu très au large des Frégates en grand nombre. La chose est possible ; cependant îl serait convenable de s'assurer si c'était bien réellement cet Oiseau tout noir, ou noir avec le ventre blanc, à longue queue fourchue , au cou allongé, avec ou sans le jabot rouge, volant fort haut et n'approchant presque jamais des vaisseaux. Pour nous , nous ne l'avons vu qu'aux appro- ches de l'ile de l'Ascension , dans la mer Atlantique *, à Rio de Janeiro ; près de File Rose , que nous avons dé- couverte dans le Grand-Océan; à Timor et dans quel- ques autres lieux toujours près des terres. Les autres Oiseaux de mer dont nous avons à parler, non-seulement s'éloignent et diffèrent des espèces pré- cédentes par les formes, mais encore par les mœurs. Leur énergie dans le vol est moins puissante : ils sont dans la nécessité de se reposer souvent, soit sur les eaux, soit à terre. En général , ils s'éloignent et en grandes troupes des lieux qu'ils ont choisis pour demeure ; ils plongent ou s'abattent brusquement sur leur proie. Nous mettrons les Fous au premier rang. Quoiqu'on en trouve rarement au milieu de l'Océan , ils sont au moins aussi répandus à la surface du globe que les Pé- trels , avec cette différence que leurs espèces ne parais- sent pas si régulièrement limitées à certains parallèles. La plus commune , celle qui est toute blanche avec le dessus des ailes noir [Fou de Bassariy Pelccamishassanus) , ( «39) Labile les côie3 de France ei d'Angleterre : on la retrouve au cnpde Honne-Espérance , où les navigateurs lui don- nent le nom de Manche de velours, comme les Portugais celui de Manga develudo. Le célèbre marin et hydrogra- phe d'Après , indique même la présence de ces Oiseaux comme un des signes certains de l'approche de cette partie de l'Afrique. Nous en vîmes de semblables à l'Ile-de-France-, non loin des côtes de la Nouvelle - Hollande , en allant à la baie dt?s Chiens-Marins ; ils nous annoncèrent Timor, placé sous une latitude brûlante, et les lies Hove , qui précèdent le Port- Jackson -, ils étaient en grand nombre devant Amboine, aux Marianes, autour de l'ile Rose; enfin , si nous voulions citer les lieux qu'ils fréquentent , il faudrait presque énumérer toutes les terres que nous avons visitées ou seulement aperçues. Cette espèce , par le noir qui couvre ses ailes en tout ou en partie , est très-facile à distinguer, même de loin. Il en est d'autres dont les couleurs incertaines varient avec l'âge : nous nous bornerons à les indiquer. Il n'ea est pas de même du Fou boubie (Pelecanus pary^us). Sa taille moyenne , sa couleur toute brune, quelquefois avec le ventre blanc , le feront aisément reconnaître. Dans les mois de décembre et janvier, nous en vîmes beaucoup au Brésil ; ils habitaient, à cette époque, les nombreuses petites îles de la rade de Rio de Janeiro ; et chaque jour, lorsque la brise agitait la surface de la mer, nous les voyions accourir par centaines à l'entrée de la baie, plonger de très -haut en se laissant tomber, les ailes pliées, comme un corps inerte. Dans cet exercice , qu'ils, renouvellent jusqu'à ce que leur énorme estomac soit rempli de poisson , ils demeurent de six à huit secondes. / ( '4o ) SOUS l'eau. Il paraît nécessaire, pour que leur péchc réussisse, que les ondes soient un peu troublées-, car, rétirés pendant le calme , ils ne se montrent que sur les dix heures, lorsque les vents réguliers commencent à souffler. . Quand, trois ans après, nous revînmes dans les mê- mes lieux, les mois de'juillet, août et septembre se pas- sèrent sans que nous vissions presque aucun de ces oi- seaux. Ils avaient changé de demeure 5 quelques-uns seulement , qui n'avaient pas suivi l'émigration générale , se faisaient voir de temps à autre dans la rade. Armés d'un bec très-fort et dentelé en scie , les Fous sont susceptibles de faire des blessures d'autant plus dangereuses, qu'on a remarqué que , comme les Hérons , ils s'élancent à la figure lorsqu'on veut les prendre après les avoir abattus. Nous ne pouvons que faire mention d'une espèce que tua M. Bérard, en allant, dans les pros des Carolines, de Guam à Tinian. Elle était remarquable par la couleur rose des membranes qui recouvrent ordinairement la tête et le haut de la gorge. Les Carolins , pour qui la chair de ces Oiseaux est un mets friand, s'en régalaient avec un empressement tel, en se contentant de les pré- senter au feu pour faire tomber les plumes , que notre compagnon put seulement nous apprendre, sur cette espèce nouvelle, ce que nous en rapportons. Le signe le plus certain pour reconnaître les Fous à lu mer, serait de les voir plonger et disparaître sous l'eau. Nous nous exprimons ainsi , parce qu'il existe d'autres oiseaux qui semblent plonger et qui ne font que s'abat- tre à la surface. Mais comme ceux dont nous parlons ne sont pas dans l'usage de recourir souvent à celte immer- ( «4i ) - sion, et que même nous ne nous en sommes aperçus qu'une seule foi», on les distinguera aisément à leur cou allongé , étendu dans la même ligne que le corps, à leur vol lourd, s'exécùtant moitié en battant des ailes, moi- tié en plongeant. Ils tournent un petit nombre de fois autour du navire qu'ils vont reconnaître, en portant la tête de côté et d'autre, puis gagnent le l^rge. Avec d'Après, Bernardin de Saint-Pierre, Cook et Pérou , nous dirons qu'il n'est pas d'Oiseaux marins dont la présence soit un indice plus certain de la proxi- mité des terres ; cependant il faut ajouter que c'est lors- qu'ils se montrent en troupes. En effet, on en rencontre quelquefois d'errans au nombre de trois ou quatre ; mais il est facile de voir alors qu'ils ne suivent pas une direc- tion fixe et constante comme ceux qui, chaque soir, re- tournent vers leurs rochers accoutumés ; et, quand la nuit est close, on les voit se reposer sur l'eau. C'est ainsi qu'en allant des îles Sandw^ich à la Nouvelle-Galles l du Sud, nous en vîmes à plusieurs reprises, d'abord deux, puis quatre, par 8° de latitude nord, nous esti- mant à cinq cents lieues de toutes terres connues. En suivant la direction du vol de ces Oiseaux réunis en grand nombre aux Frégates, aux Hirondelles de mer, aux Pétrels, certains navigateurs ont découvert des terres. C'est ce qui arriva au capitaine américain Delano, qui, à l'aide de ces indices, n'hésita pas de dire à son frère : Allez reconnaître Tile ou les rochers qu indiquent les Oiseaux que vous voyez voler. Il y alla et découvrit la petite île Pilgrim. Nous aurions pu en faire autant^, si, au lieu d'arriver directement sur l'île Rose, nous en eussions passé à quelque distance. C'est le soir surtout, lorsque ces ani- l i4^ ) maux, s'étanl occupés le jour à pêcher, reviennent à leur gîte , qu'on peut tirer plus d'avantages de la direc- tion qu'ils prennent. Tous les marins parlent de Fous qui , pendant les tra- versées, se reposent la nuit sur les agrès. Nous croyons le fait vrai dans quelques cas ^ mais le plus souvent on se méprend sur le genre de ces Oiseaux qui sont des Noddis (JVoddi noir, Sterna stolida). Aux yeux de per- sonnes peu exercées à la méthode des naturalistes , ils peuvent bien passer pour des Fous, dont ils ont un peu le port,- cependant ils en didèrent en ce qu'ils sont moins grands , de couleur noire , avec une calotte blan- che sur la têle •, le bec , moins fort, plus effilé, demeure toujours entr'ouvert à cause de la courbure des deux mandibules , et il est dénué de peau nue à sa base. On peut ajouter que leur vol trembloltant ressemble à celui d'un oiseau très-fatigué , et qui est près de tomber. Cependant, des marins qui avaient navigué plusieurs fois enire les tropiques, nous ont tellement dépeint les oiseaux qui, chaque soir, venaient se reposer sur leur navire, que nous n'avons pu nous refuser à reconnaître le Boubie (Pelecanus pajuus). Jamais semblable chose ne nous est arrivée. Seulement une fois, dans les Mo- luques , un Fou d'un brun foncé vînt se faire prendre à bord. Nous joindrons dans un seul groupe, comme ayant des rapports de conformation , les Paille-en^Queues et les Hirondelles de nier. Les premiers, parfaitement connus des navigateurs pour annoncer l'approche des terres , habitent la zone tor- ride dont ils ne s'éloignent guère. Le plus loin qu'on les ait vus , peut-être , hors de cette limite , est par le vingt- ( '43 ) unième parallèle sud. Nous n'avons que peu de chosq à dire sur ce bel Oiseau aux plumes satinées , qui , dès upe de ces Scombres. Cet Oiseau-Poisson, qu'on nous passe ce terme, ha- bite exclusivement les petites îles qui se trouvent encla- vées d^s les Malouines. L'instinct l'a déterminé à prendre cette précaution , a6n que lui et sa progéniture ne devinssent pas la proie des Chiens antarctiques qui se trouvent sur la grande terre. Pour faire connaître la nature de ces petits îlots, nous choisirons un.de ceux qu'on voit dans la baie Française, et que fort à tort on a nommé île aux Pingouins (i). Il peut avoir quatre milles de tour environ. Dans toute sa circonférence, et sur le bord delà mer seule- mem, règne un cordon d'une belle verdure sombre, que de loin on prendrait pour des arbres ; ce n'est qu'en arrivant dessus qu'on reconnaît qu'elle est produite par de grands Dactylis à larges feuilles. Ces plantes agglomé- rées en faisceaux par le bas s'élèvent sur des tertres et croissent jusque sur le rivage de la mer. Chaque année leurs nombreuses feuilles se pourrissent en tombant et forment de nouvelles couches de détritus qui exhaussent le contour de l'île. Les Manchots ont pris ces touftes d'herbes pour de- meure pendant six mois de l'année, l'été et l'automne, c'est-à-dire jusqu'à ce que leurs petits soient en état (i) C'est tle aux Manchots que Ton devrait dire, les Pingouins ne art trouvant pas dans l'hemisphèie sud. Il est vrai que le nom de Pin- gouins fut d'pbord donne aux^Manchots par les Hollandais. ( ^49 ) d'aller à la mer. Ils s'y sont tracé des lenticrs en iovts «eus, dans lesquels les hommes même peuvent circuler librement, en écartant le haut des feuilles avec la main. Leurs demeures sont des irons en forme de fonr, de deux à trois pieds de profondeur, dont Tentrée est assez large et très-basse. 11 faut toute la force du bec de cet Oiseau pour pouvoir les creuser dans des racines aussi tenaces. Quelques-uns sont tapissés d'herbes sèches. C'est là qu'ils déposent leurs œufs, d'un jaune sale, et gros comme ceux de dinde. Ils ne doivent être qu'au nombre de deux on trois, autant que nous avons pu en juger par les jeunes qu'on rencontrait aulonr du mâle ou de la femelle. De grand malin et le soir, tous les Manchots sortent des trous et vont à la mer pécher. Ceux qui ont l'estomac plein demeurent encore sur le rivage, où ils ont l'air de faire assaut à qui criera ou braira le plus' fort'^J^uisf tous rentrent et demeurent pendant lo jour au milieu dea herbes ou dans leurs trous. Cependant on en voit quel- ques-uns qui, moins heureux que les autres dans leur pêche, gagnent l'île plus*" tard. Ces Oiseaux prenncftt tant de nourriture à la fois, qu'ils sont souvent obligés d'en dégorger -, on trouve alors , dans les sentiers où ik ont passé, des fragmens de Sèches et de poissons, «^^"f^v^ Lorsque les petits ont acquis un accroissement con- venable, un beau jour, à une heure fixe peut-être, la troupe entière abandonne l'île et gagne la haute mer. Où vont-ils? — nous n'en savons rien. Le capitaine Orne, qui habite souvent ces parages pendant toute l'an- née, pense qu'ils passent l'hiver à In mer. L'émigi-alion s'est faite, en 1820, du 20 au 25 avril. Nous ne fûmes pas peu surpris , en allant pour les examiner une dernière fois, de ne trouver qu'un ^malheureux infirme, 1.^ où U veille nous eussions pu 1rs compter par milliers. A cette ( i5o ) époque , il n'y eut que notre curiosit*? de trompée ^ mais si pareille chose avait eu lieu un mois auparavant, nous eussions été probablement obligés de nous passer de .manger ce jour-là 5 car, lorsque nous n'avions pas d'au- tres provisions, nous allions de suite sur cette île que nous considérions comme notre magasin de réserve. Voici comment nous découvrîmes cette ressource. Deux ou trois jours après notre naufrage , chargés avec M. A. Bérardde faire une excursion dans lo but de trouver des vivres quelconques , nous nous dirigeâmes sur ce point, espérant Y rencontrer des Phoques : nous fûmes trompés dans notre attente. En approchant de l'île , nous entendions un bruit épouvantable. Comme il était à peine jour, nous ne pouvions distinguer ce qui le pro- duisait. Enfin, lorsqu'il fît plus clair,- nous aperçûmes sur le rivage des centaines de Manchots qui criaient tous à la fois. On jugera quel vacarme ce pouvait être , quand on saura que le cri de ces Oiseaux est semblable à celui d'un àne et presque aussi fort. Nous désirions bien nous en procurer, mais comment faire? Instruits par ce que nous avions déjà vu au cap de Bonne -Espérance, qu'ils étaient fort durs à tuer, et qu'un coup de fusil bien ajusté n'en procurait jamais qu'un ou deux, attendu que les blessés gagnent promptement la mer 5 voulant d'ail- leurs utiliser davantage nos munitions, nous avions ré- solu d'abandonner cette chasse pour celle des Oies. Maïs en traversant les gran3ei herbes, nous rencontrâmes ,êï^ que rçlle du Cap, nous a offert un canal intestinal de vingt-quatre pieds de long, à prendre seulement de la fin de l'eslomnc, qui s'étend, comme on sait, chez cet animal, jusqu'à la partie inférieure de l'^bdomep^j cj^.gpijfjûf^pe^jin tube digestif d'environ vingt-cinq pieds, dont le rapport avec 1 Oiseau, qui avaitdix-neuf pouces, e$t à peu près comme quinze esta un. -r On rencontre aussi au]5 Malpuipes^^mai^ rarement, le Manchot huppé et le grand Manchot ^Apienodytes pa- tagonica) \ un de cette dernière espèce pesait vingt- neuf livres. Ils s'avancent très au large ^ nous en vîmes deux ou trois entre l'ile Campbell, et le^ça p. JJo^i^|.^ |1 est, y rai qu'ils ont la faculté de se reposer sur les jîjpl^^ç^ glaces flotta^utes qu'on trouve dans ces parage^.^^^ cnof Les troupes d'Oies qui paissent dans ç;€sjj|aines her- beuses, et dont Bougainville a parlé très au long, nous furent d'un grand secours. Elles ne demeurent dans les îles de la baie Française que le temps nécessaire pour élever leurs petits, après quoi elles cmigrcnt vers d'au- ( -53) 1res parages. A la fîn d*avrîl , époque où nous quillàines les Malouines, on n'en voyait presque plus dans les prairies. Ellesi difT&rent de FOie commune, non-seule- raeni par le plumagé^etléi tubercules qu'elles portent au pli de Taile , mais ericiré par leur crî qui n'est point retentissant; il a quelques rapports avec de petits éclats de rire. Nous remarquâmes qu'elles n'allaient a 1 eau que lorsqu'on les y forçait. De petites Sarcelles se tiennent dans !ès ^angs d'eau douce, et les Canards dans toutes les anfractuosîlés de la rade. Nous ne î*econnûmes que deux espèces (Je ces der- niers : l'une, de moyenne grancfeur^' de'côiiléiir enfu- mée, volait très Lien ; l'autre ,"àiicbnir5ire', Irès-grosseJ a reçu, à cause de la petitesse de ses ailes, qui ne lui permet pas de s'élever dàhâ'lliîf ;^Vi'néin'Mita/ïflr^ aux ailes courtes. Noiis le représehtéioni ^ans iiotfe Atlas zoologique. Lcti^ 'è^lt^ême défiance les soustrayait sou- vent à nos coups -, mais la nécessité nous apprit bientôt qu'en les poussant ai t^ri'ï'Weï ui^çanoT,' ils iw pou- valent nous échapper. H*". 'î. II nous fallait bien imaginer diverses ruses afin de faire des viures, comme disent les marins , pour cent vingt personnes privées de toute' autre espèce de nour- riture. Mais les navigateurs qui fréquenteront cett« terre pour se reposer et se procurer du gibier en abondance, feront bien de négliger ces Canards qu'on ne peut plu- mer, ei a'nxqtiéls on est forcé d'enlever la pèaÏÏ/*"^ ' Des légions de Goélands, d'Alouette^ ijJèime^/â^Huî- triers, revêtus de noir et de blanc ou tout noirs, se joignaient aux espèces que nous venons de citer, parmi lesquelles il ne faut pas omettre le Stercoraire cataracte, qui est la Poule du Porl-Eginont des navigateurs anglais. ( «54) Il sera facile de le reconnaître à la large bande transver- sale planche qu'il a en dessous des ailes, et qui con- traste avec la couleur brune de son corps. L'hémisphère austral nous a montré dans plusieurs lieux les espèces communes de Mauves et de (ioèlands, comme au cap de Hon ne-Espérance, à la Nouvelle-ï^^l- lande, à la baie des Chiens-Marins, aux îles Malouines, à Montevideo et au Brésil, qui est la latitude la plus élevée par laquelle nous en ayons vu. A Rio de Janeiro, on en fait la chasse dans la rade, parce que leur chair y est autan^eslimée qu'on la dédaigne chez nous. Quoique sans aucune ressource dans les solitudes des Malouines, d'où nous ne prévoyions pas sitôt sortir, nous n'abandonnâmes jamais l'étude de la nature ; nous y trouvions une distraction puissante contre les inévitables et secrètes réflexions sur notre position, que l'hiver qui s'approchait allait rendre plus terrible. C'est dans nos chasses, en épiant les animaux, que nous surprenions quelquefois ces singularités de moeurs, ces habitudes sociales propres à chaque tribu, qui disparaissent et font place à l'effroi lorsque l'homme se montre à découvert. Il résulte de ce que nous venons de dire des Oiseaux de mer, relativement à l'utilité dont ils peuvent être pour la navigation, qu'il n'y en a qu'un très-petit nombre qui soit susceptible d'annoncer avec quelque précision , et dans de certaines circonstances, le voisinage des terres *, qu'on ne doit tirer aucune induction semblable de l'apparition de quelques espèces qui errent sur l'Océan pour y cher- cher leur nourriture. En indiquant les parages dans les- quels nous les avons rencontrées, nous n'avons point prétendu les Icjir fixer pour limites ^ celles que trop tôt on s'est empressé de vouloir leur assigner, ne reposent ( i55 ) pas fiiir un assez grand ridmbre d'observations pour être c'xacles. D'ailleurs, les saisons, les ralmes ou les vents, les font se rapprocher ou s'éloigner plus ou moins de certaines zones. J)'un autre côté, nous ne pouvons nous dissîhfiuler que toutes ces déterminations de genres, mais surtout d'espèces, sont nssez difficiles à appliquer, à la simple inspection , aux Oiseau"X de mer, pour les marins qui, •étrangers n l'histoire naturelle, se sont déjà fait 'une nomenclature usiiclle, excessivement variable, comme nous l'avons dit, et qui laissera long-temps du vague et de l'obscurilé dans cette brantîbe der ^l-oriiithologie. Cependant, s'il est possible de faire faire des progrès à l'histoire de ces Oiseaux, on doit s'attendre à y voir contribuer avec succès quelques-uns des officiers de VUranie, qui, témoins de nos études en ce genre , y donnaient infiniment plus d'attention que n'ont coutume de le faire les personnes de leur profession, INous citerons particulièrement ]V|. Auguste Bérard^ que son goût pour la chasse, joint à son adresse, portait à nous procurer tous ceux de ces animaux qui s'oflVaient à ses coups. Cet officier, parcourant avec la plus grande distinction sa carrière , est parti pour un second voyage autour du motide : il explore eh ce moment de nouvelles contrées, aflVonte de nouveaux dangers , et satisfait ce besoin in)péïieux pour l'homme de mer, de sensations fortes cl sans ceisse renouvelées. Kechkrchls anatomiques sur les Cigales; Par M. Léon Dufodr , D. M. L'anatomie entomologique est «lestinée à nous dévoile^ une foule de faîïs qui ne sont pas toujours en harmonie ( '56 ) avec ceux que nous fournit l'élude de lorganisation de» grands animaux. Ces faits anomaux ou ces lois d'excep- tion ont b«aÙ éludiéf nos explications , heurter les prin- cipes déjà établis, et ébranler nos ibéories 5 il faut bien les à^Theltre puisque l'observatioA' répétée en constate Pexistente. Ce que je vais exposer concernant la forme et *1r structure des viscères de la Cigale et de (Quelques autres Cicadaires va confirmer cette proposition. Le titre de mon travail annonce suflisamment que je n'ai pas la prétention de faire connaître toute l'anatomie des Cigahes. Je sais que je laisse beaucoup plus à faire sous ce rapport que je n'ai fait moi-même , et j'ai des notions trop incomplètes sur les organes de la circulation, de la respiration, de la sensibilité , de la motilité , etc. ♦ po«î*H)sei* aborder ces articles. * , Je dois ; avant a entrer en matière, prévenir que mes recherches anatomiques ont été dirigées sur deux espèces seulement du genre Cicada, savoir :1a Cicada ornilAn. ( Réaum. ins., tom. V, pi. XVI, fîg. 7. — Panx, faun. ins. fasc. 5o. fig. 8. } et la Cicada plebeià hin. (Réaum. loc. cit. fig. 1-6). La Cicada or/21 est la plus commune 'dans le midi oc- cidental de la Frahce. C7eét la seule qtii dans la canicule fasse résonner nOs vostes forêts de pins de son chant rauque et monotone. Quoique bien moins grande que l'autre, c'est sur elle que j*aîi pris tous mes dessins et elle forme la base de mes descriptions* La Cicada plebeia reconnaît plus"îpéciaiemènt pour pairie la zone dos Oliviers , et , pendant mou séjour eu Espagne, c'est elle, presque exclusivement, que j'ai dis- séquée. En allendant que d'autres complètent Thistoire ana- ( .57 ) tomique de la Cigale, je vais exposer co que mes propres observations m'ont appris concernant les organes de la digestion , le tissu adipeux splanchnique, les organes gé- nérateurs dans Ips deux sexes, et Tapparéil des sécrc- tibns excrcmentitielles. Je n'ignore point que M. Marcel de Serres a aussi public, long-temps avant moi , des observations sur quel- ques points de Tanatomie des Cigales , soit dan» un ar'* licle particulier de son mémoire intitulé : Observations sur les usages des diverses parties du tube intestinal des insectes ( novembre i8c2 ), où il a décrij^jji| canal diges-. tif, soit d'une manière générale dans ses jf^fervations sur les usages du vaisseau dorsal, etc. (novembre i8i3). Je me dispenserai d'un examen critique des fail^çpnsi- gnés dans ces écrits. Je laisse au lecteur et surtout au zoologiste armé du scalpel^ le soin dç .ji^gCir 1|Ç^ di^ér^ renées assez tranchantes qu'il y a enti»^ |ps. Résultats, d^. nos dissections respectives. Chapitre ï". Organes de la digestion^ ^^^^ l!f^ Dans mes nombreuses recherches eutomologiape* , je n'ai point encore rencontré d'appareil digestif qui offrii une anaiomie aussi remarquable que celui des Cicadaires. Quoique la Cigale soit un des grands insectes de l'Eu- rope , il m'a fallu , vu l'extrême fragilité et les connexions insolites des diverses parties qui constituent les organes de la nutrition j me livrer à des dissections fort multi- pliées, et pendant plusieurs étés consécutifs, avant d'a- voir obtenu des résullats positifs. On jugera que je n'aî pas mis un empressement indiscret dans la publication C i58 ) (le mes travaux sur ce point, en apprenant que ma pre- mière dissection de la Cigale date du mois de juin i8i i , sous les murs de Tarragone a8siég<^e, et que depuis lors j'ai renouvelé, presque chaque anaée 4 mes. invcstiga- ... -^ lions analomiques sur cet insecte. , ): Si. L'appareil digestif des Cicadaireaitoonsiste dai^s les glandes salivaires, le tube alimen taire ict les vaisseaux hépatiques. Article P'. — Glandes salwaires. Tous les Hémiptères sans exce()lion dont j'ai étudié Tanaiomie on^lknrorigine du canal digestif des glandes salivaires dont le déveioppemenl et la structure varient suivant les familles et les genres de cet ordre d'insectes. Daus la Cigale je trouve de chaque côté de l'œsophage deux agglomérations ou grappes d'utncules ovoïdes oblon» ^ues, blanchâtres , convergentes, plus ou moins remplies d'un liquide incolore. Ces grappes formées chacune d'une vingtaine au moins d'utricules sont bien distinctes l'une de l'autre, et peuvent être considérées comme l'organe spécial ile la^^écrélion de la salive. A leur partie posté- rieureiaboulit un tube filiforme, flexueux , flottant par un bout, qui doit être le réservoir. Elles communiquent ensemble par un conduit excréteur qui pénètre dans leur centre. Ce conduit est fort court pour la grappe anté- rieure, et il s'unit bientôt à celui d^ côté Opposé pour la formation d'un canal commun, d'unç extrême brjéveté» qui s'abouche dans le suçoir. Article II. — Tuhe alimentaire. Le déroulement complet du canal digestif de la Cigale s'areomp^gne d'incroyables difficultés moins encore à ( >% ) cause de ses nombreuses circonvolutions que par sa coin « plication insolite, l'extrême délicatesse de sa texture el quelques adhérences dans ses replis. Sa longueur égale environ dix fois celle de toul le corps de Tinsecteé L'œ- sophage est d^une ténuité capillaire dans la plus grande partie da son étendue. Il traverse les trois sogmens qui constituent le thorax , logé et en quelque sorte libre ^ dans un sillon médian large et profond qui sépare les puissantes masses musculaires dont ranière-poilrine est garnie intérieurement; ensuite il preàente une dilatation pluâ ou moins sensible à laquelle on ne saurait refuser le nom de jabot. Celui-ci est' suivi d'un ventricuh chj" lijlque dont la configuration, les connexions el la lon- gueur sont fort remarquables. Cet organe débute cons- tamment par une a/^se duodénale à parois minces, lisses, diaphanes, dont la concavité est antérieure. Cette anse se dilate à droite en un petit cul-de-sac latéral rétréci assez brusquement eu arrière, en un col qui communique atec l'intestin. Du côté opposé elle s'abouche dans une poche oblongue plus ou moins boursouflée, terminée en avant par un bout arrondi auquel se fixe uh ligament suspen- seur iibromembraneux dont je parlerai ailleurs. La po- ch% du ventricule chylilique.a une organisation asseB analogue à celle de l'anse qui la précède, et son aspeeft est très-dillerenl suivant son degré de dilatation; dans certains cas elle est ratatinée et marquée de plissures afïectant parfois une disposition spiroïde; dans d'autres elle est simplcmenl lobée et Ljsse, unie dans le reste dff son étendue. En arrière, la poche ventriculaire dégénère en un tube filiforme fort replié sur lui-même , d'une longueur égale à la moitié de. tout le canal alimentaire, et que l'on prendrait volontiers pour un intestin ; ses ( «tJo ) circonvolutions sont lâches et se démêlent sans peine à cause de la rareté des ramuscules Iracliéens qui les main- liennenl^ les parois en sont diaphanes et la portion du tube qui avoisine la poche est le plus souvent poiniillée de jaune-orangé, tandis que des points d'un blanc pur s'observent sur d'autres parties de ce tube -, celui-ci , tou- jours filiforme, remonte vers la poche ventriculaire et vient s'y dégorger par une implantation brusque tout h côté du point où s'insèrent les vaisseaux hépatiques» Cette disposition vraiment extraordinaire du ventri- cule chyliGquequi, après plusieurs circonvolutions, vient se dégorger dans lui-même, en constituant un cercle complet parcouru par le liquide alimentaire, est sans doute d'une explication physiologique assez embarras- sante , mais elle n'est pas moins un fait bien prouvé et constant. Elle forme le trait le plus caractéristique de Tanatomie de la Cigale et d'autres Cicadaires. JJinlestin proprement dit naît , comme je l'ai fait pressentir plus haut, du col qui s'observe au cul-de-sac latéral de l'anse duodénale. Il débute par un bourrelet que je suppose être le siège d'une valvule circulaire. Je n'ai point constaté l'existence de celle-ci, mais je me snis assuré par la pellucidilé des tuniques, qu'il n'y avait intérieurement aucune pièce cornée ; le tube intestinal a près de trois fois la longueur du corps de la Cigale; il est filj forme , diversement replié, accompagné et en quelque sorte enchaîné dans son trajet par les vaisseaux hépatiques. Avant de se terminer par un court rectum il se dilate en un cœcum oblong qui a dés parois plus épaisses , plus musculeuses que le reste de l'organe et où l'on aperçoit quelques traces de rides transversales. La texture du tube alimentaire de la Cigale est, comme ( .61 ) je l'ai déjà dit, d'une lelle délicatesse qu'elle se déchire au moindre tiraillement 5 ses parois sont; partout assez minces , assez diaphanes pour laisser apercevoir la cou- leur du liquide alimentaire contemu dans le canal digestif. Le panicule musculaire auquel elles doivent leur faculté contractile est plus sensible à la poche du ventricule chy^ lifique, et surtout au cœcum. Le microscope en mani- feste l'existence dans l'œsophage, même par quelques lobules dans sou contour et des granulations à sa surface. Le ligament suspenseur du ventricule chylifique s'in- sère d'une part à l'œsophage , de l'autre au bout anté- rieur de la poche vcntriculaire; il en impose au premier aspect pour une bifurcation de l'œsophage, mais il suffit d'un œil un peu exercé aux dissections des insectes pour décider avec le secours seul d'une loupe ordinaire que c'est un ligament fibro-membraneux et non un conduit. L'intuition microscopique met hors de doute cette structure, car à la même lentille l'œsophage offre dans son intérieur des atomes alimentaires et des bulles d'air, tandis qu'on n'aperçoit rien de cela dans le ligament^ celui-ci parait formé principalement par un prolonge- ment de la tunique musculeuse de l'œsophage et de la poche ventriculairc -, les Cicadaires sont jusqu'à ce jour les seuls insectes où ce ligament suspenseur existe. Peut-être trouverons-nous dans les habitudes de la Cigale, ainsi que dans la longueur et la déhcatesse de son canal digestif, les raisons de la nécessité du ligament gastro- œsophagien. Cet insecte se tient habituellement dans une position verticale sur les troncs d'arbres, et ses cavités splanchniques sont presque entièrement dépour- vues de tissu adipfeux. Ces deux circonstances, dont la dernière est très -favorable à la production du chant sin- TOME V. . II ( .6. ) giilier de la Cigale, seraient fort contraires au maintien des anses et des circonvolutions d'un tube alimentaire aussi fragile que celui-là, si le ligament ou la bride dont il ost question n'existait point. fL A.ViTiçhBlîli-'^P^aisseaujc hépatiques. « 1 f • ■ r.st MdlB< MO itt9fnfi;aJ ui te .ftNiuhj ^n^ ' ' _^ (i) Les Cigales proprement diteâ ne «ont pas les'' «cuis hémiptére» dans lesquels Papparcil digestif présente cette organisation compli- quée et insolUequAvi«Avienade^éafire)i J^dinrllBik>tK!<$hÀs dé }>Ha3er* que celle-ci çst commune à tous les Homoptcres (|ui forroeptja fur mille si naturelle des Çicîidi^irc^ de IM. La trille *^'(l'ft<^^e(fis je puis assurer que mes dissections en ont constaté Texistence da«s la iZ/ÇOT,- bracii comutd , là Lrérâopts spiithana , la Ledra aunfa , trdii genrcfs qui appartiennent ù lafi^ulUé qu« j«i viens de non>mer. 'Dli'à^ Hmsâ^j^ièyh^' grappes &.dJYMir(<«. Dans tous le ventricule; cliv!i(i<îi^bgr, ou drôiteV et il dégénère constamment en un condiut intcstiniforme qui revient sur lùi'-Viiêrtliè'pdur s'aboochei* "i^brs 'l'oi-ïgi'ne de ce ràème ventricule , à cô^i^ de rin.'^ertion des. -vaisseaint hépatique^, éi ndii loin de la nuis^iince de l'inlcstir^* Daqs lous il y a quatre vaîfseauji biliaireH qui ont le môme mode .d'insertion. Lti "seule diffifrènyé'âjSJWclable que prcscnlc la ivu ainhincp cornue ou le Petit (iiuùle d« Oeofl'ltjy, cVst qu'aiiSlieii dè'lHiûsti' d^odéè^le t^uî s'obserfe d^ç^sj^.ii^g^^,^^| ^Y a-qu'una-. pocfa» fort aOMrt*?5'«iaM cèlte>- ci a les mêmes modes de connexion avec rœ30|)b;^UJ. jfiWi nnat. âttrinsecU , tab. 23, flg. %4U^ 'lab. a8, iig. 6), et celles que j'ai dessinées moi-même, il est bujet,^ de singulière.'* variations de forme et de structure apparente. Ces variations doivent sans doute être attribuées au degré de contraction de l'organe, ou à. d'autres circonstances difficiles à déterminer. Qtioi qu'il en soit, le canal digestit de uolre Cercope a une iongaeur com- parative d'un tiers moii}drc que celle de ce canal dans la Cigale, et cette différence se trouve prcsifjue, toute dans le ventricule ch)'fifiqnè'. L'œsophage, au moins dans les indi^idUs que "f ai ili'sst^qd'és , se Jilàte presqu'aussitôt en un jabot n.ssez ample maryjné de rides transversales plus ou moins prononcées qui sVfiacent entièrement par une macé- II* ( M ) Chapitre IL Tissu adipeux spîanchnique. Une pulpe graisseuse , plus ou moins abondante , «liste chez tous les insectes dans le voisinage des viscè- res , et joue un rôle important dans la nutrition. Je ferai âlt^b^^uiel Jlne remarque générale , née de l'observa lion «natomique , c'est que les insectes broyeurs sont beau- coup plus abondamment pourvus de tissu adipeux que les insectes suceurs. Observons aussi que les premiers, généralement plus voraces que les seconda, pnt en con- ' • •'' '•■ '■T'g -i; ,,rAi! ration peu prolongée : Ramdohr n'a point exprimé cette première poche gastrique, qui même dans Tinsecte à jeun est reconnaissable ^ux. rides de ses parois^ aussi Tœsophage dans ses figures est-il plus long et tout d'une même Tenue. Le ventricule chylifique est brus- quement distinct du jabot, et de'bute par une sorte de godet qui me paraît le siège d'une valvule pylorique. Il se continue ensuite en une portion transversale plus ou moins arquée, analogue à Tanse duodé- nale de la Cigale, et que Ramdohr appelle estomac antérieur. Le liga- ment suspenseur qui existe aussi dans la Cercope , a été regardé par Fauteur précité comme un tissu accidentel et contre nature. La Ledre oreiUée ou le Grand Diable ^ de Geoffroy, n'a pareillement qu'une seule grappe salivaire à droite et à gauche, suspendue à un conduit excréteur capillaire, et formée par sept à huit utricules serrées entre ^lles. Je n'ai point constaté par l'observation directe l'existence du réservoir. Il est probable que son extrême délicatesse Ta dérobé à mes sens. Et puis il est bon de dire que cet insecte étant fort rare dans nos contrées , je n'ai eu qu'une seule occasion de le disséquer. Le trait le plus distinctif du canal alimentaire de la Lèdre, comparati- Tement aux Cicadaires précédentes , c'est qu'il n'offre aucune trace d'anse duodénale. Cet organe; proportionnellement bien moins long que celui de la Cigale , a un jabot bien prononcé, et la portion renflée du ventricule chylifique est placée directement à la suite de «elui-ci. l «65 ; Séquence des organes digestifs bien plus robustes , et une nutrition plus active , plu3 éoergique. Conséquemment à la remarque que je viens d'émettre, on ne trouve non plus que des grumeaux adipeux fort rares dans les hémiptères qui font le sujet de ce travail. Ces grumeaux, plus spécialement concentrés dans la partie postérieure de la cavité abdominale autour de» organes générateurs , ont le plus souvent une teinte d'un vert glauque. Les fines trachées vasculaires de l'ab- domen sont aussi pour la plup&rt entourées d'un mince fourreau adipeux qui masque leur couleur nacrée, oi Observez encore que la rareté de la pulpe grai-^ seuse de la Cigale coïncide avec un genre de vie tout aérien , avec Tusage d'une nourriture légère et hotlfo- gène , peut-être même avec une grande sobriété , s'il faut en juger par la petite quantité de liquide alimen- taire que l'on rencontre habituellement dans son canal digestif; elle coïncide avec une texture éminemment délicate de ce dernier , avec l'impossibilité de survivre à une abstinence prolongée au-delà de quelques heures seulement; enfîn , avec une existence fort passagère, car la Cigale ne parait guère qu'au mois de juillet , et on n'en rencontre plus après la mi-septembre. Je terminerai cet article par l'exposition d'un fait assez curieux que j'engage les entomologistes à vérifier de nouveau. Lorsqu'avec la pointe acérée d'un scalpel on fait à la région dgrsale de l'abdomen une incision longitudinale , de manière à n'intéresser absolument que les segraens assez fragiles qui en constituent l'enveloppe extérieure , on reconnaît , en enlevant successivement ces segmens , qu'une merabrc(ue fine , pellucide et con- tinue, tapisse la paroi interne de cette cavité, et qu'on ( .66) peul,, ay^çdes mépagenjqns, parvenir à l'isoler ainsi que me& diç^Qc^iojû i;n,y^;^f,ijÇ5^^i)H^s trachéennes. M. Marcel de Serres, dans ses observations sur les usages des diverses parties du tj^pe^^i^jft^^tinal des insectes , page lo , assigne à tous le^fi^^ç^çf Cfs en, gé^^éjral une membrane périlonéale des- ^^^5>^^'^^ftJwr-^ifi?n^9S^Ç»^ .i la fiiçatifon du^ canal di • g^?M^;Çç#Î^Ç(^Î!PW-^tr^; tro^p; généralisé. CHAPiffiiÈ rii. ' Organes générateurs. Article 1". — Organes générateurs mâles, lis se composent, ainsi que ceux des insectes en gé- néral, de testicules y de vésicules séminales , d'un con- duit, éjaculateur el'de l' appareil £opulateur, ! ''M'kt^ 1°. Testicules. — Dans l'état de turgescence sémi- naire 'ces oi'ga nés se présentent sous la forme de deux grappes arrondies , contiguës, adhérentes et comme con- fondues en un seul et même paquet placé vers le milieu de l'abdomen, au-dessous des viscères de' la digestion. On parvient par la macération à séparer Tune de l'autre les .grappes testiculaires et à les dégager des nombreuses Vï) Recherches Aoatora. sur la Ranâtre et la Nèpc. ytnnal. gêner. 4ts Se. [Phys. de Bruxelles , toni. ■; , p. ao'J. — • i8io. ( «67 ) trachées capillaires ((ni en masc|uent la véritable struc- ture. Chacun de ces testicules est formé par l'agglomé- raiion d'une centaine au moins de (ïapsules spermatîqiTes, ovoïdes , blanches d'un aspect cotonneuic a l'deTl hu. Ces capsules se lerniinent insensiblement en un dol et s'abou- chent par fascicules à des conduite ramifiëil' Le coWwif' déférent a une longueur qui égalé deux fois enViron celle de tout le corps de l'insecte. Il est grêle , blanchâtre , reployé sur lui-même , et il oifre souvent (m léger renfle-" ment en s'inséranta la tésicule séminale correspondante. Il naît du centre du testicule. 2^. Vésicules sémiîîales. — Il n'y en a qu'une Sèuîe de chaque côté. C'est un conduit tubuleux, filiforme, plus grand que le canal déférent, avec lequel il est or- dinairement enlacé. Il fait sur lui-mêmdplusîi^'ùr^tîircon- volutions maintenues par des trachées. Quand on par- vient à le dérouler complètement, on se convainc qu'il est deux fois plus long que tout le corps dans la Cicada omi, et sept à huit fois dans \A PTebcià.Av'Riat de se réunir pour la formation du conduit éjaculateur , ces vésicules s'amincissent , et c'est au point où cette dimi- nution de diamètre commence qu'elles re^joiveni les conduits dcférens des testicules. 6". Conduit éjaculateur. — Ce conduit, appelé aussi canal spermatique commun, est le pédicule , la tige de tout l'appareil qui prépai;;e et conserve la li- queur prolifique. Dès son origine , il oflVe un renfle- ment considérable ovoïde , d'une texture ferme cpmme élastique , ensuite il dégénère brusquement en un tube grêle , plus long dans la Cigale de F Orne que dans la plébéienne,' qui s'engage ïi^èc lé .reetam dans Tarmiirc copulatrice. ( '(38 ) 4°. Appareil copulateur. — Il se compose de la verge et de son armure-. La verge habituellement retirée dans rarninre no peut être mise feu évidence qu'à l'instant du coït, ou lorsqu'on exei'ce sur l'étui qui la renferme, une com- pression expùlsive qui lui fait faire une saillie. C'est un filet cylindrique ; disposé à se contourner en spirale , marqué de stries annulaires et dont l'extrémité offre le vestige d'un gland. L'armure topulatrice est rétractile, c'est-à-dire sus-' ceptible, suivant les besoins de l'anima!, de se porter en tout ou en p^^rtie hors de l'abdomen et d'y rentrer en- suite. Elle se compose de deux pièces principales cor- nées , unies par une articulation ginglymoïdale ou en genou. La plus antérieure de ces pièces est oblongue , arrondie aux deux bouts et creusée en dessus pour re- cevoir le rectum et le conduit éjaculàteur. Elle est gar- nie intérieurement de muscles destinés aux mouvemens de la seconde pièce. Celle-ci, plus dure et plus noire que la précédente, est, dans son état de rétraction, placée au-dessous d'elle. Elle se termine par deux forts crochets arqués, dirigés en bas et garnis de quelques aspérités vers leur origine. C'est d'entre ces crochets que sort la verge. La base antérieure de cette pièce est échancrée et garnie de parties molles. L'anus et les pores qui émettent ime, liqueur excrémentitielle soiil placés dans celte échancrure. Article IL — Organes générateurs femelles. On y distingue les oi^aires , Vowiducte, la glande se- ' hacée , les œufs. i". Ovaires. — Il y en a une paire comme dans tous les insectes en général. Chacun d'eux est formé ( '69 ) . d'un faisceau sphéroïde de soixante -dix à quatre- vingts gaines oyigères, et dans un état .de gestation avancée ils occupent une grande partie de la capacité abdominale. Une membrane pellucidc et d'une finesse impalpable forme à l'ovaire une tutiique ornée par de nombreuses et brillantes tracbées dont la disposition longitudinale et à peu près parallèle représente des cannelures nacrées d'une rare élégance. Chaque ovaire^-, » est maintenue dans sa position par un ligament suspen- seur assez long et grêle. Celui-ci s'engage dans la grande anfractuosiié médiane de l'arrièrep-poitrine au-d.essoufi du canal alimentaire, et va se fixer par une double insejJrn-.^ lion h la partie antérieure desi masse» ipuaiQiUair^Rpcçrrïi. toro-tboraciques. î-; .»:: -if iui,f'}{Uy- .M:rr ma ^oi îj ,>;>■ Les gaines ovigères sont bi ou irilocuîaires , c'est-fi-» dire qu'elles peuvent renfermer deux ou trois oeu^.j,; dans des loges distinctes. Leur extrémité antérieure cffgj un bouton cbarnu , renflé en massue , retenu par utl,'r. ligament suspenseur propre d'unfc ténuité plus que ca,- pillaire. Ces gaines m'ont paru se réunir par f|| ) dans le quatrième Mémoire du lome V de sou immortel ouvrage. 3**. Glakde sÉBicÉE DE l'oviducte. — Cet appareil , constant dans toutes les femelles d'insectes que j'ai étu- diées jusqu'à ce jour , se compose de vaisseaux sécré- teurs et d'un réservpir^ Les vaisseaux sécréteurs sont au nombre de deux bien distincts. Ils égalent en longueur celle de l'abdomen de la Cigale, et ressemblent à deux boyaux membraneux, filiformes ^.ûexueux , sémi-diapha|^es , J^Qttans par un bout. J'ignore s'ils se dégorgent directement dans le ré- servoir. Leur insertion m'a paru avoir lieu sur l'ovi- ducte même, tout près, à la vérité , de celle du col du réservoir. Je n'osp^ j^ Je ,f,4pète^ ,i;i(ei;i.,^ffirmer sur ce point d'anatomie , et je sens. le be^oiç^j^^ renouveler mes dissections. , rP,K|.i Le rcservoii; àe la glande sébaççfl^.ÇiSy^^'pç^ .grandeur remarquable, et formp^ u^^.^es U^a^^^ le^,^pji^ ^a^laij? de l'organe générateur femelle de la Cigale. C'est une vessie ovoïde-Dvriforme , lisse et u,^j)^., f^Jancliâtre , ou plus ou moins flRnsparente suivai^tl^ ^,(Je^,ré d'élaboration de l'humeur qu'elle ppptienj,,, ^f^-S^^^^^i^^p^çi^ ,^Pl un col tu- buleux fort court pour s'insérera Toviducte. Cette poclie est formée de deux membranes distinctes, diaphanes. On la rencontre plus ou nioins remplie d'un liquide sébacé, et le plus souvent au centre de celui-ci est unfe matière concrète et informe, une sorte d'adipocire. 4". OEuFS. — Ils sont oblongs cylindroïdes , blanchâ- tres , un peu amincis à leur bout antérieur. Chapitre IV. Organes des sécrétions excrémentitiellés. Lorsque la Cigale s'envole du tronc d'arbre où ell« ( ':• ) est surprise, ou bien lorsque déjà captive on l'inquiète, <;lle lance par la partie postérieure de Tabdomen un li- quide excréinenlitiel , une sorte d'urinte. Prévenu déjà de rexistencc d'un ofgàhje* spé'ciaî' pour la sécrétion de ce liquide dans un grand nombre d'insectes et notam- ment dans l'immense famille des Coléoptères carnassiers, ou j'ai fait connaître un appareil urinaire bien condi- I tienne , je me livrai avec confiance à la^echerche de cet * organe dans les'Cîgiiles. On trouve, en eflet, dans les deux sexes , à rextrémilé de la cavité abdominale au- dessous du recturàr'èt 'libmédiatement sur la dernière plaque Ventrale deux glandes granuleuses semblables entre elles. Chacune de celles-ci est une grappe ovalaire d'une soixantaine environ d'utricules ovales , oblongues, grisàtreâ ou "d'un jaune pâle', d'une texture fort déiicate. La véritable disposition de ces utricules ou leur mode de connexion réciproque est fort difficile à constater , vu |§ que des lobules adipeux et d'imperceptibles trachées les entourent et les pénètrent d'une manière inextricable. J'ai cependant cru reconnaître que chacune de ces utri- cules était munie d'un col capillaire. On voit aussi s'enfoncer entre ces glandes un conduit lubuleux, replié stir lùi-mènie , flottant par un bout, et ayant, lorsqu'il est déroulé, près d'une fois et demie la longueur du corps de l'insecte. Il est permis de pré- sumer que ce conduit est le réservoir du liquide excré- mentitiel. Explication de la Planche 4. Anatomie des Cigales. Fig, i , a, H, 6, 7» 8. Cicada orni. — Fig. 4- fcrcopii spumaria. — Fig. 5. Ledr'aaunta.'l P^ojez \i:s de'veloppemen» (înns IcxplicatioD générale de l'Atlas pour l'annde i8a5.) ( '7» ) Coup-d'oeil 5Mr les îles Océaniennes et le grand Océan; Par m. p. Lesson , •■■ r, * - Pharmacien de la Marine , Tun des Naturalistes de l'expédilion com- mandée par M. le capitaine Duperrey. Le grand Océan , au milieu duquel sont semées les terres de TOcéaji^e proprement dite , comprend ce vaste espace de mer qui baigne à la fois les côtes occidentales de l'Amérique , les côtes orientales de la Nouvelle- Hollande , les îles nombreuses du sud-est de l'Asie , en communiquant avec les mers des Indes et de Chine par de nombreux canaux , remontant au nord-est sur les côtes des iles de Niphon jusqu'f) la presqu'île du Kamts- cbatk^, se limitant aux îles Aleutiennes et Kuriles, à la côte nord-ouest d'Amérique , aux rivages de la Califor- nie , en donnant naissance à la mer Vermeille , renfer- mant un intervalle de cent soixante degrés, et n'ayant pour limite auj^ud que les mers de la zone glaciale australe. Cette vaste surface d'eau ne présente qu'une petite portion de terre habitable pour l'homme, et en- core celle-ci se trouve-t-elle morcelée en* un nombre considérable d'îles isolées ou dispos4es par groupes for- mant des archipels distans et épars , présentant eux- mêmes trois sortes de forup^atiflus ^^ui serviront à les caractériser. '>lf;iJ?fFf. oi- Placées indifféremment dans l'un ou l'autre tropique , mais plus particulièrement cependant sous le tropique du Capricorne, les îles vraiment Océaniennes dilTèrent par leur disposition générale de la traînée d'îles qui, partant de la pointe sud-est de la Nouvelle - Guinée , s'avancent dans le sud en formant une chaîne à l'est de c «73 ) V Australie ou Nouvelle - Hollande , et se composept de la Louisiade , de la terre des Arsacides , des Archipels des Fautaceux, des Hébridc?, do la Nouvelle-Bretagne, de la Nouvelle-Calédonie, de Tilc Norfolk, de la Nouvelle- Zélande , et sans doute des îles Campbell et Macquarie. Ces contrées semblent être la suite des terres avancées de l'Asie ; car on doit regarder les îles de la Sonde, des Moluqucs, etenlin la Polynésie, comme les débris de ce continent crevassé sous Téquateur , et on ne peut se dis- penser de reconnaître une force puissante qui a brisé le globe dans cette partie , quand on retrouve de sem- blables dispositions en Amérique , sous le tropique du Cancer, et môme en Europe, plus au nord, dans la Méditerranée et la mer Rouge ^ risthme de Suez cor* rêspondanl , en effet , à l'isthme de Panama , et le capT nord du golfe de Carpentarie dans le détroit de Torrès , représentant sans doute le même jsthme que les vagues ont brisé. La terre de Diémen devait être le cap austral de l'Asie, comme ceux de Bonne-Espérance et de Hom se trouvent termine^' aujourd'hui l'Afi-ique et l'Amé- rique 5 le détroit de Bass «st l'analogue de celui de Magellan , et le banc des Aiguilles à l'extrémité de la côte d'Afrique annonce que d'autres terres y existaient , et qu'un détroit pouvait fort bien les isoler, et corres- pondre aux deux précédeus. La Nouvelle-Hollande qui , d'après notre hypothèse , aurait été la partie australe de l'Asie, semble cependant difierer en tout des autres pap connus , et ne participer en rien de leurs productions. Etres oi^anisés , Animaux ou Végétaux, ont reçu son cachet propre, et semblent former une classe à part dont les formes insolites «ludent nos classifications. Cependant tiotts verrons qu'à mesure qu'on avance vers Téquateur , les productions se ratta- ( '54 ) . client à celles d'Asie , et tient le moment où elles n'en diffèrent en lîen. La Nouvello-Hollande est-elle sortie pins récemment du sein des eaux? Nowsrépondrons par Taffirmalive , et tout porte à croire que les lies qui for- ment le chaînon depuis la Nouvelle-Guinée jusqu'nu sud de la Nouvelle-Zélande étaient les bords d'un conti- nent austral affaissé ou rompu ; car aujourd'hui cet espace de mer est encombré de bancs à fleur d'eau ^ de plateaux-, ce qui semblerait le "prouver, d'une ma- nière assez évidente , ce sont les circonstances suivantes que j'ai observées moi-même dans un voyage dans les Montagnes-Bleues. Je vis que tout le premier plan de cette, chaîne qui court du nord au sud, de même que les hautes falaises d'un rivage, étaient formées du grès marin (i) friable ; arrivé au mont York, qui a ^ig^. pieds anglais d'élévation , une valléeisépareles deux chaînes , et le grès marin cesse entièrement. Le mont York se trouve à loo milles du rivage, et paraît être l'ossuaire éteint d'un volcan , ce que semblent prouver les mines de bois carbonisées bituminées , les ponces qu'on trouvé^à ses pieds, et dont l'origine plus récente est allestoe parles impressions de feuilles et les coquilles fossiles qui y sont abondamment répandues. Immédiatement après le val de Clwyde, commencent les montagnes de la se- conde chaîne , qui sont de formation primitive, et com- posées d'un beau granité que j'ai suivi jusqu'à Bathurst. La Nouvelle-Zélande également , quoique présentant des volcans éteints, ou en activité, possède aussi des roches primitives , des Jades d'une rare beauté. En remontant au nord je visilai le port Praslin de la Nouvelle-Irlande , (i)Grès houillier à molécules peu adhe'rentcs (voir les échantillons rapportés et déposés au Muséum d'Histoire Kalurelle de Paris). t «75) ile appartenaul également à la'«fchaîne mentionnée. Lk des montagnes élevées se trouvaient présenter des sur- faces entières de murailles de carbonate de chaux (i) qui étaient venues s'adapter sur les hautes montagnes de l'intérieur, et motilerun rivage récent sttr un autre plus ancien. Sous la ligne enfin" leà llftùtès montagnes d'Ar- sasé , de la Nouvelle-Guinée doivent être primitives , car les rivières qui en descendent roulent sur des galets dé granité, tandis que les' terres assez élèvt^es (jtti'èii' for- ment le littoral',' «l'tiiênie les îles de IVlasahOuai^ et Masmapy, sont èncore'dë calcaire madrëporique , élevé h plus de 3oo pieds au-dessus du niveau actuel des eaux. Or, l'origine primordiale des îles dé la Sondé, de Timor, des Molnqnes , sur lesquelles se ^orit moulés des ter- rains calcaires de formations récente^', nous est connue ', et semble prouver un grand affaissement dans le niveau des eaux die POééatl^'cles'caiiséé , jlôùr^ ^n'avoir pas été ' appréciées, ont précipité quelque^ Voyageurs dans ûh' dédale d'hypothèses pArmi lefeqùelleà On pourrait en citer d'absurdes, qui' malgré c'él'a ont éti du succès. Si nous jetons îttaintertffnt'tlfa dotif)'- d'àeî! sur les îles Océaniennes propréhient dites' , nous ne verrons en elles, sans nulle exception , que deux sortes de forma- tions, l'une entièrement ignée ( ignée ou aqueuse, je ne prendrai point tefllé'ott" telle opinion ), et l'autre ab- solument animale. Toutes les terres hantes semées sur la mer Pacifique sont les produits palpables des volcans , ou présentent toutes les conditions de ce qu'on appelle terrains volcaniques. Ces îles sont éîmples ou envelop- ' \ ■ — (i) Fait également mentionne par M. Labiliardièro. Voyage à la recherche de La Peyrousc, toni. # ( «76) pécs d'îles basses de c^ail ou niotous. La seconde divi- sion de CCS ilcs comprend les coralli^^èncs ou îles dont rexislence est duc au travail lent et successif d'animal- cules infusoires , imperceptibles , élevant sans cesse, jus- qu'au niveau des vagues , leurs demeures pierreuses. Ces îles forment encore trois divisions, les motoiis(i) sim- ples , les molous à lagons et les plateaux portant un grand nombre de motous ayant un ou plusieurs lagons 5 ce que le mot d'ile-groupe des Anglais désigne assez bien. Les motous simples ne se rencontrent guère qu'autour des terres hautes auxquelles ils forment des ceintures, telles qu'à Maupiti , Borabora. Les motous à lagons se remarquent dans les archipels dangereux et nuilgraves (îles de Clermont-Tonnerre et d'Augier). Mais les îles- groupes sont surtout nombreuses dans les Carolines , où le plateau de récif prend un immense développement ( Logulons , Radack), et surtout aux îles Palaos : ce n'est pas ici l'occasion de parler de la formation de ces îles : ce sujet , quoique intéressant , ne serait point à sa place, et nous le réservons pour d'autres temps. En résumant ce que nous venons de dire , il en ré- sulte que les terres du sud-est de l'Asie , TAuslralie , la Tasmanie , et même le chaînon terminal de la Polynésie, de la Nouvelle- Guinée à la Nouvelle-Zélande (peut être même l'île de Campbell), sont de nature primitive^ et que les îles de l'Océanîe , de formation récente et pos- térieure"" dans l'histoire du globe, sont volcaniques et madréporiques. (1) Nom des Taïliens et des Pomolons, liabitans des îles basses de l'Archipel dangereux. Plus tard nous donnerons sur ces îles, de for- mation màdreporique, un Me'moire spécial. ^ 177 ) Mais pour que uotre idée soit complète sous re iQp' port, il nous reste à expliquer comment il se peut faire qu'un aussi grand nombre de terres séparées par des espaces aussi lointains doivent exclusivement leur nais- sance à des volcans. Sont-elles les débris qui surgissent du continent austral brisé , ou plutôt, suivant l'idée heu- reuse et féconde du savant Buaclie , sont-elles sup- portées par des chaînes sous-marines du glol)e , qui sjrradient au-dessous de la mer comme le sont au-des- sus les chaînes terrestres ? Les faits observés semblent d'ailleurs donner leur sanction à cette hypothèse ingé- nieuse et vraisemblable, lorsqu'on pense que les îles basses de corail ne doivent leur naissance qu'aux tra- vaux des Polypes supportés ou plutôt placés sur les sommets inégaux de ces mômes chaînes sous - marines. La surface du Grand-Océan d'ailleurs, couverte de ter- rains volcanisés anciens (i), en présente encore une quantité prodigieuse en activité, et ses limites môme en sont bordées. La Nouvelle-Zélande ('2) , la Calédonie , les îles Schouten et les Marianes , les Sandwich (3) , la Californie, ont des volrans encore en activité, et sur les côies il ne faut que citer ceux des Andes en Amé- (i) Les îles de la Sociéld m'ont toutes oflTcrl dans Tossuaire de leur» montagnes un tracliyte, eJ le mont Orœna , élevé Je 3,3j3 mètres d'après Cook, a sur sis flancs de longues coulées de Basulte ^ il en est de même à I\aukaniva ( Rrusenst. ) (a) La partie nord de la I\ouvtlle-Zi-landc est toute volcanique; la belle cascade de Kiddikiddi formée de chutes dVati tombant sur des colonnes de Rasallc très-élevees , le lae de Rotondoua est un cratère d'où jaillissent des sources cliuudes. (3) Le pic d'Ovrahie ou Monoroa , ayant aa54 mètres d'après le calcul de M. Horner(K.rusenst. ), vomit une immense coulée rers iHoi , suivant M. de Chamisso ( K.otzebue , s. voy. i , a.) Tome V. rj ( «78 ) lique , les Gallapagos et les montagnes intérieures de U Nouvelle-Hollande. Il est protable que les îles volca- niques dont les analogues existent dans l'océan Atlan- tique, telles que Sainte-Hélène , Tristan d'Acunba , etc. , ont été, dans TOcéanie, peuplées les premières, et que ce n*estque long-temps après queTespèce humaine a peu h peu été s^établir sur les récifs de corail , où son existence est et a toujours été précaire. Le Grand-Océan ne pré- sente pas , seul , des îles volcaniques -, Bourbon , Mau- rice, dans l'océan Indien 5 Madère, les Açores , les Ca- naries , les îles du Cap-Vert , l'Ascension dans l'océan Atlantique, retracent cette formation. Enfin des îles de coraux sont encore abondantes dans les mers de l'Inde , ou même enveloppent les îles principales, comme Mau- rice, et ont produit en particulier les îles Rodrigues , les îles Mabées, etc., etc. (1). De ces considérations générales il résultera que le» peuples de TOcéanie occupent, i^ des terrains primitifs -, a'*, des terrains ignés •, 3" des îles madréporiques à peine élevées au-dessus du niveau des vagues. Donnons nn coup-d'œil général et rapide sur l'ensemble de la végé- tation. La végétation est le chaînon le plus naturel qui, nous mettant en main le fil d'Ariane, peut nous conduire d'ile en île , et nous indiquer les traces de l'émigration de la race humaine. C'est en vain qu'on a voulu faire découler les Océaniens de l'Amérique avec les vents qui soufflent constamment de Test. Le règne végétal des îles de la mer du Sud est entièrement indien , et prouve , . (1) €!es Iles demanderaient un travail qui ne pourrait manquer d'être intéressant . 'c ; '79 ) en perdant successivement de ses richesses, qu'il s'est avancé de la Polynésie dans rOcéanie jusqu'aux terres les plus voisines de TAin^riquc.' , à File de Pàqms , par exemple, de roccident vers rorient,,-p<)ntro le tours des veuls habituels. Cette vérité a été démontré'» jusqu à l'évidence par MM. Forster et Chamisso. On.p^^ pçut rien conclure i^ quelques Plant(\s am< rit aines perdues dans là masse de celles des Indes , qui forment la végé- tation océanienne , pas plus que de ce qu'on rencontré dans la Nouvelle-Hollande des espèces européennes ,^ pu n'en diiîërant point i«u premier examen (i). Il rcsl^it/â examiner Tîle de Juan Fernandez ; mais nous n'avons que peu de données sur sa végétation, et il n'y aurait rien d'étonnant que ce volcan ancien ne partagi4t pas la flore du continent sous les côtes duquel il est placé. Il y a des Plantes qui semblent faire le tour du globe spus les zones qui leur conviennent, et j'en puis citer pour exemple le Pourpier , qui croît sur toutes les terres que nous avons '.visitées , entre les deux tropiques, dans les îles du Grand-Océan , comme dans l'Atlantique. La végétation indienne dans toute sa splendeur brille sous Téquateur, d'abord aux îles de la Sonde , et s'étend progressivement sur les grandes îles Malaises et Tido- Tiennes. Elle est dans toute sa richesse sur les Moluques orientales et à la Nouvelle - Guinée. C'est là que des Palniiers nombreux, des Cycas , des Fougères prennent la forme gracieuse et svelte de colonnes légères. Les forêts se composent de grands Arbres, tels que des (0 Le val JèGwyile, dans les mon tagoes Bleues, tisl rL>tnpH de plantes des genres Typha, Lylhrum, Piantago, etc. , qui me parurent en tout ressembler à ces plantes des marécages de France. ( i8o ) Qtotlt>rdè^>aift)i^ô^piittf; dèMmfaadîéi's, de Spondias, età^k'MffieMikV% darts leur patrie les Arbres Dourrî- dêMF Sis ^0c^brtêns , de longues lianes arborescentes, des légumineuses sous toutes les formes. En suivant ces VégétàfOf* ia^ôÉkh^ nous les voyons diminuer successi- v«^l^l«4 fti®twe^*»l*%^a^rtcé Vets le détroit de Tor- rèS. Un certain nombre dé Plantes le traversent seule*» • ment et sont caractéristiques; telles sont : l'Arec k chou, l'Eryllirine indien , le Sagoutîer , deux Musca- dîftfS^iâuvages, la Flagellarica indica,''tiét'(v)JS\'^'^é1t cô*ltrtfîpe?^irtj^d'b' suivons sur les chaînes avancées au sMdrilt Pôlyn^site, la Nouvelle-Bretagne, la Nouvelle- Irlande , etc. , nous nriontrent de même celte végétation dMi^^é>iit' son lux€ , et leis Aréquiers'; '*^ SagouiieWV^ les Fougères arborescentes , les Drymîrhizées peuplent encore les forêts. Les alentours du port Praslin sont couverts de Vaquois , de Baringtoniâ , de Calophyllum et du Casuarina indica ou l^'ilao, et à mesure qu'on avance vers le sud , aux Hébrides , à la Nouvelle-Calédonie , on v^ît le nombre de ces Végétaux décroître , etc. , etc. Plus aM sud encore la zone tempérée australe apporte les modifications de son climat , et l'île Norfolk avec se» Pins ( Colombia , Araucaria ) s'approche , par cet Arbre, de la partie nord de la Nouvelle -Hollande , et produit avec la Nouvelle-Zélande, le Phormium qui leur ^t propre. Cellc-d , placée non loin des c6les de l'Aus- tralasie, ne partage en rien les prolnctions de cette vaste contrée; sa végétation n'a point d'analogue , mais oii'y* remarque surtout, chose digne d*aitention , des (i) Voir les observations de M. Cunninghatn , Voyage iiiilôtir âe la îioaTffUe-HoUande, par Kiog- ( { -S' ) genres indiens , tels que des Ole/^i, des, Pîpeu, etrUn^ Fougère rénifornte qu'on retrouy» À,jl*|l^ MiaarÂ^j,^. l'époque où je visilai U Nouvelle -ZléUncle les PUnt^f^ n étaient point eu fleurs. ,,j(>i ?ijo*î itizu-mirtiu^oi ?âh Pour peu qu'oM ait voulu. sjujlir|5fti^ >4éedfttt ï^fe^V naos d'émettre, i» oii^^ura.pii^9'rap#iffif|rçiiffr^9 J|esj|fi|'|ff#v hautes du sud-est de la Polynésiei,jftnjtlî€rteft tj^opiquem^ partagent les mômes Végétaux ( et surtout nous signale^, rons de. préférence les Plantes alimentaires) que les V4«tes<(et nombreuses lies des archipels des Indcs-Orieiiff, taies. Ils /se sont répandus diversement, par suite, sur If^ terres les plus lointaines, et n'ont été arrêtés que sur les côtes de l'Amérique. Comment , par ex4;niple , jue*: Végétaux se sont-ils propagés jusque aur les îles $ag^|^ wich et sur l'île de Pâques ? C'est à quoi on ne pen^r^l pondre d'une manière positive et satisfaisante. Sur toutes^ les lies Océaniennes hautes , à peu d'exceptions près ,• croissent les Cocoû^f» , les Arbres à pain sans noyaM'îfjô le Taro(i) , la Canne à sucre , les Bananiers , etc. t ^t^a^ et ces substances assurent l'existence des insulaires/ O,^, retrouve encore à Taïti les Pandanus , le Gardenia^i^. la Fougère en arbre , le Craleva , des Ficus, le Bamm bou , qui s'est égaré jusque-là. Ainsi donc toutes les îles sous Téquateur partagent les productions végétales de source indienne , avec des différences toutefois dans leurs répartitions; suivant M. Chamisso, le Barîngtonia et le Filao , si abondans à Taïti et à Borabora , ne se retrouvent point aux Sandwich , tandis que celles-ev ont le bois de Sandal dont les îles de la Société parais-», sent privées, et qui est si commun aux Marquises , aux Fidcfis etc. ^t) TiHibiscus rosa Smensïs. » twv . ( l82 ) n/f,?^^ PIm» flisé, d'établir la manière dont la végétation ^.'^^«.H^^<;?."'^A^^JJS«^»^,^^«' La flore de ces motous n'est point nombreuse ,^,erî^Qiis l'avons observée dans tons les 4r'*-^8'^^''^"''' P^^'ifes semblent avoir pour fonctions .l^"^?mm.V"' '^■*''^^ '^"^ ^P^^-^ux h mesure qu'ils se dessè- ^^m^ :îôHfs4^^^ P?^^l^« sont le» lieux de prédilection ^;wTT%°îH^^.? des Scevola , des Lobelia, de l'Hibiscus liliareus , du Pandanus pdoraiissimus , des Liserons de sable ( C. ras-caprœ ) , etc. Ce nombre ne s'accroit que ;-/?.''?': 'ffi^^^^^ lente, tet c'est ainsi que y'>^A M ^^ 3"i pullulent sur les lies Carolines, sur les îlçs Hu grayes et sur celles de TArcbipel dangereux, ont trouvé les moyens de puiser Jeur subsistance sur ces îlots dénués de bois de ferles dimensions. Aussi l'in- ^.î^^^^ll'.^^^^r'Je la nécessité, les a fait devenir marins Jf^^^ii^^*?!^u^§'^•^"'^^ e^ «ne pirogue, qui ^qvî^/'^n^lî?°i5;^^ffP* au inilieu ^es Mulgraves, avait nn '^^ly^ prouvait sa misère, fait de plusieurs morceaux mai ajustés de branches d'Hibiscus tiliaceus. Quant au Y*?coiier, il couvre les îles basses, et sans ce Palmier ^^uî s'4lève peu au-dessus du niveau de la mer, ces îles seraient inbabiiables. Une remarque qu'on ne peut se dispenser de faire , c est que les îles bautes des alentours de la Polynésie, les Marianes , Oualan, lougouloiis , les ^«^«o- velle-Zélande n'ont pu offrir à la race qui les habile les mêmes ressources , et l'homme a dû se plier en quel- que sorte à la pauvreté du sol sur lequel il devait vivré^ aussi sa principale nourriture se trouva être la racine sèche et ligneuse de la Fougère commune qui couvre le pays ; mais ce qui rend cette Fougère très-digne d'atten- tion ,' c'est qutt les -Nègres indigènes de la Nouvelle- Galles dii^ùd^è'eh nourrissent habituellement, et hi nomment Ingootia. L'île de Pâques , également hors des limites du tro- pique du Capricorne, n'a fourni à ses habi tans qu'un nombre testreirtt de Végétaux. Ceux qu'(^ y- rencontre cependant dpiîarlîenneht encote aux Plantes indiennes. Le règne animal doit actuellement nous occuper -, il prouve à notre avîk VèxîstenVîê de rAsie-Orieniale en continent , par les grandes espèces Vivantes qu'on re- trouve aujourd'hui , et seulement dans quelques-unes ties îles morcelées de Tarchipel des Indes. Sumatra a un Eléphant et un Rhinocéros' particuliers, sans y compren- dre 'tm Tapir y efè». ^ la grande île de Bornéo , l'Éléphant d'Asie el^ l'Orang-Outang , Java , la Panthère noire ; Bourou , le Babiroussa ; les Moluques , le Galéopiihè- qittf' î'^êÉipèiîi^sV'eiî istl mot, qui n'ont pu appartenir qii'à'oti' vaste 'continent ancien morcelé , d*où est pro- venu l'isolement de ces espèces. Plus \ets Test , le nom- bre des quadrupèdes diminue; déjà à la Nouvelle-Guinée oli >([») Jl est très-cominun^ies qatitreb rap|>eU«{iit.i?o— ,.»,..,., ,k^t.,..,.A„.,^». ,„^..^>, „■,■ ,ia) Jcn vis de» mâ^ir^f ,.,9PHi|i|q^i»^^u0 <9)^i^l^ ?^P<>u» . à Dorehy. -. ^.î ,; ; ^ . . ^ --';?/ Z^". vvrjo-.* «.^ - p 1^3) On indique une «spèce .ddCcocttidil^ ans; tlesjdr/Palaos et jus"- «pi'jux Fidftis. (Mart.) terres <1« TOcéaiiie ei de la Polynésie saqs disiinctfoir^ La Rousseiio (i) parait s'étendie depuis l'Afrique et Ma^r? dngascar 6ur toutes les îles indiennes de ja.Poljrnési^-^ jusqu'à Oualaii par i6o degr^adjpi.loiM^ilucIc , E. p. Cet animal ue paraît 'pas exister aU-4cl^,,fit, i.qulemept .ç»; indique aux Sandwich ui^e petite ^^è^ye, de>y^{)a^tilic9^ Il est cematquable qu'on ne Ç4)n|^i/iffiffni}l quadrupède propre à la Nouvelle-Zélande, excepté le Rat, si abon- damment répandu sur les îles de l'Océanie comme sur; presque Tuni vers entier. La Nouvelle-Hollande a produite des genres pariicutiers à son sol y mais le Kangourou le plus saillant sans doute, a son type bien dessiné dans.)Q[ Kangourou d'Aroé des jle$, de„l^, Polynésie pri^Qt^lç. jux^ Quant au Cochon et.auiiCbiwi/i jeur.iustO|iKe,9fhfa|yB taclie à celle de Tliomme quHls ont suivi. On remarqiiO'' > que ces deux animaux utiles ont été rencontrés dès la découverte des archipels des Sandwich , des îles Mar- quises, des Amis^][ ) il iit*a ifll irrp cufs^ Notice sur deux espèces du genre Ptérocère , observées dans le Calcaire Jurassique du département, ff^ fa Ch(irent(s-lnférieure : - ; .. / é «^mo/icp^n ]^ Dgss^j^ijjgs D'Orbignt fils, / Membre correspondant de la Société d'Histoire Naturelle de Paris; xrni:>ùb /rjidirfé^i ^i\^ Sdciclë , ïé xi mai 1825. ScHLOTHEiM a décrit d'une manière fort incomplète , dians son Traité sur les Pétrifications , une coquille fossile du genre Ptérocère, et il l'a rangée parmi les Strombes. Cette espèce est.la seule qui ait été mentionnée dans les coucbes inférieures à la craie, tandis que les terrains tertiaires en renferment plusieurs assez bien détermi- nées. J'ai donc cru utile de faire part aux géologues de la découverte que j'ai faite de deux ,espéce<| observées dans le calcaire de la formation jurassique. ' , Aux environs de La Rocbelle , on trouve assez fré- quemment, dans le calcaire du Jura , diverses espèces de Ptérocères^ elles sont disséminées dans lescoucbes , soil supérieures , soit inférieures et plus ou moins compactes dé ce calcaire qui forme le sol de la partie nord et nord- est du dëparlement de la Charente-Inférieure jusqu'aux environs de la rivière de la Lharenle. Au sud de celte r fi) ■ '^"on^rifirf Trr rivière , Te calcaire jurassique est recouvert par la craio souvent accompagnée de la silice, et nç se retrouve^ plus qu'à la base de quelques escar|ieniens et au fon(L. dé quelques puits. Les Ptérocères, dont j'entreprends la description, se rencontrent rarement avec leurs coquilles (alors la subs-^ tance Hc cetles-çî a perdu toute apparence organique, e^^ est transformée , soit en calcaire absolument homogène à celui qui lui sert d'enveloppe , soit en cristaux de chaux carbonatée métaslalique). Le plus souvent on ne trouve (}tté Jëi^'^byauk moules dans*%uF miérieur^,^ 'ou k » lés^ émpréïhtiéi de leur surface extérieure , et ce ne peut être qu'en réunissant un grand nombre d*éclianlillons comme objets de comparaison , que Ton peut parvenir à en étudier, toute^ les parties , à les dessiner avec l'aspect, qu'elles avaient dans l'état frais, et à les bien décrire. Cependant, j'observerai que, n'ayant pu me procurer aucun individu dont Tinlérieur de la bouche soit bien^ prononce , je me suis borné a j^ire les dessins des parties^ extérieures, dont plusieurs empreintes, déposées dans le, cabinet de mon père et dans celui de M. Fleuriau de^ Bellevue , pourront au besoin constater l'exactitude. Pairmlles nombreux individus ou fraemens recueillis, j'ai cru reconnaître d'autres espèces de Ptérocères que; celles figurées et décrites ici*, peut-être même quelques-t unes de ces espèces appartiennent-elles au genre /?05- tellairoj mais ces individus n'étant pas revêtus de ca- ractères suflSsans pour m'autoriser à les déterminer, je ne placerai dans cette notice que les deux espèces qui m'ont paru les plus distinctes et les mieux caracté- risées. ( Ï9Û ) Genre Ptérocèrp j Pteroççra, l^am. Coquille ovale, oblongue , ventrue ,' bombée , iermi«- née iuférieurement par un canal allongé ; bord droit, se dilatant avec l'âge en aile digiiée, et ayant un sinus à sa base, non conligu au taual. Lamarck. ^ I. Pterocera Ponti. Brong. (i). Coquille légèrement déprimée (pi. 5; fîg. i)*,bor(l droit très-élargi , en forme d'aile , et inierronipu par des digita- tioiis qui. le dépassent, dont le nombre varie de huit à dix, et qui sont le prolongement d'autant de côtes qui se re- marquent sur le tour despire ; la dernièrle, éri digîlation supéiieure , s'appuie sur toute la spire et la dépasse de presque toute la longueur ; bord gauche ou columellaire également élargi en aile, interrompu par unedigitalion , se prolongeant jusqu'au deuxième tour de spire , sur la- quelle il est appuyé et terminé inférieurément par un canal très-long et courbe ^ entre ce canal , à sa partie la- térale droite, et la digiiation qui le 6ùit ,^e remarque une échancrure ou sinus creusé dans le bord droit, non contigu au canal , dont il est séparé par une partie de ce même bord ^ ce sinus est légèrement relevé et épaissi*, la spire est allongée et composée de six tours , dont les supérieurs sont striés transversalement et fine- ment ^ l'intervalle compris entre les côtes forme un sillon profond marqué par des stries prononcées , les- quelles disparaissent à une petite distance du bord; ces stries sont coupées transversalement par de légères lignes d'accroissement plus apparentes vers le bord , qui (i)M. Brengniart ©''ayant trouyë que des ëchanfillons incomplets, Tav^it décrit sous le nom de Strombus Ponti. ( 19' ) suivent la forme demi-circulaire de Texpansion ailée , et qui rendent celte coquille comme treillissée ; on remar- que au dernier dos du dernier tour de spire plusieurs sillons longitudinaux qui coupent les côtes à angle droit. La bouche m'est presque entièrement inconnue-, ce- pendant j'ai cru remarquer que son entrée était très^ lisse et sillonnée par des gouttières qui correspondent aux côtes de la partie supérieure-, le canal est ouvert dans les deux tiers de sa longueur , et se termine par un- tube qui laisse apercevoir le point de réunion des deux bords. Les plus grands individus ont jusqu'à i4 centi- mètres de diamètre. < Je crois pouvoir y rapporter \q Strombiles denticulalus de Schlotheim , pi. 22, fig. 9 de son Petrefactenkunde; ce n'est qu'un individu mutilé» Il l'a rencontré près de Frankenhausen , dans le calcaire ancien. On trouve cette coquille aux environs de La Rochellôn dans les couches du calcaire ju^-assique où elle n'est ja- mais très-commune. Le bel individu où j'ai puisé le plus d'indicaiions pour dessiner lafîg. i , est de la nom- breuse collection de mon père. ,11 A été recueilli à iai pointe du Cliez^ à une lieue sud-ouest de La Rochelle^ dans une couche de calcaire assez compacte , qui est placée sous une masse de vingt pieds de hauteur de Poly- piers très-durs, parmi lesquels se trouve une grande quantité de fossiles très-bien conservés des genres En- ciiailo , Huître y Peigne , Lime, etc. C'est donc sous ces masses immenses de Polypiers que se rencontre notre Plérocère , parmi des noyaux de Gastéropodes , d'Acé- phales , et parmi quelques Térébratules qui ne sont ja- mais qu'en petit nombre ; mais ce n'est pas l'unique lieu où cette espèce de Plérocère a clé découverte, on la trouve au contraire assez fréquemment dans des couches ( 19* ) bien difféi'entes , inGnimeni plus compactes et tout- A - fait supérieures , qui s'étendent depuis le bourg d'An- goulins , situé à une lieue sud-ouest de La Rochelle , jusque près d'un autre appelé Mortagne , qui en est éloigné de deux lieues. Il est très-fréquent aussi d'en rencontrer des fragmens dans les pierres extraites des carrières de ces deux communes, qui servent à ferrer une partie de la route de La Rochelle ; on en trouve encore dans des couches inférieures de la pointe dite des Minimes , dans des masses du même calcaire , irais moins compacte. Les excavations du canal de Mors four- nissent également quelques enveloppes ou noyaux de dette même espèce. On doit observer qu'il est assez difficile d'avoir dans le même échantillon tous les caractères de l'espèce réu- nis , et qu'il ne m'a pas encore été possible de me pro- curer un individu qui fût entier. 2. Pterocera Tetracera» Coquille légèrement déprimée (pi. 5, fig. 2); bord droit ailé, terminé inférieurement par un long canal ouvert seulement dans une partie, et séparé par trois digita- tions très-longues, aiguës, arquées en différens sens; elles sont le prolongement des côtes élevées de sa partie supérieure -, les deux postérieures se réunissent sur le sommet du dernier tour de spire pour n'en former qu'une , divisée , pendant quelque icmps après leur réu- nion, comme en deux lobes; la digîtaiion la plus près de la spire ne s'appuie pas sur elle, et se déjette en ar- rière du même côté que le canal ; il y a une légère expansion au bord gauche du canal , qui ne se prolonge pas au-delà de sa base. La spire est allongée et composée ëe six loars trèsr resserrés à leur point de réunion 5 ces ( «93 ) tours 50Ui Ueillissés par des sillons loiigituùiuaux it des stries iransverses. De chaque intervalle des côtes , par» tentdes stries peu marquées d'abord^ allant en se bifur- quant et se prononçant davantage jusque près du bord où sont quelques lignes d^accroisseincni , disparaissanl^ vers le soinnict de la coquille» mais toujours apparentes sur les côtes. Les bords situés entro lies digiiations suni tranchans et uuifii^ le sinus est relevé^ épais et, nou conligu au qinal. ^^ fmmia .mmi^at, Le côté de la bouche est tout uni ^ Ton y remiarcfiAé seulement des gouttières correspondant aux côtes dvk côté^oppo&é. Colle coquille est beaucoup moindre eik grosseur que la précédente ; elle n'a , i lesf |^bM grands individus ^ que ii centimètres de diamètre. Cette espèce c&t assez commune dans diverses ioca*. lilés^^U if<^Vj^^,|is?i d'AcéçWles et de dernier lour .Tome V. saf/^ ttis4 é ^ifM»9i-t0^ i3 ( «94 ) pourraient ètrt) le commencement de quelques digitu-^ lions ; inaii tout n*est que conjectural h son égard -, ce- pendant , elle en ircs-difrérenle des espèces décrites. Des individus entiers nous fixeront peut-^ître , par la suite i sur les caractères spécifiques que Ton pourra asôi- Ë;ner à cette espèce ^ on la rencontre près du bourg de Charron, à trois lieues nord de La Rochelle, dans uilé couche peu compacte de calcaire jurassique lout-à-fait supérieure dans cette partie, mais qui est inférieure k tontes celles où j'ai rencontré les autres espèces, les couches s'inclinant vers le sud et sud-ouest 5 la couche qiti recèle cette coquille renferme une multitude de Céphalopodes toujours très-petits , dont plusieurs à J'état dé fer sulfuré, et quelques empreintes et novauX (d'Acéphales. IIàppokt sw le Mémoire de M. Lamourouoè ^ intitulé : Do la (réographie Botanique-Marine ; Par m. Mirbél. ( Las â rAcadétnie des SciettCés de l'Inètitiit, le at févi'iei' iSaR. ) La distribution des diverses races de ]>îantes sur lé gldbe, a été depuis vingt ans l'objet des recherches et dfes méditations de plusieurs savans . parmi lesquels on !lôlt cîtef en ]{)reniière ligné, MM. de Humboldt, Ra- fhond, Wahîènberg, RoberlBrown, DeCandollé, Léo- pold de Buch , etc. Le sujet était trop vaste poiir qu'on fjôt rertibrasséi- tout d'un coup dans son ensemble et dans *es détails. L'attention se porta d'abOrd sUr les Vé- gétant: tertéstres phanérogames. Cette priorité leur était flùF ; Tiôûs vivons, pour ainsi dire , en société avec eux , ttôus aVAhs à tout instant besoiA d'eux. Nous les côn- C '95 ) ttaissoDS mieux, parce que nous nous en somntes plu» occupés , et qu'il est plus facile de les connaître. Lours oig:inesont. jusqu'à certain point, des fonctions dis- tinrtes et birn dclerminées^ il est rare que ces organes offrent dans leurs foi mes, d'ailleurs très-variées , des anomalies assez giaves pour faire perdre totalement la trace des analogies; enOn nous ne sommes pas lout-A- fait ignorans des moyens que la nature a donnés à ces végétaux pour se conserver et se propager. Dans les Cryptogames ou Agames (le nom n'miporte guère ici) , tout, au contraire, est mis en question: l'ongine «st presque toujours obscure; les for nies sont souvent', si étranges , si variées , que les rapprocliemens ^eviennébt impossibles. Les fonctions sont si incertaines , que cha- cun en parle à sa guise , et qu'il y a presque autant d'o- pinions que d'observateurs. Aussi arrive-t-il de temps en temps que l^s^j^otanlste^ , n'ayan^ sous l^s yeux que des ca ra cl èies vogues et fugaces, ne savent à quels signes reconnaître l'espèce, le genre et même la famille des individus qu'ils étudient. Cependant, ces difficultés ne sont pas un motif suffisant pour les rebuter. Tous sen- tent la nécessité de complt^ter , autanjt qu'il est possible dans l'état présent de la science , rhistoire géographique des végétaux. . v^fj^aropi^roux a entrepris de nous donner celle des plantes agames qui croissent dans la mer , ou, comme il \es\}Ot})i}ie,,4ç^,ffjdj'apIijrtesnuirines. Ce travail , ab- solanaent neuf, n ,^lé soumis au jugement de l'Acadér mie qui l'a .^envoyé à notre examijn , et nous a chaçaps de lui en faire connaÎLie notre opinion molivéïe.,,.. , Personne, peut-être, n'était plus en état que M, 1^^^ mourpuK de bien traiter ce s uiet> Depuis long-temps, ij ( '96 ) s'occupe , avec un^zèle inQ^ugablo , des Hydrophiles dont il;,^udié; Jioa-senl^mqçt rlç;9 fprwes extérieures , mais aussi IVganisalion iiitcroo et les Labiuides. II a subdi- visé cette çlas&e. de vt^gétaux en cinq fj» milles , savoir : les Fucac^e5^hi%^MHof^d(iG$\ jes Dictjotces, les Uhacées çt le«t(Co/ij5?iFpy. Geii'^f; i^as ici le lieu d'examiner si tou- tes ces familles sont également nalurelUs,, et si l'auteur nVûLpai mieux fait, comme le croieni,, plusieurs bola- nis*««j*^^eVj*iNtseK\|flij*QE!i marines, puisqu'elles sont attachées anx côtes, ett^u'efles en dessinent toutes les sinuosités ; mais elles prcsb^lèiib^ aùt^tït qiiâ' 1^ '^^iW^itèiiti'ks' èétiditions «qns? l'em^ig^T desqùeflès elles oxi^iéteht , une lendiance analogue à cel^â' des familles d'Aéropliytes dont nous venons de parltuir Ainsf uâ'e'lforme végétale doinirii»nte sur une côte, ^'ef- face de pltjk ét^^^l\is'^ fSéïâfë^i^'ètt^ sVn éloigne, ei finît par c^d^er'^la^Jilâle'^à'^élW'^^utre' forme qui paraissait à peiné '^^i^ti point de départ , et qui s'éclipsera plus, lom?^" îîtoq nw luoq j^wp ^ Plusieurs obstacles'^s''oppos{fnt à la ftris à Témigraiion des Aeropnyles'^erBes Iîyc(rophyteg, les retiennent dans des limites di^termfnéés , et cmpêcbent le mélange des races et Pûniier^ff^ dév'é^ta'iîbn qui eh serait la con- séquence^ îî«feM^^^ sëftf fëi ^uamésiiiftrlicu^ lières du^soP," l^^^ïlier î ' -" "imt'^fé^ cùtniTÎcnfi.-ei surtout l'élévatioii ou .u de la température^ c »9« ; II existe rncore d'autres obstacles qui concourent au même résultat 5 mais parmi cenx-ci , les uns ne se rap- porlèiit qu'âuk Aéropliytes , et les autres qu'aux Hy- clrophytes. Tels sont, pour les premiers , les liantes cKainès cle montagheâ , les vastes déserts dé sable, les grands llèuvès ^ tels sont, pour les secoîiîes, les con- linens , les caps avances , les courails généraux et cons' 'lahs , les enôràies amas dVau douce iqui s'épanchent dans Ja mer. ' i[r arrive cependant que les mêmes espèces , en petit nomnre a la veiiie*, se reproduiseflt dans des contrées tort éloignces lès unes des autres. On trouve au c^p ae Bonne-Espérance et à la Nouvelle-Hollande quelques Aéropliytes des réglons boréales -, on trouve sur les * se rattaché aux lois de Ja station des Végétaux, se ipa- nifesle aussi clairement dans les Hydrophytes que dens les Aérophytes. Nous ne suivrons pas l'auteur dans les développement de lovis les Uns que contient son Mémoire , non qu'iU ne soient très-intéressans , mais parce que nous dépas- serions les bornes que nous devons mettre à ce rapport. Nous terminons par quelques généralités que nous trans- crivons textuelleraent. H On pourrait presque, dit M. lamouroux, regarder » la Zone polaire comme la patrie des Ulvacées , la Z6ne ( aoo ) » tempérée comme la pairie des Floridées , la Zone voi- » sine 4<^s,dqv^x,, Tropiques , ainsi que rëquatoriale , » comme celle dés Fucacées et des Dictyotées. » Lw Hydrpphytes que la môme saison voit naître » et.^n^qv^ri^, ou qui par leur nature sont peu sensi- » blés, ^^, icoiçl, , jse plaisent dans la Zone polaire 5 les » Hydropliyte.^,Jes (plus ligneuses sq plaisent entre les » Trppiques, ., , » Il semble , s continue- t-il, que le mcupimum des gen- » res,, ^ mèn^e des espèces , doit ce trouyef dans la Zone » tempérée, patrie. adoplived^s IJydrophyles annuelles » ^t Uiôfinuufi^les );, .,,.,, MfqL^mouroux ajoute plusieurs observations sur la distri^u||ipU j ({es genres qui .n.,'^içnt^p^§ ^susceptibles d'entrer dans le rapport fait à l'Académie , mais qu'il nous p^7 pi tjmppr tant,. 4'iP^fqiîÇrjGijclAUes qu'il les énonçe^.^aqs.^ou INJérnoire; , ,. , ,, ,m! c «v^I^és. Sargasses i communes jentjire les deux Tropi- » ques , dépassent bien rarement le quarante-deuxième y> degré de latitude dans les deux h ér)] [sphères : la mer » Rouge paraît la plus riclie detoptes en espèces de ce » genre. t-irJuiAyl îjb iî> d/«o i»i>Le3 Turbinaires ne se trouvent j^njaia qu'entre les » deux Tropiques ou dans leur voisinage, j'ignore s'il y » en a dans la mer Pacifique , r^JpSfng^^sQut pas rares ». dans l'océan Indien et dans celui des Antilles. » Le Fucus siliquosus offre ses congénères sur les )) cotes méiidionales de l'Austialasie, au Japon et au » Kamlschalka. lOmitUKi' î) Les Cystoseires dominent du vingt- cinquième au » cinquantième degré de latitude ; elles sont très-rares » au-delà. '( 20I ) M Les vrais Fucus, particuliers au bassin Âtlanti- )) que, se plaisent du quatante-qualtièmeilu Ciûc^ante- » cinquième degré ^oti commence 'àf éÉ^fffbiitéf'*Vcr» )) le trente-sixième. Je n'en ai ]îimAU'i^"(\ë^U Médi- » terranée , quoique plusieurs auteurs les y indiquât; » ils varient autant ^ur les côtCîi de 'Teri^-Netivé 'feé )) de TAngleterre septentrionale ,' que ^^ilirt?é1|teè'tï^ )» France ; une espèce a été raportée du Kamtschaitkai » Le Fucus serratus ne se trouve qu en Europe. ' )) Les Laminaires,* communes so\js le^*gl«cfè=^rpolài^ » rei, :^ttt très-rare^ Au trente-sixième degré de' là'H*J » lude : elles dominent entre le quarante -ihuitiêrt^è' et* )) le soixanlièrne degré. La Latnitiaire pyrifètee^t-pak^' )) ticulièrc aux mers'Aus^fralei ;• aifisi que^lii'LMhiîtlkiVe )) bnccinale au cafp de Botine-E^péi'aiïee."^ ' *' ' )) Les Ocsmareslkrs , très-peu nombretisié^ 'en' espèces , » commencent à paraître vers le quarantième degré. » Elles» teoiit'>^re*é au'''6iiTtpiatite--cinqiiîènle. îe^ n^^ii » connais qu'une espèce de Thémi'sphère Austral, une » autre se trouve sur la côte nord- ouest de TAméri- » que. Le Dcsmarestm aculcùfa offre ses congénères à » Terre-Neuve et au Kamtschaïka, » Les C-^orcfct'sôttt des plantes sociales*, j'en ai reçu » deux espèces de la mer des Antilles, il n'en existe » qu'une seule* en Europe. Je n'en connais point des » autrcs^ pays. » Le cap de Bonne -Espérance ^..soiï fucus tubercu- » latus comme les côtes de France. ' ' ^ » Le Fucus moniliformis se trouve depuis la terre de » Van-Diémen, jusqu'au Japon. Aucun voyageur iï^-V^^ > rapporté de la merdes Indes. ^ • ' ' - *'* 1) Les Claudées n'existent que sur les cèles de la iNoi;- ( 109 ) n v(»lle- Hollande , ct^ sont les plus extraordinaires de M toutes les Hydropbyies , par leur tissu et par leur fruc- » tification. Syr^vlT !>*' J'ai divisé les Dèlesseries en plusieurs genres ; le » premier, auquel j*ai conservé le nom de Delesseria^ » oUVe plusieurs espèces dans les mers d'Europe , une » seule dans la Nouvelle- Hollande , et une autre dan» » la mer des Indes. » Une espèce de Deïisée se trouve dans la Méditerra- D née, les deux autres dans TAustralasie. » Je ne connais que deux espèces de Volubilaires ', » une dans les mers Australes , l'autre dans toute la Mé- » di terra née. » Les Semînerves se plaisent dans les parties des Zones » tempérées , voisinas des Tropiques ; les Halymenie» » dans la partie moyenne des Zones tempérées; les Eri- » nacées sous les Tropiques. » Les Chondrus., si communs en Europe, m'ont offert » trois espèces seulement de l'hémisplière Austral, deux » de l'Amérique occidentale , et l'autre du cap de Bonne- » Espérance. » Les Gelidies paraissent plus communes dans la mer » des £ndc'S que partout ailleurs. Les La^rremies sont » plus répandues entre les Tropiques que dans les ré- » gions froides ou tempérées des deux hémisphères -y il » en est de même des Hypnées et dès Acantophores. »■ Les Dumonlies appartiennent à la Z6ne tempérée. ' "» Le groupe nombreux des Gigartines est divisé en » trois sections. La première a pour type le Fucus ova- )) Us de Turner ; son congénère se trouve sur les côtes de M la Nouvelle - Hollande ; là deuxième a pour type le » Fiicus confèf^oides ^G Turner, dont les nombreuses ( t.o3 ) » variétés en Europe fatiguent le botaniste, ses con- » génères oxisient dans les mers du Japon , de la Chine » «t de la Nouvelle-Hollande; la troisième, h fronde )) ariiculéc , offre des espèces eniEurope, au cap de » Bonne-Espérance et dans TAustralasie. Il en est de » môme des Plocamies. » Les Floridées sont, en général^ peu nombreuses )) dans les mers cquatoriales et polaires ; et si Thémi- » sphère Austral est moins riche que le nôtre dans cette » classe d'Hydrophytes , ne pourrait-on pas Tatlribuer » au pvz^, Observations sur les genres Hîppurite et B-Cidiolite ,* '^fp Obujl;'.;. Pae3IvG.-P. Deshates. (Lues à la Sooiétd d'Histoire ^Naturelle de Paris» le i3 mai \%ib.) Lés Hîppiîrités ètles Radiolites que Picot de Lapey- rouse décôuv'i^î'tliyi'''i^45^ 4i p'- ^1 I , 4 '■> pi. 7 , I , 3 , 4 » ^ î PJ* ^ î ^^"s l'ouvrage de Picot de Lapeyrouse , on aura une preuve suffisante de ce que nous venons de dire. Il est donc impossible de considé- rer le syphon des Hippuri les comme un véritable syphon , et encore moins la gouttière qui le remplacera dans le * plus grand nombre des espèces , comme destiné à rem- plir les usages du syphon des Polythalames. 3*. L'opercule : dés coquilles cloisonnées et en même temps formées par une valve operculaîre mobile, sans charnière, fort analogue à celle des Ratliolites et des ^Sphérulites, ont du embarrasser beaucoup ceux des conchyliologues qui Ont. ^9ulii les placer parmi les 'Cloîsontiées. Il a fallu faire des suppositions, des hy- pothèses pour faire cadrer les observations avec les opi- nions établies à 1 avance. C'est ainsi que quelquefois Tesprît le plus judicieux se laisse entraîner par la con- sidération d'un sèul'caracîère , abstraction faite de tous les autres, à des erreurs plus ou moins graves. On a 'supy)*osé que la valve des Hippurites était une dernière ii ir., -ï.i ( '^og ) cloison extérieure bombée^ semblable en cela à celle d'un assez grand nombre de Polytlialamrs niicroscopi- qnes-, et qm Iqncs personnes, mal iiistruîles sans doute, ont dit que cette valve était adhérenip. Pour répondre à celte dernière assertion , il suffit d'ouvrir Touvrage de Picot de Lapeyrousc, pour s'assurer du contraire, et pour détruire la première supposition, il faut encore recourir à une comparaison exacte entre les Poly thalamus etle«. Hippu rites. Nous voyons que les Coquilles mnliilocu- laires, qui ont la dernière cloison bombée en dehors, sont internes ou demi-intérieures : celte cloison est fixe, soudée au pourtour de l'ouverture, qu'elle ferme ordi- nairement d'une manière très -exacte: cette fixité est nécessaire à l'animal , puisque c'est là que les muscles rélracteurs trouvent leur point d'attache ; il faut faire observer en outre que dans les Coquilles cloisonnées , dont il est question , toutes les cloisons sont sembla- bles , la dernière ne différant do la première que par de plus grandes dimensions. Il n'en est pas de même dans les Hippurites : la valve operculaire ou dernière cloison est libre et bien diiféreute en tous points des cloisons de l'intérieur j car elles sont concaves par leur surface externe, et la dernière , au contraire, est co^- vexe. On voit d'autant mieux que ce ne peut être une cloison , que souvent des Huilres ou des Polypiers sont adhérens sur la surface extérieure de celle valve, ce qui ne pourrait avoir lieu si réellement elle en était une. Elle ne ressemble en rien aux cloisons de l'intérieur ; celles-ci sont assez minces , lisses , polies des deux côtés, ne présentant jamais de pores ; celle-là est épaisse, d'une structure particulière, porrqse, taillée en biseau, aux dépens de sa surface interne , pour s^adapter plus exac- ToME V. i4 tcnieutsur rouverhiredela Coquille, et présenlani tou- jours stir sou bord toutes les crénelures , les anfractuo- sités qui peuvent se remarquer sur le bord de l'autre parli<ç,t^P§î,Q«^|>p«|ueni f i). '■ ■ >iniL«b n ^:> «•'^''*' hwmiirttci'ir Notice sur les beqs de Cçpliqhpodes.fq^silpi^ { \ PaH ftf. Dt^AttT^ÊS D'O^ÎÎIGNT 1*IL's. (Lue à lu Socit^le crfiisloire Natureirc de Paris, juin i8a5.) -. ■ .\ ■ '> i . ,.?,ornérD-?.iilM ù r >'■ . ?.nr\-A ♦.-» i^ - ; » -• f afti Les trava'nx inlérf^ssans de IV^lVI^^ÇuvJer, de.lyamarck, oe Férussac et Blain\ille onj, ,^il.^^çvo,unaitre, tant sous le r^ppoi t nnatomique ^y,ç^^y,9jj^^^ |e .jcappoj^t îwologiquq,^ pjnsi^eurs Mollnsf^iies compris dans le groupe des Céph^<* topodes; n»ais .Vliîsloirp des restes fossiles qui ont ap^ parienu à ces animaux^, et qu on trouve dans nos ter- Main» calcaires . x\\'i,l rncore qu'imparfaitement ébauchée nialgie les recherches curieuses de MM. Brongnia/çl^ Défiance, Desmarest, Sowerby, etc. .^», !■ . ■ ' ~~ : rrr (i) Nous Irouvons à Tinslunt , et il est juste de le noter, que M. de F^russac clans ravertissement de son Prodrome a dit que les Hippurites A)[aient beaucoup de rapport avec let Sphérulitet de Lamarck. '4" Jjcfs iJîitliranstes ont été pflTr.ivés d'entreprendre sur ce sàjetiih travail général à cause du pelît liombre d'obîets vivans qui pernictlent une romparaison directe avec Tim- éà^nse itji^itilif^^ae yi^ctuilles fossiles ,' soûvchV' j>en rô- jônnaîssables , "ei îVs ont d'autant plus craint de s'im- poser celte tâclic, que les retlierches micro copiques f i) *c?iyt-îi:it3ispènà blés pour baser une bonne classification des Céphalopodes idiit vïvà&cjué fossile?. Les cnr^ié 'sur lesquels je vais avoir riionneiir d'en- tretenir un instant la Société, ont été pendant long* tt?fnj)i'dé(îaigriés, oiibien balottés dansdifîérenles classes, jiâfi'i^'dfJ^ers auteurs , et rarement placés dans celles où Hs apparfîrnnent réellement. -, r - - - --» Knorr , Gmelin , Valerius etGuélâtflëi è&Àjèaissaîpiît^^* ils les avaient seulement décril^^^s Wins^'ou sous les iit^iù^ vagues à^Hîstérolîlcs, de Glossopètres , ou bien ils les a vàîértt rapportés encore^ dès becs d'oiseaux ; Sclilô- feîm, qui n'en connaissait qu'une espèce , l'avait placéç dans son geti^ë I]e|)ks, sous le nom de Lèpadîtes aytrostrù. FaUreBiguet en forma un genre sous le nom de Rhyh" colites , en y rapportant toutes les espèces connues jus- qu'à lui. Blumenbach enfin commença à présumer qu'ils péuvaienl àppartettik'^t/x mâchoires de certaines Sèches; èî M. Gnillardot, ddcieur-médecin à Lunéville, dans là îettre écrite à M. Brongniart (♦>.), confirme les observa- O) Je me propose, sous peu^ de faire paraître le rësuliat de sept an- n^s d'observations sur les Ce'j>balopodes microscopiques , et j Vspère que le grand nombre d'objets nouveaux observes sous leurs difléreûs rapports , avec une scrupuleuse attention , joint à la description de ^lelques animaux qoe je suis parvenu à découvrir, ne manqueront pas d'intéresser mes collaborateur», dans Tëtude de la nalure. Celte nouvelie série d'êtres n'avait ete' que très-imparfaittment connue jus- qu'à CÉTJoTûr, et qtilaVail fiait côtinnSéflre de tr'és-igi^andes erreurs' dân» le classement des genres. (q) Annales des Sciences Naturelles, tome a, page 483. tions dëjft faites pai; Blum^nbstçh; , ,en les coD$idéranf aussi comme appartenant aux- maodibules du bpc du ^ ^ Ces corps se ^rencpnli^^^^^ ,^^ai^^^,fj^,^4epi^5 inférieurs à la Çraiq, |na^i^^^|.a|^s|^^d|^SjÇ^eui^,quj ji^i spnt ^upéiicurs ; les ^nynn^xfi^iif^qif^j^f^^^ àyjaieiu donc cessé ^f^\9},ej^,\^^^^ «ont venues s'éte^4r*'' sur celles déjà dépos^f^à/c^lfp époque . ou,bi|Bji Ijg^^e^^o^t ,^e|i,r^.^^5^s,,jÇ^ profondes. _ j^^^ ^^^ ^MI'^-• ' '^^ nxnJanr nu liaoiQiï ^Ces corps on^,|^^^i^^Dt quelq^fi mft^S^f^'^^fki becs de Sèi'lies,, cependant on y distingue des ^Pj^rl^^ bien difrérentes ; je pense même qiu; les animaux aux- quels ils aprarlioiinent n'éiaieiit pas du l'cnrc Sevia.lms, becs de^^^èc|i^^^t^^uj,.éH^?ffRm ^^'^" pourrait fw^.>%^ fies conje^j,j^^^]^iej^^des suppositions à cet égard, l^ suit^ ^^^ujçi l^g^f^Yp* Je voile encore étendu sur ce point ^nf^rp«»ant » ff<*ppnflant une observation que je dé- velôppéM]^d9^téhl; est venue me suggérer quelques rdp- procbë/në^yr»""'^^" . ' ' . -.- . - - V ^^ Il serait t]a9Air(Ji;f;fix,^4€-r'»pp(xrlèraa même genre Tes .espèces venues à i»olk)e>icennaissance jusqu'à ce jour; car Içs.eftipreinles des attaches musculaires existant dans certains becs ne s^ .retrpuvçjjïf j|>l^s daos d'auu:«s , fp|i . manquent, mènm.cje la partie qui servait d'aitache , c'est- à-dirç- de cette espèce de capuchon supérieur , qui alors se irouTe remplacé par une ligne saillante très-màiv quéc , ce qui suffit pour les distinguer, et fait supposer une forme difFérente dans les organes de l'animal. Je diviserai donc les espèces m deux groupes , j • celles qi)i ont une expansion supérieure au capuchon , et qui devaient par conséquent avoir une lame coruée faisant ^.yJ^G. ii).^, U|ne calcaire qui recouvre une partie de la *««^..d^ vW*5cIes de la bouche, à Tinstnr des Sèches.; ^* celles qui en sont entièrement dépourvues et qui de- .Wf P.V recevoir immédiatement les chairs. M-if'f^i q^u.elques raisons de croire que les becs à ca- P¥c^pn>j9Clî >^pparteuu au genre i\autile , mais je mfe gaf-derî^is bien de prononcer d'uwe manière affirmative sur un fait aussi peu certain -, voilà toutefois les raisons ,^"! ??^f^iP"f ^^"'^ à adopter ce sentiment : une très-grande 3Ç%pè^^i^^jJ^G«i'A»^iltî,qiic?j'aii. découverte il y a peu de lemp^ à la ppinte du Chez» près La Rochelle (^Charente- Ifjfinpure), se trouve avec une espèce géante de Nautile seule Céphalopode de cette couche. Ce Nautile est assez JÇj^S^i<«t il a jusqu'à vijiigl pouces de diamètre; si dans \f^ même lieu l'un rencontiait de grandes espèces d'Am- monites ou d'autres Céplwilopodes, l'on pourrait ba'ancer ^iv le rappro(lu:niei!t ; mais cette espèce y existe seule, et .fR*.fOnip?ranl le diamètre du bec que devait avoir le Mollusque lirthitant celte énorme coquille, à celui ren- contré. Ton arrive à trouver une poiportion juste de ce bec à la taille de cet animal. Le doute que j'émet? sera entièrement levé lorsque ranimai du Nautile sera connu ; il me paraît bien éton- nant que Bumphi.us seul ait vu cet animal, et que depiif»; '( "5 ) lui personne n'ait jété assez heureux pour le_rei^5;pi)lrer. Il reste donc à deviner encore rorganisatio9,J^>p^^n^j^e; niais comme il est nécessaire en géologie de pouvjpjr djé- signer les objets, nous conserverons à ces \;iecs^)e jnom de Rhjncoliles , et nous établirons dans oç grpiipc; dqux divisions qui peut-être un jour devr(xn^ è:ti;e ^q]^f|4^|rée8 comme deux genres distincts. 1"= Division. • — Espèces à capuchon\ m »!>w,uf Munies à Tinstar des becs de Sèches, à la |$ài4î^^à^ périeure dorsale de la mandibule , de lames qui s'étcit*- dent en s'abaissant vers la base , ces lames , d abord tesv tacées et épaisses, vont en diminuant d'épaisseur jusqu'à former un bord très-tranchant; elles devaient cecouvrir extérieurement les réseaux des muscles des deux partie* de mâchoire , qui dans ces uni m au^ devait*iaM6î?nlfeil grande force , car les empreintes musculaires sont forée*- ment prononcées. Lesdeux mandibules, à peu près égaléi?^ ne peuvent pas s'enchevêtrer. Le corps de ces becs ë^ épais et sans,. cavités intérieures comme da.ns t;elui dés Sècheà. Cette partie est au contraire remplie de nlilllèirt» calcaire de la même nature que celle du bec. -' '"'^ Faure Bigueten a reconnu cinq espèces, qu'il indiqué sous les nomade Labtiis, Unidentatus, H as ta , Hirundiii Tuherculatus, Dans le nombre plusieurs me. sont îit^ connues, et je n'ai pu même que très-imparfaitement distinguer les caractères de celles que je possède , Faure Biguet les ayant données d'une manière trop courte; peut- être même y a-t-il rapporté quelques pièces de . l«i ni^ cboire de certains Oursins? ' " ■ • ' - - ESPÈCES. I. Rhywcolite Géante. R, Gigçnte(i^Ji^\,S, 6c. i. Les deux parties du bec, considérées séparémeat , sem- ( ai6 ) blenl présenter , au premier aspect, la mandibule supé- rieure du 1)C'C d'un Perroquet -, la supérieure doit toujours être-piiliis >gross<' , plus crochue que Tautie; dans leur asFrmLlage elles ne sont point retenues par un enclic- vctrrmcnt qui ne peut avoir lieu a la manière des becs de Sèches. ^.;'' .-Chaque' mandibule présente, à la partie supérieure • dorsale, une surface arquée, crot^hue, terminée supé- rieurement en pointe, cl inférieurement par des lames très-prolongées , enveloppant la partie inférieure du centré dorsal de cette lameydi; sa partie interne, part un corps conique élevé qui , dabord en pointé, va en s'é- largissant et en rentrant en dedans , se terminer en lames sur tous ses bords ; sur le milieu de cette partie» se re- marque une ligne saillante très mince^cjui devait diviser en deux séries les muscles qui sV attachaient; aux côtés latéraux parait un sillon peu marqué. fîlja partie antérieure ou celle en contact avec Tautre mandibule ,' est un peu concave , et séparée en deux fos- settes par un bourrelet arrondi , d'abord étroit à la par- tie supérieure du bec , mais bientôt s'élargissant de ma- nière à tenir , vers le milieu de sa hauteur, la moitié de la largeur de cette partie , pour ensuite se perdre près des bords minces de sa baée , ou il est divisé éii plusieurs lobes. La largeur de cette espèce , dans son plus grand dia- mètre , est de près de deux pouces ;c est la plus grande connue. Je l'ai trouvée dans le calcaire jurassique de la pointe du Chez , près La Rochelle , dans une couche très-peu compacte , immédiatement sous le banc de Polypiers de cette partie , parmi des restes organisés des genres En- ( «'7 ) criniie , Térébratule , Ptérocère , Isocarde, etc., et surtout avec une espèce gigantesque de Nautile , qui est le scid Céplialopode de cette couche ^ ce'quKnie ferAifci^ croire que ce bec a peut-être ^ppaetenu à la niàulioire de ertie énorme espèce. <. j.i kj :iu ui^i i.f)nnî:). Elle ja 'avait pas encore été trouvée » et mènia jttsqà*àb la découverte de réeliantiilon dessiné pi. 6 fig^ i » je n'avais jamais cru qu'il fût possible d'en rencontrc^r dans cette localité. . '^< ,. un > i' 'ïy Ce qui prouve que celte grande espèce '»'«teilr'pii9?'J6* l'état corné avant d'être fossile , c'et,t qu'une qu«nti té de Serpules et deGryphîtcs assez grosses se sont fixées surij sa partie supérieure, ce qui n'a pu exister dan«^l'étatf vivant, et a nécessité un long séjour dans Ki mer aprcas sa séparation de l'animnl , avant; qu'il pût sy attaçhem des êtres vivansy'et'Un^bien plus long séjour enroi'C^ pour donner le temps ;« ces Coquilles de piendre léufil accroissement. Ce laps de tjemps aurait C4îttainement suffi pour décomposer 'itcute matière ^cornée j^.nL vtaioov^ar. •tesiacé a pu seul se 'cdnsetveriKfi i'jh'iwod ns^,*i^iA0iiipz 2. Rhyncolite HiRONtJÈixE ] Jïr3&frai' f'aurc ËÎTgiieîl Celte espèce diffère de la précédente en ce qu'elle n'cst^ jamais crochue antérieurement, que les lames du capu-. clion sont peu longues, la forme générale est plu*j allongée : le talon sous les lames est plus arrondi, al- longé et oémuni de èette ligne élevée qu'on remarque dans la précédente. La partie antérieure est plus plane, et le bourr<^let j.est beaucoup moins marque ; du reste la forme est à peu près la mèqfie\j^ etce bec, a dû appar- tenir à une espèce bien voisine aè celle qui précède. "^~ Gaillardot , Annale» des Se! Nat.V, ton». 2 . pi. "aa, ug. i5 a 20. Cï.8) Guétar, Minéralogie du Dauphiné , pi. 9, fig. 8 à ir. Kr.orr. 3 , p. 1 1 , t. H , I , a ; fig. 9, 10. Bliimenbach, fîg. 5 , c. , d. Rivyncolitbs hirundo , Faure Biguet, Considérations sur les Bélemnites, page 58. Elle n'atteint jamais un pouce de longueur. M. Gail- lardot Ta rencontrée près de Lunéville dans une Calcaire coquillcr , parmi des Térébratules et d'autres fossiles, toujours accompagnée d'une matière noirâtre qui paraî- trait être le reste de l'animal. Blumenbach l'a trouvée près de Gœttingue dans un Calcaire coquiller. . Knorr l'indique comme venant de Wémar et d'Atten- gona , près léna; et enfin Faure Biguet Ta vue à Die. 3. Rhykcolite Mouette, R. Larus^ Faure Biguet (page 58 , tab. I , fig. 2 , pi. 6 , fig. 2)- Mandibules très -déprimées latéralement, de formes triangulaires , arquées postérieurement et munies à celte partie de lames qui parlent du tiers de leur hauteur^ en se séparant dès leur origine, ces deux lobes enve- loppent toutes les parties latérales du talon , mais lais- sent paraître une portion de la partie supérieure, par l'é- cliancrure. Le talon est conique , quadrangulaire , très- court, et n'a que le tiers de la liauleur totale des man- dibules ; il est fortement caréné des deux côtés, et cou- vert de marques profondes d'allacbes musculaires. La partie antérieure est concave , munie près de sa pointe d'une espèce de dent, qui bientôt se divise en deux bourrelets allant en s'élargissant vers la base, de manière à tenir tonte la surface du talon , qui est ce- p^&dant séparé en 'd«ux parties par une ligne lrè8-c >, /«fc ( L'ouvrage de Faure Biguet est une petite Brochure intitulée : Coa> side'rations sur les Bélemoitës, ^tc. Ljon, 1819. ) ADRIANA , Nouveau ^enre de plante dans la familh^ des Euphorbiacées ,* ?^iÇ**^.^M. Gaudichaud , Présenté à la Société d'Histoire Kalurelle de P.iris, îc 8 jaiilct i8a5. Ce genre , consacré au digne héritier d'un grand nom, à M. Adrien de Jussieu, si honorablement connu lui- même par des travaux botaniques du plus haut intérêt, doit être placé entre les genres Àdelia et IIottlera : il se distingue des genres voisins , particulièrement par des ^UiT^ines noinbretispi situées sur ;Wn-r<^ceplacle conique, qnî soat à filets courts, à anthères, oblongues, biloi^u- laires, terminées supérieurement en une laugnellc plu- meiise formée par le prolongement de leur conneclif ; cl par des capsules à trois coques bivalves, monosper- mes, etc. Les deux espèces dont nous donnons la description appartiennent, la première aux sables arides de la Baie- des-Cbicns-Marins , et la deuxième aux piairies maré- cageuses qui , dans la Nouvelle-Galles du $ud, bordeni la> rivièie Hawkes])ury. MM. D'Urville cl Lesson q,ui , depuis peu, ont exploré celle dernière 'p;n;tie de. la NouvcllivHolIande, en rap- |)0rtent uiie troisième espèofequi se dislinguL' d« sos con- génères par la longueur remarqiiablc de ses épis màles^ par la ténuité 4*^ sii.s fleurs , ainsi que par ses feuilles plus profondément divisées et le duvet tomenteux blan- châtre de toutes sei^ parties: Elle sera décrite et publiée par M. D'Urville, dans la relaiion 4u voyage de la cor- vette la Co(juille. M. Gandichaud pense que le Croton quadripartituni ( Labill. Nov.-HoU. , i\ pag^.^2 ,'lom. 222), de la terre de Van-Diémen , et la plupart des espèces de la Nouvelle- Hollande groupées duns ce dernier genre, devront être réunis à V^dnana. L'A DR I A IN A. tomentosa est gravé -avec beaucoup de djétails dans la partie botanique du Voyage autour du monde de la corvette TUranie, exécuté sous les ordres de M. de Freycinet. Nous avons cru utile d'anticiper sur la publication de ce grand quvrage, et de constater ici les caractères de ce nouveau genre judicieusement établi. ADRIANA. ' Flores dioeci; masculi ba«i 3-5'bracteatt, bractcis imbricatis, inae- qualibiis : Calyx simplex, profnncle qiiinqueparlilus, irrr{;iilaris. (Praeûoratia talvata. ) Pelfi/a ft glandulae iiullœ. S'tnmt la creberriina , receplaculo convexo inserlu j filumrnlu brtvia , libiia , in ulabustro rect;i. Anihtixt qblonj^ae, bilocnlares , aflixie , erectie, interne sccnndum longitiulincm deltisocntf s ; conncctivum apice in lignlam pilosaro prodiictum. Pi«- tilli nidimcritiiin niillum. /'/orers fœtninei ebracffali (?) , nisi caîycm cxteriorem pro bracteis ftunias. Ca^yr dii|>l<*x, utTqiie profinule qiiin'iiicpiii lilii» , siil)rt'gu • laris, persistens. Ounriuni sc'(.>ile, ovahim h ilociilare ; ovulis solDariis Cjt an'^iilo intetioii pondulis; Styfi 3, profonde biparlili, pilosi : Cap- àulft hicorja; coccis monosp* rini.4 , bivulvibus ; aii Ctn'rali ppisislcnte libfio. Seme.'i feslil ciiistaccâ ohtechim , pcnduliini, ad apirem carun- culâ tiibiTi uiHormi instriicium. Embiyo in axi endospermii carnosi. Ratlicula siipcra. Fniclicis int-rmes , lomentosi ; pilis fasriculntis ; folia alterna p6- tiolata, petiolo ad hasim utiiii(|iie glandtiloso, integi>a mc-I 3-5-ioba. Flor«s spicati, terminales; masculi sessiles, fœminei pauciorei brevitc» pedicellaii. 1. Anvii kiix tomentosa: * A. Foliis tii vel quinqutUibis , utrinque tomentosis , loUs ^entuto-^ erenulatis ; pilis dense J'usciculalis, Habitat in Nova- Hollandià (Orientali. ) Baie des Chiens-Marins. 2. Adriana glabrata, A. Foliis elliptico-oblongis integris vel irilobatis , superne glabrius- culis , subtus tonientosis , mnrgine crenulato-tuciniatis , subttvolutu f pilis ilelL.lis fasciculatisve. Habitat in Novà-Hollandià (Orientab* ) , Nouvelle- Galles du Sud ( Hav^kesbury river). ( »>4 ) Nouvelles recherches sur VHistoire Naturelle des Pu- cerons ,• Pak m. Ddvau. ( Communiquées à TAcailvraie l^oyalc des Sciences ^ en mai i8a5. ) Ce Mémoire commence par un résumé succinct de» principales expériences faites sur la génération des Puce- rons, par Leeuwenlioek , Friscli, Réaumur, Bonnet et Lyonnct. L'auteur expose ensuite les faits qu'il a observés lui- même : il a obtenu onze générations successives sans accouplement , c'est-à-dire une de plus que Bonnet *, et il pense avec ce célèbre naturaliste qu'on peut en obtenir trente. Cette fécondité a duré chez ces Pucerons sept mois, au lieu de deux ou trois comnie l'avait observé Bonnet. Il a obtenu la onzième génération à la fin de décembre, ri il croit que la fécondité des Pucerons peut se pro- longer jusqu'au printemps. Si , d'un autre côté , l'on sup- pose qu'elle commence en mars, on en conclura cjue l'ac- couplement est encore moins nécessaire qu'on ne Ta pensé jusqu'ici pour la reproduction des Pucerons. Cependant l'accouplement a été constaté, et il en est résulté des œufs, et de ces œufs des petits. Il y a donc , pour les Pucerons, deux modes de reproduction. L'auteur signale les points relatifs à la génération les plus importans qui restant à éclaircir : constater si les petits provenant dès œufs sont vivipares, et se propagent sans accouplcmens ^ étudier les fœtus et les Pucerons ailés; enfin, faire les mêmes expériences sur les diifé- rcntes espèces de Pucerons. Ce Mémoire est terminé par quelques observations sur les relations des Pucerons avec les Fourmis, par les- quelles ils sont quelquefois maltraités. ( aa5 ) Analyse des travaux Physiologiques de T Académie royale des Sciences pendant Tannée 1824 ; Par m. le baron G. GmriER, Secrétaire perpétuel. Nous avons rapporté dans notre analyse de 1822, avec l'intérêt qu'elles méritent, les expériences faites par M. Flourens pour déterminer avec plus de précision les fonctions propres à chacune des parties du cerveau , et nous avons vu qu'il paraissait en résulter que le cerveau proprement dit est le réceptacle des impressions des sens; le cervelet, le régulateur de la locomotion 5 et la moelle allongée , l'agent de l'irritation 'des muscles; que les lu- berculos quadrijumeaux en particulier participent à ce pouvoir irritant de la moelle , et produisent comme elle des convulsions quand on les irrite. L'auteur a pensé que ces propriétés pouvaient conduire à la solution d'un problème d'anatomie comparée , qui occupe depuis quel- que temps les naturalistes , c'est-à-dire à déterminer la véritable nature de chacun des tubercules qui composent l'encéphale des poissons. Nous avons rendu compte plus d'une fois, et surtout en 1820, du doute qui existe relativement à celle de ces paires de tubercules qui précède le cervelet, et qui est ordinairement creuse , contenant à l'intérieur une ou deux paires de tubercules plus petits. On Ta long-temps considérée comme le vrai cerveau, les tubercules qu'elle couvre comme les quadrijumeaux; et ceux qui sont placés au-devant d'elle, comme des tubercules olfactifs analogues à ceux qu'on voit au-de- ToME V. i5 ( aa6 ) vant du cerveau dans la Taupe, le Rai et beaucoup d'au- tres Mammifères. Depuis quelques années , M. Arsaky , et ensuite M. Serre, ont jugé, mais d'après les simples rapports anatomiques , que les tubercules antérieurs sont le vrai cerveau , et que la grosse paire creuse répond aux tu- bercules quadrijumeaux. Il résulte des expériences de M. Flourens, faites sur des Carpes, que les irritations portées sur les tubercules antérieurs et sur la partie su- périeure des tubercules creux, ne produisent point de convulsions , mais que si Ton pique la base de ces der- niers, on en produit aussitôt de violentes 5 ce qui con- duirait aussi bien à regarder comme tubercules quadri- jumeaux les petits tubercules de l'intérieur que le grand tubercule creux qui les enveloppe. L'ablation des tubercules antérieurs ne cbange pas d'abord d'une manière notable les allures de l'animal 5 mais il paraît ensuite se mouvoir moins souvent et pres- que pas de lui-même: il a semblé même à l'auteur, au- tant qu'il en a pu juger dans l'état de gêne où il était obligé de tenir le poisson ainsi mutilé, qu'il n'entendait ni ne voyait. L'ablation des tubercules creux porte une atteinte beau- coup plus profonde à l'économie de l'animal. Il ne se meut plus , ne respire plus qu'avec peine , et demeure couché sur le dos ou sur le côté. M. Flourens ne laisse pas de conclure que c'est aux tubercules quadrijumeaux que ces tubercules creux ré- pondent, et pense que cette grande influence qu'ils exercent sur l'économie des poissons , lient au dévelop- pement beaucoup plus considérable qu'ils ont dans cette classe d'animaux. ( aa7 ) Quant au tubercule impair , celui que l'on regarde unanimement comme le cervelet, il a offert des phéno- mènei à peu près semblables à ceux du cervelet des Qua- drupèdes et des Oiseaux. Il ne provoque pas do con- vulsions \ mais quand on Tenlèvc , le Poisson a peine à se tenir sur le ventre; il ne nage que d'une manière bi- zarre ; il se roule sur son axe comme le font en volant les Oiseaux privés de leur cervelet. Il restait à examiner les renflements placés derrière le cervelet des Poissons , d'où leur builième paire paraît sortir, et qui n'ont, dans les classes supérieures, que des analogies douteuses ou peu apparentes. Toutes leurs parties piquées produisent des convulsions violentes qui se montrent surtout dans les opercules des ouïes qui en tirent en effet leurs nerfs. Si on les détruit, le jeu de ces opercules cesse et la respiration s'éteint. Le même effet arrive si l'on fend seulement en longueur leur partie moyenne. M. Flourens en conclut que c'est ici l'organe cérébral de la respiration , circonscrit, déterminé et dé- veloppé en un véritable lobe, tandis que dans les autres classes il parait à peine se séparer de la masse. * Des pbénomènes semblables se sont montrés sur la Lotte , sur le Brocbet et sur l'Anguille. Pour l'auteur et pour ceux qui admettront ses conclu- sions relativement aux tubercules creux, il en résultera que le point par lequel le cerveau des Poissons diffère le plus essentiellement do celui des autres classes , con- siste dans ce grand développement de la partie qui préside aux mouvemens respiratoires ; ce que M. Flourens ex- plique, parce que la respiration est une opération bien autrement laborieuse pour les animaux aquatiques qui n'agissent sur l'air que par l'intermède de l'eau, que pour i5* ( aa8 ) l€S animaux aériens dont le fluide aëriforme pénètre îm- médiatement le poumon. C'est ainsi , dit-il , que le cer- veau est plus grand dans les Mammifères dont l'intelli- gence est plus élevée ; le cervelet dans les Oiseaux , tîlasse plus agile qu'aucune autre ; et que ce même cer- velet est presque réduit à rien dans les Reptiles , ani- maux apathiques, et dont le seul nom indique la tor- peur. L'auteur termine par cette réflexion, que les parties qui contribuent à la ténacité de la vie , et surtout la moelle allongée , sont , pour le volume , en raison in- verse de celles qui concourent à Tintelligence ; les ani- maux qui n'ont pas de ressource pour se défendre avaient besoin d'une vie plus dure, qui se défendît en quelque sorte d'elle-même. M. Flourens , obligé de faire tant et de. si grandes plaies aux cerveaux des animaux pour arriver à résoudre des qm^stions si importantes pour l'humaniié, a eu l'oc- casion de faire de nombreuses observations sur la cica- trisation des plaies de cet organe et sur la régénération de ses légumens, ainsi que sur les phénomènes corres- pondans qu'oflVe l'animal dans ses facultés à mesure que ces reproductions avancent. Pour analyser ses observa- tions faites jour par jour, il faudra il les copier, et les détails en seraient assez curieux pour cela , si les bornes prescrites à notre travail le permettaient. Eu général , à la place de la partie enlevée , il se forme un caillot de sang et une croûte sous laquelle s'accumule de la lymphe. L'os s'exfolie^ sous l'os nécrosé et sous celte croûte se forme une peau qui finit par les faire tomber, et sous cette peau même se reforme un nouvel os; mais cette nouvelle peau n'a point de véritable derme , de véritable ( î»*9 ) ' corps muqueux , ni ce nouvel os , se^ deux lames et son diploé. La nouvelle peau naît des bords de Pancienne ;î et a besoin pour se régénérer entièrement que la lymphe dans laquelle elle se produit, soit maintenue en position, ou par la croûte qui se forme, ou par un autre moyen.* La partie de cerveau enlevée en entier ne se reproduit pas , maïs il se forme une cicatrice sur la partie mutilée. Une simple division se répare par la réunion des parties. La paroi supérieure d'un ventricule, quand on Ta em-^* portée, se reproduit par une production des bords des parties, restantes. Enfin , comme nous Tavons dit en 1822 , l'animal re- prend petit à petit ses facultés à mesure que les parties se cicatrisent , à moins que les lésions n'aient été par trop considérables. M. Magendie a fait aussi plusieurs expériences sur les fonctions propres aux diverses parties du cerveau , et a communiqué à l'Académie l'une des plus singulières,' qui correspond toutefois assez avec une de celles que M. Flourens a faites sur le cervelet , et lui sert en quel- que sorte de complément. Quand on a coupé à un anî-' mal la grande commissure du cervelet , ou ce qu'on nomme communément pont de varole , au-dessus du passage de la cinquième paire de nerfs, l'animal perd immédiatement le pouvoir de se tenir sur ses quatre pâtes ; il tombe sur le côté où la lame nerveuse est cou- pée, et roule sur lui-même pendant des jours entiers , ne s'arrêlanl que lorsqu'il rencontre un obstacle. L'har- monie du mouvement de ses yeux se perd également ; l'œil du côté lésé se dirige irrésistiblement vers le bas, et celui du côté opposé vers le haut. Un cochon d'Inde ,,• ainsi traité, tourne jusqu'à soixante fois par minute. ( a3o ) Cette même rotation a lieu quand on coupe un des deux pédoncules du cervelet; mais si on les coupe tous lea deux , l'animal ne fait plus aucun mouvement ; c'est de Téquilibrede ces deux organes que dépend la possibilité du repos et même des mouvemens réguliers de l'animal. Des phénomènes analogues se sont présentés quand on a coupé le cervelet lui-même de bas en haut. Si on en laisse les trois quarts à gauche et le dernier quart à droite , l'animal roule à droite , et ses yeux se tournent comme il a été dit. Une section semblable, qui ne laisse qu'un quart à gauche , rétablit l'équilibre; mais si , lais- sant un quart du cervelet intact à droite , on le coupe du côté gauche à son pédoncule , il tourne à gauche ; en un mot , il tourne du côté où on en laisse le moins. Une section verticale du cervelet mit l'animal dans un état étrange; ses yeux semblaient sortir de l'orbite; il penchait tantôt d'un côté, tantôt de l'autre; ses pâtes étaient roides , comme s'il avait voulu reculer. M. Magendie cite une observation de M. Serre, qui prouve que les mêmes effets auraient lieu sur l'homme ; un individu , à la suite d'un excès de boisson , fut saisi d'un tournoiement sur lui-même qui dura pendant toute sa maladie et jusqu'à sa mort. On ne trouva à l'ouverture de son corps d'autre altération qu'une lésion assez étendue de l'un des pédoncules du cerveau. M. Magendie ne s'est pas occupé seulement des par- lies centrales du système nerveux ; il a fait , sur les nerfs affectés h chaque sens , des expériences très-curieuses et très-nouvelles. Jusqu'à présent on avait admis plutôt que démontré que les nerfs de la première paire , ceux qu'on nomme olfactifs , sont spécialement affectés à l'odorat. (*3. ) M. Magendie , ayant voulu faire ce qui lui semblait presque une œuvre de surérogalion , prouver par Tet- périence la réalité d'une opinion que personne ne son- geait à contester, coupa les nerfs olfactifs d'un jeun» Chien. Quelle fut sa surprise, en examinant le lendemain cet animal , de le trouver sensible aux odeurs fortes qu'il Ini présenta 1 L'expérience répétée sur d'autres animant donna des résultats pareils ; l'auteur conjectura que c'ë- - tait aux nombreux rameaux de la cinquième paire qui se distribuent dans le nez qu'était due cette sensibilité ; îl réussit, malgré la profondeur de leur position , à couper ces nerfs des deux côtés , sans accidens graves , à des Chiens ^ à des Chats , à des Cochons d'Inde , et il fît dispa- raître ainsi toutes les marques de sentiment dans les na- rines. Les animaux qui éternuent , qui se frottent le nez ou détournent la tête quand on leur fait respirer de l'am- moniaque ou de l'acide acétique , demeurent impassibles sitôt qu'on leur a coupé la cinquième paire, ou ne maf- nifestent que l'action de ces vapeurs sur leur larynx. Cette action des substances d'une odeur» très-forte à persisté même sur des Poules et d'autres Oiseaux auii- quels on avait enlevé la totalité de leurs hémisphères cé- rébraux et de leurs nerfs olfactifs. On pourrait, à la vérité, soupçonner les acides et l'alcali volatil d'agir chimiquement sur la membrane pi- tuitaire, et attribuer ces mouvemens plutôt à la dou- leur qu'à l'olfaction *, ce serait alors la douleur seulement, l'irritation qui dépendraient de la cinquième paire : mai^ M. Magendie, qui convient de la justesse de l'objection ; fait remarquer qu'elle est beaucoup moins fondée re- lativement à l'huile animale de Dippel , à l'huile essen- tielle de Lavande , qui agissaient aussi quand le nerf dé Ca3a) la cinquième paîre élait intact et perdaient toute aclioii quand il était coupé , bien qu'on n'eût pas touché à celui de la première. Ce qui répondra encore mieux à Ja dif- ficulté , sera si les animaux dont la première paire est détruite ne laissent pas que de chercher et de distinguer leurs alimeus à l'odorat. Les expériences que l'auteur a faites sur ce point ne lui paraissent pas encore con- cluantes , mais il promet de poursuivre cette recherche. Les observations cadavériques faites par M. le docteur Ramon , et que M. Magendie rapporte, prouvent aussi que des hémisphères gorgés de sang et des altérations profondes de leur substance corticale , n'émoussent point la sensibilité du nez même pour les odeurs les plus fu- gaces. Mais ce n'est pas seulement à l'exercice régulier de l'odorat que la participation de la cinquième paire de nerfs est nécessaire 5 elle concourt à tous les sens dans les organes desquels elle se rend ; lorqu'on la coupe à un animal , le toucher s'anéantit aussi , mais à la partie antérieure de la tête seulement; le pavillon de l'oreille et le derrière de la tête conservent leur sensibilité ainsi que le reste du corps. Les agens chimiques les plus îrritans ne lui arrachent plus de larmes ^ ses paupières, son iris deviennent im- mobiles \ on dirait qu'il n'a plus qu'un œil artiDciel. Au bout de quelque temps la cornée devient opaque et blanche, la conjonctive, l'iris s'enflamment et suppurent; l'œil finit par se réduire à un tubercule qui n'occupe qu'une petite partie de l'orbite, et sa substance res- semble à du lait fraîchement coagulé. Dans cet état , l'animal cesse de se diriger au moyen. 4e ses moustaches , comme il le ferait s'il était simple- (>33) ment privé de la vue j il ne marche que le menton for-, tement appuyé sur le sol et poussant sa tête devant lui ^ sa langue ne devient pas moins insensible; elle pend hors de la bouche 5 les corps saj5ides n'ont aucune ac- tion apparente sur sa partie antérieure, quoiqu'ils en conservent sur son centre et sur sa base. L'épiderme de sa bouche s'épaissit; les gencives quittent les dents. L'auteur croit même avoir remarqué que la section de la cinquième paire entraine la perte de l'ouïe; et si ce dernier résultat se vériGait , tous les sens seraient sous l'influence de ce nerf. Depuis long-temps on savait que c'est dans le rameau, lingual de la cinquième paire que réside essentiellement le sens du goût , et plus récemment les expériences de M. Bell avaient prouvé que la sensibilité de la face est due aux nombreux rameaux que cette paire y répand ; mais on ne considérait pas ceux qu'elle donne au nez , à l'oeil et à l'oreille comme aussi essentiels à l'intégrité et même à tout exercice des sens de l'odorat, de la vue et de l'ouïe qu'ils le paraissent d'après les expériences de M. Magendie. On trouvera le détail de ces expériences et de beau- coup d'autres sur des sujets non moins intéressans dans le Journal de Physiologie expérimentale et pathologique dont l'auteur publie chaque année un volume en quatre numéros , et où il recueille tout ce qui repose sur des faits positifs constatés par des observations précises. M. Flourens a aussi essayé d'appliquer sa méthode d'ablation successive à la détermination de l'usage des diverses parties de l'oreille. On sait que cet organe com- pliqué se compose , dans les animaux à sang chaud , d'un canal extérieur conduisant à la membrane du tympan . qui forme Tenirée d'une première cavité nommée î* caisse , et de laquelle pan une chaîne d'osselets , dont le dernier , appelé 1 etrier , appuie sur la fenêtre ovale ou sur l'entrée d'une deuxième cavité nommée le vestibule, où aboutissent trois canaux dits semi-circulaires , et l'un des orifices d'une troisième cavité de forme spirale à double rampe , dite le limaçon , dont l'autre orifice donne immédiatement dans la caisse , et porte le nom de- fenêtre ronde. II y a encore les cellules mastoïdiennes creusées dans l'épaisseur des os du crâne et qui commu- niquent avec la caisse , et un canal nommé trompe d'Eus- tache qui se rend de la caisse dans les arrière - narines , ou dans l'arrière-bouche. Dans un premier travail, M. Flourens a cherclié à reconnaître quelle est celle de toutes ces parties dont la destruction affecte le plus intimement la faculté d'en- tendre. Les Pigeons lui ont offert des sujets commodes d'ex- périences , attendu que dans les oiseaux en général toute l'oreille osseuse n'est enveloppée que d'une celîulosité légère qui se laisse enlever aisément. Il a donc détruit le méat auditif, le tympan , les pre- miers osselets , la caisse , sans que l'animal cessât d'en- tendre ; il a enlevé l'étrier, et l'ouïe s'est sensiblement affaiblie ] ne faisant que le soulever , et lui laissant re- prendre sa place, il a alternativement diminué et rétabli cette faculté; enlevant les canaux semi-circulaires, il a observé des phénomènes bien plus singuliers *, non-seu- lement l'animal a continué d'entendre , mais son ouïe est devenue douloureuse ; les moindres sons l'agitaient péniblement ; et de plus , sa tête a pris un mouvement horizontal de droite à gauche , d'une violence rcmar- ( »35 ) quable , qui ne cessait que lors du repos absolu, mais qui recommençait aussitôt que Tanimal voulait seulement faire quelques pas. La mise à nu du vestibule , la sup- pression même d'une partie dt sa pulpe intérieure ne dé- truit pas eniièrement Touïe; et pour que ce sens soit anéanti, il faut que toute cette pulpe du vestibule et les expansions nerveuses qui s'y distribuent aient disparu ; mais alors aussi l'animal n'entend plus du tout , quand même tout le reste de son oreille serait demeuré intact. L'auteur en conclut que la pulpe de l'intérieur du ves- tibule est le siège essentiel de l'audition, et il fait remar- quer qu'en effet , d'après les observations de Scarpa et de M. Cuvier , c'est la seule partie qui subsiste dans les animaux inférieurs, en sorte qu'on peut croire que les autres parties de l'orgsne ne servent qu'à donner à ce sens les divers degrés de perfection qui caractérisent les classes plus élevées. Des chakgemetïs dans le système de Minéralogie Chi- mique , qui doivent nécessairement résulter de . la propriété que possèdent les corps isomorphes ^ de se remplacer mutuellement en proportions indéfinies , Par M. Berzelius. Depuis que la Cbimiç participe à la classification des minéraux, et que par conséquent on n'admet plus, pour en déterminer les espèces , l'observation exclusive de leurs caractères extérieurs qu'on appelle physiques, la méthode chimique ^ rencontré une diflSculté dans la propriété que possèdent certains oxides de se remplacer,. (a36) sans qu'il en résulte aucune altéra lion de la forme cris- talline ; ce qui fait que , lorsque ces mêmes oxides for- ment des composés incolores , de pesanteurs spécifiques à peu près égales , on n aperçoit dans le cristal aucune différence ; il faut la découvrir par l'analyse cLJmique- Aussi les écoles de Werner et de Haùy, malgré leur définition de ce qui constitue l'espèce minéralogique ,< ont -elles rangé sous une même espèce des cristaux de composition différente; et pour éluder cette difficulté , Haviy dut avoir recours à l'admission de mélanges acci- dentels , qui auraient été moulés dans la forme particu- lière à une espèce , par la force de cristallisation de ses parties constituantes ; mais, au moment où les résultats d'analyses chimiques faites avec une grande précision et d'après des méthodes perfectionnées , allait commencer une lutte dont l'issue était douteuse contre ce principe de l'éeole de Haùy : que jamais deux corps différemment composés ne peuvent a\^oir la même forme cristalline , à moins qu elle n appartienne aux formes limites^ la ques- tion fut tout-à-coup décidée par une découverte aussi opportune qu'inattendue, celle de M. Mitscherîich, d'a- près laquelle des corps composés d'clémens diflerens, mais d'atomes en nombre égal , et combinés de la même manière, prennent la même forme cristalline. La lu- mière que cette découverte répandit sur la Minéralogie a déjà été mise à profit par MM. Rose , Bonsdorff et Trolle-Wachtmeister , qui ont^prouvé que les espèces appelées Pyroxène , Amphibole et Grenat , compren- nent un grand nombre de composés différens , formés d'une manière analogue : en sorte que si Tespèce , d'a- près la définition généralement reçue , se compose de combinaisons semblables par leurs éîémcns et par leurs ( •■'37 ) • proportions , il entre« dans les trois formes cristallines précitées, un grand nombre d'espèces minéralogiques; car la plupart des Pyroxènes, Amphiboles et Grenats de divers endroits diffèrent entre eux par le nombre et la proportion de leurs élémens , quoique ces élémens soient combinés de la même manière. Toutefois il n'est certainement aucun minéralogiste qui ne fût choqué de l'idée de faire une espèce particulière de chaque Amphibole ou Grenat différemment composé ^ mais on ne peut pas non plus considérer comme identique ce I iqui ne Test pas. Que faut-il donc faire .^ Je ne crois pas que nos connaissances soient encore assez avancées pour permettre de résoudre cette ques- tion d'une manière satisfaisante , et de-là naît la diflS- I ^cullé d'un premier essai pour traiter la Minéralogie d'après les principes chimiques. S'il est vrai , d'un côté , que, par exemple, deux Grenats, qui n'ont d'autre élé- ment commun que la Silice, ne peuvent pas être consi- dérés comme de la même espèce , il ne l'est pas moins de l'autre , qu'ils peuvent différer d'une inGnité de ma- nières; et comme on ne doit pas prendre pour identi- que ce qui ne l'est pas , qu'on ne peut pas non plus établir des variétés sans fin, il faut chercher entre ces deux extrêmes un juste milieu qu'il n'est pas aisé de trouver. Cependant il est nécessaire d'adopter un moyen, sauf à l'abandonner pour un meilleur, lorsque la science aura fait de nouveaux progrès. Il est donc clair maintenant que cette définition de l'espèce minéralogique, jusqu'ici généralement reçue: Les mêmes élémens combinés dans les mêmes proportions, qu'on y ajoute ou non l'addition de Haûy , avec les mê- mes/ormes limites cristallines ^ ne*p4i ) à la pratique , qui résulte de ce que les combinaisons de ces métaux forment des classes séparées, devait com- penser la commodité, qui n^est pas non plus à dédai- gner, de l'antre classification , où, par exemple, tous les sulfures métalliques sont, comme tous les silicates, rangés ensemble. On ne pressentait pas alors les difficul- tés que devait faire naître l'échange qui a lieu entre les corps isomorphes. En considérant les modiûcalions que celte circonstance, maintenant constatée, doit introduire dans l'ordonnance systématique , il saute d'abord aux yeux que là où les échanges isomorphes sont les plus fréquens , la classification doit être, sinon impossible, du moins beaucoup plus difficile. Les excellens travaux de M. Mitscherlich ont fait connaître que ces substitu- tions peuvent avoir lieu entre les corps électro-négatifs comme entre les positifs , sans changer la figure des cris- taux ^ mais , dans les combinaisons que présente le règne minéral , on trouve de fréquens échanges entre les corps positifs les plus communs , tandis que , parmi les néga- tifs , on n'en a encore découvert ^que dans les acides phosphorique et arsenique , qui sont plus rares. S'il se présentait aussi fréquemment , dans le règne minéral, des corps négatifs isomorphes , avec le soufre ou avec la silice , Tune et l'autre classifications onViraient les mêmes difficultés. Il doit donc y en avoir moins à ranger les corps d'après leur principe électro-négatif. Toutefois, lorsqu'on veut y placer les combinaisons variables par risoniorpliisme des bases , on rencontre les mômes dif- ficultés pour les ranger entre elles , que dans la classifi- cation d'après l'élément le plus électro-positif; mais là ces difficultés sont de moins d'importance. J'ai d'ailleurs fait voir , dans mon ancien Essai , non-seulement que TouE V. i6 ( a40 la dispo^itioh éleciro-uégativè a beaucoup d'avantages; mais aussi que , dans cette méthode , toutes les combi- naisons oxigenées, étant rangées sous l'oxigène ^ la pre- mière classe de la minéralogie , celle qui est purement inorganique , y est subdivisée en deux parties , dont Fiine comprend les minéraux oxidés , et l'autre ceux qui ne le sont pas. Dans tous les anciens systèmes , y compris ceux de Werner et de Haûy , on a tâché de conserver l'avantage épti résulte de laclassiOcatioti d'après l'élément positif. Chaque métal ^ proprement dit, y compose une famille qui embrasse toutes ses combinaisons. Il faut renoncer à cet avantage , dans la classification , d'après le principe négiitir. Plus d'un minéralogiste n'aimera peut-être pas éhercher le fer , le cuivre , l'argent , dans plusieurs fa- milles où ils se trouvent dispersés. Je dois donc faire Voir comment la classification d'après l'élément positif l^ëïit s'adapter aux échanges isomorphes. Ainsi que cha- qtiè base a son sulfate, de même et tout aussi bien les composés Grenat, Tourmaline, Piroxène, peuvent êtt-é placés sous plusieurs bases -, alors les noms Alun , Gre- nat , Tourmaline , ne désignent plus des espèces miné- Illogiques pis indiquent seulement, ce qui est aussi plus juste , des modes de combinaison : mais l'échange des bases en proportions indéfinies dans les composés , jette cependant de l'incertitude sur la place qu'on doit assi- gner à tel ou tel grenat^ et quelquefois il peut être éga- lement bien placé en plusieurs endroits-, ce qui prouve toujours un vice dans le principe de classification. Ainsi ,• quelque nlélhode qti'on adopte , on ne pourra pas éviter, èh suivant strictement le principe, de rencontrer quel- que chose qui choque par sa nouveauté 5 mais je dois ( «43 ) • ajouter qu'une chose, pour nous paraître nouveHe,:iie doit pas être rejeiée comme fausse. ^i . )il jne semblé donc démontré : i* que lorsqti'ilr ie présente des Minéraux à substitution isomorphe , il n'est pas possible , dans Tétat actuel de nos connaissances, de déterminer, d'une manière satisfaisante, quels sont ceux qui corn posent des espèces minéralogiques, et 2" que ces éc'nangcs ayant lieu principalement entre les prin- cipes éleciro-posilifk des Minéraux, leur classification d'après le principe le plus positif ne peut être employée isans de grandes difl&culiés. haû Jiod Dans un système qni coordonne les Minéraux d après iènr élément le plus négatif, les combinaisons où lies •baîâes isomorphes se remplacent peuvent être naturel- lement rangées l'une auprès de l'àulVey*!' il ioiportfe moins qu'on sépare ou non les Minéraux en espèces différentes, pourvu qu'on sache ce qui n'est pas par- faitement identique , et que dans la description spéciale dtf' systèttie , on indique les limites, et qu'on 'montre que cps espèces peuvent varier à l'iniini. Lorsqu'on suit «Irictement la classification électro -négative , les com- posés, surtout dans les grandes familles, se rangent d'une manière si frappante dans Tordre de leurs carac- tères extérieurs , qu'ils n'auraient pu l'être mieux d'a- près le système de Werner , où cette arralogie des carac- tères extérieurs était le principe dominant 5 circonstance qui doit ceriainement beaucoup favoriser l'adoppon de cette tnëthodé. Je vais essayer de ranger les Minéraux d'après leur élément négatif, en conservant leur, grande division en deux classes : celle des Minéraux de composition inor- ganique , et celle de composition organique. La pre- 16* ( '44 } mière comprend dix -huit familles, qui se suivent, de- puis la plus positive jusqu'à la plus négative , dans l'ordre suivant: fer, cuivre, bismuth, argent, mef- cure , palladium , platine » osmium , or , tellure , anti- moine , arsenic , carbone , azote , sélénium , soufre , oxigène et chlore. Les huit premières ne se composent que d'une ou de deux espèces; mais les suivantes en comprennent un grand nombre, et sous l'oxigène sont rangés tous les Minéraux oxidés. Il ne m'a point paru qu'il pût être commode ou utile de subdiviser ces dix- huit familles , et la distinction entre les corps oxidés et inoxidés s'ensuit d'elle-même. La place assignée au chlore, à la suite de l'oxigène, est une déviation de l'ordre strict qui peut être défendue par la raison que le chlore chasse l'oxigène des bases même les plus fortes, et n'est chassé par l'oxigène que des bases les plus fai- bles -, mais le chlore, dans les acides qu'il forme, est positif relativement à l'oxigène , et devrait par consé- quent le précéder. Si je l'ai placé ici après l'oxigène , c'est parce que cette dernière famille se termine par des sels , et que celle du chlore n'est presque composée que de sels. Si l'iode venait à appartenir au règne minéral, ' je le placerais entre l'oxigène et le chlore. . Note des Rédacteurs. En étuliant le tableau çi-joiut, on pourra fa- cilement s'apercevoir que M. Berzelius y a introduit de grands chan- gemcns dans les poids d'atomes qu'il avait adople's soit dans son ou- vrage sur les Proportions Chimiques, soit dans son Essai de Minéra- logie. Nous reviendrons incessamment sur ce sujet, et nous donnerons un tableau comparatif des poids d'atomes adoptés par les principaux chimistes, ainsi qu'une table des corps dont on a déjà recoDOu Yuo- morphisme par expérience. ( »45) Classification des Minéraux d'après leur élément h plus électro-négatif, f^. Classe. Minéraux composés d la maruère des subs" tances inorganiques. 1. Famille. Fer. Fer météorique. Fe,(Ni, Co, Ch^) a. F. Cuivre. • Cuivre natif. Cu. 3. F. Bismuth. Bismuth natif. Bi. 4. F. Argent. Argent natif. Ag. 5. F, Mercure. Mercure natif. Hg. ■< Amalgame. Ag.HgV 6. F. Palladium, Palladium natif. Pa. 7. F. Platine. Platine natif. Pt. 8. F. Osmium. Osmiure d'iridium i. Ir OS-. # 9. F. Or. Or natif. Au Electnim ou Or argent!- fère. AgAu. 10. F. Tellure, Tellure natif. Te. Tellurures. Bismuth tellure. Bi. Te'. Plomb tellure. ( Au Te'H-4.PbTe«(-|.2PbS« ). Argent tellure {T, feuille- té). AgTe'-h2PbTe»-f.3 Au Te». T. graphique. Ag Te* 4-3 Au Te». 11. JP. Antimoine. Antimoine natif. Sb. Stibiures. Argent antimo- nial. Ag»Sb. 12. F, Arsenic. Arsenic natif. As. Arseniures. Nickel arserti- cal ( kupfer-nickel ) . NiAs. .. — — NiAs' Cobalt arsenical. CoAs. — — — CoAs». Bismuth arsénié. BiAs*. Cuivre arsénié. CuAs-. Argent arsénié. AgAs*. Antimoine arsénié ( testa- tacé, ) SbAs-. j3. F, charbon. Diamant. G. Charbon fossile. Anthracite. Carbures, Graphite. FeC. 14. F, azote. Gaz azote. Az. i5. F, sélénium. Séléniures. Plomb sélénié*. PbSe'. Cuivre sélénié. CuSe. Eukairite aCuSe 16. F. soufre. Soufre natif. S. Sulfures. Manganèse sulfuré . MnS^ Zinc sulfuré ( blende ). ZnS». AgSe' * Du Hartz. Analysé par M, H. Rose , qui tient de décourric plu- sienré métaux sélénîéa'tossiles. ( 47 ) 1 Pyrile. a. Pyrile jaune. b. Pyrite blanche. c. Pyrite magnétique. Gobait sulfuré. Nickel sulfuré. Cuivre sulfuré. a. Cuivre sulfuré gris. b. Cuivre suif, hépatique c. Cuivre sulfur* pyrite^x Galène. Bismuth sulfuré. Nadelerz. Wismuth-kupfererz. Étain pyriteux. Argent sulfuré. Cuivre s. -argentifère. Wismut-bleyerz. Cinabre. Antimoine sulfuré. Nickel-spie'sglanzerz . Bournonite. Endellione ? {Schwartzerz) Weisgultigerz, a. Dunkel. * b. Licht. Cuivre gris. Argent rouge. Molybdène sulfuré. Arsenic sulfuré. a. Realgar. b. Orpiment. Sulfo-arseniures, Misspickel. Cobalt gris. jFeS*. FeS*4-6FeS\ FeS*4-4^uS-*-4aCoS». NiS*. CuS. . FeS'-H4^uS. . CuS-hFeS*. PbS'. BiS'. PbS'.+-2CuS-haBiS». •aBiS'-|-3CuS ? SnS'-haCuS. AgS'. aCuS-t-AgS*. FeS«-4-AgS>H-aPbS'-HaBiS.t HgS\ SbS'. Ni As, NiSb, SbSV CuS-i-PbS^H-SbS'. CuS-*-arSbSî. PbS% SbSs. PbS', AgS% SbS', NiAs. ^ 2SbS'H-3AgS'. MoS'. AsS'. AsS'. FeS*-f.FeAs'. CoS*-4rCoAs'. ( ^ 48 ) Nickel gris. NiS«4-NiAs.. \j. F. oxigène. Gaz oxigène. O. a. Oxides électro-positifs. Deutoxide de manganèse. *Mn. Mn Manganèse métalloïde. ivin. Zinc rouge. Zn.Z» Fer oli^iste. ^Vf. Fer oxidulé. ¥e Fe'.yr. Francklinite. 'ZnFe'-f-Mn Fe Cobalt terreux. Co4-Mn-+-3Aq. Cuivre rouge. Cu Cuivre noir. Cu. Plomb massicot. Pb. Minium . Pb. Bismuth oxidé. Bi. XJrane noir. - Û. Étain oxidé. Sn. b. Oxides électro- négatifs. Eau. HH. Aq. Hydrates. Brucite. Mg Aq' M Aq. Manganèse terne. Mn Aci.Mn'Aq. Fer oxidé hjdraté. Fe' Aq' jr Aq. Urane oxidé hydraté. XJAq^ Alumine ( corindon , tél< i_ sie ). ' Ai. A. Aluminates . Spinelle. MA\ Pléonaste. /I-- , Gahnite. ZnAK Candite. MA^^FA*. Plomb-gomme. Pby4'^6Jq, Gibbsite. AAq. Zn mn (^49) F'Aq -r- 7,A-Aq. Diaspoie. 4:\ ^^- Silice. 1 Avec ses variétés de Tormes cristallines , (l'agrégation et de couleurs. Silicates avec une seule base. I. Silicates de chaux. — — - _. cs^. Wollastonite ( sp. en ta- bles. ) cs>. 2. Silicates de magnésie. Serpentine. MSk Stéatite. MS'^l^q, Écume de mer. MSi^2.Aq. Pyrallolithe. MS*, Marmalithe. MS^Aq. Hydrosilicates de magnésie. Serpentine noble. MS^-^MAq, Serpentine de GuUsjo?* MAq*'{^2MS*, 3. Silicates de zinc. Zinc silicate. ZnS-^Aq. 4. Silicates de manganèse. Manganèse silicate rouge. mnS*. — — — noir. mnS-^Aq. — — métalloïde? Mn^S. 5. Silicates de cérium. Cerile. ceS. 6. Silicates de fer. Hisingrite. Chlorophœite. * Incolore , trAiixliicide. Analyne par M. Mosnndec. ( î»5< Chloropale. 7. Silicates de cuivre. Dioptase. Malachite silicifère. 8. Silicate de zircone. Zircon ( Hyacinthe ). 9. Silicate d'alumine. Disthène. Argile plastique. CuS^-if-lAq'K ZrS. A-S, AS'. AS'? bleue. Argiles en général. , Silicates à plusieurs bases. 1. Silicates à base alcalin» avec silicate d'alumine et avec eau de cristallisation. Zéolithes. Apophyllite. KS^^SCS'^iàAq. Chabasie. a. Chabasie à base de soude. N K S^'Ar-ZAS-'\'(iAq. h. Chabas. à base de chaux ^jsf S'-Jt^AS^-^dAq. (Levyne). Mésotype. Mésolithe. Mésolithe de Hauenstein, Mésole. Analcime. Thomsonite. Stilbite. (S. - dodécaèdre lamelli- forme ) . Heulandite ( S. anamor- phique. ; Brewstérite. Laumonite. K NS^'\''^AS-^7.Aq, iV53-H2 CS'^^AS^-^'^Aq, NS^-^-CS'-^6AS-^6Aq, NS^-^T. CS'.+<)AS^SAq, NS'^ZAS-'^T.Aq, NS'^3CS-j-i2AS-hioAq. CS''^3AS'-^6Aq. jç\s^^3AS^^6Aq. CS^-^4AS'^^Aq. ^^S'^4AS^-^Aq. CS-'-^iAS^'^Jq. (i5i'> . Scolézite. CS^~\-SAS^3^q. Harmotome. BS^-hi^S-^J^, Prelinite. ' CS'-\'3^S^Aq. . Silicates à base alcaline avec silicate d^alumine , sans eau. Feldspath. - /:5î4.3^5». Albite. NS^-^^JSk Pétalite. LS^-^3JS\ Triphane. LS'-^3u4S>. N Spoduméne à base de soude, q \jSî4-3>^«S». Leucite ( amphigène ) . Labrador. Parantine. Meionite. Skapolithe. Wernerite. Ekebergite. Elaeolithe. Népheline. Sodalithe. Ittnérite. Scolézite anhydre. Andalusite ? Appendix. Perlsten. Sphaerulithe. Résinite. Obsidienne. Marécanite. M] S-^ZAS, N K NS-ArZAS. CS-^zNS-^^AS, ( a5> ) , 3. Silicates à base alcaline a^ec silicates de magnésie ( parfois remplacée par du fer ou du manganèse oxidulés ), et avec silicate d'alumine. Talc. Agalmathoiithe. Pimelitlie. Cimolithe. * Chlorite. Talc zoographique. ( Grûnerde ). Mica. a. Mica à base dépotasse. b. Mica magnésien. c. Mica à base de potasse et de lithine. Giesekite, Pinite. Fahlunite. 4. Silicate à base alcaline avec silicate de fer, Achmite. NSi-\'2.FS*. 5. Silicates de chaux aVec silicates de magnésie, souvent rem- placés par du fer oxidulé, plus rarement par du manganès» oxidulé, et la silice quelquefois étant remplacée par de l'a- lumine. Pyroxène. a. Pyroxène blanc. CS^-^AÏS* , b. Pyroxène vert. CS'+ ^W' c. Hedenbergite. CS'-+^\ M\ d. Mangané&ifère. C5'-f- / [»5^'- . Actinote. CS--{- ^]^S^ ç. Hornblende. CS'-f- /. [ j ^* 6. Silicates de chaux , de magnésie, de fer et de manganèse oxidulés. Ilvaite. C5-H4/y. Cronstedtite. mnS^6fS^()Aq. Pyrosmalithe. mnS^-^/S'. ChrysoUte ( oUvine ). f l^ Diallage. fS^-^'SMS*, Hypersthène. /S'-^-^MS*, 7. Silicates de chaux , souvent remplacée par la magnésie , par le fer ou le manganèse oxidulés , avec silicates dMu^ mine, parfois remplacée par le fer peroxidé. Ëpidote. a. Zoisite. ' CS-\-iAS. b, Pistacite. ^Is^nAS. Idocrase. a. Vésuvienne(commune.) b. Loboite (qui contient magnésie. ) c. Cyprine (cuprifère ). Essonite. Grenat. a. Grossulaire. CS^/îS. b, Aplome. CS-^FS. e. Almandin. /S-^AS. fi. Grenat magnésien, 0. Grenat man^anésien* / Pyropô. ^)S-^AS. 4 ( >54 ) ^ ^1 g. Grenats mélangés. ^As^i\s. mni Gehléuite. -CS^t\^' Anthophyllite. Céline, allanite. CS^2.AS, ceS,/S. M\ Bichroite. f Y^^ZAS., mnS Néplirite. Pierre de savon. MS^-\-AS^. Sordanvalithe. MS^S^-yfS^Ji^'bAS^. KarphoUthe. t • .■■ '^^\s^?>AS^^Aq. A\ Silicio-alumiriates .* Sàphîrin. r j S 4- 6 A. A ? çg Chamoisite. 8. Silicates d'oxi jt. . e. jaune. Y' ]fa\ Tantalite. '■ :> w il" a. de Kimito. Mn Ta'4-*Fe fa». b. de Fipbo. Mn Fe Ils n * De Freclricwern en Norwôge. Ce minéral est composé d'acide fitanique combiné avec de la zircone, leur cannelle. ) Oxide d* antimoine. Anlimoine oxlsulfuré. Acide antimonieua:. Acide tungstiqvc. Tungstate3 : Schéelites. Wolfram. Tungslate de plomb. Acide molybdique. Plomb molybdaté. Chrome oxidé. Fer chromé. Plomb chromaté. Vauquelinite. Acide borique. Acide borique hydraté. Borates : Tinkal. Boracite. B orosilicates : Datholithe. Bolliryolitlie. Tourmaline. a. Tourmaline à base de potasse. h. — à base de lithine. e» — à base de magnésie. rtchr. aPV Chr« 4-Cu»Chr». BoAqe. f N Bo'-|-2oAq. MBo. CaBo* -f- Ca"8V+Aq. CaBo-f.'CaSi'-|-.Aq. C*57) Azinite. Gaz acide carbonique. C. Carbonates : Soude carbof natée. NaC'. Withérite. BaCi". Strontianite. SrC\ Chaux carbonatée. CaC. a. Arragonite. 6, Spath calcaire. Magnésie carbonatée. a. Magn. carbon. dure B. — terreuse (giobertite] ,)mc.. c. — avec eau de cris- tallisation. MC -f-6Aq. d. Magnésie blanche. e. Dolomie. , y, Miemite. MAq»+.3MCV Ca(>-fMC\ g. Gurofianite. Manganèse carb. ^^ Icv Mn j Fer carbonate. FeCV Mélanges avec les précé- dens. Zinc carbonate. ' a. Calamine. ZnC'. B. Z. C. terreux. Cérium carbonate. ZnAq6-|-.3ZnC; CeC'. Plomb carbonate. fbC'. Cuivre oarbonati. a. Malachite. CuCi+Aq. B. Cuivre carbonate bleu. c. Cuiv. carb. silicifère. CuAq'-|-.2Guë' Tome V. '7 ( fl58 ) Humboldtine (fer oxnlaté). ?FeO'. Acide arsénique. Acide arsenieux. As. Arseniates : Fharmacolithe. CaAs-j-6Aq. Picropharmacolithe, .f l As4-{-3oAq. M* j Fer arsehiaté: a, Scorodite. b. Fer arsén. cubique. Fe'As'-^aFe»A8'-{-36Aq. e. Fer résinite. Cobalt arséniaté. a. Sous-arséniate. i.Sous-arsénite. Nickel arséniaté. , a. Sous-arséniate de nickel d'Alleniont. 'Ni'Âs'-|-i8Aq. b. S. arsénite de nickel. Ni'As-|-i8Aq. Flomb arséniaté. PbAs. Cuivre arséniaté , avec ses ▼ariétés peu examinées. Acide phosphorique. Phosphates : Apatithe. Ca'P». Wagnerlte. MsP'. ^ttria phosphatée. Y^P'. Fer phosphaté. a. de Cornwall. Ve^V^-\'i6A.c^, b, de Bodenmais. Fe^P'-^isAq. e>*.*. •• r *. Manganèse phosphaté. •• MnP-][-FevP. Plomb phosphaté. jPbF. ( Cuivre phosphaté. i59) W. D'Ehrenbreitstein. Cu*'4-5Aq. b, DeLiebethen. Alumine phosphatée. Cu>P+2Aq. a. Wawellite.^ h. Lazulite de Kriglach , c. Calaite. Âl4P*5+i2Aq, d, Amblygonite. €. Alumine phosp. avec ammoniaque de Pile Bourbon. Ilrane phosphaté. ùy+ÀvK a. Uranite. h, Chalkolithe. Acide Jluoriquc. Fluates : Chaux fluatçe. .Ça3>'+4Uf+48Aq. Cu'P+4W+48Aq. CaP. Yttria iluatée. Cérium fluaté. tF. a. Neutre. ' CeTa. b, A excès de base. c. Cérium et yttria flua tés. CVF3-|-3Aq. Il'- d. Yttrocérite. Alumine et soude fluatées. Chryolithe. Fluosilicates : 3NaF+ÀlT'. Chondrodite. ( ■■ a6o ) Pyr.nite. Ai*F^+6A\SiAr/+'iAS. Topaze. Acide nitrique. Nitrates : Salpêtre. M*V''\.^A\SLA*Fi+3AS K+aA*zÀz. Nitre cubique. Na-f.2AzAz. Chaux nitratée. Ca-f.2À2*Ài. Magnésie nitratée. M+aÀzAz. Acide sui/urique. a. Acide suif, liquide. SÀq. h. Gaz acide sulfureux. •• S. Sulfates : Soude sulfatée. NaS*-f.2oAq, Baryte sulfatée. BaS*. Coelestine, stroutiane suif. . SrS". Gypse. a. Gypse anhydre. CaS'. b. Gypse hydraté. CaS'-4-4Aq. e. Glaubérite. SaS'+CaS'. Magnésie sulfatée. MS'H-iaAq. Polyhalite. 'KS'4-MS'+2CS'-}.4Aq, Zinc sulfaté. *ZnS'-|-i2Aq. Fer sulfaté. a. Vert. ï?eS»-|-i2Aq. b. Rouge. c. Fibreux. Fe3S4-|-6Fë S'*-|-72Aq. d. Ocreux. Fê.S+6Aq. Cobalt sulfaté. Co'S'+24Aq. Plomb sulfaté. Ks\ a:. Plomb suif, cuprifère. CuAq*-|-PbS'. C *6i ) b. Plomb sulfo-carbonat. PbC'-f-PbSV Pb*C'4-3PbS-. Alumine sulfatée. a. neutre AlS'-[-xAq. b, à excès de base. AlS-|-^Aq. €, Alunite. d. Alun à base de po- tasse . KS'4-2 AlS'4-48 Aq . e. Alun à base d^ammo- niaque. Az'H'S+AlSV-f-aôAq. Urane sulfaté. U S -|- xAq. Urane et cuivre sulfatés, Appendix : Silicates qui contiennent des sulfatett Lapis lazuli. Haiiyne. Nosiane. 18. F» chlore. Chlorures (muriates) : sel ma- rin. NaCh*. Chl. d^ammonium. AzH^Ch . Chl. de calcium. CaCh4. . Chl. de magnésium. MCh*. Chl. de plomb. a. DeMendiff. PbCM-f-îPb. B. Murio - carbonate de Matlock. PbCh*+FbC«. Chl. de cuivre. CuCh*+3Cu-f8Aq. Chl. d'argent. AgCh4. Chl. de mercure. HgCh'. Appendix contenant des silicates chlorijères déjà nommée , mais qui^ peut-être, trouveront mieux leur place auprès des chlorures. Sodalit», Pyrosmalite, £udialite. ( ?^» ) 2*. classe : Minéraux cofhposés â la manière, des subs- tances organiques, dont ilf paraissent tirer leur origine, a. Substances organiques peu changées. Terreau. Tourbe, Lignite. Dysodile,. Ambre jaune. Rétinasphalte. Bitume élastique. Napbte. Pétrole. Bitume. Asphalte. Houilles de plusi^ufs variétés. Mellite. Fer oxalaté. b^ Késines fossiles. c Huilas fossiles. d. Bitumes. e. Houille, f Sels. Je ne dois pas, à cette occasion, passer sous silence un Essai de classification des Minéraux , d'après leur élément négatif, nouvellement publié par M. Beudant , dans un ouvrage vraiment classique, sur la partie théo- rétique de la minéralogie. M. Beudant a adopté celle méthode, parce qu'il a trouvé que l'élément négatif caractérise mieux les com- binaisons que le positif. On pourrait croire, au pre- mier abord , qu'il y a une grande conformité entre son système et celui qui vient d'être exposé *, mais il n'en est pas ainsi. Je pense que pour le mieux faire voir, un parallèle des deux systèmes ne sera pas inutile. Celui que j'ai tracé repose sur un principe purement scientifique , celui des rapports électro-chimiques entre les corps simples. Une connaissance plus parfaite de ce^ rapports, ou peut-ctrc de meilleures observ^iions à li^ur ( ,63 ) ëg^rd , que celles que j'ai pu faire, pourront inlrotluire des modipca lions dans ce syslèrne*, mais elles ne seroilt jamais arbitraires^ ,.l^e djstème de M. Be.udant est artificiel dans sa base ^ mais il s'appuie , dans ses détails , sur un principe scien- tifique , celui du placement sous chaque corps des com- binaisons qu'il forme avec des; corps plus positifs. Là base artificielle consiste dans une classification des corps simples , établie par M, Ampère , sur certains carac- tères çhimiqi;es, et de telle sorte que par une transition successive d'une propriété à l'autre , ils composent une série , dont les extrémités se joignent comme un an- neau , MUfi, qu'on va le voir. ■"'' Silicium Bore Tantale Carbone . Molybdène Hydrogène. Chrome Azote . Tiingstènt* Oxigène Tilane Soufre . Osmium Chlore . Rhodium Fluor . Iridium Iode Gazolites . Or Sélénium . Croïcolylre Platine Tellure PaUadium Phosphore . Cuivre Arsenic . Nickel Antimoine Fer Étaia • Cobalt Zinc . Urane Cadmium Manganèse Bismuth . Cerium Mercure Leucolytes . Ziiconium Argent Aluminium Plomb Béryllium Soude Yttriiim. Potasse Magnésium Lithium Calcium Barium Strontium. Celte classification est basée sur deux caractères : I* la volatilité des corps par eux-mêmes, ou avec le chloro!oft le fluor;, ceux qui appartiennent à cette elftss(* ( ««4 ) , sont appelés Gazolyles-, 2° la couleur des combinaisons oxîdées : les incolores sont appelées Leucoljtes ^ les co- lorées , Croïcolj tes. La classification de M. Ampère est très-intéressante , en ce qu'elle présente un parallèle des corps simples , envisagés sous un certain point de vue ; mais elle n'est pas assez indépendante de toute spécia- lité dans la manière de voir, pour pouvoir être adoptée comme base d'une ordonnance scientifique de ces corps. Il ne faut pas d'ailleurs une grande connaissance de leurs caractères pour trouver que la jonction des extrémités de la série est tout-à-fait artificielle , en y voyant placés , à coté l'un de l'autre , parce qu'ils sont gazeux , trois des corps les plus dilTérens : l'oxigène , Tazote et l'hydro- gène. La preuve que ce système est artificiel , c'est qu'on peut en faire plusieurs de ce genre également in- téressans , par les rapprochemens qu'ils présenteront entre les corps 5 mais où ils seront difleremraenl ran- gés. Qu'on prenne, par exemple, pour bases, l'infusi- bililé et la saveur des oxides ou de leurs combinaisons. De même que dans le système qu'on vient de citer, on avait groupé les corps , d'après leur état gazeux , on peut , dans celui-ci , les grouper d'après leur moindre degré de fusibilité, et former ensuite la série de ma- nière qu oxj passe de la saveur acide à l'astringente , puis à la douce , à l'amère , à la salée , et enfin à l'alca^ line ] mais de pareilles méthodes ne s'élèvent pas à la hauteur scientifique , et se bornent à oiTrir des rappro- chemens intéressans , au lieu d'établir une base conve- nable pour la classification des corps. Pour établir un bon système minéralogique , il faut , ce me semble , trouver une méthode qui soit dégagée de points .de , vue particuliers , et conséquemment fondée ( »65 ) Mir des bases solides. Quoi qu'il soit certain que san» chercher positivement ce but, on y sera toujours cod- duit par la variation continuelle des manières de voii* particulières , il n'en est pas moins désirable de Tat- leindre promptement. Voici encore un point sur lequel le système de M. Beudant diiïere essentiellement de celui que nous venons d'exposer. L'élément le plus électro -négatif, celui qui domine parmi les parties constituantes des pierres , l'oxigène , ne formé pas dans ce système une classe distincte. C'est une faute réelle contre le principe; mais on voit que les élémens positifs ont fait valoir leur propriété de caractériser souvent la combinaison , cl que M. Beudant a voulu ranger auprès do chaque métalses oxide-s ; ce qui a rendu ce système encore plus artificiel. Kecherches anatomiques sur les Carabiques et sur ptu^ sieurs autres insectes Coléoptères ,* Par m. Léon Dufour , D. M. {Suite.) Article M.-^ Vaisseaux biliaires. Les vaisseaux biliaires ou hépatiques , désignés par Lyonnet sous le nom dH Intestins grêles , par Swammer- dam sous celui de Petits cœcums, et appelés par d'au- tres F^asa varicosa , sont dans les Carabiques au nombre de deux seulement , simples , grêles , filiformes , diverse- ment repliés , quatre ou cinq fois plus longs que tout le corps de l'Iusccte. Ils embrassent de leurs fragiles en- ( î66 ) tortillement le tube digestif , et eu particulier le ven- tricule chylifique, entre les papilles duquel ils rampent et adhèrent par d'imperceptibles iracliécs. Leur couleur vapie dans la même espèce depuis le jaune pâle jusqu'au violet et au brun foncé. Ils s'implantent pa» quatre insertions isolées autour du bourrelet qui termine en arrière le ventricule à papilles. Observés au microscope ils paraissent d'une texture homogène ^t essentiéHei^ent aonsti|:ués par une mem- brane pellucide d'une extrême ténuité. Cette membrane, lorsqu'elle n'est pas très- distendue, offre des plissures transversales , des espèces de valvules 5 disposition qui donne à ces vaisseanx un aspect celluleux ou variqueux» A travers leur tunique on aperçoit les atotnes biliaires jaunes pu bruns qui en occupent l'intérieur, et qui les font paraître pointillés. J'avais long- temps cru que les Carabiques avaient quatre vaisseaux hépatiques , et en cela je partageais l'erreur de la plupart dei^ auteurs ^ même les plus mo- dernes, qui qn t traité ce pçint d'anatpniie entomolo- gique. Un trop facile empressement à conclure par analogie , et la difficitlté de démêler le lacis inextri- cable de ces filets lubuleux fort longs et d'une fragilité désespérante 5 m'ayaient fait regarder les quatre inser- tions autour de l'organe digestif comme les extrémités opposées de quatre autres bouts flottans. Des exemples de cette dernière disposition bien constatés dans d'au- tres In s ëiîtes, tels que lès Orthoptères , les Névroptères et même plusieurs Coléoptères, semblaient puissamment justifier celle conjecture. Mais je suis parvenu un grand nombre' de fois; à force de précautions. et de patience , à dég^l^ëréei'^^îrTS^èàUTt dés nombreuses trachées qui e/i ( »6n enlacent les flexuosités et à les fléroulec (Iffns leur paît faite intégrité. J'ai bien clairement reconnu alors que l'origine et la ^terminaison des vaisseaux biliaires des Carabiques , avaient lieu sur le mémç cercle et n'étaient que les deux extrémités d'un arc singulièrement replié* Les observations de Ramdolirsont conforme^ aipÇ;flMiÈftr nés sur ce point d'entomotomic. \ , ^ «ni S Lorsqu'un organe existe constamment, on peut en dé^ duire l'importance de ses fonctions. Or, les vaisseaux que je viens de décrire se rencontrent dans tous les In- sectes sans exception ^ et je pense , avec le plus grand nombre des auteurs , qu'ils sont destinés à sécréter et ^ verser dans le canal alimentaire une liqueur spéciale , essentielle pour l'accomplissement de l'acte digestif (i); Leur insertion constante au point où se termine le ven- tricule chyliiîque, et où commence l'intestin, doit les faire considérer comme une glande déroulée qui rem- place , quant à ses fonctions , le foie des Mollusques et .des animaux à sang rouge. Leurs parois d'une te:|î,urQ délicate et comme spongieuse puisent par inbalaÛ04 dans les cavités splancliniques , et peut-être plus spé- cialement dans la pulpe adipeuse, les matériau^ de leur sécrétion. La liqueur qu'ils contiennent et qui prend diverses nuances, suivant ^n degrp d'élaboration , loin d'être comparée à de la salive, ainsi que Tout avancé quel- ques naturalistes, doit être regardée comme une véri- (ij M. Gaè'de, professeur à 1-Universit^ de Lie'ge, a publié dans \c% j4 anales générales des Sciences PIrysiques de Bruxelles (tom. a,' page 186 j, des observations physiologiques sur les vaisseaux biliaires, desquclK's il résulte quil est plus porté à considérer ces vaisseaux comme absorijans que comme sécrctoires. 11 y a peu de solidité .dans les raisons dont il prétend étayer cette opinion. :r»hllJ'»T Un ( »68 ) table bile ) dont elle a l'amertume et le plus souveut la couleur. J*ai déjà dit , en parlant du ventricule chylifique det Carabiques, que M. Marcel de Serres avait établi dans les Insectes Texistence de deux ordres de vaisseaux biliaires , les uns supérieurs , les autres inférieurs. Sé- duit par les apparences dans l'étude des poches gastri- ques des Orthoptères , et trop sensible à cet aiguillon de l'amour-propre, qui porte à généraliser les faits pour en déduire des règles , cet auteur s'est aveuglé au point de considérer les innombrables papilles du ventricule chylifique comme autant de vaisseaux hépatiques. Aussi dans quel vague , dans quelles incertitudes ne s'engage- t-il pas lorsqu'il aborde dans ses descriptions ce point d'anatomie ! Où trouver les vaisseaux hépatiques supé- rieurs dans les Insectes assez nombreux, où le vcntri.^ tricule chylifique est parfaitement glabre? Comment le»' restreindre à deux ordres seulement dans les casL où les papilles gastriques sont bien saillantes, et où les tubes biliaires s'insèrent d'une part à l'organe du chyle et de l'autre au cœcum,- ce savant considérant toujours ces dernières insertions comme des vaisseaux hépatiques in- férieurs ? Cherchons maintenant à reconnaître les différences que peuvent offrir les vaisseaux biliaires dans les diver- ses familles des Coléoptères. B. CiCINDÉLÈTES. C. HyDROCANTHARES. DaUS CCS deux tribus de la famille des Carnassiers les vaisseaux hépatiques iressemblent en tout point à ceux des Cara- biques. Ainsi , il y en a deux seulement , et leurs quatre insertions sont isolées autour de l'extrémité postérieure du ventricule chylifique. ( ^69) Famille IL Brachélytres, Les tubes biliaires de cette famille ne sont aussi qu*aU nombre de deux, mais au lieu d'avoir leut*s insertions distinctes et séparées autour d*un même cercle comme les Carnassiers , ils les ont toutes quatre sur un môme point latéral. Ils renferment une bile tantôt blanche , tantôt diaphane. Ils m'ont offert dans le Staphjlinus erjthrop" ienis une particularité que je n'ai encore observée dans aucun Insecte, et que j'ai bien constatée : c'est que cha- cun de ces vaisseaux a vers le milieu de sa longueur un noeud ou une espèce de vésicule qui semble être le point de confluence de deux tubes. Cette disposition parti- culière , où cette variété peut être individuelle , me fait présumer que dans quelque genre voisin du Staphjlin ou dans quelque famille , peut-être encore inconnue, qui en approche, il peut y avoir à ce nœud, qui n'est là sans doute que comme un vestige , un réservoir mieux caractérisé, une vésicule biliaire, ou une séparation complète du vaisseau. ^ Famille 111, Serricornès, J'ai déjà observé que cette famille renfermait des tribus qu'un examen un peu rigoureux de leurs traits extérieurs et de leur organisation interne , devrait faire rétablir en familles distinctes , comme l'avait fait autrefois M. Latreille. La considération des vaisseaux biliaires vient à l'appui de cette manière d'envisager leur classi- fication. ( ^70 ) A. BuPRESTlDES, — B., ÉLATâRIDES. LcS COnduîtS Képatiques de ces deux tribus ressemblent par leur nom- bre , leur longueur et leur mode d'insertion, à ceux des Carabiques. J'ai représenté avec Tappareil digestif àw Buprestis noyem-maculata une disposition sans doute accidentelle , une anomalie des vajsseaux biliaires de cet Insecte qui , au lieu d'avoir quatre insertions, n'en ont que trois, l'un de ces vaisseaux étant bifurqué. C. Lampyhides. ' — Dans le Telephorus et le Ljcus , les conduits sécréteurs de la bile sont au nombre de quatre, flotlans par un bout et ordinairement incolores. Ils sont dirigés deux en avant et deux en arrière. Il n'y en a que deux dans le Lampyris , et leur inser- tion se fait , comme dans les Carnassiers , par quatre bouts isolés. D. Mélyrides. — Le Maîachius el \e Drilus , les seuls que j'aie étudiés dans cette tribu , m'ont paru n'a- voir que deux vaisseaux hépatiques à quatre insertions. La fragilité de ces organes , la petitesse des Insectes et le nombre fort restreint de ceux que j'ai disséqués , me laissent encore des doutes sur ce point. E. Ptiniores. — J'ai bien constaté dans VAnobium l'existence de quatre insertions hépatiques distinctes autour de l'extrémité du ventricule chyliflque, mais j'ignore si ce sont deux anses seulement ou quatre bouts flottans qui correspondent à ces insertions. Famille IF Clcwic ornes. L'étude des vaisseaux biliaires de cette famille jus- tifié ce que j'ai déjà avancé à l'article de leur canal digestif sur l'espace de mésalliance introduite dans les genres qui la composent. ( ^7^ ) A. Clàirow». — Sous le iapporl de leqrs canaux hé- patiques, les Clerus forment, ainsi que le Thj malus , une exception choquante parmi les Coléoplères dont tous les tarses ont cinq articles. Ce sont à ma connaissante les seuls Pentamères qui aient six vaisseaux biliaires, îri- sérés d'une part à la terminaison du ventricule chyli- fique , et de l'autre «i l'origine du cœcum. L'insertion antérieure ou ventriculaire a lieu dans les Clerus pài^ six bouts distincts et isolés. La postérieures ou cœcale se fait par deux troncs seulement , dont chacun est trifide et résulte de la confluence de trois vaisseaux. Ces troncs tri &des. sont fort courts et s'implantent à la face infé- rieure et latérale du cœcum. Les tubes b liairés de ces Coléoptères ne sont pas toul-à-fait aussi grêles ni aussi longs que ceux de la plupart des autres, ils renferment le plus souvent une bile d'un brun violet, et leurs en- lacemens avec les ramiûcations trachéennes sont faciles à démêler. Ramdohr, par erreur ou par méprise , n'a re- présenté que cinq vaisseaux hépatiques dans le Clerus apiarius. Il est digne de remarque que les Clairons ont éprouvé des mutations singulières quant à la place qu'ils doivent occuper dans le cadre entomologique. Geofîroi , Fabri- cius , Olivier et M. Duméril, les ont considérés comme des Tétramérés. M. Lalreille, dans son premier ou- vrage , ayant pour titre : Précis des caractères généri- ques des Insectes , avait colloque le Clerus parmi leé Coléoptères qtii n'ont que quatre articles aux tarses, ^ndis^ que , dans les écrits postérieurs à ce Précis , il l'a classé dans les Pentamères. Si , l'esprit dégagé de toute prévention, pp §oumet à un examen- sévère les tarses à(t% Clairons^ optrquvera ri" que l«^postérieurtioN dun genre nouveau de la classe des Ptê- nopoDES , et de deux espèces nouvelles du genre Clio j Par m. Rang, (Officier de marine, -Correspondant de la Société d'Histoire Naturelle . de Paris, lue à cette Société au mois de juin 1826. ) M. CuvïEK, en instituant la classe des Ptéropodes pour le Clio boréal , prévoyait que les découvertes des naluralist.es voyageurs ne tarderaient pas à l'enrichir. Eflectivement, plusieurs genres d'animaux, inconnus jusque-là, vinrent bientôt se grouper près desClios« {^4 ) P.Trmi tous ces genres , îl remarqua que plusieurs se pré-^ sentaient avec une tête bien distincte , tandis qu'un seul en paraissait dépourvu , et il divisa aussitôt cette classe en Ptéropodes à tête distincte et en Ptéropodes à tête non distincte. Si nous jetons maintenant un regard sur ces deux ordres , nous remarquerons, après avoir ob- servé le premier, qu'il semble maitquer quelque chose pour compléter le second. Dans le premier, il existe une nouvelle division -, d'une part des Ptéropodes mu- nis d*une coquille , et de l'autre des Ptéropodes qui en sont privés. Dans le second , nous ne trouvons que le genre Hyale qui est toujours accompagné d'un test 5 ne manque-t-il pas après lui un genre qui serait à la fois dépourvu de tète et de coquille?. Un mollusque que j'ai observé et dessiné dans les mers de Terre-Neuve, semble m'ofïrir ces conditions, et je le propose pour occuper cette place vacante à la. suite du genre Hyale (i). (ienre PSYCHÉ , PsjcTie N. Cojjfs libre, membraneux; sans tête distincte^ sans coquille ; muni de deux nageoires latérales; bouche si- tuée entre leur base. (Je n'ai pu distinguer de réseau vasculaire sur les nageoires, non plus que des tentacules.) Espèce unique , Ps. globuleuse, Ps. globulosa^ N. pi. 7, fig. I. Corps rond, diaphane-, bouche légèrement arquée-, les nageoires longues, arrondies à leur extrémité, ré- (1) M. Duclos flans le rapport sur ce Mémoire, fait à la Société d'His- toire Naturelle le 8 juillet, dit qu'il conviendrait mieux de mettre ce noureau genre tn tête des Ptéropodes , puisqu'il n'a ni tête ni coquille, et qu'il fait ainsi le passage des Conchifères aux Ptéropodes. ( >85 ) irécies à leur base, avec une liSgère échancrure endcs- sous. Les viscères colorés J'un beau pourpre et formant une masse ovoïde , sont suspendus au milieu du corps. Quelques rayons bleus, situés de chaque côté, vers la base des nageoires, m'ont fait soupçonner dans celte partie la présence des organes do la respiration , ce qui , si cela était prouvé, servirait encore à rapprocher ce genre de celui des Hyales. Ce fait demande une nouvelle observation. 11 m'a paru que l'espace compris entre la masse des viscères et la membrane servant d'enveloppe ext«neure était plein d'air 5 sans doute que ce petit mol- lusque en fait usage pour s'élever et se soutenir à la sur- face de la mer. Je n'ai observé que deux individus pen- dant un calme des plus parfaits ^ ils nageaient avec lenteur, è cause de la longueur de leurs nageoires, sur les eaux élaires qui baignent les rochers de l'entrée du Barochais, port de l'île Saint-Pierre à Terre-Neuve. Genre CLIO, Clio L., ClloneVaW. i'* Espèce. Cl. Miquelonaise , CL Aliquelonensis , IS . ^ pi. 7, fig. 9.. Elle est oblongue , pointue à son extrémité postérieure, gélatinoso 7 membraneuse , diaphane; munie de deux nageoires de grandeur moyenne , tapissées d'un réseau vasculaire propre à la respiration et très-visible à la loupe, et d'une tête bilobée garnie de tentacules des deux côtés. Les viscères sont apparens , à travers la transparence du corps, ainsi que quelques organes rouges se dirigeant vers la base des nageoires. L'extré- mité postérieure est colorée d'un rouge vif qui s'efface insensiblement au milieu du corps. Lorsque cet animal est inquiété, il retire en partie ses nageoires, et se contracte ( >86 ) de manière à perdre la moitié de son volume. Il est lelle- ment gélatineux que, tiré de l'eau, il ne parait plus que comme un mucus , sans forme distincte , et en partie décoloré. J'en ai observé plusieurs individus pendant les calmes de la belle saison , près des plages de Saint- Pierre et Miquelon de Terre-Neuve. Ils nageaient rapi- dement, non couchés horizontalement, comme on dit que se tient le Clio boréal, mais dans une position ver- tî/cale. Cette espèce particulièrement, quand on la tour- mente dans l'eau, s'entoure d'une liqueur assez abon- dante , laiteuse, acre au goût, et qui prend la forme d'un petit nuage, à l'aide duquel elle cherche, sans doule , à se soustraire aux attaques de son ennemi. ■a* Espèce. Cl. du Ca.p. Cl. Capensis N. , pi. 7, fig. 3 et 4- Elle est oblongue, moins effilée vers sa partie posté- rieure que la précédente, membraneuse et diaphane. Elle est munie de deux larges nageoires branchiales. La lèie, bilobée, est ornée de tentacules. Trois expansions charnues allongées, celle du milieu surtout, prennent naissance au cou, vers la base des deux nageoires, et s'étendent en arriéré. La tète et le corps sont ornés d'une couleur pourprée. Ce Clio se rapproche des Cléo^ dores - par la facilité avec laquelle il se contracte. Dans ce cas, la tète, les nageoires , et toute la partie antérieure du corps rentrent dans la partie postérieure , sans que celte partie éprouve une augmentation de volume sen- sible , de manière qu'il n'a plus que la forme d'une boule, et qu'on ne lui distingue plus un seul organe (voy. fig' 4)' ^^ n'est que lorsqu'il est irrité par quel- ques corps étrangers, qu'il prend cette forme. J'ai re- ( ^8? ) marqué dans cette espèce le même épanchement de li- qutiur laiteuse » mais moins abondant que dans le Clio MiquQlonensis. Je croîs d'ailleurs cette propriété com- mune à la plus grande partie des Ptéropodes. Celui-ci vit dans les mers du cap de Bonne-Espérance , proche le banc des Aiguilles. Il nage avec lenteur et verticale- ment à la surface des eaux, dans les temps calmes. J'ai vainement cherché des yeux dans les individus des deux espèces que je viens de citer. ( Classification générale des Graminées , fondée sur V élude physiologique des caractères de cette famille ; Par m. Kaspail. Seconde partie (i). ( Lu i TAcadémie des Sciences de rinstitut, le a4 janvier i8a5. ) Linné ^composa sa classification des Graminées en partie sur ses propres observations, et en partie sur les analyses de Scheuzer^ et quoiqu'il n'ait tenu aucun compte ni de l'ovaire , ni de la forme des stigmates , ni , de celle des écailles, j'ose assurer que sts groupes sont , aussi naturels que nous pourrions aujourd'hui le faire, à l'exception de quelques espèces qu'il suffit de transporter dans d'autres genres , et de quelques genres que , dans l'ctal actuel de la soienee, il n'est pas nécessaire d'.idopter^ tant il est vrai que chez ce grand homme , le conp-d'œil suppléait à l'observation même! Schrœber, dans la suite, prévit l'importance des écailles dont Micheli le premier (1) /^o/-ez U, Première partie, tome 4 , page 4a3. ( a88 ) avait conslalé rexisleiice, et il en décrivit quelques- unes avec succès. Le célèbre M. Rob. Brown vint en-^ suite , qui , découvrant des caractères nouveaux, réforma les descriptions génériques -, il est à regretter que dans son Prodromus, il nail pas toujours tenu compte de la forme des écailles, caractère qu'il a décrit avec tant d'exaclitude sur quelques espèces dans ses ouvrages 'pos- térieurs. Palisot de Beauvois a beaucoup fait pour un livre, il n'a presque rien fait pour la science. Sa classi- fication repose sur des faits matériellement faux , et ses descriptions génériques ne doivent être regardées que comme des descriptions le plus souvent fautives de Fes- pèce qui lui a servi de type. Je renvoie, à ce sujet, à ses genres Saccharum, Eljtrophorum, Eiianthus , etc. Les. figures seules sont à apprécier pour le port et pour un' assez grand nombre d'analyses. Il a créé une telle foule de genres , que les auteurs suivans se sont vus forcés de les réduire. C'est dans cette intention que M. Kunlli a composé son projet de classification des Graminées , im- primé dans les annales du Muséum. L'auteur y a coupé la famille des Graminées en familles , et a réuni , dans chacune de ces nouvelles tribus , les genres épars dans la classification de Beauvois. Ce travail était un achemi- nement heureux vers une réforme essentielle, et l'exé- cution, nous n'en doutons pas, aurait rectifié le plan. M. Trinius, postérieurement à tous ces ouvrages , a di- rigé ses recherches sur la physiologie et la classification des Graminées ^ et quoiqu'il n'ait attaché aucune impor- j tance à la forme des écailles et à la présence de quel- ques caractères essentiels, quoiqu 'enfin il ait établi ^ quelques théories sur des faits peu solidement observés , j telles que celles du calius qu'on trouve à la base des i i ( a«9 ) paillettes j il n*en est pas moins vrai que son ouvrage st distingue par un certain nombre d'idées philosophiques qu'on n'apprérie pas assez de nos jours. Nous lui ferons un reproche qui nous parait grave •, c'est non-seulement d'avoir créé quelques genres d'une manière trop vague , mais encore d'avoir donné de nouveau^ noms généri- ques à des genres déjn connus. Ce n'était pas là ce (ju'on aurait attendu d'un esprit aussi sage et qui déjà avait réuni avec beaucoup de succès tant de genres douteux. O botanistes î la science a cent fois plus de mots que de choses ^ ne créons plus de mots , cherchons de nouveaux faits! Les esprits médiocres sont là , non point pour suivre vos traces dans vos recherches, mais pour singer ce néo- logisme; quoi déplus facile que d'invenierun mot! Voyez- les aussi nous imposer chaque jour un nouveau nom pour désigner uu organe ou une espèce qui en avait déjà une foule , et encombrer la science de mots bizarres, dont la mémoire la plus intrépide refuse de se charger. O botanistes! pardonnez-uioi ces aveux! Vous nous avez appris à être difficiles, et nous vous adressons ce reproche à IMnstant même où nous admirons tout ce que vous avez fait de bien. On me reprochera à mon tour d'avoir fait trop peu de genres et d'en avoir trop réunis ; voici ma réponse ; 1**. Ce n'est point sur de simples aperçus, mais sur plus de six cents analyses, que j'ai fait ma classification ; et c'est après avoir longuement pesé l'importance d'un caractère que je l'ai arlmis ou rejeté. Les genres ont été réuni:* d'a|)rès des principes que j'ai exposés dans ma pr<»n»ière patrie. Pour réfuter mon travail , il est préa- lablement nécessaire ou de renverser les pnncipes, ou de démontrer que je n'en ai pas fait 1 application. J'ai Tome V. 19 ( *9^ ) tlti reste ët^b|i des coi^pes fo^^dée» sur des caractères qui rp'ont pîiru évidemment secondaires : on pourra donner à ces coupes le nom que Ton voudra, les affinités reste- ront les mêmes. 2^. Je rappelle que Tour^efort nVvrijt fait qu'un genre de la famille des Graminées, et que Linné avait moins adopté de genres que moi. Or, il faut dire de ces deux observateurs ce que nous disons chaque jour des aiiteurs de la Grèce et de Rome : Ces gens-là étaient plus près de la nature que nous. 3*. En suivant les principes admis jusqu'à présent povir la confection d'un genre de Graminées , je pose çn fait qu'il n'est pas une seule espèce qui ne doive être regardée comme un genre 5 que dis-je ? une seule va- rjélé même. A mesure que les genres se multiplient, les espèces se multiplient aussi -, les variétés les moins dis- linçies deviennent espèces : les genres deviennent fa-? milles ] de sorte qu'en dernière analyse , nous allons nous retrouver avec des termes tout nouveaux, sans savoir pourquoi nous changeons les anciens : semblables ça cela k ce marchand qui , bien loin de constater la n?i- lure de ses marchandises, se contenterait d'en changer les étiqueUcs, et consî\çrerait, à trouver des noms, un tepips perdu pour l'emploi de sa fortune. Cependant, la nature nous donne chaque jour des démentis formels ^ elle fait passer sous nos yeux , d'un genre datïs un î^utre , la plante que nous croyons la mieux cartictérisée , et ce mécompte ne nou,s arrête pas. Aussi, Ç^ i\'est plus dans les livres qu'on peut étudier la nature , parce que les livres, bien loin de nous décrire ses lois , semblent vouloir \m eq imposer de nouvelles. Qi^e dire de ççtte mpde 4ej regarder comme une espèce ( ai>0 nouvelle toute planlc qui a végété à quelques degrés dû plus ou de moins vers Téquateur ou le méridien ? La plante a beau être la même que celle que je connais déjà , il faut en faire une espèce nouvelle ; elle est uti peu plus courte ou plus étalée que Tancienno , elle a un poil de plus, une nuauco différente. On convient, à la vérité y qu'elle en est liès-voisine^ mais enfin il faut ud nouveau nom. Dans la suite, l'auteur qui compile prend ce nom, n'exprime aucun doute; et la même plante a définitivement deux ou plusieurs noms qu'on ne pourra plus clïacer. Si un botaniste de la Noa- velle-Zclande arrivait à notre insu aux environs de Pa- ris, et en suivant ces principes, je suis certain que les espèces Poa armua, Drabaverna, etc. , lui fourniraient chacune vingt espèces, et peut-être même quelques genres nouveaux. ^ Ces réflexions me paraissent d'autant plus sériettses que je vois une science créée par un génie remarquable, prêle à s'appuyer, sous un rapport , sur ces fondemens hasardés, je veux dire \a Géographie botanique. Je me croirais heureux si , par ces quelques lignes qui aux yeux du sage n'auront rien d'hostile, je pouvais venir à bout d'engager le» botanistes qui ont déjà si bien justifié ce titre , à fournir des matériaux plus philosophiquement élaborés à la science immense des voyages ! 4®. Enfin , tous les types des genres ont été soigneuse- ment vérifiés dans tous leurs caractères 5 outre deux cents dessins complets d'analyse présentés à ceteiTetà l'Institut comme une garantie de mon travail, j'en conserve une foule d'autres moins complets, accompagnés de des* triplions détaillées. C'est donc toujours en connaissance de cause que j'ai opéré ce changement. J'invite pourtant '9* ( »9^ ) âvet nrdeur les botanistes à me communiquer les obser^ ▼alions critiques que provoquera mon ouvrage, et je me montrerai aussi docile à les adopter que plein de fran- chise à les discuter. N, B. Dans la liste des genres et espèces que je réu- nis à mes genres , les noms entre parenthèses sont les noms génériques des auteurs , et le nom suivant est leur nom spécifique auquel je donne la terminaison du genre adopté. Je m'abstiendrai , pour ne pas grossir ce Mé- moire, de donner la liste des espèces nombreuses de chaque genre qui ont été vérifiées, à moins que je ne les aie fait passer d'un genre dans un autre. N, B. Nous avons laissé échapper dans le tableau mé- thodique quelques fautes légères , il est vrai , mais qu^il n'est pas inutile de signaler en tête de nos genres : Uierocliloa , Lin. — Lisez Hierochloa , Gmelin 5 (A). Pappophorum , Lin. — Lisez Pappophorus , Lin. 3 -*-. Pharas, Lin. 7 (t). — Lisez Pharus ^ Lin. 7 -+-. Cenchrus, Lin. 5 (t). — Lisez Cenchrus, Lin. 3-5. Cinna-^ Lin. 3 (a). — Lisez Cinna, Lin. 3 (h). Ployez, de plus, le genre Uniola. i" Ordo. Paleœ omnesimparinerviœ. I* Sectio. Stigmata sparsa. I. ZOYSIA. Willd. Organisation physiologique. L'appareil mâle s'est formé aux dépens de la troisième bractée , et l'ovaire a commencé à la quatrième. La nervure médiane de la paillette supérieure (2* bractée) ne s'est pas détachée, les étamines n'ont point laissé de débris à la base des ûlamens. Charact. gêner. Palea inferior lateraliter compressa , concava , laevis, motica. Palea superior concava-compressa, muticaque, stamina tcrna. ( »93 ) Stigmata bina peduriculata. Ovarium glabram, non raleatam. Lifola pilosa. Paoicula siibsimplex coarctata. ZoYsiA Pungens, Vid. Luziola. a. ASPRELLA. Adanson. Organisation physiologique. Les appareils maies te •ont développés à la troisième bractée, et Tovaire a commencé à la quatrième. Charact. gener.VaXez inferiorcarinoto, quinque nenris exarata, apioa coadunalis, alk{uand6 in aristann; paribus minus conspicuis. Falea superior carinata , 3-nervis exarnta apice coeuntibus , ted ex- tremis minus conspicuis. Stamina tcrna aut sex. Ovarium glabrum. Stigmata bina pedunculata. Squarose bina» ovata; glabrseque. Li- gnla merabranacea. Panicula eflusa. AspRELLA orjzoides , hsxandra , virginica, 3. ORYZA. Linn." Organisation physiologique. Les appareils mâles se sont formés aux dépens de la cinquième bractée, et To- vaire a commencé à la sixième -, la nervure médiane de la quatrième bractée (paillette supérieure) ne s'est pat détachée. Charact. gêner. Glumae binae insequales, flosculo minores, carina- txque. Palcae çarinatae, inferior quinque nervis apice in arislam aut mucroncm confluenlibus exarata ; superior 3-nervis exarata apice con- fluentibus. Stamina sex,antheris rubescentibus. Squamse binae ovat» glabraeque. Stigmata bina violacea pedunculata. Ovarium glabrum. Granum □on i^ulcatum ; sed transversé striatum. Ligula membranacca. Panicula vifusa. Oryza sativa et var. a* Sectio. Stigmata disticha» * 1. MIBORA. Adans. Organisation physiologique* L'appareil mâle ft'««l dé- ( =94 ) ▼eloppë aux dépens de la qiiairicme bractée, et l'ovaire a commencé à Ja cinquième *, les ûlamcns des élamines n'ont point laissé de débris à leur base. C/iaract. gêner. 'Ghwna^ binae, squales, herhaceae , i uerviac, apicc truncuto, floscnlo majorrs. Palea unica flosculi , corolliformis , nml-' tinervia, cxteriùs pilosa, limbo iimbriato. Sfamina terna antlieris albi- cantibu5. Styli Lini iœniaîformes. Ovariuna glabruni. Gianum orbicu- lare non sulcatum , compressum, rubescens. MiBORA mînimd. Adans. 2. ALOPFXURUS. Linn. Organisation physiologique» L'appareil mâ"e s'est formé aux dépens de la quatrième bractée ; les filamens n'ont point laissé de débris 5 les deux bractées infé- rieures ont confondu leur tissu cellulaire et sont restées soudées. Chaiact. getier. GUitax binœ , requales , tribus nervis apice çoadu- naUs exaratae , basi aut snpra r>usiiQ connatœ, flosculo majores. Palea unica flosculi parte tantùm supcriori lissa , quinque nervis exarata quorum meJianus fit arista ssepissimc. Stamina terna autheris flaves- centibus. Sligmata bina taeniaeformia basi connata. Ovarium glabrum. Granum non sulcatum. Ligula membranacea'. Panicula simplex aut subsimplex, spicœformis. * Panicula lihera. ÀLOPEcruTJS «grcstis, pratensis. genicuiatus, utricula- tus, etc. ** Pamcuja in folio summq inchisa^ limbo carente. Alôpecurus (Cornucopîœ Sclieuz.) Cucullatus. 3. CRYPSIS. Aiton. Organisation physiologique, L'appareil înâle s'est dé- veloppé aux dépens de la cinquième bractée , et Fovaire a commencé à la sixième *, les filamens n'ont point laissé de débris. ( «95 ) CftHract. ^e/i0r. GlumaB bins, iiiAt|ualds, Âofé brétiores, i-nerriae. Paleo inferior i-nervia, inembranacea.nervo autera herbaceo-carioato, lincuris. Palea superior inferiori forma par, membranacea , t-nervia. SJamina terna , anJberis flavescentibus. SJigitiata biWâ tâéiiî&forrtîâ. Orariunf globrum. Panioula simpHcissima obiongà fteu oapitiilaU, fbliis •eu paucioribtis seu pluribus quasi ipalbaccis indusa. Ligala mcm< bri'BïCéa. CBtPsiâ iïiîulèîKa , sdioenoîdeà. 4. CINNA. Lînn. Organiscuion physiologique, La mêirte -t^ue «lan$ le Ciypsis ; les Glamcns des étamines ont laissé des débris. Charact. gêner. Gluroœ binae, inrequalos , acula?. Inferior i-nervia. Superior 3-nervia, floscuio minores. Palea inferior 3 nervia, nervis dpice coadunatis iti aristam. Palea superior i-iieî-vlà âôufâ. Ôfamina t«fna antberis fluvesccnlibns. Sqnamœ binée auriculatu-fiilciforniéè. Slig- mata bina ft-rè sessilia. Ovarium glahrum. Lignla merabranaoea. Pà- nicula efl'iisa. CiNNA arundinacea. B, ANTHOXA^THUlll. Li^«r^^ Organisation phjsioîogique. tes appareils mâles se sonl formes aux dépens de la septième bractée, et 1 o- vaire a comnienco à la huitième ; lèsétamines' d ont pas laî^sé (le débris. Charaet. gêner. Glumic bina: inaequales, flo^culis iongiores. Infei'îoi* , DiJDor, i-nervia. Superior 3-nerviu^ Flosciili bini infcriorcs unipaleacei, infVrior arist;im subapiculart-m et superior dorsalem gerens, quorum paUa i-fierviœ, apice eraarginafae et floscuio fèrtili Iongiores. Paîtra iuferior flosculi fertilis lata , obluso-truncata , quinque <ïefvis exarats, apice convergenlilius , âid non coadunatis j cartilaginea. Superior obVonga , intégra , i-nCrvia. Statoin» birta antberis flaVesceùlibuà. Stig- mata bina tseniaeformia. Ovarium glabruro. Granum non #ul«at«lia. Ligula membranacea. Panicula subsimplei spicœforori*.. AKTHoxANTHtJM odoraium. ( 19^ ) 6. MICROLiENA. R. Biown. Organisation physiologique, La même que dans l'An- thoxanihum. Charuct. gêner. GInmœ bince inaeqnales, ilosculis plus minusve bre- viores. Flo.sruli bini infciiorrs unipaieacei 7-nervii , nervis oliquando in aiistam coadiinatis , concavi. Pjilra infcrior flo.culi fiitilis 5 iicrvia miitica aiit mucronala. Pal«"a superior nnviciilaia , byalina , i-neivia. Stamina ferna atit quatuor anthfrist flavesccnlibus. îSrjuama; binœ ti un- cato-undiilalœ. Stigmala bina ehrraitp!ex. HiEnocHLOÀ odorata, pauciflora. R. Brown.l ( »9- ) ■ •j** Ordo. Palea sup. paiinervia. i' Sectio. Stigmata basi tantîim sparsa, 1. EHRRARTA. Smith. Organisation physiologique. Les appareils mâles se sont formés aux dépens de la septième bractée, et l'o- vaire a commencé à la huitième ; la nervure médiane de la paillette supérieure , quoique détachée , n*a pris au- ttfn accroissement visible. Charnel, gêner. Glun^ae binae inaequales floscuUs breviore». Biqi floscnli unipaleacci se&silcs, 7-ncrvii, obtiisi aut mucronati ; superior «altem flosciilo fertlli longitudine par. Ambo coraprcssi. Palea inferior . floscnli fcrtilis 5-ncrvia, oblusa; palea superior naviculala binis nervis I .Taldè approximatis. Stamina sex. Squamîe binae ovatsB bifidac. Stig- mala bina basi sparsa semcl, supcriùs «iistictta. Ovarium glabrum mo- dicè stilcatum. Ligula tnembranaces. Panicuia effusa. Ehrrartà panicea. (Trochera Rich.) hulbosa, a' Sectio. Sligmata sparsa (i). * Panicuue. "i I. PANICUM. Linn. Organisation physiologique. Les appareils mâles se développent quelquefois aux dépens de la cinquième bractée pour la fleur inférieure 5 Tovaire ne s'y déve- (1) En i^ëne'ral les stigmates epnrs sont violets on rouge^ktres même un peu avant la fc'condation. Les stigmates distiques au coutrair? sont •blancs ou le'gèrement tirant sur le jaune même après la fécondation^ On observe souvent sur une face des stigmates distiques, quelques fi- brilles qui s'écartent des deux rangs. Mais ce n'est que sur une face: en sorte que Paolre conserve toujours l'aspect distique. Avant la fë- condiition les deuic rangs sont quelquefois unilatéraux; ce qui n'em- pêche pas de les distinguer. On doit retenir soigneusem«»nt ces carac- tèn.'s, parce qu'ils n ont pas besoin, pour être observe's, d'une forte iiride, ilalicum , glaucum ( Digïtaria Hail.) , sanguinale. ( ^yi) ) (ËcuivocHLOA Palis.) Crui gilli, aristutuoi. (OrusuEitvs PaCis. ) se- tariiim, Jiirlelluin. (Htmf.nachke Palis.) mym'os.(Cii/LUX.nAvvLis H. Brown.)t hoidt-accuni ! ( Mf.mms Ppai.um ambiguura , kora , virg<»lum, dislichon, stoloniferura. (Ce- ( 3oi ) ■E8IA Pers.) meœbranaceum , biSorum. (Ekioculoa Jlumb. et Bonpt. \ Polystacbjum. (Migkochloa H. Brown. ) setaceum. ** P articula composita. Paspai.cm-{Miliom L. ) efTusuni. (Cjelachwe R. Brown. ) pulchcUum. { Axoiropos Palis.) compressum. (Airopsis globosa Dcsi^.) globosum. 5. PAPPOPHORUM. Linn. Organisation physiologique* La même que dans VEriacfme, avec la différence que la nervure de la paillette supérieure de la seconde baie devient florifère , et que les nervures de la paillette inférieure sont diver- gentes. Charact. gêner. Glumae binse , subaequales, flosculis majores, modicé carinataD, membranaceœ, i-nerviae. FloscuU 3. Palea inferior concava et rigiiia, tribus nervis prsecipuis exarata , a basi usque ad mediam siil longitudinem pilosis, cum nervis intermediis, cunctis apice paleae in binas Tel lernas arislas alterné inaequales fîssis. Palea super. Binis nervis pilosis, apice fisso modicé. Stamina terna antheris rubescentibus. SquaoiS ut in Paspalo. Stigmata bina violacea pedunculata. Ovarium glabrum. Granum itinc convexum , inde sulcutum. Ligula pilosa. Paui- cala subsimplex coarctata. Pappophorum aîopecuroides. 6. CYNODON. Rich. Organisation physiologique. Les appareils réunis des écailles et des étamines se sont formés aux dépens de la cinquième bractée. L'ovaire a commencé à se former aux dépens de la sixième bractée. La nervure médiane de la quatrième bracK'e s'est séparée en* axe qui ne se développe ^rs dans les Spartina, Trachynotia, etc., qui reste stérile dans les Dactjion, Sporobolus , etc. , et qui devient fertile dans VEragrostis , en donnant naissance à une baie dont la deuxième paillette fournira , par sa ( 30!i ) rtcrvurc médiane , nn axe à une troisième l)aîo et ainsi de suite. Si le pédoncule de la locuste reste à un état presque nul, on aura une inflorescence très-simple, Spartina; s'il s'allonge davantage et ne porte qu'une locuste, on aura une inflorescence simple, Cjnodorij s'il reste court, mais à plusieurs locustes, on aura une inflo- rescence sous-simple, le Dineba, etc.; s'il s'allonge beaucoup plus que la locuste et se divise en plusieurs autres rameaux , on aura une panicule plus ou moins composée, Eragrostis, etc. Or, de tous ces caractères^ il n'en est aucun qui ne puisse varier par l'exposition et la culture , et l'on peut passer insensiblement des plus composés aux plus simples , sans rencontrer aucune ligne rtrelle de démarcation. Ainsi, du Poa eragrostis on arrive au Festuca virgala', du FesWca virgata au Chîoris; du Clilork au Cynodon, dactjlon, et de ce dernier au Spartina, Charact. gcner. Gîumoe r-raro 3-nprviae, inaequales ; inferior salfem flo>îculo rainor. Palea inferior flosculi 3-nervia, rarissime (in spailind nempe et stirpibus masculis) i-nervia, nervo mediauo et aliquando binis lateralihus in totidem aristas evadt'Ulibus ; ad basim aliquando paleâ in piles decompositâ cincta. ( Pkragmites. ) Palca superior apice plus minusve intègre, nervisque hispidiusculis. Gr;inum [dus rai- iLUSTe sulcatuna, glabrum. Sligmata plu» minusve oblonga et pedun- culata , violacea aul rubesfccntia. Squamac binse impressae. Ligula pilosa. Stamina ieroa antheris violaceis aut rubescentibus. '^ Panicuîa composita. Ctwodow. (Èbagrostis Palis. ) Pilosus^tsnellus, etc. ( IMegastachta Pals. ) brizoïdes, amabilis, ciliaris, etc. (Poa Lin.) abyssiniens, su- deticus, etc. (Molinia Kœl.) Caîruleus. (Rabdochloa Palis. ) Domin- gensis. (Leptochloa Palis. ) yirgatus. Denique in:egrn sectio 3-neri^is frenons Poœ h li. Brown coiistituti, nec non et genus sporobolus et " etarosia ejusdem auctl ( Abdbdo Un. ) phragnaites, gynerium , donax. (Tr.icu&Pis P/1//5. } CaroUniaous. ( àoi ) '^^ Panicula subsimplex. C«K«e0v. (DiviBA Delil.) Americanus, curtipeadulus. (Divlàchxi: Palis. ) fascicularis. ( IVIdhlerbergia Schr. ) difiusus. *** Panicula simplex, Ctwodow. Daclylon. (Chloris*S'w. ) riliatus,cruciatus,elongatns, etc. (ELEOSiNELm*.) coracunus, indicus. (Triathera. Dem'.) jjncens.(Bou- TELODA Palis. ) rocliooules. (Chondrosum Desv.) procumbens, (Campû- Losus Desif.) monostachyos. **** Panicula simplicissima, Paloa inft^rior ferè uni- nervia. Palaa superior absque aocîjlosculi super ioris. CiifODQv. (Spabtiha «S'c/ir. ) cynosuroïdes. (Trachtnotia Desv.) pungeos, etc, 7. LUZIOLA Juss. Organisation physiologique. Dans certaines locustes , Tappareil mâle s*est formé aux dépens de la troisième bractée, et l'ovaire, formé aux dépens de la bractée suivante, est Bemeuré à un état microscopique. Dans d'autres, nulle bractée n'a prêté sa substance à la for- mation de l'appareil mâle, et l'ovaire a commencé à la troisième bractée. Si la nervure médiane n'est point dé- tachée de la troisième bractée (paillette supérieure), ce gepre doit être placé à côté du Zojsia^ ce qui rendrait la classification plus parfaite ; car alors elle représente- rait absolument un cercle dont le centre renfermerait les épis, c'est-à-dire les gramens les plus compliques, et dont les deux extrêmes, se simplifiant peu à peu, se réduiraient à la plus simple expression du caractère gé- nérique , le Zoysia d'un côté , et le Zîzania de l'autre. Je n'ai point analysé le genre Luziola. Charuci. ^«O' r% Flosculi masculi ioferiu&et flosculi fœmiDci supcriu». Flosculi roasottli : p»lea iofcrior multiaervia concava, palea superior l 3o4) binervia? Staniina (S-io»ine squaminis. Flosculi fœrainei : paleae ut itt masculis. Ovarium glubrum. Stigmata rlongata pedunculata. LuziOLA peruviana (Hydrochloa Palis.) carolinîensis. 2* Sectio. Stigmata sparsa, ** Spic^e (i). I. MONERMA. Palis. Organisation physiologique. La giume inférieure se change en rachîs, lequel produit une locuste dont la glume inférieure devient à son tour racliis , et ainsi de suile jusqu'à la dernière locuste, dont les deux glumes restent avec leur forme stérile. L'appareil mâle s'est formé aux dépens de la cinquième bractée , en comptant le racliis comme une bractée, et l'ovaire a commencé à la bractée suivante. La nervure médiane de la paillette supéiieure, quoique détachée, ne produit pas toujours une baie supéiieure , mais un axe avorté. Charact. gêner. Gluma unica in inferioiibus Iccustis et (lupl<;x in locustâ summA, iignea, multinervia, mucronata. Fiosculus unicus. Palea inferiorraeœbranacea, ovala concava, dorso rachin premens, 3-nervia. Palea superior, plana, ovala, binervia, meinbranaceaqiie. Sfamina tôt na antheiis nibescentibus. Squamse binae im|)res>ae. Sligmala bin^ , dis- tantia , longa , pedunculata , violacea aiit rubescentia. Ovarium gla- briiin. Graniim sulcatura. Ligula pilosa. Spica simpbx, MoNERMA slricta. A. Rich. Mss. in herb. maurilianum D. Delessert. (0 Pour constituer un épi, il faut : 1° f|Utt IfS locustes -soient ri» goureusement sessiies ; 3° que la glume inférieure soit en face i\\x rachis ; tiue la supérieure , quand elle existe dans ce cas, soit douée d'un nombre moindre de nervures que PinH-rieure j 3<» que , lorsque la glume inférieure se divise en deux ( comme d.ms plusieur Rotiboetla et dans les Triticum) , aucune do ces deux divi^ o.i» n'engaîni* l'autre à la base, aucune ne soit plus courte et n'ait un moindre nombre de nervures que l'autre. Dans le cas csntraire , ce serait une panicule à lopustes courlement pe'donculées. ( 3o5 ) 2. PHARUS. Linn. Organisation physiologique, La glume inférieure s'est changée en deux rachis dont l'un ne supporte qu'une lo- custe, laquelle est mâle. Dans cette locuste, l'appareil mâle s'est formé aux dépens de la cinquième bractée et l'oVaire n'a pas pris d'accroissement. 'Dans l'autre locuste (la sessile), l'appareil mâle ne s'est pas formé, et l'o- vaire a comm^ncé à la cinquième bractée , en ne tenant pas compte du rachis. Charact. gêner. Locusta fœminea : Glu aise binae (non numeratâ rachi) flosculis minores. loferior latior, 7-nervia, herbaceaque. Superiorpaulo longior, herbacea S-nerriaque. Palea inferior cartilaginea , couvoluta , glabra aiit piiosa, 7-Bervia sine aut cum intcrmediis. Palea superior linearis , bosi dilatata , naembranacea sed binis nervis crassis et admoduni approximatis. Stigmata terna rubcscenlia , slyli longissimi apicc coadunuta. Ovarium glabrum. Squaniie nullae- (si afîorent, im- pressœ)j Locustas mascuias prœ \ariabiii forma non describo. Sta- raina terna antheris violaccis linearibusque. Ligiiia pilosa. rachis pedunculiformis. Spica subsimplex. Pharus lalxfoiius, pi. 9 , fig. 4, non Palis. , etc. 3. TRIPSACUM. Linn. OrganLmtion physiologique. La glume inférieure de- vient le rachis : 1° d'une locuste supérieure dont la glume inférieure deviendra rachis d'une autre locuste, et ainsi de suite -, 2® d'une ou deux autres locustes qui ordinaire- ment restent incomplètes. La troisième bractée de la lo- custe sessile resie à l'état de glume, et je l'appelle glume supérieure, quoique Ton dût plutôt l'appeler fleur unipa- léacée. Les appareils réunis des étamines et des écailles sont formés aux dépens de la sixième bractée et l'ovaire a commencé à la septième ^ la nervure médiane de la cin- quième bractée ( paillette supérieure ) a fourni à la forma- lion ^de la bale^supérieure , qui est presque sessile etcon- ToME V. -Mi ( :wô ) foiinéc comme rinfér^oiiie. Les organes sexuels ne se tléveloppent pas le plus souvent dans la balle inférieure. Charact. gêner. Gluma inferior ( non rachis) multidervia, complanata, diiriuscula , superiore et flosculis raajor. Superior rachini ylumiformem vulg6 dorso premens, coriacpa Palea inferior membranacea, 3-nervia, raro aristata. Palea superior membranacea. Ligula pilosa. Spica vulgô simplicissima. (Locustas latéral» non describo nec siipcrnas in qui- bdsdam tripsacis , quin admodum variabiles sunt quoad formam et mitneruoi organorum. ) Stigmata violacea aut rubescentia "^ilus mi- ousve pedunculata efc longa. Ovarium glabruoi. Stamina teina anlheris violaceis aut rubescentibus. Squamae binae impressœ glabrae , aut ci- liats , cunéiformes. Tripsacdm daclyloïdes. (Rottboella IJelitle) hirsutum. (Manisvris Lin.) granulare. (Awdropogon Lin.) fusciculatum. (Calamina Palis. ) grganteum. ( Colladoa Caif.) distichum. (Isch^mum Lin.) aristatum, muticura. (Peltophorus Palis.) rayuros. (Tbachys Retz.) mucronatum. (PoGOWATaERUM Palis. ) paoiceum. (Hermartrià R. Brown.) corapres- snm ! TElionurus Humb, ci Bonpl.) ciiiare, etc. 4. ANDROPOGON. Linn. Organtsalion physiologique. La glume inférieure se change en detix rachis qui supportent deux locustesstériles (g/jllii^)', ou dont l'un supporte une locuste fertile et de ia base de laquelle partiront deux autres axes et ainsi de suite, et l'autre supporte une locuste stérile et isolée {^Andropogon ischcemum) ; ou bien dont les deux rachis supportent chacun une locuste fertile , de la base de la- quelle oartent deux autres rachis et ainsi de suite, de sorte que ce.» épi a tout l'air d'une paniculo au premier coup-d'œil (^Sorghum). Le sotnniet de tons les Andro- pogon représente rinflorescence simple de VAndropogon gryllus. Charact. gêner. Gluraa inferior (non rachis) vulgo raultinervia com planata, aristata aut rautica, glumâ superior» et flo«culis raajor. Gluma •uperior pauciorihus nervis instructa; ambœ herbaceœ duriusculae ( ia RoUhoeltd eUtissimdf Dksf. cum binis rachisi agglutinata superior). Flos- { 3o7 ) culu» inferior unipaleaceus nierobranaccusquc , sjcpè bincrvius et rai6 aristafiis. Palca inferior flosculi fcrtilis 3-nervia , sed aliquaodo linearis, binis nervis lateralihus subinconspicuis et mediano in uiistam tortilem et hispidaiu evadenle. Palea superior mctnbrunacca , anervia aut bi- nervia, saepè ità exigua ut à multis agrostographis prxtermissa sit. (Quod ut effugiatur, notandus-semper est ordo invariabilis quo alternant in- ter sese omnia oigana ; ita ut si palea superior non existerel , palea in- fenor inveniri deberet loco flosculi unipaleacei ; palea inferior autem dignoscitur eo quod squamae et stamina semper sint inter ovarium et illara. ) îjtigmata longa longèque pedunculata, violacea aut rubescentia. Ovarium glabrum , non sulcjitum. Squamae cunéiformes. Stamina terua, antheris violaceis aut rubescentibus. Ligula pilosa. .Spica plua minusve composita. D« locustis steriiibus dicam eadem ac de Tripsaco. * Spica simplex* ANDRopoGO^ gryllns, ischaemura , scbaenantus , provinciaiis , annu- latus, hirtus. (Kottbœlla Z>e^.) aïli*simus. (Lodicdi.aria Palis.) fas- cicnlatus. (Apluda Lin.) aristatus, distachyos. ( Ahthistiria Lin.) ciliatus. (Xerochloa A. BR.) barbatus (aut potius Xc/ocA/oa mera stirps est semi-vivipara , et quae bis in eâdem regione fortasse non invenirctur; admodum characteribus essentialibus cuidam Anthistiiiœ affinis , ut mihi patuit ex accuratissimâ ipsius analysi stirpis à celeb. R. Brown, herbaiio D. Defessert dédits. ) ( Heteropogom Pers. ) glaber. (DiECTOMis Uumh. etBonpl.) fastigiatus. (Anatherum Pa/zs.) bicornis, muricatus. ( Eriochrtsis Paiis. ) cayanensis. ( Arthraxoit Palis. ) ci • liaris , etc. '" Spica composita , granum sœpè paleas super ans. (SoRGHUM Pers.) Vulgaris, halepenti*, saccharatus, Caffrorum, etc. 5. SACCHARUM. Linn. Organisation physiologique. La même que dans la 3e seciion du genre Andropogon, La seule différence con- siste dans Tinvolucre de poils qui part de la base de chaque locuste; caractère d'une valeur bien légère, si Ton considère l'inflorescence de plusieurs Andropogon^ et principalement celle du gjyllus, dont les locustes ont à la base un anneau de ppils plus courts à la vérité que ( 3o8 ) dans les Saccharum , mais qui ne laissent pas que d'en- velopper la base des trois locustes. Je n'ai conservé ce genre que provisoirement , et seulement pour ne pas trop efirayer les habitudes puisées dans les anciennes méthodes. Il faut observer pourtant que l'involucre de ces poils longs tend à rendre les glumes à demi étiolées \ ce qui arriverait à V^ndropogon gryîlus si les poils de la base se prolongeaient autant que ceux du Saccharum. Cet involucre de poils correspond à la feuille spalhi- fornie de quelques Andropogon ( yànthistiria) , c'est- à-dire qu'il n'est qu'une bractée inférieure décomposée en poils. Charact. gêner. Glumae paucinerviae , nervis sœpè nou conspicuis , ferè berbaccse. Paleae muticae merabrauaceœque. Squamse cuneiformes- glabrae aut ciliatae. Stigmata longa et longé pedunculata , violacea aut rubescentia. Stamina terna antheris violaceis aut rubescentibus. Ligula pilosa. Spîca composita , lanuginosa. Saccharum officinarum, cyliodricuna. (in cylindrico squamse for- mam paleae ciliatae incluunt). (Eriànthus Jiich.)aureom, eriantboideâ. ( Saccharoides Ricb.) 6. CENCHRUS. Linn. Organisation physiologique. Le rachis de Tépi est formé aux dépens de l'involucre ^ et de la base de ce dernier sortent deux ou plusieurs locustes biflores. Les organes mâles se forment aux dépens de la cinquième bractée , et la sixième ne se développe ni comme brac- tée ni comme péricarpe. La nervure médiane de la qua- trième bractée donne naissance à une baie fertile , c'est- à - dire dont la troisième bractée forme les organes mâles et la quatrième commence l'ovaire. Les filamens des étamines se séparent sans débris. .Charact. gêner. Involucra parlialia , multifida , echinala aut in l ^c-g ) aristas gracUlima» divisa , quarum mediana , quae nervutn medianunr refert , scmper raeteris longior , ut par esf. Locusts binae aut plitres in unoquoque involucro. Glumœ binae, inaîquale» , flosculis minores, vulg6 3-nervia; , membranacta;, scd aliquando nervis herbaceis. Flos- culi bini. InfcTior raasculus vulgù; saperior foemineus. Palea inferior paucinerria, vulg6 membranacea sed nervis herbaceis, superior bi- nervia. Stamina terna antheris rubescentibus aut violaccis. Squamœ Bull» , quae, si affbrent, formam in tabula methodicA mentitam in- duere deberenl. Ovarium glabrum. Stigmata bina, plus minusve pc- dunculata. Ligula pilosa. Spica siinplcx. CCHCHROS echinatus, tribuloides. (Pehimsetum Pers.) ciliaris. (Hi- LARiA Humh. et Bonpl. ) lïiiarii, etc. 7. COIX. Linn. Organisation physiologique, La feuille caulinaire, placée immédiatement au-dessous des bractées qui sont devenues florifères , ne s'est fendue qu'au sommet, a pris la forme turbinée , et sa substance est devenue sili- ceuse. Dans son sein , plusieurs locustes ont pris nais- sance sans qu'on puisse apercevoir l'ordre d'alternation. Celte feuille est donc un véritable involuc^. La locuste la plus inférieure reste sessile. Les appareils des étamines et des écailles se sont développés dans son sein aux dé- pens de la sixième bractée , et l'ovaire a commencé à là septième. Delà base de cette locuste partent, l'deux pé- doncules gros et avortés, 2° une feuille parinerviée, de la base de laquelle s'élève un épi qui sort de Tinvolucre sur un très-long pédoncule et se ramiGe en six ou sept locustes , par le mécanisme suivant : de la base de chaque - locuste de cet épi , s'élèvent deux pédoncules qui produi- sent autant de lo'custes à deux fleurs mâles. Charact. gêner. Involucrum turbinatum Iseve, apice perforatum. Lo- custa fertiiis : gluma inferior scssilis ventricosa, apice rostrato Iseviqqe; <>fftens latior et inapr. Gluma superior minuA ventricosa et apice ros- ( 3io ) trato. t1osculu3 inftrior unipaleaceu3 ejusdem ac gluma formas. Paîea inferior ôosculi fertilis apice cartilagineo et rostrato. Palea superior membranarra et binervia. Statnina terna aborfiva , nullae squamae. Stigroata longissima bina rubescentia , stylo unicb inaposita. Ov;jiium giabrum cylinJricum, basi styli fere non latius. Granum non snlcaJum. Locusta sterilis : glucna inf. longior ai-nervîa, «t super. longior flosculis» i3-nervia. Bini flosculi masculi sessiles. Palea inferior semi-incmbra- nacea 5-nervia. Palea supenor miner. Squamae binae impressae cunéifor- mes. Stamina terna aniheris rubescentibus. Ligula piiosa. Coix lacryma. Linn, 8. SPINIFEX. Lion. OrganisatÎQTi physiologique. La glume inférieure prend la forme d'un très-long rachis qui resterait entiè- rement stérile. Les appareils des ér a mines et des écailles se sont formés aux dépens de la septième bractée et To- vaire a commencé à la huitième. La nervure médiane de la sixième bradée ne s'est développée , ni dans sa brac- tée , ni en forme d'axe. Dans les individus dont je vais parler, cette nervure s'est développée en axe impercep- tible, portant la seconde baie. Dans les individus mâles le rar.his de l'épi est devenu florifère , les locustes y sont sessiles , et l'épi ressemble assez à nne panicule orbiculaire. Dans ces individus , en ne tenant pas compte du rachis, les appareils des écailles et des étamines se sont développés aux dépens de la sixième bractée et l'ovaire a commencé à la sep- tième. Comme les individus mâles pourraient être sup- primés par la nature dans ce genre, sans que le genre en souffrît , puisque l'épi fertile est hermaphrodite ; et que , du reste , j'ai rencontré très-souvent des individus mâles appartenant à des espèces ordinairement her- maphrodites , je ne tiens aucun compte d'une telle différence de sexe , comme caractère générique. (3.. > Charaot. gêner* Spica foominea : racbis subuUUus, basi glumiformis^ longissimas et rigidissimus. Gluma inferior 7-nervia , superiori major. Gluma superior 5-nervia flosculis major; flosculus unipaleaceus 5-ner- ▼iu8. Palea inlerior flosculi ferlilis 3-nervia , intégra. Palea superior intégra, binervia. Stamina terna iintberis ovalis minimis violaceis. Squamae binae trunoato impressac, è pyrte quâ se miituù aspiciuDtca- naliculatae. Stigmata bina , oblonga , longé pedunculata , rubro-lutcs- centia. Ovarium glabruro. Spica mascula : rachis muUiflorus, locust» sessilcs. Gluma inferior superiori minor 9-Dervia. Gluma superior 7-ncrvia. Palea flosc. unipa- leacei 5-nervia. Bini flosculi masculi. Palea inf. S-oervia^ superior bi- nervia. Squamx et stamina ut superii^s. Ligula pilosa. Spiwifex squarrosus , etc. (La suite au prochain Numéro.) Notice sur futilité de T importation et de F élève en France des Bêtes à laine de race perfectionnée ( 1 ) ,• Par m. Ternadx l'aîné, Membre du Conseil d'Administration de la Sociéfë d'Encouragenoteot pour l'industrie nationale. Messieurs , afin d'apprécier plus complètement les avantages qui résulteraient de Timponation et de Félève des bêtes à laine de race plus perfectionnée que celles qui existent généralement en France , j'ai besoin de rappeler en peu de mots l'emploi que l'on y fait de la substance filamenteuse que ces animaux produisent. Cet emploi se divise en deux branches aussi distinctes qu'importantes : Tune pour les étoffes feutrées ou dra- peries, l'auiro pour celles que l'on appelle étoffes rases. Les draperies , et peut-être aussi les étoffes croisées dont le poil ne parait pis , durent leurs premiers succès (0 Cette notice a é\é lue dans 1« sëance du 3o mars i8a$ de )r^* cie'té d'Kncouragemenl , qui en a ordonné Pinsertion en entier dans son liuUetui, n» a.|8, d'où elio est rxtraitc. C 3i2) au célèbre Colbcri. Ce fut lui qui fît venir à Abbevilfe, à Sedan , à C.ïrcassonne , des fabricans bollandais en possession de faire alors les plus belles draperies. Ces derniers avaient eux-ménaes enlevé cette industrie aux Florefitins , et chacun sait que c'est à ce. genre de travail que les Médicis durent le commencement et une partie de leur fortune. Cet habile ministre sentait tellement l'importance de ces manufactures pout la prospérité de la France , qu'il ne se contenta pas de les y avoir introduites, mais qu'il leur prodigua les secours et la protection qui sont dus à toute industrie naissante*, et c'est peut-être ici le cas de révéler un fait trop peu connu , et qui cependant inérite d*autant plus de l'être , qu'il prouve que ce n'est paà toujours à force d'argent que l'on excite la produc- tion , mais que les ressources du génie sont souvent plus efficaces. En effet , malgré les secours pécuniaires que Colbert avait accordés à M. Cadot , auteur de la manufacture de draps depuis appelés pagnons, elle était près de succom- ber soUs le poids des sacrifices qu'il avait faillu faire pour former des ouvrierv*? et soutenir la concurrence avec les mêmes espèces de draps qui se fabriquaient à Leyde , en Hollande : les dépenses de la guerre avaient épuisé le trésor, on ne pouvait plus y recourir, lorsque Colbert engagea Louis XIV à se faire faire un habit de drap vert fayé et léger, et de dire devant sa coiir, au moment de partir pour la chasse , qu'il trouvait cette étoffe jolie. Dès-lors les courtisans, et à leur imitation les courti- sans de ceux-ci , s'empressèrent de s'en revêtir avec une telle fureur, que cette espèce de drap , dont le ministre avait eu soin de faire fabriquer une ample provision par (3.3) la mahufacture qu'il voulait soutenir, se vendit à de» prix si élevés , que le bénéfice qu'ils donnèrent dans cette circonstance releva la fabrique de Sedan près de s'éteindre , et de plus donna naissance à celle de Reims, où Ton fabriqua pendant long-temps cette même étoffe sous le nom de Silésie. J'aime h croire. Messieurs, que vous me pardonnerez d'autant plus de vous avoir cité cette anecdote, qu'elle ne doit pas s'effacer de la mémoire des bommes indus- triels, comme de celle des hommes d'État qui savent faire tourner au profit de Tutiliié publique les choses qui en paraissent les plus éloignées. Je reviens maintenant à la fabrication des étoffes drapées. Il est incontestable que les villes de l'Europe où elles se fabriquent avec le plus de perfection sont celles de Sedan et de Louviers. C'est dans la première que se font les plus beaux draps teints en pièces, et notamment les noirs, comme c'est à Louviers que l'on fait ceux teints en laine ^ et les bleus sont particulière- ment ceux qui offrent le plus de perfection. Depuis long-temps cette industrie s'est propagée et multipliée dans plusieurs autres villes et départemens du royaume ^ et presque partout on emploie présentement les moyens mécaniques pour les principales opérations , telles que la filature , le feutrage , le lainage ou garnissage et la tonte. Parmi ces mécaniques , les unes sont d'invention française , les autres d'invention anglaise. C'est un fait bien reconnu dans toutes ces manufac- tures , et mieux constaté encore dans celles qui travail- lent avec le plus de perfection , que plus la laine est fine , plus elle est courte et môme assez tendre , plus elle est susceptible de faire des draps fins, doux, brillans , ( 3.4 ) soyeux et d'un bon usage. La raison en est que plus les filamens sont courts et présentent de pointes sous un moindre volume , ou sous un moindre poids , et plus ils sont propres à s^enlacer les uns dans les autres , ce qui est indispensable pour l'action du foulage. En effet, plus ils sont fins , plus ils peuvent se serrer, se rappro- cher en plus grande quantité dans un espace donné, et par conséquent plus la filature doit acquérir de finesse et de force. Du concours ou de la réunion de ces deux propriétés dans la laine fine et courte, il résulte que l'o- pération du garnissage, qui se fait après le foulage, au moyen du chardon , produit, sur une moindre étendue , une plus grande quantité de petits poils serrés les uns contre les autres , qui contribuent à faire des draps doux, moelleux, brillans , fins à l'oeil et au toucher, et d'un bon usage. Si la laine courte et fine , même un peu molle , est exigée pour toutes les étoffes drapées, la laine longue, forte et nerveuse, quand bien même elle gérait un peu grosse , n'est pas d'une moindre nécessité pour les étoffes de laine rases , telles que les buratâ , les étàmines , les bombasins , la lepine, le maroe , les lapis de toute es- pèce. On pourrait encore ranger dans cette catégorie tout ce qui sert à la passementerie et à la bonneterie, même le mérinos , quoique , pour ce dernier genre d'é- loflfe, une laine qui réunit la longueur à la finesse soit préférable, la bonté de ce tissu consistant surtout dans la facilité que les filamens ont de se rapprocher à chaque lavage. Comme l'exception à faire à la règle générale pour cette dernière étoffe , relativement à celles qui sont dra- pées ou rases, nous mènerait trop loin aujourd'hui et (3.5) m'écarterait de mon sujet, je me propose de vous pré- senter à cet égard une notice particulière. L'obligation d'avoir des laines longues, fortes et ner- veuses , quoique grossières , pour la perfection des étof- fes de laine rases , ainsi que je viens de le dire , provient de la nécessité de les filer très-fin, et pour y parvenir, au lieu d'enchevêtrer les fila mens les uns dans les au- tres , comme pour les étoffes drapées , par Topera tion du cardage, il faut, au contraire, les ranger parallèlement entre eux par celle du peignage •, on doit sentir qu'alors plus ils sont longs , plus la laine a de nerf, plus le (il a de force , quoique fin , et plus |iussi l'étoffe peut être serrée en chaîne , frappée en trame , et présenter ainsi un grain plus fin après le tissage , condition absolue pour ces sortes d'étoffes , et pour ainsi dire la seule que l'on exige. J'ai cru , Messieurs , devoir faire précéder cet aperçu sur l'emploi des laines, autant pour faire ressortir la nécessité de procurer à notre industrie , tout en enrichis- sant notre agriculture, une plus grande quantité de bêtes à laine , que pour faire sentir l'importance qu'il y a pour Tune et pour l'autre de ces branches de la prospérité publique, de perfectionner les deux différentes races de •^ bêtes à laine , chacune dans un genre qui leur est propre, et néanmoins bien différent l'un de l'autre. Si les faits résultant de l'ordonnance du i4 mai iSaS, qui assujettit les laines étrangères à des droits considéra- bles à leur entrée en France , ont évidemment prouvé que nous manquons de cette matière première dans toutes les qualités, et particulièrement dans les espèces les plus communes pour satisfaire à la consommation de nos manufactures d'étoffes rases , de bonneterie , de pas- ( 3i6) setnenterie, de lapis, il n'est pas moins démontré due la France est dépourvue principalement des espèces qui contribuent davantage à la perfection des élofFes drapées. En eflet , pour les laines surfines, nécessaires à la confection des plus belles draperies , celles des races de Saxe , même de Moravie et de quelques autres parties de TAllemagne , l'emportent autant en finesse et en douceur sur les laines de France que celles-ci sont su- périeures aux laines d'Espagne sous les mêmes rapports. Ce qui le prouve plus que tous les raisonnemens et sup- positions, c'est que bien que les laines de la Péninsule aient plus de ressort et d'élasticité que les autres , les fabricans mettent néanmoins, dans leurs achats, un prix plus élevé aux premières^ les prix courans qu'elles obtiennent chacune dans le commerce non-seulement en France , mais encore dans l'étranger, sont échelon- nés généralement de la manière suivante sur tous les marchés. * Il est constant que sur celui de Paris, le plus consi- dérable du royaume , tandis qu'il est difficile d'obtenir lo francs par kilogramme de la plus belle laine d'Espa* gne, on vend facilement 20 francs le kilogramme les plus belles laine§ mérinos de France , et plus aisément encore 3o francs les plus belles laines de Saxe. Si , pour ces dernières , le prix de la cote ne semble pas aussi élevé , c'est parce que* lavées à froid , elles subissent un déchet de 3o à 35 pour cent au dégraissage ; tandis que celui des autres espèces varie seulement depuis 10 jus- qu'à i5 pour cent. J'établis les différences de 10, 20 et 3o sur une supputation de laines lavées et dégraissées au même degré , c'est-à-dire prêtes à être employées pojf.r la filature. ( 3'7 ) Si pour les laines qui doivent subir ropéraiion du feutrage , les produits de notre agriculture sont très-in- férieurs à ceux de la Saxe , de la Silésie , de la Mora- vie , etc., la même infériorité se fait aussi vivement sentir sur nos laines longues , propres au peignage et nécessaires pour le second g'^nre d'étoffe auquel on em- ploie cette substance Glamenteuse. Les laines de Hollande et surtout celles d'Angleterre sont bien supérieures aux nôtres dans ce genre. C'est à la beauté, à la longueur, au trillant et à la force des laines, à l'immensité de ses produits dans ce genre, que l'Angleterre est redevable des deux branches les plus importantes de son agriculture et de son industrie- Or, nous pouvons facilement partager ces avantages avec un peu de calcul, de soins et de bonne volonté de la part de ceux qui sont appelés à rendre des services à leur patrie par leur zèle et leurs lumières, sans pour cela négliger leurs propres intérêts. Nos cultivateurs , en général , ne sont pas assez éclai- rés d'une part , et voient trop l'avantage du moment de l'autre , sans calculer l'avenir. Il faut donc suppléer à ce qui leur manque, et voici l'acheminement qui pourrait nous conduire à rendre à la patrie un service important. Il est actuellement bien démontré, pour toute per- sonne qui a suivi l'élève des bêtes à laine , que la grande race anglaise s'accommode aussi bien des terrains gras , fertiles , des herbages épais , des pâturages un peu humides et n>ême des brouillards , qu'une telle tempé- rature et une semblable nourriture sont contraires aux bêtes à laine fine , petites et délicates. Celles-ci sont promplement atteintes de la pourriture , et taudis que cette petite race s'élève parfaitement dans les terrains C 3i8 ) 5ecs et sablonneux, où la nourritnre est légère, même lin peu rare , les autres ne pourraient pas y vivre avec économie. Nous ignorons jusqu'à quel point la Saxe, ainsi que les autres contrées de l'Allemagne , pourraient voir se naturaliser les grandes races anglaises, si elles y étaient importées ; mais il est certain que la petite race de mé- rinos , même la race d'Espagne , n'a pu généralement prospérer en Angleterre , malgré toutes les précai^tions qui ont été prises, et les peines que se sont données plusieurs agronomes très-distingués. La France , plus heureusement située que ces pays , renferme les élémens tout-cWait propres à ces deux, genres d'économie agricole , et si elles ne s'y sont pas développées jusqu'ici avec un succès égal à celui obtenu dans chacun des deux états précités, la faute doit en être attribuée aux motifs que nous avons indiqués , et surtout à la manie de rechercher dans l'animal la beauté des formes plutôt que l'utilité de ses produits, et aussi à ce que les cultivateurs ne consultent pas assez les localités où ils forment des troupeaux. Le besoin d'obtenir des laines plus fines que celles que nous avons, pour nos manufactures de draps de Sedan , de Louviers et autres, ou d'avoir des laines plus longues et plus propres au peigne, pour les manufactures de Reims, d'Amiens, de Ilonbaix, elc. , doit déterminer les agriculteurs et les personnes qui cherchent à rendre leurs spéculations et leurs travaux aussi profitables à la société qu'utiles pour eux-mêmes à s'occuper de l'introduction des bêtes à laine de race perfectionnée , et de les élever ensuite ilans toute leur pureté. Alors notre industrie , actuellement tributaire obligée de l'Allemagne pour l'emploi des lai- .(3,9) nés superûnes , de l'Angleterre et de la Hollande pour celui des laines longues , ne le sera bientôt plus d'au- cune nation. Ce sont ces motifs qui m'ont déterminé à faire venir de la Saxe et de la Silésie , en échange de boucs et chè- vri's de Cachemire, un certain nombre de béliers et de brebis choisis dans les plus beaux troupeaux de la Saxe.' Ces animaux sont au nombre de cent têtes , que je désire , aussitôt leur arrivée à Saiut-Ouen, faire connaître à la Société , par Torgane des commissaires que je la prie de nommer à cet efTel. Ils y reconnaîtront que la laine des pâtes et de toutes les autres parties du corps est presque aussi belle que celle de l'épaule et du flanc de l'animal. C'est également par cette raison que j'ai cru devoir prendre part à une entreprise qui s'est formée pour l'introduction des bêles à laine longue, dont la vente publique se fera à Saint-Ouen dans le mois de mai prochain, avec celle des animaux venant de Saxe et celle des chèvres et boucs de Cachemire. Je procéderai égale- ment à l'ouverture des silos renfermant des grains. Extrait dune Note sur une nouvelle Chaux phosphatée terreuse; Par m. Bonnard. ( Lue n la Société Pbilomatiquc dans la séance du a8 mai i8a5. ) Il senjble résulter des analyses de Klaproth et de Pelletier que la Chaux phosphatée massive ou terreuse ditïcre de la Chaux phosphatée cristalline par une moins grande proportion d'acidq phosphoriquc. Les minéralo- gistes allemands en font une espèce particulière, sous le ( 3»o ) nom de Phosphorite , dont ils distinguent deux variétës, le Ph. commun et le Ph. terreux. A la première variété les auteurs rapportent celui de Logrosan en Eslrania- dure, et celui de Schlackenwald en Bohême; pour exemple de la seconde variété, ils citent seulement celui du Marmarosch en Hongrie , qui avait été indiqué d'a- bord sous le nom de Fluor terreux. M. Haûy en indique en outre , mais sans description , une variété calcarifère comme venant des environs de Schneeberg en Saxe. Depuis plusieurs années on connaît aussi un Plios- phorite provenant des environs d'Amberg en Bavière , qui se rapproche beaucoup, par son aspect, ses cou- leurs , sa dureté, etc. , de celui de Logrosan , mais qui ne montre pas l'apparence de structure testacée et fi- breuse que celui-ci présente souvent; l'un et l'autre, d'ailleurs , contiennent de la Silice , mais celui d'Am- berg parait plus siliceux. D'autres variétés de Chaux phosphatée terreuse , très-différentes , ont été depuis peu découvertes en France. M. Berthier a reconnu la nature de celle qui accompagne les Pyrites de Wissant, dépar- tement du Pas-de-Calais , et qui se trouve aussi dans la craie du cap la Hève , en nodules dont quelques-uns, de forme allongée et à texture fibreuse, présentent lin aspect xyloïde : il l'a nommée Chaux phosphatée-argi- lo-bitumineuse f et il la regarde comme ayant la même composition chinnque que la Chaux phosphatée cristal- lisée ou j4patite. M. Laugier a aussi déterminé, comme Chaux phosphatée , des nodules terreux trouvés par M. Becquerel, dans l'Argile plastique d'Auteuil. Le phosphorite terreux présenté par M. de Bonnard à la Société Philômaiique, diffère des précédens : il est d'un blanc grisâtre ou. jaunâtre ; veiné j tacheté ou poin^ ( 3a. ) lillé de brun ; léger, tendre , à cassure terreuse , présen- tant k la loupe une foule de petites cellules ou crevasses irrégulîères •, quelquefois un peu onctueux au toucher ; happant assez fortement à la langue ; faisant une faible effervescence avec Tacide nitiique. Sur des charbons ar- dens sa poussière n*a pas manifesté de phosphorescence. Cette substance, que Ton pourrait prendre pour une marne, est beaucoup plus légère, plus tendre et moins compacte que les Phosphorites de Logrosan et d'Amberg, auxquelles elle ressemble seulement par la couleur. Elle se rapproche davantage , quant à ses principaux carac- tères physiques , du Phosphorite d'Auteuil ^ mais sa cou- leur est différenle. Sa nature chimique a été reconnue par M. Berthier, qui y a trouvé 0,^4 ^^ phosphate dé chaux, et o, lo de carbonate de chaux, mélangés d'ar- gile et d'oxide de fer. M. de Bonnard a trouvé ce Phosphorite disséminé, en nodules irréguliers , dans une couche d'argile bru- nâtre renfermant des minerais de fer en grains, qui se présente à peu de profondeur au-dessous de la surface du plateau dit f^allée-de-Saint-Tliibaud, à deux lieues à Touest de Vitteaux, département d- la Côte-dX)r, et qui recouvre là , en gissement transgressif , le terrain de Calcaire à .gryphées arquées , dont est formé le sol de tous les plateaux bas de l'Auxois , au pied oriental des montagnes du Morvand. C'est sans doute à l'argile qui l'enveloppe et au minerai de fer qui l'accompagne, que le Phosphorite de Saint-Thibaud doit son toucher quel- quefois onctueux et son mélange de veinules ou de ta- ches brunes. On y voit d'ailleurs fréquemment, même dans l'intérieur des nodules, des grains ou des enduits ferrugineux , et de petites crevasses remplies d'argile. Tom. IV. 2f ( 3», ) La couche d'argile , qui a environ un mètre d'épais-> scur, renferme au^sî de petits amas de Baryte sulfatée laminaire, ainsi que des rognons ou plaques arrondies de Calcaire à gryphées. Quelquefois lePhosphorite se trouve dans l'intérieur des coquilles de ces rognons calcaires ; d'autres nodules , isolés dans l'argile , présentent la forme de moules. intérieurs des coquilles propres au Cal- caire à gryphées. Mais ces circonstances sont assez rares , elle plus souvent les nodules de Phosphorile sont libres et de formes tout-à-fait irrégulières. On assure, dans le pays , qu'une substance ^alogue se trouve mélangée avec la plupart des minerais de fer des usines de la Côte-d'Or, où elle est connue sous le nom de 'grappe, et où on la sépare avec soin des mine- rais, au moyen d'un instrument que l'on nomme égrap" poir. On voit que le gisement du Phosphorite de Saint- Thibaud diffère aussi de celui des autres variétés de la même substance , qui ont été indiquées jusqu'à ce jour (nous avons , au reste, peu de connaissances relatives au gisement des Phosphorites de Saxe , de Bavière et d'Es- tramadure). Il serait intéressant de reconnaître si ce gi- sement présente quelque constance , comme semblerait l'indiquer l'opinion ci-dessus énoncée , relative à son identité avec la grappe des minerais de fer de Bourgogne. La solution affirmative de cette question ferait connaître la cause de la qualité cassante de plusieurs fers provenant de minerais en grains. ( 3a3 ) NoTF sur la génévfltion des Moulettes ; Pae m. Prévost, Docteur en médecine à Genève. . Les expériences de M. Prëvost ont été faites sur la Moule des peintres (Unio pictorum). Voici le résumé qu'il en donne dans une lettre à son ami , M. Dumas , en date du 3 juin. « I*. Il se trouve dans cette espèce des individus dont » le§ organes générateurs renferment des animalcules » spermaliques dont la longueur est de i """jS avec un M grossissement linéaire de 3oo. Ils ont la forme d*un » biscuit à la cuiller. Ils sont assez agiles et se compor- » tcnt d'ailleurs comme les animalcules des autres anî- n) maux que nous avons examinés ensemble. » 2*. Dans cette mêm£ espèce on rencontre d'autres » individus en nombre à peu prés égal, portant un » ovaire et 4ps œufs. Ces derniers sont composés d'un » jaune enveloppé par une glaire, enfermée elle-même » dans une mince enveloppe. L'œuf entier a un diamè- » tre de ^ de millimètre environ , et le jaune -j^ de » millimètre. » 3**. Les animalcules sortent du testicule ^ les œuis )» de l'ovaire, par deux conduits placés symétriquement M à droite et à gauche du corps de la Moule, et corres- » pondant aux portions antérieures et supérieures du M testicule ou de l'ovaire. » 4*» Si > avant la ponte, on sépare les unes des au- » très les Moules mâles et femelles, les femelles ne » pondent que des œufs inféconds ^ si on les mélange , » les œufs sont fécondés. ai» C 3*4 ) » 5°. L'on ne peut apercevoir la cicatricule sur le » jaune de l'œuf •, mais quand le foetus commence à se n développer, on aperçoit sur le jaune un Irait qui cor- » respond à la charnière de la coquille du futur animal. » Peu peu à l'on aperçoit le limbe de la coquille. Les » formes se dessinent. Enfin , on voit plus tard la jeune » Moule prendre la figure de l'animal parfait. Les deux » parties latérales et symétriques dont le corps et le » pied se composent se réunissent inférieurement , et » enveloppent le jaune sur lequel la Moule s'est déve- » loppée , précisément comme l'abdomen enferme le » jaune chez le jeune poulet à la fin de l'incubation. » Pour tous les détails , M. Prévost renvoie au Mémoire qu'il fera parvenir incessamment à M. Dumas , avec les planches qui l'accompagnent. Sur la présence du Sélénium dans dwers Minéraux ; (Communiqué à TAcatlemie Royale des Sciences , en mai iSaS. ) M. de Humboldt a communiqué à l'Académie plu- sieurs nouveautés minéralogiques' découvertes par M. Henri Rose de Berlin , et qu'il tient de ce savant. Le Sélénium , qui n'avait été trouvé jusqu'à présent qu'en Suède, dans une mine de cuivre abandonnée , vient d'être reconnu par M. Henri Rose dans plusieurs minerais du Hartz , formant diflférens séîéniures. i*. Un séléniure de Plomb , ayant une texture latnel- laire blanchâtre , et n'offrant pas jusqu'à présent de ca- ractères extérieurs tranchés ; en filon dans une dolomie lamellaire et fernfère qui traverse un terrain de schiste argileux et de diorite -, de la galerie de TilgeroJe dans le Hartz oriental. ( 3îi5 ) :i^. Un séléniure de Plomb et de Men naison doublement remarquable par sa n^» qu'elle fait connaître la présence du Mercur- y. Un séléniure de Plomb aurifère , dans lequel l'or nalif est visible, venant de la galerie d'Erkeborn au Hartz. M. de Humboldt a ajouté que M. Siromeyer venait de reconnaître la présence du Sélénium dans le soufre rougeâlre de Lipari , et qu'il était présumable que les soufres pesans de Java et d'autres pays volcaniques offri raient aussi la présence de ce métal. . Note sur des canaux découverts dans les Nerfs ,• Par m. Bogros. Les recherches dont M. Bogros a soumis les résultats à l'Académie des Sciences,* lui ont prouvé que tous les filets qui composent un cordon nerveux , tant ceux des nerfs de la vie de relation , que ceux du grand sympa- thique , sont creusés à leur centre d'un ou de plusieurs canaux perméables à l'injection. Tout ce que l'on connaît de plus remarquable suf la structure de ces organes , se réduit en général à la des- cription qu'en a donnée Reil. Cet habile anatomiste à démontré par deux expériences , dont Tune consiste à dépouiller de tout son névrilemme un cordon des nerfs de la vie de relation , en le soumettant à l'action de l'a- cide nitrique étendu d'eau ; il a fait voir que le nerf dont le névrilemme a été ainsi décomposé , est formé d'un as- semblage de filets médullaires fréquemment anastomosi's entre eux ; par une autre expérience , il a enlevé la pulpo ( 326 ) médullaire que conlient chaque filet nerveux , en faisant macërer un cordon nerveux dans une solution alcaline, et par-là il a cherché à constater que le nëvrilemme forme, à chaque filet nerveux, un canal fibreux rempli de substance médullaire, et susceptible d'être injecté quand il a été ainsi dépouillé de sa pulpe médullaire. C'est d'après ce procédé qu'il est parvenu à introduire du mercure dans les nerfs optiques et dans quelques por- tions très-courtes de quelques autres nerfs , tels que les nerfs lingual , médian , etc. M. Bogros a eu l'occasion de répéter ces 'expériences de Reil , un très-grand nombre de fois et à plusieurs re- prises , et il s'est convaincu , par d'autres expériences qui lui sont particulières , que chaque filet nerveux était creusé de canaux susceptibles d'être injectés sans leur faire subir aucune préparation préliminaire , et que ces canaux pouvaient être perméables à l'injection pendant la vie comme après la mort de l'animal. Pour cela il se sert d'un long tube de verre coudé à son extrémité inférieure ^ à laquelle est adapté un autre petit tube susceptible d'être effilé à la flamme d'une bougie en une pointe capillaire: une fois que l'appareil ainsi construit est rempli de mercure , on introduit sa pointe capillaire dans un filet , et à peine est-elle parvenue dans l'intérieur d'un eanal nerveux, que l'injection le parcourt avec une rapidité égale à celle qu'elle met à parcourir un vaisseau lymphatique; cependant, après que le liquide injecté a cheminé dans une étendue de quelques pouces , dans un ou plusieurs canaux , la force qui le meut n'est plus suffisante pour le faire pénétrer plus avant , et il est alors nécessaire d'exercer sur les parois des nerfs de lé- gères frictions pour foire avancer l'injection., — ( 3^7 ) C'est à l'aide de ces précautions que M. Bogros est parvenu à injecter des ramifications nerveuses d'une ex- trême ténuité, soit dans les muscles, soit dans divers autres orgfines. n '^'^^•"* Il a injecté de la même manière les cordons nerveux du grand sympathique , leurs ganglions , de même que les ganglions intervertébraux. Tous ces ganglions ont pour caractères communs d'être formés par une subs- tance d'un gris rougeâtre , creusée d'une, multitude de canaux contournés , entrelacés , communiquant avec tes canaux des nerfs qui en partent , et même avec les radi- cules veineuses des veines qui en proviennent. Les gan- glions intervertébraux sont surtout remarquables en ce que les prolongemens de la dure-mère qui les envelop- pent contiennent, entre les lames fibreuses qui entrent dans leur structure, un tissu spongieux ou érectile, dont les aréoles communiquent d'une part avec les ca- naux nerveux des ganglions , ' et d'autre part avec les veines vertébrales. Cependant on doit faire remarquer que M. Bogros n'a pu faire parvenir l'injection ni dans les radicules composant les racines des nerfs qui forment les ganglions intervertébraux , ni dans la substance de la moelle de l'épine, ni dans celle de ses prolongemens cérébraux. Seulement le liquide injecté arrive près des racines des nerfs , et pénètre dans la cavité de la dure-mère. P'après l'exposé que nous venons de faire , il se pré- sente une question , c'est de savoir si le canal nerveux des nerfs de la vie de relation existe dans le névrilemme ou bien dans la pulpe médullaire ? Pour pouvoir y ré- pondre et dissiper les doutes sur ce point , il est néces- ( 3è8 ) saire 4e soumettre un cordon nerveux à Taction de Pa- cide nitrique > et de le faire macërer ensuite pendant plusieurs jours dans de l'eau -, tout le névrilemme qui entre dans sa composition se convertit en une substance^ gélatineuse et transparente *, c'est dans cet état que Ton voit évidemment que chaque cordon nerveux résulte d'un assemblage de filets médullaires fréquemment anas- tomosés entre eux , et c'est dans l'intérieur de chacun de ces filets que sont creusés un ou plusieurs canaux nerveux que l'on peut injecter, pour peu que leurs parois offrent assez de force pour soutenir le poids du mercure qu'on y introduit, La pulpe médullaire ne paraît pas être d'une nécessité indispensable dans les canaux nerveux. Il est fort difficile^ de constater son existence dans les derniè- res ramifications des nerfs de la vie de relation , et ce- pendant ils n'en ont pas moins un canal perméable à l'injection. Il en est de même des nerfs du grand sym- pathique composé d'une seule et même substance. MM. Cuvier, Duméril , Geoffroy Saint -Hilaire et Dupuytren ont été chargés par l'Académie des Sciences d'examiner les préparations faites par M. Bogros , et de s'assurer de l'existence de ces canaux et de leur véritable situation dans le tissu nerveux. M. Bogros s'empressera, sans doute , de varier ses injections et ses préparations devant MM. les commissaires, afin de ne laisser aucun doute dans leur esprit. Ce point d'anatomie est trop im- portant, et les commissaires sont trop familiers avec les recherches anaioraiques, pour que le jugement qu'ils porteront sur le travail de M. Bogros ne devienne pas définitif, et pour qu'il ne détermine pas rigoureusement ce qu'il y a de positif dans la découverte de M. Bogros et ce qui peut rester de douteux : nous ferons con- ( 3»9 ) nahre ce rapport vivement désiré par cous les anato- mis tes. Note sur un Sable oxîdulé Utanifère des bords de La Loire ; Par m. C. P. Ollivier, d'Angers, D. M. P. On trouve très-fréquemment sur les rives de la Loire (je ne parle ici que du département de Maine-et-Loire , n'ayant pas fait de recherches au-delà), dans les endroits où le flot laisse à découvert un sable fin et brillant, des ' bandes sinueuses plus ou moins noires, qui paraissent , ' au premier aspect , formées par la déposition d'un sable de cette couleur. Celte espèce de sable n'est autre chose que du Fer oxidulé , titane , pulvérulent , parfaitement attirable à l'aimant , et qu'on peut isoler du sable envi- ronnant à l'aide du barreau aimanté. Ce Fer arénacé , qui forme quelquefois des couches de quatre à six lignes d'épaisseur et d'une étendue assez grande , ne diffère en rien , par ses caractères physiques, des Fers de cette es- pèce. La ténuité des grains qui le coa\posent est très- grande, ^ leur couleur est d'un noir foncé quand on les examine isolément , et paraît légèrement grisâtre quand ce Fer est réuni en amas assez considérables , et qu'il est isolé du sable avec lequel il se trouve ordinai- rement mélangé.' Dans ce dernier état , il présente aussi une multitude de petits points brillans. Cette variété du Fer oxidulé , que je rencontrai pour la première fois en 1816, est tellement abondante sur une grande partie des bords de la Loire,, que j'ai cru devoir signaler ce gisement qui n'avait pas été indiqué jusqu'à présent. Il est très-probable qu'on doit égaie- ( 33o } ment le trouver dans tous les autres points du cours de ce fleuve. L'analyse qui en a été faite par M. Blondeau « fourni les résultats sùivans : On a opéré sur quatre grammes préalablement sou- mis à Tac tien du barreau aimanté. Deutoxide de Fer contenant des traces de Manganèse. . i'C'^ . . 86,o4 Oxide de Titane coloré par des traces de Fer io,25 Sable 2,5o Perte 1,21 100,00 Ce travail, présenté récemment à l'Académie Royale de Médecine , section de Pharmacie , a été examiné par MM. Laugier et Bussy , qui en ont approuvé les résultats. M. Laugier a cependant rencontré une proportion de titane Un peu plus considérable; mais cette différence paraît être résultée d'un mode d'analyse particulier em- ployé par ce chimiste qui s'est souvent occupé de re- cherches semblables. MM. les rapporteurs ont constaté , ainsi que l'avait avancé M. Blondeau, que ce Fer oxidulé ne contenait ni Chrome ni Nickel. Note sur des caveiTies de Calcaire grossier à ossemens^ découveHes dans les environs de Lunel- Vieil ^ près de 'Montpellier ( département de V Hérault ) ; Par m. Marcel de Serres , D. M. M. Marcel de Serres a adressé à l'Académie Royale ( 33. ) des Sciences Tannonce d'une déconrerte très» intéres- sante pour la géologie, découverte relative à des ca- vernes à ossemens , aussi remarquables par la grande quantité de fossiles qu'elles renferment, que par les ani- maux disparates qui s'y trouvent réunis. M. de Serres j signale en effet la présence d'une très-grande quantité de quadrupèdes, soit carnassiers, soit herbivores, parmi lesquels il en est quelques-uns que l'on n'avait pas en- core rencontrés à l'état fossile ; tels sont , par exemple ^ les Chameaux , Parmi les carnassiers, il cite, en première ligne, dès Lions ou des Tigres bien supérieurs en taille et en force aux Lions et aux Tigres actuellement vivans, animaux dont les canines avaient jusqu'à seize centimètres de longueur sur trente-neuf millimètres de largeur. Outre ces énormes Tigres ou Lions , l'on en observe d'autres qui semblent se rapprocher des espèces actuellement vivantes 5 et avec ceux-ci sont confondus des Hyènes, des Panthères y des Loups, des Renards, des Ours, peu dif- férens de nos Blaireaux et des Chiens, Chose remar- quable , avec ces carnacsiers sont entassés , pêle-môle , une très-grande quantité d' ossemens de quadrupèdes her- bivores, parmi lesquels l'auteur de cette découverte si-» gnale diverses espèces à^ Hippopotames ^, de SangUers^ d'une très-grande dimension, àes Pécaris, des Chevaux, des Chameaux, plusieurs espèces de Cerfs, dî* Élans, de Daims, de Chei^reuils, de Moutons, de Bœufs, et enfin diverses espèces de Lapins et de Bats, Ge que celte réunion présente de plus singulier, c'est que les ossemens des animaux ainsi entassés (et quelque-- fois en si grande quantité que les cavernes de Lunel -Vieil ressemblent à de véritables cimetières), n'ont aucua ( 339. ) rapport de position avec la place qu'ils occupaient dans le squelette , «i avec les habitudes des animaux auxquels ils ont appartenu. En effet, à cèle d'une mâchoire en- tière ou brisée de carnassier, Ton rencontre souvent des os longs d'herbivores , ou d'autres parties du squelette de ces derniers , et le tout tellement disséminé , qu'il est bien rare de rencontrer (Jeux os entiers qui aient appar- tenu au même animal , ou du moins à des animaux du même genre. Les ossemens fossiles de ces cavernes y sont donc di:^.- séminés sans ordre et jamais entiers 5 et comme ils se trouvent au milieu des terres d'alluvion , qui renferment une grande quantité de cailloux roulés , on pourrait sup- poser qu'ils y ont élé transportés par les eaux ; mais nous devons suspendre toute hypothèse à cet égard , puisque M. de Serres n'en a point proposé dans la note qu'il a adressée à l'Académie , note qui , quoique fort étendue , n'a été considérée par lui que comme l'annonce de re- cherches auxquelles il se livre, pour faire connaître, dans leur ensemble , des faits dont la géologie positive pourra sans doute tirer parti. Ces ossemens contiennent tous de la matière animale , et ce qui est assez singulier, c'est que la terre où ils sont disséminés contient plus de matière animale que les osse- mens eux-mêmes , lorsqu'on ne l'a pas dépouillée des fragmens osseux qui lui sont mêlés : ce qui semblerait faire présumer que cette terre contiendrait les parties osseuses à la fois les moins décomposées et les moins altérées, dans leur nature chimique. ( 333 ) Examen du Platine trouvé en Sibéiie ; Par m. Laugibr. M. dfe Humboldl avait fait depuis deux ans des tenta- tives infructueuses pour se procurer le Platine de Russie , et re n'est que dans ces derniers temps qu'il a pu y par- ▼enir, grâce à Tobligeance de M. le baron Schilling. « Ce métal se trouve , dit-il , au milieu de fragmens de Diorite (Grunsiein ou mélange intime de Feldspath et d'Am- phibole) comme le Platine du Choco. Les grains, riches en osmium et iridium , paraissent géologiquement inté- ressans. Au Choco, chaque grain renferme tous les mé- taux*,- au Brésil seul, des grains de Palladiun se trouvent réunis à des grains de Platine , à des grains d'Or el à des Diamans, etc. » Deux échantillons de Platine de Russie ont été remis à M. Laugier. Le premier, considéré comme du Platine, avait été trouvé dans les sables aurifères de Kuschwa, à deux cent cinquante werst d'Ekalherinebourg. Il est formé de très-petites lames d'un blanc grisâtre , qui ont l'aspect du Platine du Choco, mais moins d'éclat et une cou- leiur plus plombée. L'échantillon ne pesait que neuf décigrammes. Le barreau aimanté n'a d'action sur aucun des grains qui le composent. Examiné par les procédés chimiques ordinaires, il a fourni environ pour 100 parties : (334 ) Plaline. ... 65 Oxide de fer. 9.0 Cuivre J Osmium > des traces. Iridium ) On n^a pas eu la prétention de faire une analyse exacte ; ■car on n'a pu opérer que sur deux décigramraes. On n'a pu y remarquer la présence \. 3o , fig. 5 en particulier). Cassini : Premier Mémoire sur la Graminologie. Journal de Phy- sique et de Chimie, novembre et décembre i8ao. ( 3ig) plus ou moins grand de nervures-, je dirai seulement quelques mots des lodicules et des étaminés. Les ëtamines et les lodicules formeraient , suivant M. Raspaii (si toutefois j*ai bien saisi sa pensée), un seul système d'organes placé vis-à-vis la paillette supé-i- rieure , alternant avec elle , et diversement modifié par des soudures, des déchiremens , des avortemens, des adhérences, etc. Je ne chercherai point à analyser les opinions de l'auteur à cet égard , crainte de lui en prêter plusieurs qu'il n'aurait point eues , ou de modifier ses idées sur un sujet aussi difficile. Je me contenterai d'ex- poser les faits que m'ont fournis les conversations de M. Oay, dont personne ne mettra en doute les connais- sances étendues sur les Graminées. Les ëtamines et les lodicules , dans leur état de déve- loppement le plus complet et le plus symétrique (Bam- busa arudinacea) ^ forment deux systèmes d'organes concentriques (i) ,• le premier de ces deux systèmes est celui des lodicules 5 il est- composé de trois écailles membraneuses , dont deux , embrassées par la paillette inférieure, alternent avec la nervure médiane de cette même paillette , et dont la troisième est opposée à l'in- tervalle que laissent entre elles les deux premières, et à la paillette supérieure. Le second système , placé sur un rang plus intérieur, comprend six étaminés alternaiive- meiit opposées et alternes avec les lodicules. Que Ton compare maintenant cette position symétrique des lodi- (i) Je dis deux systèmes, car dans le Zea mays , on peut suivre les ëtamines plongées dans la substance du réceptacle, au-dessous du point d'insertion des lodicules : ce fiait a été scrupuleusement observé, analysé et dessiné par M. Gay. ( 34" ) ouïes cl dos étaoïinos avec celle du pérîgoue et des ëta- mines dans les Restiacées, les Joncées elles autres Mo- nocotylédones , et on sera frappé de la ressemblance qui existe entre le périgone et les lodicùles. A la vérité cette symétrie parfaite dos étarnines et des lodicules n'a été observée jusqu'à présont que cliez une ou deux espèces (Barnbusa), tandis qu'un très- grand nombre de Grami- nées n'ont que trois étarnines, tout en conservant leurs trois lodicules (stipacées) (les trois étarnines opposées aux lodicules ayant avorté , comme cela a lieu dans les Joncées à trois étamines); que quelques autres présen- tent six étarnines et perdent la lodicule opposée à la paillette supéri'Bure (Ehrharta) ; que la plupart n*onl que deux lodicules et trois étamines (Festuca, Bromus, Pou) -, que plusieurs sont diandres -, enfin , que quelques espèces n'ont point de lodicules. Mais ces faits, bien loin de contredire la symétrie observée dans le Bambusa^ la confirment , puisque les lodicules ou les étamines dis- paraissent suivant qu'elles sont plus ou moins exposées à la pression des organes environnans ; pression qui est sans doute modifiée dans quelques cas par la forme , la consistance, la structure des parties comprimantes. Je ne parlerai point ici de l'analogie assez délicate que M. Raspail cherche à établir entre les cordons pislillaires, le style et le stigmate , d'une part , et la panicule des Graminées, d'autre part. Je n'ai point eu pour but d'attaquer les faits sur les- quels M. Raspail s'est fondé*, bien au contraire, si mon opinion pouvait être de quelque poids en pareille ma- tière , je dirais que je les ai vérifiés pour la plupart et que mes observations, à quelques légères différences près , ont été parfaitement d'accord avec celles de cet ( 34i ) habile observateur ; mais s'il est impossible d'être en op- position relativement aux faits (à moins d'erreurs de la part de l'observateur), il est permis de n'être pas du même avis eu égard aux conclusions que Ton en peut tirer. J'ai exposé les faits qui me semblaient inexplica- bles dans la supposition de M. Raspail , c'est aux hommes plus instruits que moi à en apprécier la valeur : je m'es- timerai trop heureux si ceux que j'f^i énpncés méritent de fixer leur attention. Rapport verbal fait à t yicadémîe royale des Sciences , sur la partie zoologique du f^ojage autour du Monde , 4e M. le capitaine de vaisseau^ Louis de Freycinet; Par m. Geoffroy St.-Hilaire. (Séance du 9 mai 18^5. ) L'Académie royale des Sciences m'a chargé de lui faire connaître, dans un rapport verbal, les travaux zo.elogiques que MM. Quoy et Gaimard publient en ce moment par livraisons. Ces savans naturalistes ont été employés, dans l'expédition de circumnavigation et de découvertes , comme médecins à bord des corvettes du Roi, rUranie et la Physicienne , commandées par le ca- pitaine de vaisseau M. Louis Freycinet. Ce Vojage au- tour du Monde, fait par ordre du Roi pendant les années 18 17, 18 18, 18 19 et iS'ÀQ , a procuré une grande ri- chesse de faits et d'observations curieuses, et se trouve , grâce aux puissans eucouragemens des ministres de Sa Majesté, présentement en pleine publication. L'histoire (34a) du Voyage , des Recherches sur les langues des sauvages, la Zoologie , la Botanique , des Observations sifr le pen- dule et sur le Magnétisme terrestre, la Météorologie et THydrographie , deviennent, dans le plan des auteurs, autant de sections ou d'ouvrages à part , dont ce seul énoncé montre suffisafcnment que nos richesses intellec*. tuelles vont s'accroître d'un nouveau monument de cour naissances nautiques, littéraires et scientifiques. Je ne dois m'occuper ici que de la partie Zoologique du Voyage. Quand les gouvernemens se déterminent à faire hxpe de pareilles explorations par toute la terre , quand ils procèdent avec la plus grande munificence pour que leur auguste protection profite au perfectionnement des so- ciétés humaines , ces soins généreux sont aussitôt ac- cueillis par le public avec un sentiment de respectueuse, gratitude dont Tintensité se développe suivant le plus ou le moins d'espérance qu'on a pu concevoir. Cependant les corvettes TUranie et la Physicienne. furent-elles saluées à leur départ par les acclamations et les joies éclatantes qu'enfante ordinairement l'espoir d'un grand succès? Je ne dissimulerai pas qu'il en fut autre- ment de la part des naturalistes. On avait , dans les pré- cédentes expéditions, comme dans toutes les expéditions anglaises et russes de même nature , placé l'histoire na- turelle sur la même ligne que les explorations nautiques , que la géographie , but principal des voyages de cir- cumnavigation 5 la France avait la première donné cet exemple : j'admets que c'était peut-être avoir trop ac- cordé aux recherches philosophiques \ mais donner dans^ ( 3-43 ) la suite un exemple contraice, faire prononcer (i) qu;*ii n'y aurait à bord des corvelles VUranie et la Physicienne aucune personne pourreprésenler Fhistoirft naturelle, et que cette science devrait se trouver satisfaite de quel- ques aumônes qui lui seraient accordées par les mains des marins, j'oserai dire que ce n'était point non plus avo'^r) assez fait. Est-ce que la précédente expédition avait eu à regretter le concours du naturaliste Péron , cet homme de feu , dont le génie tout-puissant a buriné les noms et protégera toujours la mémoire de ses infatigables com- pagnons et collaborateurs? Au départ des corvettes, on craignit que les médecins du bord ne pussent, comme on l'annonçait cependant, cumuler les soins à donner à la fois et à l'équipage et à l'histoire naturelle , de façon à suffire également aux deux genres d'occupation. [ie-\k le sentiment pénible qu'é- prouvèrent alors les naturalistes. CepenJant la Providence nous réservait quelques consolations , elle voulut bien nous accorder un ample dédommagement. Un homme que recommandent l'é- tendue de ses lumières , la finesse de son discernement et la noblesse du caractère, était alors, comme il est toujours, à la tête du service de santé de la marine. M. le docteur Keraudren, cet inspecteur-général du serj- vice sanitaire , prit les ordres du ministre , vicomte Du- bouchage. L'omission des naturalistes à bord sera d'au- (i) c Investi du commandement de VUranie^ M. de yréycinël pensa » qu'il devait avoir un droit positif sur toutes les peri^onnes qui l*ac- » compagneraieut, et c'est ce qui l'engagea à ne prendre à son borcl » aucun indiyidu étranger au corps de la marine. » (Extrait du bul- letin des Sciences Naturelles et de Géologie , tome 3, page 63. J ( 344 ) tant moins sensible et regrettable , que les mëdecins à cboisir seront mieux en mesure d'en reproduire l'action , c'est-à-dire qu'ils seront choisis joignant à un éminent savoir la force et Factivité de la jeunesse, le plus entier dévouement , et cette abnégation de soi que devront exiger tant de devoirs si différens et si multipliés. MM. Qhoj, Gaimard et Gaudicbaud deviennent , à ces titres , les deux premiers les médecins , et ce dernier le pharmacien de l'expédition en partance. M. Gaudicbaud rédige en ce moment et donnera incessamment la partie Botaniquç du Voyage, Tout talent exige qu'on s'y prépare par une forte instruction antérieure et par un exercice continuel , et , de plus, l'attente du publie est toujours exigeante. Ces deux idées préoccupent à leur départ , mais ne décou- ragent pas nos deux zoologistes désignés -, et leurs tra-» vaux, qu'ils publient présentement, témoignent qu'ils ont fait , relativement à leur position > tout et sans doute beaucoup au-delà de ce qu'on devait attendre de leur zèle çt de leur dévouement pour les sciences. Gomme ayant paru les premiers , ces travaux sont de premiers fruits qui ont puissamment recommandé Texpédition à la bienveillance du monarque \ car les re- cherches zoologiques du Kojage viennent tout récem- ment d'être honorées par les plus grands et les plus au- gustes suffrages. Le Roi et sa famille 5.e sont intéressés à elles , jusqu'à examiner l'ouvrage de MM. Quoy et Gai- mard dans le plus grand détail , et jusqu'à daigner per- mettre que le témoignage de leur satisfaction se répandît dans le public. Ainsi , l'histoire naturelle , plutôt soufferte qu'introduite à bord des deux corvettes, aurait-sUc seule ( 345 ) valu déjà, à Tensemble de rexpédilîon, la plus flatteuse des récompenses , et au chef de Tentreprise l'avantage de voir rapporter à sa personne la plus grande part de l'auguste approbation. MM. Quoy et Gaimard ont distribué leurs matières en chapitres et selon Tordre des séries naturelles. Ainsi ils traitent successivement de l'Homme , des Mammifè- res , des Oiseaux , des Reptiles , des Poissons , des Mol- lusques, etc. ; ils se sont déjà occupés de ces derniers, ayant ainsi fourni plus des deux tiers de leur carrière. Dans le tiers qui doit terminer l'ouvrage , seront décrits , à leur tour, les animaux des derniers embranchemens , comme les Mollusques , les animaux articulés et les ani- maux rayonnes. Chap. I". — On est introduit dans l'ouvrage par des considérations sur l'Homme à demi-sauvage , et prin- cipalement sur celui du petit archipel des Papous : les descriptions ont été étendues jusqu'aux crânes , dont on s'est procuré plusieurs, toutefois avec quelques difficul- tés, le respect pour la tombe formant une des princi- pales idées religieuses des naturels de ces contrées. MM. Quoy et Gaimard ont eu recours au système cra- nioscopique de M. le docteur Gall comme à une mé- thode d'investigations ; et ils citent des cas où ce moyen leur a été utile pour apprécier l'accord de la constitution physique des Papous avec ce qu'ils connaissaient de leurs habitudes. Chap. II. — Ces savans médecins préludent à des descriptions plus étendues et plus spéciales par des con- sidérations très-curieuses sur la conformation , les rap- ( 346) ports généraux et la distribution géographique des Mam- mifères et des Oiseaux qu'ils ont vus dans les principaux lieux de leur relâche au Brésil , au cap de Bonne-Espé- rance, à Timor, à Rawak et à Vaigiou, aux îles Ma- rianes , aux îles Sandwich , à la Nouvelle - Hollande et aux îles Malouines. Chap. IIL — Six Mammifères deviennent ensuite ïe sujet de descriptions fort étendues : tels sont une nouvelle espèce de Pteropus , sous le nom de Roussette Keraudren , et cinq Marsupiaux des genres que j'ai éta- blis autrefois sous les noms de Dasyure , de Péramèle, de Phalanger, de Potoroo et de Kanguroo. Trois de ces animaux â bourse sont nouveaux : le Péramèle Bougain- ville , le Phalanger Quoy et le Kanguroo laineux ; cette dernière espèce est surtout très-remarquable par la qua- lité de son poil , rappelant tout-à-fait celui de la Vigogne par la vivacité de sa teinte ( le roux ferrugineux) , et par sa finesse et son abondance, Chap. IV. — Puis , l'histoire des Mammifères re- cueillis dans le F^ojage se trouve complétée par un ap- pendice sur les Phoques et les Cétacés , dont les deux auteurs décrivent plusieurs nouvelles espèces , et dont ils se sont principalement attachés à donner les habi- tudes , comme à faire connaître les divers usages qu'en font nos arts économiques. Dans le nombre sont un Dauphin dît Rhinocéros , d'une éminence considérable sur le museau •, un deuxième, nommé Aïbigène ^ d'une raie blanche sur les joues ^ un troisième , le Crucigère , en raison aussi d'une disposition 4e ses couleurs ^ puis enfin le Cachalot Bosselé , non dé- ( 34: ) crit , mais figuré d'après un dessin communiqué par le capitaine Hammat. On a peu occasion de rencontrer de pareils animaux , et surtout d'en donner de bonnes fi- gures : colley de ces grands Cétacés ne sont pas l'un des moindres services rendus aux sciences naturelles par le Voyagç, Les Cétacés rejettent- de l'eau par leurs évens : Spal- lan^ani aurait été témoin de ce fait. Nos deux auteurs , qui ont rencontré de ces animaux par centaines, n'ont jamais été à même de l'observer, si ce n'est à l'égard d'une Baleine à museau pointu , qui était échouée sur un bas-fond des Malouines, et qui , à mer basse, rejetait , de temps en temps, par ses évens de Peau , en respirant avec bruit. MM. Quoy et Gaimard assurent avoir très- distinctement remarqué que l'eau lancée par cette Baleine jaillissait en pluie dès sa sortie des évens , et ils opposent cette observation à l'opinion du célèbre navigateur Sco- resby , qui dit le jet des évens visiblement composé , non d'eau , mais d'air et de mucus condensé. Chà*. V. — Ce cinquième chapitre est consacré à la description de vingt-huit Oiseaux, dont dix-huit sont entièrement nouveaux , et les dix autres n'étajent qu'in- complètement publiés. Toutes ces espèces sont d'un grand intérêt , particulièrement un des plus beaux Oi- seaux de la Nouvelle-Hollande , qui habile les bords de la rivière Patterson, et que les Anglais de la Nouvelle- Galles du Sud connaissent sous le nom àe Prince-Régent, en mémoire de Georges IV , qui , sous ce même nom , a. long-temps dirigé les affaires de l'empire britannique. Nos deux auteurs Tonl rapporté aux Loriots, l'ap- pelant le Loriot Prince-Régent, Oriolus Regens, Le c«^- ( 348 ) lèbre orniiliologiste Temmînck vient aussi de le donner , et de l'appeler de même dans les planches coloriées qu'il publie de concert avec lé maire d'Arles, baron Laugier. Cependant peut-être faudra-t-il revenir aux premières vues de M. Lewin , dessinateur et graveur sur les lieux mêmes, à Sydney; lequel aurait annoncé plus ancienne- ment qu'il classerait à part le Prince-Régent sous le nom générique de MelUphaga, Nous citerons encore comme faisant partie des ri- chesses ornithologiques de l'ouvrage que nous exami- nons , un genre nouveau, les Mégapodes, découvert sur les îles des Papous , et que M. Dussumier , riche armateur de Bordeaux , aussi honorable par son désintéressement au profit de nos cabinets, que distingué par le savoir de l'ornithologiste , a aussi trouvé aux Philippines. Une fort belle Colombe a reçu le nom de Pinon^ ce qui est aussi un hommage : il fut la dette de la grati- tude et d'une respectueuse galanterie , é-tant adressé à l'épouse du commandant. Madame de Çreycinet, née Pinon, Si partagé les fatigues du voyage. D'autres espèces portent aussi des noms d'hommes : telles sont le Carouge Gasquet, le Martin chasseur Gau- dichaud , le Grèbe Rolland et le Pétrel Bérard : elles sont dédiées à la mémoire du brave général Gasquet , oncle de l'un des auteurs -, au botaniste du Voyage ; à M. Rolland , maître canounier de VUranie, qui tua le nouveau Grèbe -, et à M. Bérard , l'un des officiers de l'expédition, d'une grande adresse à lâchasse et d'un zèle ardent pour l'histoire naturelle. M. Bérard a fait ^ussi partie de l'expédition de la Coquille^ et nous som- ( 349 ) mes informés que rornitliologie lui doit de nouvelles el précieuses acquisitions. Chap. VI. — Des remarques sur les Oiseaux péla- giens et sur 'quelques autres Palmipèdes terminent la partie ornithologique : c'est un des chapitres qu'on lit avec le plus de fruit et d'agrément. Chap. VII. — Le septième chapitre traite des R(»p- tiles , savoir : d'une Tortue noire , provenant de la Cali- fornie , et qui fut donnée vivante au commandant 5 de trois Scînques découverts aui environs de Port-Jackson, et d'une Rainette trouvée à Rio-Janeiro : aucun de ces reptiles n'était connu. Chap. VIII. — L'ichthyologie est plus riche. Nos deux savàns naturalistes- ont cru d'abord devoir arrêter leurs pensées sur quelques considérations élevées tou- chant la distribution des poissons dans les divers bassins des mers, et principalement sur les espèces qui se plaisent de préférence dans dés parties centrales. •Chap. IX. — La description des espèces en fait connaître plus de cent cinquante , dont les neuf dixièmes sont entièrement nouvelles : elles se font presque toutes remarquer parla singularité des formes et par une beauté vraiment surprenante de couleurs. Je craindrais de fati- guer en en donnant ici une énumération complète 5 ce- pendant j'en aurais indiqué déjà un assez bon nombre en me bornant à mentiodner celles qui ont reçu des noms d'homnries.Ce serait nommer les Poissons les plus curieux, rappeler les sentimens de gratitude des auteurs pour les services qu'on s'est plu à leur rendre , faire connaître l'esprit de leurs hommages , dont aucun n'est entaché ( 35o ) de flatterie , et no\is réunir à eux pour honorer la mé- moire de confrères que trop d'ardeur et de dévouement auront peut-être précipités dans l'imprudence et rendus les martyrs de la science. CùAP. X. — MM. Quoy etGaîmard, avant de passter à la description des Mollusques, traitent, dans un écrit par ticulier, d'une des questions les plus importantes pour les navigateurs qui parcourent les mers éqr.alQriales , de la phosphorescence des eaux, qui apparaît subitement à des distances considérables , en certains lieux et à de certaines époques de l'année. Ce Mémoire , fort remarquable par l'élévation de la pensée , la finesse des aperçus et le la- lent de la dictioia , contient le récit de quelques expé- riences d'après lesquelles les deux auteurs confirment l'opinion que les causes de la phosphorescence de la mer tiennent à la subite apparition ou formation d'animal- cules innombrables. « Ce spectacle merveilleux se déve- loppait sons leurs yeux , ont-ils écrit, là où des torrens de lumière et de chaleur allaient pénétrer et échauffer les eaux, et où l'électricité paraissait se répandre sur tous les corps. Il leur semblait, lorsqu'aux brises légères qui agi- tent la surface de la mer succède un calme parfait , qu'une baguette magique animait le sein des eaux, et que leurs principes constituans se réunissaient et se concrélaient pour produire les apparences de la vie. » Chàp, XI. — La description des Mollusques suit : il n'en est encore publié qu'une portion. Le reste de ce chapitre, et je puis ajouter, la fin de la partie Zoolo- gique du f^oyage, ne tarderont pas à paraître. Les figures Vies animaux composent un très -riche allas ; j*en connais peu d'aussi importans. Faites par les ( 3S. ) plus îiabiles dessinateurs et graveurs de cette époque j elles sont les meilleures qu'on pouvait donner. Rien n'a élé épargné pour leur perfection : ce qui esi fondamental en histoire naturelle. Il est aisé de se convaincre, par l'exposé précédent, que la partie Zoologique de l'expédition Freycinet pro- curera à la science un notable accroissement. Les deux auteurs en seront récompensés par l'estime, et je vais jusqu'à dire par la reconnaissance du public ; car méde- cins du service de la marine , ils ne s'étaient point pré- parés à des recherches suivies d'histoire naturelle-, et, de plus, des devoirs multipliés et justement préférés , les en ont sans cesse détournés : cependant voilà leurs tra-^ i^aux (i) l Qu'il me soit permis , en finissant , d'ajouter qu'a- percevant les choses sous un autre point de vue, l'expé- dition aurait pu et dû par conséquent produire davantage en faveur des sciences naturelles : elle devait à cette branche des connaissances humaines des fruits propor- tionnés au coût de deux bâtimens entretenus par l'Etat durant (|uatre années? et c'est ce qui fût arrivé si l'on avait , comme par le passé , laissé à des naturalistes le soin de leurs affaires (2). (t) Ajoutons que MM. Quoy et Gaimard ont remis au Jardin du Roi tous , absolument tous les objets qu'ils ont recueillis dans leur \oyage; cependant plusieurs de ces objets avaient e'té acquis par eux à grands frais, et de leurs deniers. (5) Plusieurs personnes ont cru, à la lecture de ce passage, que j'j désignais TAdministration de la Marine. Je n*ai point eu celte pensée; aussi proûterai-je de cet avertissement pour manifester tout au con- traire les vrais sentimens des naturalistes. Comment ne seraient-ils point ceux d^unc vive et profonde reconnaissance , quand il est connu que rAdministration de la Marine recommande joumellement les in- C 35i ) Espérons que lorsqu'il plaira au Roi d'ordonner à Tôvenir que des dépenses considérables seront de nou- veau alVectées et devront proûler à des recherches ayant pour objet d'agrandir la sphère de nos connaissances , on n'argumentera pas du passé pour restreindre les voyages de long cours à quelques spécialités. D'aussi grandes dépenses , faitfîs par TEtat , appellent tous les fruits possibles, exigent en effet que tout ce qui est ob- servcible puisse être et soit observé. Il ne faudrait pas que des particuliers , quelle que fût leur élévation dans la hiérarchie sociale , se crussent aux avantages de ces grandes et mémorables entreprises des droits absolument personnels et exclusifs de tous autres services publics. Tout, dans la monarchie française, doit se faire et se fait pour et par le Roi. Son action plane sur ses peuples comme celle de la Providence sur toute la terre-, et en effet , sa surveillance s'étend également sur toutes les branches de l'administration publique , comme sa royale protection sur toutes les classes de ses sujets. térèts de rhistoite naturelle à tous les médecins qu'elle place sur les bâtiraens de l'État ? Certes , elle tie saurait être capable de la contra- diction qu'il y aurait à être aussi soigneuse lors du départ des bâti- mens engagés dans les divers services publics , et à se montrer tout-à- fail oublieuse des mêmes intérêts lors de la composition d'' expéditions entièrement scientijiques. Ce sont de nouveaux lieux qu'il s'agit de con- naître, et l'on s'interdirait plusieurs des moyens d'en rendre l'explo- ration tout-à fait complète ! A du savoir préalablement acquis, il ap- partient seulement d'enfanter de l'habileté et des succès. ( 35^ ) Mémoire sur T AlteiTiance ou sur ce problème : la suc- cession alternative dans la reproduction des espèces végétales vivant en société , est-elle une loi générale de la nature ? Par m. Durbau de La Malle , Membre de P Institut de France. (Lu à l'Académie des Sciences, dans sa séance du if' scptemb^ 1804.) L'expérience des quarante awnees écbiilëes depuis Arthur Young jusqu'à nos jours avait démontré que Tal- tfrnement des çécollies pour les plantes annuelles*, celui surtout des récoltes de grains et des récoltes sarclées , était une condition essentielle de la bonne culture. Je suis parti de et' point bien établi pour porter plus loin le compas de Tobservation , et des faits nombreux , sou- mis à un examen attentif, à une discussion scrupuleuse , m'ont prouvé que cette théorie, base de toute bonne agriculture , et qui ne date que oe la fin du dernier siècle , ét^it une Joi générale essentielle à la reproduc- tion, à la conservation des espècrs végétales vivant en société dans les- climats tempérés. Il en est de même pour les contrées si tuées éînlre les Tropiques , et où Tex- trême variété dés espèces qu'y rassemble et qu'y mêle la nature dans le même terrain est une sorte 'd'Alter- nance permanente. Je n'ai pas observé ces régions: mais plusieurs faits transmis par des saVans distingués qui v ont vé^u tendèhi à établir que la succession alternative des diverses espèces dans lé même sol y existe comnie sous la zone tempérée. ..'.,. ■ • ' Trente ans d'observations m'ont fourni 'dç^ plus qùel- ToME 'S,— Août 1825. ^ 23 ( 354 ) tjaes faits à ajoulcr aux fails déjà connus sur la pesanteur des bois nés dans divers sols, et sur la propriété qu'ont les semences de certaines familles de conserver très-long- temps leur faculté germinatrve. Tm annoncé ce résultat, il y a deux ans, dans une description du Bocage-Percheron , insérée dans les nou- velles Annales des voyages de MM. Eyriès et Malte- Brun. Landres , la lerre que j'habite dans le Perche , pro- vince qui est enclavée aujourd'hui dans le département de l'Orne , est située à quarante lieues de Paris , entre les forêts de Réno , de Bellesme , du Perche et de.Per- seigne. Ces forêts réunies occupent un espace de plus de i5,ooo hectares. Elles couvrent en général les hauteurs formant le > point de partage des eaux qui se versent au nord dans la Manche, d'elles^nêmes ou par intermédiaire de la Seine , et à l'ouest dans l'Océan , par celui de la Sarthe, de la Mayenne et de la Loire. L'élévation absolue des plateaux renfermés dans cette enceinte varie depuis cent quatre-vingts jusqu'à deux cents toises (trois cent soixante h quatre cents mètres). Plusieurs stations ont été mesurées barométriquement d'après la méthode de M. Bamond et avec des baromè- tres de Fortin. C'est le point culminant de cette partie de riutéîienr de la France. C'est là qu'aboutit l'extré- mité de la chaîne primitives qui coupe en deux la Bre- tagne , part de Brest et vient finir dans la forêt de Perseigne à quarante-six lieueâ de Paris ( 92,000 toises i84î000 mètres), quatre lieues au-delà d'Alençon. ( J'entends toujours j)ar lieue la lieue de poste de 2,000 toises, ) ( 355 ) La constilulioH géologique et miaéralogique du sol renfermé dans ces limites est très-varice. Les montagnes sont accessibles et peu élevées ; elles oflrent cependant en miniature l'abrégé complet des Alpes et des Pyrénées. En deux ou trois lieues de marche, on peut parcourir, observer tous les divers \ systèmes de stratification depuis le Granité , le Porphyre, le Gneiss, le Calcaire primitif, les Cornécnnes, jus- qu'aux Trapps, aux Amphibolites , aux couches de Schiste, d'Argile, de Calcaire secondaire, coquillier, magnésien , et enfin jusqu'aux Grès modernes et aux terrains de transport de la dernière révolution. Selon que le sol s'élève et s'abaisse , on trouve dans le terrain primitif, le Béril , le Quartz enfumé et lim- pide, l'Eméraude de Limoges, etc. Dans les terrains de formation postérieure les mar- bres , les pétrifications , les impressions de végétaux ou d'animaux sur l'argile , le calcaire magnésien ou si- liceux. Un géologue peut (in quatorze heures se rendre sur le terrain par la grande route de Brest , et y faire avec toutes les facilités possibles des recherches utiles , que je n'ai fait qu'indiquer , mais que J'indique avec con- fiance. Le Fer se trouve partout et sous toute sorte de for- mes , même dans les terrains les plus modernes ; les autres métaux sont plus rares. Les Marnes calcaires ou argileuses y sont très-fréquentes, y possèdent des pro- priétés très-variées , et sont avantageusement exploitées pour l'agriculture et la maçonnerie. Celte partie du règne minéral ayant été peu étudiée , je la désigne à l'attention des savans. On a trouvé dans ce pays des 23* ( M^C, ) Mines (l\)i\, dil-on , près de la Trappe -, ce qu'il y a de sur , c'est qu'on y voit des Pyrites sulfureuses : le Gypse ou Sulfate de chaux n'y a pas encore été observé. La Houille , la Tourbe ont été reconnues , mais n'y sont pas exploitées. 3'ai présenté l'aperçu de la constitution niinéralo- gique de ce terrain , parce qu'il offre dans un rayon de vingt mille mètres une très-grande variété-, que cette variété de sol peut être jugée capable d'influer sur la végétation: qu'enfin c'est Va que j'ai observé les faits donl^'je vais déduire les coiiséquences et présenter les principaux résultats. De plus , ce terrain me fournissant à peu près dans son enceinte, l'abrégé de la constitution minéralogique du globe, sauf les produits volcaniques, m'offrait les ciruonsiances les plus favoiables au but indiqué en tête de ce Mémoire , vie prouver que rAllernance est une loi générale de la nature , et qu'elle est une condition es- sentielle à la conservation et à la reproduction des es- pèces végétales vivant en société. Cette succession alter- native des divers végétaux a pour base le fait bien éta- bli de la longue faculté germinalive des graines. Le phé- nomène qui la prouve s»; lepiuiluit dans les futaies du Perche à chaque exploitation. La futaie en coupe n'est composée que de Chênes, de Hêtres (i), de quelques Châ- (i) Je réfuterai vu passant ui>e erreur qui vient de l'envie de trop ge'néraliser , et qui se trouve d«ns De Candolle , et lu Géographie gé- nérale des Plantes, par Scliow , volume i, Copenhague 1822; De Candolle dit »pie le hêtre prospère surtout dans les terrains calcaires. Schow modifie celte assertion, je la modifierai au -si en aftcsîant que des hêtres de 120 pieds croissent dans la forêt de Bellesmc sur un sol de Si'icc pure mêle' de détritus végétaux produits par eux-mêmes. ( :ih ) laigniers , d'Ormes ou de Frênes , dans la proportion, dey— environ. Les sous -arbrisseaux qui végètent seuls k l'ombre de ces (Jômtis de verduro sont le Houx et la Bourgène en petite quantité. Le y— ou le -pj-j de ces futaies est abattu chaque année. Elles sont généralement:, assolées à cet âge. On ne laisse en bidi veaux que des Chênes et dès Hêtres pour semer eli reproduire ; cependant à peine la futaie, est-elle abattue, que le sol se couvre uniquement en plan- tes et en sous-arbrisseaux , de Genêts , de Digitales , do Séneçons , de Vaccinium et de Bruyères ^ enfin crr^kt es de bois blanc , Bouleaux ou* Trembles. On abat c^ffiois blancs au bout de trente ans ; à peine succède-t-il quelques arbres à bois dur ; ce sont toujours des Bouleaux et des Trembles. Trente ans après , même destruction et même reproduction. Ce n*estqu'à la troisième coupe du taillis ,. après quatre-vingt-dix ans , que les Chênes et les Hêtres ,_ les bois durs enfin, ont reconquis leur patrie , ils restent maîtres du terrain sans partage , et ils étouffent tous les bois blancs qui voudraient l'usurper. Il faut donc 290 à 33o ans , pour avoir sur le même terrain deux coupes de futaies. Les bois blancs ont occupé le sol quatre-vingt-dix ans. Cependant il n'y a point de boîs blancs aux envi- rons , et leurs semences ne peuvent y être portées par les vents. Ce fait, constaté tous les ans , prouve donc que dans certaines circonstances, la faculté germinatrice des graines de Bouleau et de Tremble, et des soils-arbris- seaux ou plantes que j'ai cités , peut se conserver dans la terre au moins pendairt un siècle. Je pourrais ajouter des faits nomlo'eux à ceux que j'ai observés , je me borne à quelques-uns bien authen- tiqués. Si le principe général est juste, les autres vien- ( 358 ) dront s'y ranger. Rey (^Hist. plant. ) rapporte que le Sisymhrium irio poussa abondamment à Londres après un incendie. Jamais il n'avait crû spontanément en An- gleterre avant ce désastre. Selon Georgi et Pallas( nou- velles Annales des voyages d'Eyriès et Malte-Bnin , tome XIX , page io3 ; Georgi , Russie, tome VIII , page t3o8), « une forêt de Pins communs eniièrcment détruite ne se remplace pas sponiauément. A la place des Pins détruits , il s'élève des Sorbiers , des Bouleaux, des Obiers communs , des Tilleuls , des Framboisiers et d'aulrp arbustes analogues. » INSRj. de Buch confirme (îette assertion. Les Sapins et les Pins ne repoussent pas dans les endroits où on les a coupés , d'après la loi de botanique , qui ne veut pas qu'un arbre ou une plante croisse avec vigueur sur le point où vivait auparavant un individu de son espèce. Voyez de Buch , voyage en Norwège , tome i , page 319. Mackenzie ( I ) s'exprime en ces termes : « Une cliose » très-digne de remarque , c'est que , lorsque le feu » dévore une forêt de Sapins ( Ahies spruce) et de Bou- » leaux , il y croit des Peupliers , quoique auparavant il » n'y eût dans le taême endroit aucun arbre de celle » espèce. » Le Fraisier, dit Hearne (Voyages à l'Océan-Nord , p. 4^7» ^'*"4**5 trad. franc.), croit en plus grande quantité dans les endroits où le feu a passé \ cette particularité est commune à d'autres plantes , car il est reconnu que dans l'intérieur du pays > ainsi qu'aux forèls d'Albanie {\)J''ofez Mackenzie^ Voyage dans le IV. de rAm. sept, de 1769 1793, tome I, l'âge 36o j Traduction de Castera. ( 359 ) et de Morsae , après que les bois laîllîs et la mousse ont été brûlés , le terrain se couvre de Framboisiers vt de Ronces. M. Jederson a assuré à M. de Humboldl qu'il avait observe souvent -les mêmes faits. Cette succession alternative de divers végétaux existe de même dans les régions tropicales ou équatoriales. « Au Brésil , lorsqu'on ouvre nn grand chemin dans les forêts vierges , on voit repousser sur îes bcriÀcs Je ces routes , des arbres tout différens de ceux des forêts vierges et semblables à ceux qui croissent dans les Cn- preiras'^ puis succède le Pteris aquilina, puis une Gra- minée visqueuse , qui chasse tous les autres végétaux. » Entre Sainte-Thérèse et Monle^Video , la Violette, la Bourrache, VAnethum fœnicuïum., et quelques Géra- niums d'Europe , se sont promptemcnt naturalisés. 0es plantes qui, dans leur pays natal , ne se trouvent qu'iso- lées, vivent en société dans ces climats. Elles s'attacheiit aux pas de l'homme, entourent ses habitations, et s'em- parent des pâturages qu'il parcourt le plus. Les che- mins sont bordés à'Echium vulgare ; V Assena satiua e^i aussi commune dans quelques pâturages , que si on IV avait semée. On relTouv<> partout nos Mauves , nos An- thémis, notre Marrube commun, un de nosErisymum. a Un de nos Myagrum , dont le premier pied parut , il y a dix ans, sur les mnrs de Monte-Video, couvre, pres- qu'à lui sevil , tout l'espace entre celte ville et son fau- bourg. » « Le Chardon - Marie et surtout notre Cardon ( G- natA cnrdnnciilus ) se sont répandus avec profusion dansées campagnes du Rio de la Plata et de l'Uruguay. Ils couvrent aujourd'hui des terrains immenses. » Ces faits curieux ont été recueillis par M. Auguste C 36oj Saint-Hilaire (i), observateur et botaniste distingué, qui est resté six ans dans ces contrées. M. Du Petit- Thouars m'a fourni le fait suivant qui conGrme la loi tle la succession alternative des divers végélaux dans, les régions tropicales, « A l'Ile-de-France, quand on défriche une forêt , soit en arrachant , soit en brûlant les arbres , le sol se couvre instantanément d'espèces toutes différentes, la plu- part étrangères à l'île et originaires de Madagascar , telles que yHaronga^ et un Solanum arborescent, nommé Tabac marron , à cause de ses feuilles. Mais le plus abon- dant de toutes est le Ruhus rosœus de Smith , espèce de Framboisier originaire des Moluques. i) Je me félicite d'autant plus de pouvoir citer pour les régions tropicales deux observateurs aussi exacts et aussi éclairés^ que la série de faits qu'ils, présentent se rap- porte exactement avec. ceux que j'ai observés si souvent en France. • • Dans les clairières de ces futaies du Perche dont j'ai parlé, j'ai vu, depuis trente ans, les plantes sociales , telles que les Airelles (^Vacciniuni myrtillus^ et les Bruyères {Erica tetralix ^ ciliaris et cinerea)^ alterner plusieurs fois , et se succéder tour à tour. Je n'ai jamais vu pourtant s'opéier la destruction totale d'une de. ces espèces j l'une ou l'autre seulement prédomine avec une supériorité excessive. Le parti vaincu et non détruit répare peu à peu ses forces , se relève de ses pertes et finit par asservir son vainqueur, sans l'exterminer. Puis le cercle alternatif d'infériorités et de supériorités , de prédominance et de subjeclion , recommence. (i) Voyage au Brésil , page 871 , vn^ez 5* année , 5» cahier des Mç;^ moires, du Muséum d'iiisloirc IXaluiellei ( 36. ) Le même fait s'est présenté, dans des îles désertes , entre des Chiens et des Chèvres devenus sauvages. Les Chiens ont dV.bord détruit presque toutes les Chèvres, quelques-unes ont échappé en se réfugiant sur des ro- chers inaccessibles ^ alors la plus grande partie des Chiens est morte de faim , et les Chèvres n'étant plus inquié- tées se sont multipliées beaucoup à leur tour. Cette alternance des diverses familles , genres ou es- pèces de végétaux, s'est offerte cent fois à mes yeux pour des arbres, arbrisseaux, sous-arbustes et sous-arbris- seaux dans l'arrachement des haies. Je cite ce fait en seconde ligne , et j'y attache moins d'importance, parce que les haies entourant des cul- tures , étant d'ailleurs placées très-près d'autres haies , peuvent recevoir des semences fraîches , soit par les oiseaux, soit par les vents ou par les engrais^ que leur sol peut être modifié par ces mêmes engrais tirés des végétaux , animaux ou minéraux 5 circonstances qui rendent l'observation du fait moins précise que dans des futaies de 4»ooo à 10,000 et i5,ooo ar- pens. / Cependant j'ai arraché dans ma terre plus de cent haies, les clôtures étant trop multipliées, et comme on laisse la terre s'ameublir a ou 3 ans , pour la re- porter sur les champs, où la disposer aux cultures des céréales et des fourrages , j'ai vu partout germer, se développer et croître des végétaux herbacés ou ligneux dont la grande majorité était de familles , de genres ou d'espèces différentes de ceux qui occupaient aupara- vant le sol de la haie. Le même phénomène se présente dans les taillis ex- ploités en coupes réglées de 8 à 12, 20 et 3o ans. Tci le (36.) fait peut être mieux constate , et l'observation prend un caractère de précision plus rigoureux. Les mêmes phénomènes se sont reproduits constam- ment à mes yeux dans les taillis de trente ans , des quatre grandes forêts que j'ai citées. Ce serait répéier fastidieusement des détails toujours semblables. Je me bornerai à un exemple particulier que je prends sur ma propriété ^ car c'est là que j'ai pu observer plus long-tenjps , plus souvent et avec plus d'exa'ctitude. J'ai acheté , il y a vingt ans , cinquante hectares de bois taillis , nommés les Bois de Lamare ^ ces taillis croissent sur un teirain de transport mêlé d'Argile blanche , de Grès grossier en dalles plates , de mines de Fer, contenant du fer hématite irisé, le tout recouvert d'un bauc de pétro-silex mêlé à du Sable siliceux uni à un peu de Quartz. Ces taillis s'exploitent à six ans \ je les ai assolés à douze. Depuis , j'ai acquis cent hectares de taillis de vingt ans , contigus aux premiers , et qui faisaient partie du domaine de la Couronne et de l'apanage de Monsieur, qui a régné depuis sous le nom de Louis XVIIL Ils se nomment les Bois de Dambray, et sont situés commune de Mauves , arrondissement de Mortagne , départ(>ment de l'Orne. Les plans , descriptions et évaluation de ce tailh's , divisés par essences (i) de bois âgés et quotités , ont été conservés dans les archives depuis ii>.5o , époque de la réunion du Perche à la Couronne. Ces titres m'ont (\) Essences , mot technique des eaux et forêts, qui -vieiit tlVaiVe et non A'esia , comme essence , parfum , essentia. ( 36^3 ) été remis lors de mon acquisition. Ils contiennent plu- sieurs descriptions successives de la propriété. Voilà donc une longue série de faits qui peut infirmer ou confirmer la loi générale que j'ai établie. Qu'on fouille les archives des eaux et forêts , il s'y trouve plusieurs pièces analogues, remontant peut-être à des époques plus reculées. J'appelle et je désire l'exa- men. Je ne cherche point à former et à faire valoir nn système. Les essences de ces taillis sont plus variées en genres et en espèces que les futaies. Le sol est plein de sources à mi-côle , de marécages dans les bas-fonds , sec ei brû" lant sur les hauteurs j de-là une plus grande variété de végétaux ligneux ou herbacés. Dans le sol profond et humide, le phénomène de l'Al- ternance, du moins pour les arbres et arbustes, se re- produit plus lentement, et demande une plus longue période de temps. Néanmoins la loi générale s'y confirme , et je vais exposer les faits qui ne m'ont offert qu'une ou deux anomalies. Dans les fonds , au pied humide des côtes et dans les marécage! à eaux rousses , les Aulnes prédominent , les Marsaults ensuite, à peine quelques Chênes. Les végétaux herbacés sont la Prêle, le Ros-Soli8,des Mousses, Carex, Joncs, mêlés de quelques touflcs de bruyère , qui prédo- mine et s'occroit dans les années sèches , et s'aOaiblil sans s'éteindre tout-à-fait dans les années pluvieuses, ou lors- que les fossés d'écoulement sont obstrués. Plus loin, le- terrain se relève un peu; les Trembles, les Bouleaux pa- raissent. Un gradin au-dessus , le Chêne se mêle au. Bouleau qui vit sur le terrain siliceux , et pourtant ( m ) brave mieux Thumiditë que le Chêne et le Châtaignier. Dans le pied des côtes, où le sol est. plus riche , moins humide, toutes les Amentacées vivent en communauté avec des Ormes, des Rhamnus, des Rosacées , des Jas- minées, des I.égumineuses , des Tiliacées et même avec des Liliacées et des Thymélées. Les souches sont vivaces, franches^ ici, le besoin de l'Ahernance (et c'est ce qui arrive dans les contrées équatoriales) se fait sen- tir moins vile en raison de la grande variété d'espèces que nourrit le terrain ; c'est aussi là que le bois est plus fourré. Il en est de même pour le Méteil (i) et la Mou- ture de mars (2), qui donnent un produit plus abondant en paille et en grain étant mêlés, que chaque céréale seule, pourvu qu'ils soient semés dans le sol propre au Seigle ou au Blé d'été. M. de Beaujcu, l'un de nos agriculteurs les plus dis- tingués, m'a fourni la note suivante : « On a souvent blâmé , dans les livriis d'agriculture , le mélange des grains-, je crois que c'est une erreur. On dit, par exem- ple , qu'il vaudrait mieux, dans un champ de deux ar- pens de terre de moyenne qualité, en semer uii arpent en blé et un en seigle , que le mélange de ces deux grains dans la totalité du champ. Tout agriculteur praticier) aura pourtant la preuve que , dans ce dernier cas , le produif total du Méteil surpasse en paille et en grain celui que donneront les deux grains semés séparément'^ ce qui compense et au-delà le désavantage de ne pouvoir pas récolter les deux grains, chacun à leur vrai point de maturité, » (i) Mélange Je Triticum hihernxim et de Seigle. {•i) Mélange do TrUicum œsin^nm et H'Hordeum vulgare. ( .m ) Jj*Alleriiancc ne se manifesle sensiblement dans eetie portion (le bois que parmi les végétanx herbacés. De quatre à douze ans , le sol couvert de feuilles ne peut produire aucune plant<'. On coupe à blAnc, et le prin- temps suivant, la terre est couverte de Digitales , de Sé- neçons, d'IIyeracium, de Bourgène , de Bruyères même, qui clierchent à s'élever, et sont bientôt élouflees par les toulFes vigoureuses d'arbres plus robustes. M. Thouin , de rinstitut, m'a assuré avoir observé le même fait à Meudon, dans des circonstances semblables. C'est sur les côtes et le plateau des bois de Lamare et de Dambray que le sol étant homogène , dans 76 hec- tares (c'est toujours de la silice pure posée sur des bancs de grès et de silex) ^ c'est-là , dis-je. que la loi de TAl- lernance, n'étant pas modifiée par l'action des engrais, se manifeste avec la clarté la plus évidente. L'état des lieux de. 1720 constate que celte partie de taillis venait d'être semée en Chênes et en Hêtres ^ main- tenaiU . en 18^3, il ne reste que des souches sans vi- gueur (arrossies , pour me servir d'un mot patois très- énergique) qui occupent à peine le dixième de la su- perficie. Crs taillis s'exploitent à douze ans et se convertissent en charbon pour les forges de fer (i) situées à l'Ogny , bourg éloigné de quatre lieues. Toutes les places à (i) La mine de Fer <\st Irès-fusihle et très-riciie , elle donne de on à Go pour 100, au rapport de> maîircs de forges eux-naêmes qui l'a- chètent. Le bois ne' sur ce sol siliceux fournit iiu charbon d'un tiers ]>!us pesant que celui des bois situe's dans les vallons entoures par ces cAtes siliceuses. J'ai pns un rejeton de Chêne de 6 ;;>ieds de long, de :» pouces de .diamètre, je Tai mis dans une balance exacte avec une tige de Bouleau ëgale en âge , en grossear , ee longueur, et celle-ci avait qn ( 3(iG ) clKirl)on , c'est-à-dire remplacement du fourneau où on Q carbonisé le bois, se couvrent de Trembles sitôt que le fourneau est refroidi. Cependant, il n'existe en bali- veauic, sur toute cette surface, que des Chênes, des Hêtres ou des Bouleaux. Le Tremble , qui aime des . terrains bas et humides, ne se plaît pas sur un sol aussi maigre et aussi brûlant. Il y a, dans ce cas , peut-être un phénomène chimique qui se combine avec la loi gé- nérale de rAlternement. L'alcali et le carbone produits par la combustion des bois , peuvent modifier ce sol siliceux planté en majeure partie de Chênes. Mais je dois me borner à exposer les faits, et me dé- fendre de les expliquer. C'est aux Davy , aux Berze- lius, aux Gay-Lussac, aux Thénard, dignes rivaux de Th. de Saussure , à nous donner la vraie théorie de la végétation. S'ils passent quelques mois de l'année à la campagne, s'ils rassemblent tous les faits bien constatés , s'ils y appliquent les forces de leur génie , les ressources do leur art et la constance de leurs investigations , l'a- griculture, qui olfre la plus vaste application des forces tiers de poids en sus. 11 y a deux mois que rencontrant des charbon- ni«^s qui menaient à la forge les charbons formes de mes bois, je leur fis plusieurs question», entre autres , s'ils pesaient les sacs de charbon ? Ils me dirent que oui, et que le sac de charbon des côtes de Laraare et de Ï3ambray pesait de 140 à i5o livres (70 à 75 k.), tandis que celui des taillis des vallées calcaires , situées un peu au- dessous de ces côtes siliceuses, ne pesait que de 80 à 100 livres (4o à 5o k. ), quoique ce fussent les mêmes espèces de bois. On voit donc que les, calculs précis adoptes par^ la uiarine et la physique vége'tale qui donnent au pied cube de Bouleau a4 k. , et à celui de Çhâne rouvre {^quercus robw) ,ZQ k. de poids, sont inexacts, qu'il faut prendre une moyenne proportionnelle sur un grand nombre de pesées , et qu'ici comme dans beaucoup d'autres cas , le calcul des probabilités est plus exact que le calcul rigoureux. ( 3<-.7 ) physiques, deviendra véritablement une science , au lieu d'être livrée à l'empirisme et à la routine. Pour l'amélioration de ces côtes arides et siliceuses que i'ai décrites , j'ai fait depuis vingt ans de nombreuses épreuves et contre-épreuves qui toutes m'ont conduit à reconnaître que rAltcrnance est une loi générale imposée à la végétation par l'auteur de la nature; que la succes- sion alternative est utile pour les végétaux de la plus longue durée autant que pour ceux dont la vie est moins longue ; autant pour les plantes vivaces que pour les annuelles et bisannuelkis ', et que vraiment, à moins de changer la nature chimique du sol par des engrais ou par une division mécanique , le semis , la plantation des espèces les plus appropriées à la nature du terrain , se- ront toujours infructueux , si on rend les mêmes es- pèces ou des espèces analogues à un sol qui en est déjà rassasié. Les bruyères seules m'ont offert une excep- tion. Je passe au détail de ces expériences , et je citerai avec la même bonne foi les deux seules anomalies qui se soient présentées. J'ai voulu repeupler ces cotes ou plateaux arides qui formaient le tiers ou 3o hectares de mes biens» Première expérience. J'ai suivi les procédés banaux indiqués dans les ou- vrages d'agriculture. On défendait l'écobuage ; je l'ai proscrit. J'ai fait piocher le terrain , retourner la bruyère, arracher, labourer, herser, ameublir; j'y ai semé avec l'Avoine, des graines de Bouleaux, Chênes et Châtai- gniers, choisies avec soin , les glands et châtaignes stra- ( ^i<>î^ ) liliés daiif l'hivc^r avec du sable frais mêlé de sùîe , pour dégoûter les mulots de les attaquer. Ces graines avaient été recueillies sur de vieux arbres nés dans un sol ana- logue à celui que je voulais planter eu bois , et ce sol semblait très-convenable à ces espèces de bois. L'Avoine a été semée dans une terre bien préparée , par un temps très-favorable. Elle a levé, a langui un ou deux mois , et avjiut le développement du tuyaU il n'en existait plus un brin. La bruyère a repris le dessus. Les Cliènes et Châtaigniers ont germé faiblement et disparu en eniier au bout de deux ans; le Bouleau au bout de quatre ans, La contre-épreuve a été faite chez moi. Un taillis de 4 arpens ('x hectarv's ) a été planté par mon père , il y a trente- cinq ans. Le sol de terre fra»che un peu argi- leuse était couvert de bruyères. On a écobué, labouré, semé des Châtaignes, et planté des Bouleaux à la char- rue. Des Trembles s'y sont élevés tout seuls. Le bois a réussi merveilleusement. Il est assolé à huit ans, et vendu pour charbon. Dans toutes les places à charbon , le Tremble et le Bouleau croissent en abondance. Le terme d'épuisement du sol pour les espèces dominantes n'étant pas encore venu^ le besoin de la succession alter- native ne se fait pas encore sentir. Je n'ai pourtant jamais vu des Chênes germer sur ces cendres , et il y en a beau- coup pour baliveaux dans le bois. Cet arbre , qui se plaît dans le sol argilo-siliceux , craint-il un mélange trop fort d'alcali et de carbone ? Deuxième expérience. J'ai fait plus : j'ai choisi un arpent de terrain d'un ( 369 ) «able profond , couvert de six pouces de lerre de bruyère. Je l'ai fait pioclier, bêcher, nettoyer, cultiver en pépi- nière ; je l'ai couvert de graines de Bouleaux ; une source était à cent pas; j'ai fait arroser les semis. J'ai obtenu une moisson superbe de Bouleaux que j'ai distribués sur les vides du taillis , et plantés dans des fosses à la pioche et à la bêche. J'ai laissé en quinconce dans la pé- pinière les plants les plus vigoureux. A peine existe-t-il le millième des plants laissés ou plantés à l'âge de deux ans, soit dans la pépinière , soit dans le bois ; le reste est rabougri, languissant, et s'éteint successivement. Troisième expérience. J'ai pris des forêts voisines et planté 4oo milliers de plants de Bouleaux vigoureux de trois à cinq ans, sans obteuic plus de succès. Quatrième expétience. Les Glands, Faines, Châtaignes, graines d'Ormes et de Fênes , semés en place dans des fosses ameu- blées et abritées par la Bruyère, sont restés aussi in- fructueux. Ici se présentent les anomalies dont j'ai parlé, et qui sont une légère exception à la loi générale de l'Alter- nance; car il n'y avait d'Ormes et de Frênes dans mes bois que dans les fonds riches et humides. Or, j'opé- rais alors sur le plateau culminant et sur les pentes arides situées à l'est et à l'ouest. Les Frênes et Ormeaux , jeunes Hêtres et Chênes de deux ans que j'ai plantés, n'ont pas mieux réussi. J'en donnerai plus bas la raison. Tome. V. a^ ^ ( -v ) Cinquième expérience, ïn 1806, M. Thouin me donna un sac de graines prclendues Larizio , qui lui venaient de Corse. Je les se- mai à Landres , dans mon jardin , sur une terre argileuse et fumée , recouverte d'un pouce de terre de bruyère. J'ai obtenu des plants nombreux de Pins maritimes , Pinus maritima, et de Pins rouges, Pinus syhestns , mêlés de quelques Larizio, que j'ai fait arracher sans soin la deuxième annéei, comme on arrache l'Oignon, et que j'ai jetés négligemment, soit dans les vides cou- verts de Bruyère , soit dans les fosses qui étaient deve- nues le tombeau de mes premières plantations d'Amen- tacées. ' Ces Conifères ont déployé une végétation remarqua- ble sur fee sol , où un mur de Silex et de Grès est à peine couvert de trente-quatre pouces de sable ou de terre de Bruyère. Quelques-uns ont atteint trente à qua- rante pieds de haut , donnent déjà quelques graines fer- tiles , et la mortalité a été à peine sensible. Le mcme fait peut être constaté dans la forêt de Fon- tainebleau, où le sol et les circonstances sont analogues au terrain (jue j'ai soumis à rexpérience. Les Conifères semées par Louis XVI végètent avec la plus grande vi- gueur depuis trente ou quarante ans sur des espaces qui n'étaient couverts que de Bruyères et de Chênes ra- bougris. Sixième expérience. Encouragé par ce succès , j'ai tiré des Sapinières , si- tuées du côté de l'Aigle , plusieurs milliers de jeunes Sapins {Ahies taxifoUa), vigoureux et sains. J'ai fait enduire la racine d'une dissolution d'argile et de bouze de vache ; j'ai plante avec soin. Pas un de ces arbres n'a surv<5cu : cette anomalie s'explique comme les pré- cédentes par le changement des conditions atmosphé- riques résultant du transport de jeunes plants nés , éle- vés à l'ombre protectrice de leurs pères, dans un sol aride , découvert , brûlant, et exposé h toute l'action du soleil, de l'air, des vents, et des changemens de tem- pérature. Si l'on combat la loi générale que j'ai posée , je de- mande que dans la comparaison attentive , on pose pour premier élément , un€ identité parfaite de circonstances. Septième et dernière expérience. J'ai fait peler cinq arj>ens ( deux hectares et demi ) de Bruyère^ située sur ce même plateau et sur les pentes orientales dont j'ai parlé ; on a enlevé la Bruyère avec des glèbes ou couènes de terre de trois à quatre pouces de large , on a fait l'opération en avril , on a laissé sécher jusqu'en août; déjà le sol était envahi par des Joncées, desCypérées , des Graminées, preuve de la puis- sance et du besoin de l'Alternance. On a brûlé en août. En octobre on a semé du Seigle sur un seul labour léger de deux à trois pouces ; le Seigle a donné unef moisson superbe. L'an suivant on a semé de l'Avoine sur un seul labour avec des Glands , des Châtaignes, des graines de Bouleau , et le terrain s'est couvert d'un Taillis fort bien venant , dont rien n'annonce la destruction. Quelques Conifères y ont été jetées pour servir de baliveaux. Leur >4* ( 370 Vine^ leur forcc.eaV irès-supérieure à celle des Amen- tacées. Ce sol s^était cependant montré rebelle à Ions les ef- fprts ayant (jue la combustion des Brujères , et de la tçrrç forn^ée de Jewrs débris , eût changé la nature chi- mique du terrain. Un exemple dans ce même sol , pris sur une portion cpnliguë, prouve que la division mécanique donne nais- sance à des phénomènes analogues , ou du moins con- duit aux mêmes résultats. Il y avait jadis des forges à bras dans le pays voisin, elles ont croulé dans Iç dernier siècle y on a fouillé quarante à cinquante arpens (vingt à vingt-cinq hec- tares) de ce plateau aride pour en extraire la mine de Fer. Les trous d'.extraction qui s'est faite à ciel ouvert y sont placés de cinq en cinq toises. Eh bien , les bois durs. Chênes, Hêtres, Châtaigniers, ont encore une vigueur, une épaisseur, un fourré remarquable, tan- dis que le sol voisin qui n'a pas été remué , n'offre que d('s souches maigres , appauvries, et avec tous les caractères de la décrépitude. Ces faits ne contredisent point, ne détruisent point la loi générale de rAlternaiM (^ ^ et voilà pourquoi j'ai demandé qu'en répétant mes expériences , on se plaçât dans une identité complète de circonstances; car, pour nn observateur superficiel et inattentif, le lieu que j'ai appelé en témoignage de la constance de la loi , sem- blerait déposer en faveur de l'exceplioD. Voilà pourquoi aussi j'ai choisi pour exemple des sols soumis à l'influence des seules forces de la nature , des terrains où l'action de l'homme, celle des engrais ou des divçrs moyens qu'il emploie , ne pouvaient changer, ( 373 ) modifier, suspendre ou altérer pendar>t quelque îetnps les règles générales de la succession alternative. Plantes sociales. Les plantes qui rivent en famille , telles que les Bruyè- res j.les Vaccinium , les Genêts, les Ajoncs , etc. , sont sujettes , avec quelques modifications , à la loi générale de l'Alternance, et conservent aussi pendant un siècle leur faculté germinative ; seulement les espèces du geûire Erica alternent entre elles, c'est une anomalie qui mé- rite d'être observée long-temps et avec soin. Les landes de l'Ouest, où les Genêts et les Ajoncs prédominent, et couvrent des espaces immenses, pré- sentent un champ facile et sûr d'observations curieuses pour la végétation de ces plantes sociales. J'ai vu dans les coupes de Futaies de cent vingt ans, où les seuls sous-bois étaient des Houx (Ilex aquefo" lium) et quelques Bourgènes { Rhamnus frangula) ^ le sol se couvrir, outre les Trembles et les Bouleaux dont j'ai parlé , de Genêts , de Bruyère , en telle abon- dance que celte production ne pouvait évidemment être attribuée à, des transports de semences par les vents o« par les oiseaux. Les graines de Moutarde et de Bouleau conservent, même sous l 'eau , leur faculté germinative pendant vingt à trente années. J'ai chez moi une écluse de moulin qui n'est curée qu'au bout de vingt ans. Chaque fois qu'on fait cette opération , la vase se couvre d'abord d'une moisson très- épaisse de Moutarde ( S inapis nigra) , à laquelle succède une pépinière de Bouleaux qu'on n'a pas semés. Ainsi , ( 374 ) Tombrage des grands dômes de verdure fait le même- elFel pour empôclier la germinalion des graines que la présence d'une nappe d'eau , d'une couche épaisse de terre , étendues sur elles. On sait que le contact de la terre avec l'atmoephère est essentiel pour la germination. Mais cetle observation prouve que l'eau n'altère pas , du moins pendant vingt ans , la faculté germinative , et comme les deux milieux sont très-différens, il doit se passer, dans l'un et dansl'autre cas , des phénomènes chimiques différens aussi, qui, exa- minés par d'habiles physiciens , pourront conduire à l'ex- plication positive des lois générales ou particulières de la germination ; et (i) , quant à l'Alternance , j'ai vu de- puis trente ans sur les mêmes clairières situées au milieu des forêts dont j'ai parlé , les Eiica viilgaiis , ciliaris, tetralix et cinerea , acquérir tour à tour la prééminence, et les Vaccinium chassant, ou plutôt subjuguant les Éricas , et en étant subjugués à leur tour. (i) Les racines de certaines familles de plantes peuvent conserver assez long-temps, sous terre, leurs facultés vitales, sans pousser du tiges au dehors. Voici un fait que j'ai observé, et sur lequel j'appelle l'attention des naturalistes. Un mur de mon jardin était tapissé de Clématite (C viticclla) , de Lilas et de Jasmin. Ce mur tomba en i8ai , et fut reconstruit , la même année, sur une largeur dou- ble, avec des fondations de 5 pieds de profondeur, qui occupent la portion du terrain où végétaient ces arbustes. Les Lilas et les Jas- mins ont péri. La Clématite seule vient de pousser, au printemps do 18^5, des jets forfs et vigoureux. UneApocinée, au Jardin du Roi, observée par M. le professeur Desfontaines, a offert, après le même laps de temps , une résurrection semblable. Quel est le moJe de végé- tation , de développement de ce» racines privées de tiges, pendant celte époque et dans ce milieu ? C'est un fait de physiologie végétale qui me semble mériter d'être observé avec soin. ( 375 ) Prés artificiels de plantes pérennesi Ce qui se passe tous les jours sous nos yeux dans les Prairies artificielles prouve évidemment la loi générale de raherneraent , et confirme l'exception momentanée qu'y apporte Tameublissement , la profondeur ou la division mécanique du sol , conditions que j'ai eu soîii d'exclure de mes expériences. Je prends le Sainfoin et la Luzerne pour exemples. Tout le monde sait que, dans les sols profonds, ces deux légumineuses durent la première jusqu'à huit , la seconde jusqu'à vingt ans ; mais Tobservation de ce qui se passe sur la terre, pendant la durée de ces Prés artificiels, prouve encore évidemment, ce me semble, la loi générale de l'Alternance que je considère comme une condition essentielle de la conservation et de là re- production de végétaux vivant en société. En effet , l'es Luzernes et les Sainfoins ne sont presque jamais atta- qués fortement par leurs congénères ou même par les peuples de leurs tribus , les végétaux de la grande fa- mille des légumineuses , qui sont pourtant vivaces et doués de la faculté d'association , tels que les Trifoliam repens , lagopus , rubens , fragiferum , les Mèdicago lupulina, les Melilots, les F^esces,\es Ononis et autres papillonacées analogues. Je les ai vues quelquefois attaquées par les Cuscutes , mais les Graminées sont leurs ennemis les plus acharnés , et finissent par les détruire sans pouvoir les exterminer entièrement. Ce fait explique la conservation des es- pèces les plus délicates depuis la dernière révolution géologique du globe jusqu'à nos jours. ( 376 ) Cependant la profondeur et la division du sol n'est pas une condition absolument nécessaire pour la longue durée de la Luzerne et du Sainfoin , comme on l'a cru jusqu'ici. Cet axiome n'est vrai que pour la quantité du produit; il est vrai numériquement ou agricolemeut par- lant^ si je purs m'exprimer ainsi, il ne Test pas dans le sens absolu. J'ai cbez moi , à Landres , des pieds de Sainfoin iso- les , au milieu de Graminées vivaces , sur un sol argi- leux d'un pied au plus d'épaisseur reposant sur un banc de Calcaire coquillier ^ et ces légumineuses sont les restes d'un Sainfoin éteint depuis cinquante ans. Ils sont très- vigoureux et semblent épier le moment de recouvrer leur empire. Loi admirable de l'auteur dfe la nature pour la con- servation des êtres. L'homme , avec toute sa puissance , peut diminuer et ne peut éteindre les espèces les plus nuisibles. Prés naturels. ~ Je me borne à ces deux exemples dans les Prairies artificielles. Je pourrais accumuler une quantité de faits semblables qui ne seraient que la répétition des mêmes circonstances , et conduiraient aux mêmes résultats , la loi générale de l'Alternance. Je terminerai ce Mémoire par l'examen de la végéta- tion des Prés naturels , et je résumerai les principaux faits qui y sont contenus , les conséquences que j'en déduis. Plaçons-nous , pour l'observation des phénomènes qui^ ( 377 ) se succèdent dans la longue existence des Prés naiurcls^ au même point fixe que j'ai choisi pour étudier la loi de rAlternance dans les F'utaies et les Ta'iUis. Écartons Faction de toute espèce d'engrais végétaux ou minéraux, même des irrigations estivales ou hiber- nales. Choisissons un plateau dominant les collines et les vallées d'alentour , soumis seulement à l'action des pluies et des conditions atmosphériques. J'insiste sur cette exclusion , parce que depuis trente ans j'ai vu l'emploi des engrais très- variés, usités dans le Perche , tels que chaux vive , alcalis , carbonate cal- caire ou argileux, plâtre, poudrelte, fumier de cheval, de bœuf, de moutons , de cochons , de poules , d'oies et de canards , changer subitement la proportion entre les espèces de fourrages naturels. Les irrigations hibernales chargées de tous ces en^ grais , les irrigations des rivières chargées aussi de ces mêmes substances , jointes aux débris des poissons , des reptiles , des insectes et des mollusques qu'elles contien- nent , modifient plus ou moins la constitution chimique du sol. J'écarte donc ces circonstances comme autant de per* turbalions dans l'ordre d'Alternance que je cherche à déterminer. Je réduis le problème à des termes simples , à des va- leurs facilement appréciables. Je pourrai quelque jour donner un tableau exact de- l'action des divers engrais végétaux ou minéraux , sur la végétation , et même la germination des plantes de plus de vingt familles. U ne faut pour cela que transcrire , rédiger et cooe- (378) donner le jaurnal d'observations que j*ai fahes dan^ le cours de trente ans, dont plus de la moitié a été passée à la campagne. Je ne présenterai .néanmoins que des faits observés , constatés par des expériences répétées , je me garderai de la manie d'expliquer. Dans plusieurs plateaux isolés, tels que je les ai dé- crits plus haut, j'ai vu cinq à six fois, pendant le cours de trente ans , les Graminées et les Légumineuses perdre et remporter successivement la prééminence ^ j'ai observé constamment la même alternative de prédominance et d'infériorités ; j'ai vu rouler l'alternement dans un cer- cle uniforme qu'on pourrait diviser, pour le rendre sen- sible à la vue , en portions blanches et en portions om- brées , sauf quelques intervalles qu'il faudrait laisser pour l'espace occupé par les genres distincts des espèces prédominantes. La même loi générale qui régit la reproduction des arbres en Futaie , en Taillis, des sous-arbrisseaux crois- sant à l'ombre , ou à ciel découvert , sous ces Futaies , ou dans ces Taillis , qui régit les plantes sociales , sau- vages ou cultivées , pérennes , bisannuelles ou annuel- les ^ cette loi générale de l'Alternance s'applique avec la même rigueur aux Prés naturels , et je suis assez heu- reux pour être à portée d'en mettre un exemple sous les yeux de l'Académie. Expérience à Paris» J'ai acquis , en i8r8 , la maison du voyageur Volney , mon confrère à l'Institut, située rue de la Rochefou- cault , n** II. En 1820, je priai M. Gabriel Thouin de dessiner le (.379) jardin avec une pelouse au milieu. Le sol est sec et aride, comme le plateau de Montmartre ; il repose sur le banc de Gypse qui a fourni même les moellons pour les murs de clôture ; M. G. Thouin choisit , vu l'aridité du sol , les Graminées les plus sèches et les plus dures des hauteurs près de Versailles. Croyant que ces seules espèces pouvaient végéter sur ce sol, et désirant obtenir un gazon uni , j'ai fait sar- cler avec soin , lés deux dernières années , toutes les autres plantes, même les Légumineuses. J'ai été absent du 6 octobre 1822 au premier août 1828 ; le sarclage a été interrompu , et telle est la tendance de la nature Ters l'AUernance que la moitié de la pelouse est déjà envahie par le TrifoUum repens. Je l'ai montrée, le ^ août i823 , à M. G. Thouîn \ il peut attester la vérité du fait, que tous les membres de l'Académie sont d'ailleurs à portée de vérifier. Ces observations sur Talternement successif des di- verses familles dans les Prés artificiels pércnnes et dans les Prairies naturelles, ont été aussi constatées par M. de Beaujeu, mon voisin de campagne, membre correspon- dant du conseil général d'Agriculture, près le minis- tère de l'Intérieur, qui, depuis douze ans, fait valoir trois cent cinquante arpens à Viantais , près Rémalard. Comme c'est un homme doué d'un esprit d'observation remarquable , qu'il est très-versé dans là connaissance et l'application des sciences physiques et mathématiques , qu'il cullive en théoricien instruit , et non en suivant l'ornière de la routine \ cette coïncidence dans les faits et dans les résultats d'expériences faites séparément , sur des points éloignés de quatre lieues l'un de l'autre, m'a donné lieu d'espérer quô j'avais résolu le problème , et ( 38o ) m'inspire plus de confiance pour le soumettre à l'examen de mes confrères, que je regarde comme mes maîtres et mes juges. Résumé et Conclusion. Il résulte donc des expériences contenues dans ce Mémoire : i". Que la faculté germînative des semences de beau- coup de végétaux pris dans un grand nombre de fa- milles naturelles, peut se conserver vingt ans sous Teau , et cent ans au moins dans la terre, pourvu qu'elles soient soustraites à l'action des conditions atmosphé- riques ; 2<>. Que la variété minéralogique des sols n'influe pas sensiblement sur la végétation, à moins qu'on ne change la nature chimique et hygroscopique du ter- rain , soit par l'action des engrais , soit par la division mécanique ; encore ne fera-i-on que reculer le terme de rAlternance qui se manifestera tôt ou tard ; 3°. Que la pesanteur spécifique des bois varie dans la proportion de i à 2 , selon la nature du terrain pro- ducteur des arbres , et qu'une moyenne proportion- nelle tirée d'un grand nombre de pesées de bois de ^ème âge , de même espèce , choisis dans divers sols , et dans «ne identité parfaite de circonstances , pourrait seule donner une détermination précise ^ 4*. Enfin , que la succession, alternative dans la re- production des espèces végétales, surtout quand on les force à vivre en société , est une loi générale de la na- ture, une condition essentielle à leur conservation, à leur développement. Que cette règle s'applique également aux arbres de haute-futaie, dont la vie est la plus longue, ( 38i ) mix arbrisseaux, arbustes el sous -arbrisseaux, régit la végétation des plantes sociales , des Prairies artifi- cielles , des Prés naturels, des espèces pérennes, bisan- nueilcs, annuelles, vivant en société ou môme isolées; qu'entin, cette théorie, base de toute bonne agricul- ture, et réduite en fait par le succès prouvé de Talter- nement des récoltes , est une loi fondamentale imposée à la végétation par l'auteur de tout ce qui existe. Observatious sur quelques plantes rares ou nouvelles de la Flore Française j Par m. Requien. \. Alnus ellipiica , foliis ellipticis, obtiisis , regulariter dentatis , glutinosts, axillis venaruin sublus villosis ; fructibus paucis, majo- ribiis. Cet Alnus est intermédiaire entre YAlnus glutinosa et V Alnus cordifolia ,• il dilFère de celui-ci par ses feuilles non cordiformes, et du premier par ses feuilles parfai- tement elliptiques, non écbancrées , à dents presque égales et peu profondes. Ses pédoncules rameux ne por- tent que deux à trois fruits semblables à ceux de V Alnus cordifolia^ et quatre fois plus gros que ceux àiiV Alnus glutinosa de Provence et de Corse , qui , je crois , doit former une espèce distincte de celui du Nord. J'ai trouvé ce bel arbre, avec Andibert de Tarascon , en Corse, sur les bords de la Salenzara , près de l'embouchure de celte rivière. 3. Al^nts ^uaveolens ^ fpliis tubrotundis , duplicato-serratis, margine crispis, glabris. yJltius montana, lato , crispo, glutinoso folio setrato. Borcon. mus.', p. i38. Alnus lato crùpo foiis pjusd. T. g6. ( 38. ) VtAlnus montnni , crispo glutinoso et d«nticulato folio ejusd. p. i38; Alnus monlana denticulato crispo folio, T. 96, paraît être la même espèce. Je ne puis me décider, comme l'a fait M. De Can- dolle, à rapporter VAlnus viridis , et, par conséquent, le sua^^olens qui en est voisin, au genre Betula-, ils s'en rapprochent, à la vérité, par le nombre des éta- mines *, mais leur fruit est bien celui d'un Aulne , et je croîs que ces deux espèces doivent être maintenues dans ce dernier genre , ou en constituer un qui serait inter- médiaire. J'ai recueilli l'Aulne odorant dans les mêmes lieux que Boccone , sur les hautes montagnes de la Corse , à Campotile , sur les bords du lac d'Ino, et surtout en descendant de ce lac dans la forêt de Vuldionello. Dans ces derniers lieux il forme des massifs d'un vert noi- râtre d'une grande étendue , de six à huit pieds de haut, et tellement fourrés qu'on n'y pénètre qu'avec peine , et qu'on en sort tout recouvert de la résine abondante dont les feuilles sont surchargées, et qui répand une odeur balsamique fort agréable. Il diflfère de l'Arbre vil l ou Bouleau ovale par ses feuilles glabres , crépues sur les bords et obtuses. M. Pourole l'a trouvé sur la Corcione , et M. Soleirol sur le Monte-Giosso. 3. Jjalsamlta ^udlbertii, foliis bipinnatifidis pubescentibus, laciniis Hneari lanceolatis, incisis , acutis; floribus paucis subcor^^mbosis Sa racine est rameuse et traçante^ du collet partent plusieurs tiges d'environ un pied de haut et légèrement pubescentes , ainsi que les feuilles qui sont bipinnati- fides et découpées très-régulicrement. Les supérieures, de l'aisselle desquelles partent les pédoncules , sont seulement pinnatifîdes , quelquefois même entières. Les pédoncules uniflores sont au nombre de deux à six , ( 383 ) disposés en corymbe. J'ai trouvé celle plante en Corse, dans la forêt de Valdoniello , en descendant dn lac d'Irio , pour venir à Calasima , à plus de huit cents toises de hauteur an-dessus de la mer. J'ai dédié cette espèce à mon compagnon de voyage en Corse , à mon ami Audi- bertaîné , de Tarascon , dont la réputation est faite , et qui , par ses connaissances botaniques et horticulturales, a fait de ses pépinières de Tonclle le plus bel établisse- ment du Midi. 4. Bellîum nwals ^ scapo nudo brevi ,_unifloro, villosoj seminibus elongulis, glabri? , 4 arislatis. Le B, BelUdioidesa a les hampes nues, filiformes, parsemées de quelques poils rares \ chaque plante émet aussi plusieurs autres hampes surmontées d'une rosette de feuilles semblables, or iinairement plus petites que les autres ; chacune de ces rosettes pousse une nou- velle hampe surmontée d'une fleur , et qui pousse des racines lorsqu'elle touche la terre ; ces graines sont ovales, hérissées et surmontées de huit écailles et d'autant d'a- rêtes, situées entre les écailles. Il est bien figuré dans Yiviani Fragmenta, tom. 10, f. i . Je l'ai trouvé dans toute la Corse , sur les rochers au bord de la mer , à Sarri , Bonifack), Lavesîo , Saint-Florent^ il monte successi- vement sur les montagnes les plus élevées , et je l'ai recueilli à Campolile , et près du lac d'Ino à 1000 toises de hauteur au-dessus delà mer, conservant toujours sa forme et ses caractères. Le Belllum des nègres en dif- fère essentiellement par ses hampes courtes, velues, blanchâtres, non prolifères, par ses fleurs roses plus petites , et par la forme de ses graines allongées , glabres et à quatre arêtes , et autant d'écaillés ; ses feuilles, plus petites, ressemblent à celles du B, Beîlidioides ^ quoique ( m ) ' ^énérnîcmeiit d'une forme plus allongée vl moins spa- lulée^ elles sont parsemées de poils. Il croît sur les plus hautes montagnes de la Corse, anptès des neiges, sur les monte Rotundo et Corcione , où M. Soleirol Ta trouvé. S* JEuphorbiacorsica, umbella 5-8 iicla bifîda; bracteoHs cordatia, subrotundis, obtusis^ foliis corîaceis, coofertis^ siibspatulatis, mu- crone recto j capsulis glabris; scminibus laevibus. Sa racine est très-forte, ses liges nombreuses, mais la iplupart stériles 5 elle a le port de l'Euphorbe de Nice, dont elle diffère parla forme de ses feuilles et de ses bractées ; elle se distingue de l'Euphorbe myrsinite, par sou porl droit, ses feuilles moins arrondies dont la pointe est droite, par ses bractées arrondies et ses bracléoles obtuses. Les divisions de Tinvolucre sont à deux cornes. Elle vient en abondance à Campolite en Corse, à près de mille toises de hauteur, tandis que les deux précédentes croissent dans les contrées chaudes et sur le bord de la mer. 6. Helxinc. Car. gen. , monoica, tVIasc. flores solitarii perigonio cainpanulalo 4 parlito. /^Ge/7t. perigonio persistente, ventricoso supra triparlito. Semen unum. Ce genre , voisin des Pariétaires , en diffère par ées fleurs solitaires „ monoïques, et par le périgone femelle, partagé au sommet eu trois divisions étalées. Il diffère des Orties par le périgone femelle monophylle. Helxine , dérivé du nom grec de la Pariétaire , que Linné avait déjà consacré à une partie du genre Poly- gonum, avant de donner ses noms spécifiques, et qu'il a supprimé dans ses species, 7. Uehine Soleirolii. Caulibus repentibus, intricalis , radicantibuB j foUis obliquis , subrotnndis , laeviter pilosis. Floribus solitariis axil- )aribiis. ( «5 ) M* Soleirol, rnpiiaj^nc du génie tniiitairc , qui a par- couru toute l«i Corsi^ «'t fait nn herbier considérable des plantes de celte île , a trouvé cette jolie plante à Cer- vione, dans un lieu ombragé, contre une muraille où elle forme des gazons très-fournis. Elle croît aussi.au cap Corse. Ses tiges nombreuses et rampantes poussent des racines à chaque nœud qui touche la terre; les prin- cipales sont lisses, les rameaux légèrement velus. Les feuilles seraient presque rondes sans Tévascmcnt latéral qui les rend obliqu(»s ; elles fiont ciliées et parsemées de quelques poils sur la face supérieure. Les fleurs mâles sont brunes , campanulées , quadrifides , à divi- sious égales, ciliées, et à quatre étamines. Les péri- gones femellos sont ovales, persistans, hispiles , renflés, étranglés au-dessus delà graine , et enfin, divisés en trois lanières arguës ciliées, ils renferment une seule graine. 8. Lepidium humifusum^ siliculis ovatis alatis emaiginatis glabrius- culis ; foliis radicalibus lyrafîg ovatisque, caulinis sagittatis inlegris; cuulibiis prostratis basi giabris ^ superne pubescentibus. J'ai trouvé cette pfan te dans la forêt de Valdoniello , avec la Balsamita ^udiberti. M. Soleirol l'a trouvée sur les monte Grosso et Corcione. Sa racine est dure, rare- ment rameuse; ses tiges sont nombreuses et étalées sur la terre , glabres à la base , légèrement pubesrentes au sommet; les feuilles radicales sont en forme de lyre, rarement ovales-entières -, celles de la tige sont lancéo- lées et à oreillettes; elles soi^t ord-înairement glabres, quelquefois pubescentes , même velues. Les pédoncules sont velus. Les pétales sont blancs , trois fois plus grands que les sépales. Les silicules sont ovales , arrondies, sur- moutées par un style court. Les graines sont ovales et brunes. Tome V. ' . a5 8. Polypogon subspathaceum , panicula ovata laxa basi inclusa , gluiub apice dilatatis bifMis nilcntibus valde ciliafi^ longe aristatis. J'ai recueilli ce Poly.pogon dans l'île de Laveiro, près de Bonifacio. Il diffère du Monspeliensa par sa panicule làclio et grêle , ses glumes bitides et ciliées ^ du Pol. ma- ritinmm par sa panicule plus lâche et ovale, ses glumes j)lus fortement échancrées et ciliées, dont l'extrémité membraneuse est très-brillante. Elle se distingue d'ail- leurs de ces deux espèces , par le renflen>ent de la gaine de la feuille supéHeure qui renferme une partie de l'épi. 9. Thymus glnndulosus , caulihus erectis .snfiTrùticosis pnbescentibus, foliis ovatis ârgnJo-seiratis , supra sublusque glamiulosis; pedunculis axilUribiis multifloris dichotomo - corymbosis calycibiisqiie glandu- losis. J'ai trouve ce Calament sur les bords de la rivière de Calarima , dans le Nioloen Corse ; il s'élève d'un à deux pieds. Dans les petites planter , les dentelures des feuilles sont moins aiguës. Les points glanduleux sont très-nom- breux sur la face inférieure des feuilles , plus rares au- dessus. Les fleurs blanches sont plus petites que dans le Thymus nepcla. Il est inlermédiaîre entre les Th. cala- mintha et nrpeta.el les Thymus c retiens el fruticosus . Il diifère des deux premiers par ses tiges ligneuses, et des derniers par son port, la forme de ses feuilles presque glabres, à dents aiguës au lieu d'être entières, et cou- vertes d'un duvet blanchâtre. 10. Thymus parvijlorus y cauUbus decumbentibu» ca?spitosis j foliis siibrotundis glabris; pcdunculis axillaribus solitariis i-3 floris, tcrmi- nalibus umbcllalis; corollis 4 fidis regularibus; staminibus tetrandris. Cette jolie plante croit en abondance sur les monta- gnes au-dessus de la Soccia , et surtout sur les bords 1 387 ) nain de c'éli« n.iluro que se troii- veni les cristaux d'ArapInbole et ceux de Pyroxène de Wolfsberg. Ils sont engagés dans unevacke pi us ou moins CDiisistante , brune, quelquefois uiicacce, qui, en se dé- composant, laisse libres les cristaux qu'elle contient. M. Se* rot , en exaniinant les formes crislallines régulières de TAniphibole dégagées aiiisi naturellemcnl , en décrit ving-dcHx difTércTites , dont un très-petit nombre seule- ment a été décrit parTabbé Haiiy. Cependant nous de- \»ons faire remarquer que ces formes sont dues la plupart à des lois âe décroissemens déjà connus , excepté trois variétés qui ont offert trois nouvelles fac»'l!es duos à des décroissemehs non encore signalés. Voici l'indication de ces formes au moyen des signes fixés par M. Haûy dans l'atlas de la deuxième édition de son Traité de Minéra- logie ; nous rappellerons seulement que ces variétés de formes se présentent en prisme bexaèdro avec des som- mets obtus plus ou moins chargés de facettes -, dans une seule, le prisme à douze pans. 1* y^/nplùbole dodécaèdre ^ Haûy. P. /'. M. x. p. 2** Âiiipli. dod. hémirope , Haiiy. 3** Jtmph. ondécimah Haiiy. P. /*. M. x. 4* Amph, accéléré^ P* r. i. z. M. x, 5* Ampli, nccèl. héniitrope , Soret. 6° Amph, trioctonal^ Haûy, /'. /'. P. h, z. M. x. ;;• Amph. tjioct, heirntrope ^ Haûy. 8" Sex ondéciniale , Soret, r. i, P. k. z. M, x. C'est la forme trioctonale dont un des sommets n'olfr-e que les faces r. if Amph, tétrahexaèdre , Soret. r. M. x. Prîsmeà 6 pîuis. Spmmxîts dièdre^ un peu inclinés. 10" Amph, ti^e:çaèdte , Soret. r. (. ^2;♦.■]^|>..r• ( 3«9 > , PrisfDci â 6 pans. Sommets h G facettes , dont 4 parallèles entre elles , r. i. et deux latérales z, II* Âmph. sex décimal ^ Soret. r. i. P. M. x. Pnsme à 6 pans. Sommets à cinq facettes , dont t\ parallèles entre elles d%n côté et la base P de l'autre, la® Amph. sexdêcimal hémitrope , Soret. 13" Amph. décahexaèdre , Soret. P. r. z. M. x. Chaque sommet a 5 facettes, dont 3 de rAnijdi. dodécaèdre -, plus les 2 facettes z tronquant li*s angles latéraux de P. i4* Amph, monastique, Soref. P. /'. k. M. x. Chaque sommet a 5 facettes , dont 4 égales entre elles ,232 entourant une face plus grande de la base. 15" Amph. monoslique , bémitrope , Soret, i6' Amph» sex quatuordécîmal , Soret. r. /. P. h. M. .r. Sommet à ^ facettes. C'est la forme accélérée no 4, dans laquelle les facettes k remplacent. les fa- cettes z aux arêtes inrférrewres de P. 17* Amph* SfX qual\LOvd, hémitrope , Soret. 18° Amph. sex-sexdécimal , r. i. z. k. M. x. La forme trioctonale moins les bases P. 19° Amph, anmilaire hémitrope ySoxt\. r. z, k.> P. M. x. La forme simple de cette variété n'a pas été ob- servée , elle représenterait un prisme à 6 pans, avec sommet, composés chacun de 1» base P entourée par 6 facettes r. z. k. Dans la variété bémitrope l'un des sommets est comme celui de l'Amph. dodécaèdre bémitrope, et le second à 10 facettes, dont les deux facettes P au milieu et en biseau. ( 390 ) 20© jémph, sexvigésimal hémitrope , Sorel , r. i. A. z. y. M. X. Sa forme simple offrirait des sommets cora posés de 5 paires de facettes, dont la cinquième y est tout-à fait uonvelle. Ces deux facettes y sont si - tuées entre k et z. Dans l'héraitropie l'uu des sommets otfre i2 faceues et Tautre 8, et le cris- tal entier 26. 21° Ampli, sexoctodécimal hémitrope y Soret. r. V. x. zx j. M. X. Les 2 sommets oô'rent enseniblt* 18 facettes et le prisme 6 pans. La forme simple offrirait des som- mets , chacun à 9 facettes, dont ^ communes avec TAmph. ^nnulaire ; plus les facettes nou- velles j situées comme il a été dit an 20. %io Amph, duodécim-vigésimal , Soret. P. r. i. k. x.y. aux sommets , et M. x. l. s. au prisme. Prisme à 12 pans, et chape sommet à i [facettes, en tout 34 facettes. Les sommets sont ceux de TAmph. trioctonal , plus les facettes nouvelles j; le prisme offre 4 pans nouveaux / situés entre a: et M , et deux nouveaux s remplaçant les deux arêtes de jonction des faces M. Cette variété est la plus compliquée de toutes celles de Fespèce; elle est le résultat de huit lois de décroissement agissant sur le noyau primitif. Il est à regretter que Fauteur n'ait pas donné les incidences d "^ nouvelles facettes qu'il a découvertes sur les f i- cettes ou les pans adjacens, M. Soret décrit ensuite plusieurs variétés indépen- dantes de la forme qui tendent principalement à prouve»,' ( 391 ) la volcan^ité de TAmphibole du Wolfsberg, el qui pré- sentent des groupemens et des accidens de crislallisaiion assez curieux. Les cristaux de Pyroxène du Wolfsberg sont absolu- ment semblables à ceux d'origine volcanique , soit pour l'aspect, soit pour les formes cristallines. Ils offrent les variétés triunitaire, triunit. anamorphique y triunit. com- primé , triunit» hémitrope , soustractif, dioctaèdre de Haiiy. M. Sorel ajoute A ce nombre la variété dioclaèdra hémitrope qui n*avait pas encore été décrite. {Extrait du Nom*. Bull, des Sciences, mars i8a5. ) Mémoire sur le climat du monde antédiluvien, sur son indépendance de f influence solaire , et sur la forma^ tion du Granité ; Par m. Alexandrb Crichtok. ( Extrait. ) Parmi les preuves relatives à rindépcndance de la cha- leur solaire, dans laquelle le climat antédiluvien parait avoir été durant très-long-temps, il existe des circons- tances qui montrent que, depuis une latitude très-sep- tentrionale à une autre correspondante méridionale , toute la surface de la terre avait une température uni- forme, et irès-élevéc comparativement à la température des mêmes latitudes de nos jours. Je n'appuie pas ces assertions sur les débris fossiles d'Éléplians, de Rhinocéros, d'Hyènes, et d'autres ani- maux des climats chauds que l'on a trouvés à des latitu- des septentriouides, car les migrations des animaux d'un côté, et de l'autre la possibilité qii'ils aittnt été ( 391 ) transpottés après leur mort dans des régions éîoignéçs , quoique je puisse opposer beaucoup de faits à celte opinion, inob'igont de le» exclure comme des témoi- gnages douteux. Je n'admets pas non plus comme la preuv^e d*une haute température dans les latitudes nord du monde antédiluvien , ces Coquilles fossiles que Ton trouve dans les rochers calcaires des contrées sep- tentrionales ; car bien que plusieurs montrent une forte analogie avec celles que l'on trouve à, présent dans \es océans Indien et Pacifique , cependant Brocchi et OHvi ont montré que les Coquilles de l'océan Indien se trouvent aussi dans des climats très - tempérés , par exemple, dans la mer Méditerranée, et il est très- probable que toutes les Coquilles dos Alpes subappen- nines habitaient cette mer, puisqu'il existe une grande ressemblance entre elles et celles qu'on y trouve vivan- tes. Quand même ces preuves ue pourraient être re- gardées comme propres à indiquer positivement une température très-élevée dans les latitudes nord , au temps où ces Coquilles étaient habitées par des êtres vi- vans, elles peuvent au moins être admises comme con- courant à prouver une température uniforme et telle- ment chaude sur une grande portion de notre terre , qu'elle ne saurait être expliquée par l'influence solaire j car, lorsque nous réfléchissons que des espèces analo-. gués à plusieurs de celles-ci ( telles que le Nautiîus pompilius trouvé à Grlgnon et à Courtagnon) s'obser- vaient seulement dans des climats très-chauds, et qu'une coquille fossile analogue au Trochus agglutinans vivant, qui habite les mers de l'Amérique du Sud, a aussi été trouvée dans nne position aussi septentrionale que Hord^ well et Bcrton dans la Grande - Bretagne , Grignon ^%3) et les nombreux dépôts contemporains de plusieurs autres lieux en Europe ; il suit de-là , comme une sup-r position très-probable, que la température de ces lati- tudes septentrionales était élevée de plusieurs degrés Au-dessus de leur moyenne actuelle. On peut ob- server que parmi le nombro immense des Coquilles fossiles, plusieurs sont remarquables par leur peu d'é- paisseur, leur fragilité et la ténuité de leurs parties; que pourtant aucunes n'ont été gâtées, mais que la plupart sont au contraire parfaitement conservées. Il en résulte qu'il est presque impossible d'admettre Tidée qu'elles ont été apportées de régions éloignées plus chaudes, aux lieux où ou les trouve maintenant, par quelque grande catastrophe. Plusieurs même n'auraient pu être appor- tées d'une petite distance par un océ^n agité ou par la retraiie des eaux, sans avoir été usées ou fracturées. Si on les rencontre entières dans la masse des mon- tagnes , dans l'intérieur des contimus et bien au- dessus du niveau de la mer , cela prouve, ou que la couche dans laquelle el\es se trouvent a été élevée au-dessus du niveau de la mer après leur mort, par quelque force souterraine et extraordinaire , ou que les régions dans lesquelles elles sont maintenant ont été abandonnées par les mers qui. premièrement couvraient les lieux où on les rencontre à présent. Lorsque nous creusons plus profondément dans les entrailles de la terre et que nous parvenons au-dessous des couches où l'on trouve les os et les squelelles des t;4:ands quadrupèdes terrestres des climats chauds , ou les co- quilles analogues à celles de la Mer du Sud , nous par- venons à une Flore très particulière et très-intéressante , qui doit arrêter quelque temps notre attention. ( 394 ) LVlai parfait dans lequel on voit la plupart des plan-» les , appai tenant à la formation de la houille , doit éloigner toute idée qu'elles aient été amenées de régions éloignées par des courans rapides ou par la retraite des eaux. Leurs feuilles qui, pour la plupart, sont d'une structure délicate et tendre , sont tont-à-fait étendues et dans leur position naturelle, relativement au reste de la plante; elles sont coucliées avec autant de soin que si elles étaient dans Therbier d'un botaniste ; les parties les plus délicates ne paraissent avoir souiTert aucun dommage. Les personnes qui n'ont pas la facilité de consulter de grandes collections de géologie peuvent voir les preuves de celle assertion dans les planches de Knorr , Sclilotheim , Sternberg , Parkinson et Ad. Brongniart, et dans celles qui appartiennent aux nombreuses monographies sur les plantes fossiles que Ton trouve dans les mémoires des sociétés savantes. Il est lout-à-fait impossible de concilier les divers faits de cette espèce avec les conséquences d'uo changement de place violent ou soudain , ou avec un long voyage , quelque doux qu'il puisse être. Que l'on compare les dépôts tranquilles des Coquilles et les apparences de des- truction encore plus calme du monde végétal antédiluvien avec les cailloux roulés, les graviers et les ossemens brisés et épars des dépôts diluviens, et l'on avouera qu'il n'y a pas la plus légère analogie entre ces classes d'événemens. Les plantes fossiles de quelques-unes des couches infé- rieures, telles que celles qui appartiennent aux plus anciennes formations de charbon, sont ou de la famille des fougères , ou des plantes monocotylédones arbo- rescentes ressemblant à des palmiers, ou , comme M. Ad. Brongniart l'a justement remarqué sur l'auio- ( 395 ) rite de M. De Candolle , des Dracœna Yucca et des Pari" danus. Mais il est reconnu que les plantes actuelles qui ont le plus de rnsscMublance avec les végétaux de Tancieu monde sont des plantes du tropique qui n'ont pas encore été trouvées au-delà du trente-neuvième ou quarantième degré de latitude nord. Les formations de hf)uille , dans toutes les parties du monde qui ont été visitées jusqu'à présenj^, fournissent une grande abondance de débris fossiles 4e végétaux semblables *, et Ton sait que plusieurs, et peut-être môme toutes les plantes, appartiennent à des températures spécifiques, ou au moins que leur vie et / leur santé dépendent de la chaleur beaucoup plus que du sol : d'où il suit que si la plupart des débris de plan- tes appartenant à la formation de houille paraissent , par leur état de conservation, avoir été enfouis à l'en- droit même où elles croissaient, nous sommets obligés d'en conclure qu'il devait y avoir une température élevée dans les lieux où le dépôt se trouve. On peut montrer, par une multitude de faits, que la ressemblance des deux flores dépend plutôt de la ressem- blance de la température que de celle du sol. \J'u4rnica montana, par exemple, se trouve dans les terrains bas et marécageux qui bordent la Baltique , tandis que dans lo sud de l'Europe on le voit seulement sur les monta-. gnes, d'où lui vient son nom spécifique ^ le BetuJanana, qui croît sur le Jura est aussi trouvé etî Laponie, au pied des montagnes. Le Beiula alba ou le Bouleau commun de ce pays se rencontre dans les plaines de TÊcosseet de la Russie, mais en Portugal il croît seulement sur les montagnes. Si ncus parlons ensuite de plantes du môme genre, mais qui n'appartiennent pas exactement aux j;pêmes espèces , nous trouvons une analogie semblable ( îgfi ) venant n rappiii de l'inflnence du cTîraat ; aîûsi plusieurs Gentianes ot plusieurs espèces de Pins et de Mélèze crois- sent sur les montagnes de rAmérique du Sud aussi bien que sur les AIp'îs, mais non pas dans les plaines basses, et encore moins dans les vallées. Dans plusieurs des hau- tes plaines de Colombie et presque sous l'équateur, on trouve des Pommiers ^ des Saules et des Genêts corn- muns , tandis que dans les vallées, sous le même paral- lèle, ou voit des Palmiers, etc. Les plantes qui com- posent la flore dé l'Amérique du Nord , et qui sont pour la plupart analogues à celles de l'a flore d'Europe , se trouvent dans des températures semblables. Quoique souvent des régions éloignées Tune de l'au- tre aient la même température durant une grande partie de l'année, cependant une multitude de circonstances indépendantes des trois grandes coordonnées , la lati- tude, la longitude et l'élévation, peuvent produire des variétés de climat: nous nous contenterons d'en citer quelques-unes, telles que le voisinage de la mer ou de lacs étendus , la hauteur ou la proximité des montagnes, retendue et la direction de la terre et de la mer, les vents, etc. ; et ceci explique comment deux pays sous le même parallèle , à la même élévation , et qui en appa- rence ont le même climat, peuvent cependant dijlerer ' considérablement dans leurs productions végétales, en favorisant ainsi la croissance de quelques espèces. La di- versité qui existe entre les plantes du cap de Honne- Espérance et celles de la Nouvelle - Hollande , quoi- que les deux climats se ressemblent sous plusieurs rap- ports, est probablement due à cette cause. Cependant, parmi les débris fossiles des plantes qui appartiennent à la formation de la houille, nous ne ( m ) trouvons j>res<|ue aucune dJlFcrenoc , i|iiellcs que soient la' latitude, la longitude ou Télévalion; mais en suppo- sant que quelques espèces diiTérant des autres aient été découvertes, cela prouverait seulement l'influence d'une cause locale. T'»ute plante dans le mohde présent, indépcndam* ment (le sa place naturelle d'habitation , a comme autre- fois un lieu central dans lequel elle fl.eurit mieux; en considérant ce lieu comme le centre d'un cercle oh plu- tôt comme une zone, les plantes diminuent à propor^ tion qtj'ellcs approchent des limites de ce district ; cette espèce de zone semble dépendre principalement de l'é- lévation au-dessus de la mer, et par conséquent de la température. Quelques plantes étendent leur végétation en descendant des monl*agnes vers les plaines, et d'autres en montant jusqu'à une hauteur limitée ; ensuite elles disparaissent ; mais dans l'ancien monde aucune difle- rence supposée , eu égard à l'élévation des lieux appelés bassins de houillo, n'a produit de changement dans les piaules de cette épcqu<', ce qui est îJne nouvelle preuve qu'une cause de chaleur agissait alors sur la terre -, cause qui r>e ressemblait pas à l'action du soleil de nos jours. On a remarqué que les végétaux fossiles qui sont observés dans la formation de houille sont tous sembla- bles aux plantes qui demandent une grande chaleur et beaucoup d'humidité , et plusieurs faits géologiques nous portent à croire qu'à celte première période de notre globe, il existait moins dr terrains secs qu'à présent. JyCS montagnes primitives et de transition, le Calcaire ancien, paraissent avoir été les seules formations qui précédèrent la vie de ces plantes que l'on trouve liées avec la houille. Les débris organiques du Calcaire sur ( 39« ) lequel repose lo Charbon prouvent qu'il a été long-temps sous IVaii , et par conséquent démontrent à la fois Té- lendue et rélévalion des eaux à cette période. Il se pourrait donc que les eaux elles - mêmes eussent natu- rellement servi de véhicule pour distribuer les germes ou les semences des plantes antédiluviennes sur la plus grande étendue possible , ce qui est encore une nouvelle cause de la ressemblance des flores de chaque partie du nu nde à ce temps éloigné. Si ces plantes eussent été entraînccs parles courans ou portées par les vents sur des côtes distantes , elles auraient donc poussé ; au lieu qu'à ] résent les se- mences" des plantes de l'Amérique du Sud, rassemblées quelquefois sur la côte de Norwège, périssent. 11 me pcraît inutile de multiplier les argumens pour prouver cette proposition, puisque toutes les personnes qui cultivent des plantes exotiques, savent bien par expérience qu'un des moyens de réussir esi de leur donner le degré de cha- leur qu'elles demandent. Eu supposant donc que la vie végétale était soumise à des lois semblahlcs à celles qu'on remarque à présent , nous devons admettrez qu'il existait, dans les premiers siècles du monde, une plus grande uniformité de tem- pérature sur le globe entier qu'il n'en existe de nos jours. Il n'y a, en elîét, aucune autre manière de rendre compte du peu de différence qu'il y a entre les plarttes antédiluviennes de la période dont je parle, et d'ex- pliquer leur ressemblance dans chaque partie du monde, qu'en admettant le principe d'une température élevée trés-étendue et la même partout, quelque diflficile qu'il puisse être de concilier ce résultat avec les notions que îious avons sur l'obliquité de la terre et sur l'influence solaire. C ^99 ) Mais outre cela, il existe une diilerence d*au moins 22* c. . ilans la température moyenne entre les parallèles dans lesquels la Houille a été découverte. Entre ces parallèles la vaiiété dans les genres et les espèces de plantes est à présent très-grande, et tellemcnl grande qu'il n'y a au- cune ressemblance entre les flores des deux points extrê- mes ; et pourtant, dans le temps de la formation de la IIouill<^ la tlore de ces deux parallèles éloignés était la ntôn»e à la fois quant aux genres et aux espèces. Si l'on admet'que la variété du climat, et du sol sont les deux circonstances principales qui occasioneut la plus grande variété dans 1(" monde végétal , et si Ton .idmet aussi que les plantes de la formation de houille et des couches les plus anciennes étaient toutes de la structure la plus simple et appartenaient presque entière- ment aux classes acotyîédones i*t monocotylédoncs, nous avons une autre preuve de l'uniformité de température et Je sol , à cette période, sur une immense étendue de la terre.' Les Végétaux les plus compliqués , ceux de Tespèce dicotj lédone , ne paitiissent pas jusqu'à une époque beau- coup postérieure, et lorsque la cause de l'uniformité de température de l'ancien monde, diminuant de plus en plus, s'éteignit 4out-àrfait, et que le soleil commença à prendre de l'ascendant sur cette cause primitive de chaleur , qui jusque - là avait exercé une influencé supérieure, et qui paraît avoir appartenu à la terre elle- même. Quelle qu'ait été la température nécessaiie à Texis- lence du monde végétal à cette période éloignée , on doit admettre qu'elle était la môme vers les régions polaires et celles qui avoisi'nent les tropiques; car les genres et les espèces des plantes antédiluviennes de ces ditle- C 4oo ) Ventes latitudes, ainsi que le« Coijuilles Cl les Coraux du Calcaire dans les parties les plus éloignées des roucVies contemporaines, correspondent aussi les uns avec les au- tres. La société géologique de Lotnlres possède un échantillon d'uûe variété très-remarquable de Fougère tiré d'une formation de Houille de la Nouvelle-Hollande environ au vingt-neuvième degré sud de Téquateur, et un autre , exactement semblable , (pie Ton a trouvé dans la formation de Houille du Newfoundland , an vingt-neu- vième degré nord de l'équateur. Les Coquilles fossiles de la Terre de Van- Dièmen correspondent à celles du Dcrbjsliire. En descendant au-dessous de la formation de Houille» les preu.ves d'une température élevée et égale sur toute l'étendue de la terre sont multipliées \ car en examinant le Calcaire de transition qui est plus im- médiatement en contact avec les roches primitives, nous observons des Madrépores^ des Encrinites. des Coral- lues . et toutes ces habitations si variées des Polypes de mer, dont nous trouvons toujours les analogues existant dniis les climats tropicaux. C'est dans l'océar) Pacifique, et plîncipalemcnt dans la mer Rouge, dans le golfe Per- sique et dans la mer des Antilles , que Ton trouve les plus grands rochers de Coraux des temps modernes. Mais dans l'ancien nionde, on trouve non-seulemenO. les Pen- tacrinites, les Madrépores, les CoralUtes et les Encrinites dans le Calcaire de tiansition des régions les plus froides , mais aussi des genres entiers de Testacés dont on ne voit à présent les analogues, à quelques exceptions près, que dans les climats chauds. Il est bien connu que la chaleur sensible de notre at- mosphère varie suivant la latitude, la longitude et l'élé- vation du lieu où lea observations ont été faites, et que ( 4o. ) la température sur la surface de la terre correspond trés'bien à celle de ratmosphère ; mais 1 ancienne tem- pérature de la terre paraît avoir été égale et perma- nente dans tous les lieux ^ au moins durant une très^ longue période. Des observations faites dans les mines prouvent que la chaleur de la terre s'accroît avec la profondeur 5 plu- sieurs faits bien authentiques vont être rapportés immé- diatement afin de donner plus de poids à cette opinion , mais nous ferons remarquer auparavant qu'il existe une , autre série d'observations qui n'ont pas été faites avec l'attention qu'elles méritent , ynah qui conduisent à la même conclusion et qu'il est extrêmement intéressant d'examiner sous ce point de vue: je veux parler de la température des puits selon leur profondeur ou selon qu'ils sont creusés dans des couches difFérentes. Les puits présentent deux phénomènes distincts ayant rapport aux recherches dont il est question dans ce mé- moire : d'abord, l'égalité de température malgré la va- riété des saisons , et ensuite la diiîerence de leur tempé- rature, d'après leur profondeur. On trouve dispersées dans les mémoires des sociétés savantes , quelques recherches intéressantes sur Tégalilé de température dans un grand nombre de puits. La cause centrale de chaleur contrarie à un tel point l'influence des saisons , que les sources miné- rales qui ne sont pas même d'une grande profondeur con- servent, durant toute l'année, une température presque toujours la même. La température d'un puits situé près de Berlin , dans une position semblable , fut examiné à différentes époques par deux observateurs très-soi- gneux, Wahlenberg et Ermann. Le premier trouva que la chaleur de la source ne varia pas de plus de o,25 de Tome V. 26 ( 4o2 ) Réaumur , depuis le mois d'août jusqu'au mois d'avril suivant; Ermann, d'après une série d'observations, ne trouva pas qu'elle variât de plus de o,o5 ; et il attribue la diilerence des résultats à la plus grande exactitude de ses inslrumens. Plus les puits des sources chaudes ou tièdes sont pro- fonds , plus cft chaude, en général, l'eau qui en sort. Les sources tièdes de Matlock et de Buxton sortent dans le voisinage immédiat de rochers amygdaloïdes et basal- tiques, et les sources plus chaudes paraissent venir d'une profondeur encore plus grande (i). Le célèbre et savant Humboldt dit que les sources chaudes des diverses parties de l'Amérique du Sud sortent des couches pri- mitives et granitiques. Quant à l'hypothèse qui attri- bue leur chaleur à la décomposition chimique des sul- fures , l'influence limitée et variable d'une telle cause, comparée à la permanence et à la grandeur de l'effet , sont des preuves suffisantes pour nous faire abandonner cette explication. C'est ici que je dois yajouter quelques faits qui ont rapport à la chaleur des mines.. Les observations suivan- tes sont tirées d'un Mémoire de Robert Bald , inséré (i) IVl. Cordier trouva que la température d'une source minérale,, à Cantal, qui sortait du Granité, était un peu au-dessus de la chaleur de l'eau bouillante (plus loodu thermomètre ceçtigrade) j mais un fait plus e'tonnant est rapporte' par M. Luitz, qui établit que la chaleur de la source minérale du Caldos, est plus i5o du thermomètre centigrade. Les bains chauds de Montiegas, au pied de Sierra des Estrelle , et toutes l€S sources chaudes de Portugal • celles de Vais près d'Aubénas , dans le département de l'Ardèche , celles de Weldbaud, près Salz- bury , sortent ou du Granité ou du Gneiss. ( frayez la Minéralogie de Brongniart; vol. i, article Eau.) ( 4o3 ) dans le Journal philosophique d Edimbourg, vol. vi. Houillère de Whitehaven ^ CumBerland, Observation de la température d'un puits à sa surface 9%44 c. Observation de Teau, à la profondeur de 48o pieds i5%56 Air, à la même profondeur 17,22 Air, à 600 pieds» i8,33 Houillère de Worhington, Cumherland, Un puits, a la surface. 8,89 Eau, à la profondeur de 180 pieds. . . . 10, m Dito, à la profondeur de 5o4 pieds au-des- sous du niveau de l'Océan et sous la mer d'Irlande , . . i5,56 Houillère de Teem^ Durham, Eau, à la profondeur de 444 pieds. . » . 16,11 Houillère de la mine de Perc), Northumberland, Observation de la température de l'eau à la surface. . . . n . 9,44 Eau , à 900 pieds au-dessous du niveau de la mer . . , 20, » Houillère de Jarrow^ Durham. Observation de la température de l'eau à la surface • . . . 9)44 Eau, à 832 pieds ao, » a6* ( 4o4 ) Houillère de Klllingworth^ qui est la mine de Charbon la plus profonde de la Grande-Bretagne. Eau , à la surface g,44 Air, à 790 pieds de profondeur 10, 56 Dito, h 900 pieds depuis la surface, après avoir traversé un pied et demi de puits. . . 21^11 Eau , à la grande profondeur de r ,200 pieds. ^3,33 Le baron de Humboldt, dont les talens d'observation et l'exactitude ne peuvent être mis en doute , nous ap- prend que la mine de Valenciennes est si chaude que les •mineurs sont constan.^nent exposés à une température de 33^, c. , tandis que la température moyenne de Tair extérieur est 16^*. Les sources qui sortent des veines de la même mine , à la profondeur de 1.638 pieds, ont une température de 37°, qui est de 4** P^us chaude que l'air du lieu dans lequel travaillent les mineurs j et ce fait par lui-même , lorsqu'il est ajouté aux observations de M. Bald, sur Veau dans les mines , est sufl&sant pour mettre de côté , pour toujours , la supposition que la chaleur est due aux mineurs, à leurs chevaux, à leurs lumières, etc. La santé d'un mineur demande une circulation constante d'air , qui rend la chaleur des mines d'autant plus remar- quable. L'observation de la température de l'air, à l'ouverture de la mine de Reyas, près de celle de Valenciennes, était 2o%8 Air, à la profondeur de 63o pieds . . . 33,5 M. Bald observe très-justement que la chaleur des mines de charbon ne peut pas provenir de la décompo- sition des sulfures , car ils ne se décomposent jamais ( 4o5 ) en place. Si cela étaîl, la plus grande partie des mines de charbon de terre auraient été détruites par Tignition spontanée. Dans la mine Purgaioria , dont la hauteur au-dessus du niveau de la mer est égale au Pic de Téné- riffe, Tair dans la mine était 19°, 5. D'après les observations précédentes , il est évident que l'élévation d'une mine au-dessus du niveau de la mer no règle pas sa température comme cela a lieu pour la surface du sol. L*eau , à la profondeur de 1,200 pieds au-dessous de la mer, dans la houillère de Killing- worth, était de 23°, 33 ; tandis que l'air, à 436 pieds de profondeur dans la mine de Villapenda au Mexique, qui est à plus de 3, 000 pieds au-dessus du niveau de la mer, est de 29°. Quand nous comparons les particularités delà flore an- tédiluvienne, et les lois de la vie végétale avec tout ce qui a été dit , nous sommes nécessairement conduits à la même conclusion à laquelle sont arrivés plusieurs cé- lèbres géologues, en partie en prenant une route diffé- rente, en partie par de simples conjectures; savoir, qu'il V a une cause de chaleur dans le centre de la terre, à laquelle on doit rapporter la cause de l'uniformité de température de Tancien monde. Quant à la première de ces èuppositions , il est cer- tain que lorsque la croûte granitique est observée avec exactitude dans toutes ses analogies , il est beaucoup plus raisonnable de la considérer comme une cristallisation provenant du feu que comme un dépôt cristallin résul- tant d'une solution humide. Nous n'avons pas la preuve qu'il existe de fluide, tel que l'eau, capable de contenir une aussi immense quantité de la plus insoluble des substances en solution •, et il est en effet Irès-probabla ( 4e6 ) "que les eaux qui étaient destinées à agir ainsi sur la surface de notre globe étaient, au commencement du monde , de l'espèce la plus pure , ne pouvant déposer aucune substance minérale ou saline. Les expériences de sir James Hall et d'autres savans , ont prouvé que les substances terreuses, lorsqu'elles sont en fusion sous une grande pression , peuvent prendre une texture cris- talline ; et l'observation démontre que , même sans grande pression , les élémens du Feldspath , du Mica , de TAmphigène, de l'Hornblende, du Pyroxène, de l'A- nalcime et de divers autres corps , lorsqu'ils sont mis en fusion parla clialeurd'un volcan , s'unissent pour former ces composés, dont la plupart paraissent en cristaux régu- liers dans la substance même et les cavités de la masse fondue. Les Laves, le Basalte, le Pecbstein volcanique, les Porphyres , etc. , tous remplis de ces corps cristalli- sés , donnent, par analogie, quelques idées sur la for- mation du granité , aussi bien qu'ils démontrent d'une manière positive que ces substances cristallines ayant une très-grande ressemblance avec les ingrédiens de cette roche , peuvent être formées par la fusion ignée ; et lorsqu'on ajoutera à ceci les résultats des expéricnaes ingénieuses de M. Mitscherlich , sur la production artifi- cielle du Pyroxène et du Mica , par la fusion , l'évidence deviendra presque complète. Dans la substance même et les cavités de la Lave nous trouvons de l'A m phi gène , de l'Harmotome, du Feldspalb , de la Thomsonite , de l'Aragonîte , du Mica, de TAmphibole et de l'Augile, tous dans l'état de cristallisation. Il paraît par conséquent probable que ces corps cristallins furent formés lorsque la lave liqui(]p permit à leurs élémens Je se placer selon leurs ( 4o7 ) affinités. Supposer que la partie centrale de la terre est une masse de matière liquide dans un état de fusion par- faite, est une idée qui ne serait nullement en rapport avec rien de ce que nous connaissons ; mais comme les brillantes découvertes en chimie de sir Humphry Davy ont démontré , sans possibilité de doute , que toutes les terres sont des oxides métalliques , Ton peut supposer que le noyau de la terre était totalement et est encore en partie dans un état complètement méiallique, et que la croûte de granité de la terre fut formée par une oxidalion géné- rale et contemporaine, et par conséquent par la fusion de toute la surface. Cette opinion rendrait compte , d'une manière naturelle, de la cause pour laquelle on trouve des oxides terreux et alkalins dans toutes les roches et les minéraux que nous supposons être d'une origine ignée ; cela expliquerait non - seulement l'existence de la croûte granitique , mais aussi la ressemblance de- sa composition ; car en effet le granité doit être consi- déré comme une masse d'oxides terreux qui furent pro- duits par l'action de l'air et de l'eau ou des vapeurs hu- mides, sur la masse métallique. Lorsque nous réfléchis- sons seulement un instant à la chaleur excessive produite par l'oxidalion rapide de quelques grains seulement de Potassium ou de Sodium, nous pouvons concevoir, si l'imagination peut aller aussi loin , la chaleur énorme du globe , durant l'embrasement simultané de toute la surface \ un état de chaos et de désordre semblable de- vait donner lieu à une série de causes secondaires , qui ensuite donnèrent naissance à une succession d'autres effets qui opérèrent chacun durant quelque temps ; et ainsi s'explique la structure de la surface de la terre. Nous devons supposer que la présence de Teau et t 4o8 ) Talmosphère expliquent Toxigénalion de la masse mé- tallique ; et il est d'accord avec la raison d'admettre que la cause première qui distribua à travers l im- mensité de Tespace , les élémens de tant de mondes , employa les moyens les plus simples et en même temps les plus eflicaccs pour accomplir la dernière fin. Il n'est pas nécessaire de s'imaginer un Océan déjà formé, rem- pli de parties salines qui tenaient les terres en solution, et qui devait les déposer par l'évaporation. Plus Télé- menl était pur et plus son action devait être rapide \ mais un résultat nécessaire fut la formation d'une croûte cristalline qui arrêta la combustion et Toxidation du noyau métallique , excepté .dans quelques lieux où des fissures existaient et permettaient à l'eau ou à l'air de pénétrer jusqu'à la masse centrale. Ce fut h cette époque que l'eau élémentaire devint complètement saturée de toutes les espèces d'oxides soîubles , terreux ou alkalins. La dissolution de ces corps dans l'eau fut donc la consé- quence immédiate de l'action de celle-ci sur les masses métalliques , et les dépôts qui suivirent peuvent être re- gardés comme une série de phénomènes naturels. Avant d'aller plus loin, il est juste d'établir que celte hypothèse concernant la cause de la chaleur centrale fut d'abord mise en avant pour la première fois , autant que je puis rr^e le rappeler, par James Smilhson , qui , dans l'introduction d'un mémoire présenté à la Société Royale, sur l'analyse d'une substance saline du Vésuve , publié dans le vol. io3, part, n, des Transacn'ons de cette, société, avança cette opinion comme étant fondée sur les découvertes de sir Humpluy Davy -, mais il parait s'être contenté de jeter en avaut cette idée sans lui avoir donné aucun développement. L'opinion de M. Smilhson ( 4^9 ) et les faits qui lui servent de base sont si brièvement mais si exactement exprimés , que je demande la per- mission de les rapporter ici : Je pense que Texistence dans Tespace , de corps planétaires qui semblent actuellement être en combus- tion , et les traces d'un feu originaire visibles sur noire globe , se confirment mutuellement ^ comme on peut donner maintenant réponse aux objections les plus es- sentielles contre celte hypothèse, les faits viennent, à ce que je pense, appuyer Topinion que la terre que nous habitons est une comète où un soleil éteint. Les premières difficultés que cette opinion rencontre d'abord, ont été dissipées par les grandes découvertes modernes : sachant à présent que les bases des alkalis et des terres sont des métaux éminemment oxidables , nous ne pouvons être plus long-temps embarrassés , soit pour trouver le soutien de Tinflammation , soit pour en ren- contrer les produits. Dans les couches primitives , nous trouvons les résul- tats de la combustion. Nous y voyons l'oxide rassemblé sur la surface de la masse en calcination , d'ahord fondu par la chaleur, ensuite, par son accroissement, arrêtant une combinaison plus étendue et éteignant les feux qui le produisirent , et enfin devenant solide et cristallisé par-dessus le globe métallique. M. Smithson ajoute ensuite, qu'il considère, comme je le fais aussi , les noyaux métalliques qui y restent ren- fermés, comme étant la source des volcans^ et d'après le grand intérêt qui s'attache à leurs produits , il passe à l'analyse chimique de la substance saline qui fait le sujet de son mémoire. Ayant rendu justice à l'opinion de ce savant chimiste. • ( 4io ) je dois observer que Tidée que notre planète ait jamais été, soit une comète, soit un soleil, est non -seulement une supposition inutile , mais aussi improbable -, toutes les observations que l'on a faites sur les comètes servent à donner plus de force à Topinion que loin d'être des corps brûlans, ce sont des masses de fluide transparent, ayant très-peu de densité ; et un soleil étant, selon la dé- finition reçue, le centre d'un système, ce ne peut être une dénomination propre à notre terre. Cette doctrine a été aussi adoptée par M. de Bucb. Je ne sais si elle lui fut suggérée comme une idée première , et je le penserais , puisqu'il n'en met lionne pas la concor- dance avec la découverte de sir H. Davy, ou avec l'by- polhèse de M. Smirhson. On n'a pas besoin de dire de quel poids doit être l'opinion d'un géologue aussi cé- lèbre et aussi bon observateur que M. de Buch. Les résultats que M. Mitscherlicb a obtenus par ses dé- couvertes ingénieuses sur la production des minéraux cris- tallisés par la chaleur, l'ont conduit a une doctrine sem- blable. Il dit : la production artificielle des minéraux par la fusion ne permet pas de douter que nos montagnes primitives ont été originairement dans un état de fusion ignée. Cet état donne une explication satisfaisante de la forme de la terre , de l'accroissement de température à une grande profondeur, des sources chaudes et de plu- sieurs autres phénomènes. D'après les expériences de M. Cagnard de Latour, dans ce temps et durant ce haut degré de température , les eaux de la mer doivent avoir formé un fluide élastique autour du globe. J'ai essayé de prouver que les lois de la vie , spéciale- ment celles auxquelles les végétaux sont soumis , présen- tetit un moyen presque certain de ]u^er la température , ( 4iï ) et j'ai montré, d'après le caractère des débris fossiles des plantes de cette première époque, plantes qui nous sont inconnues à présent, qu'une température élevée exerçait son influence sur toutes les parties du globe où on les trouve. Je passerai maintenant à Texamen d'autres faits géologiques, tous liés au même sujet , tels que la simili- tude des débris fossiles dans les terrains de transition et les montagnes calcaires, les différentes températures des sources chaudes selon leur profondeur , et la chaleur de l'eau qui sort des rochers dans les min^s profondes. D'après tous ces faits, la conclusion paraît inévitable- ment être que , dans ces premières périodes , la chaleur de Peau était plus grande et plus uniformément répan- due qu'elle ne peut l'être par l'influence solaire. L'analogie qui existe entre les substances cristallines , que nous savons être d'origine ignée , et le granité, ainsi que les découvertes récentes de M. Mitscherlich, peuvent servir de puissans argumens pour soutenir cette opinion. Comme la chimie a maintenant ouvert une route par la- quelle nous pouvons expliquer facilement la formation du granité , ainsi que la haute température résultant de cette production immédiate , nous n'avons pas besoin , pour donner l'explication de ce fait , d'avoir recours à des conjectures, telles que celle d'un grand changement dans la direction de l'axe de la terre , opinion qui n'est soutenue ni par l'analogie , ni par la raison. Il est impossible d'imaginer un état de chaos , de bou- leversement et de chaleur extrême, semblables à ce qui a dû exister durant la rapide ignition et l'oxidation du noyau métallique. Il est très-douteux que le granité soit la couche de métal oxidé , la plus rapprochée du noyau ^ d'après l'examen de diverses collections de produits vol- (4«») caniqucs, je suis porté à penser qu'il y a quelques lîts micacés sous le granile. Les variétés de minéraux com- posés et naturels qui prennent la forme cristalline du IMica sont nombreuses. Si nous exceptons les substances composées qui prennent la forme du Grenat, il n'y en a pas de plus variées dans leur constitution chimique, et par conséquent il peut exister des formes micacées sous le granité qui diffèrent de celles qui lui appartiennent, qui sont placées au-dessus, ou qui sont liées à d'autres roches. Des masses de roches purement micacées parais- sent avoir été vomies par le Vésuse , lors de la première éruption , dans le même temps où des morceaux de gra- nité furent aussi rejetés. S'il est bien vrai que le granité et ses associés sont d'origine ignée , parce qu'ils sont le résultat d'une fusion et d'une oxidalion prompte, il ne doit pas y avoir une grande constance dans la superposition et dans la juxta-position de ces roches ; car il est clair qu'ils peuvent avoir varié selon la prépondérance d'un métal ou de plusieurs métaux dans une portion donnée- du noyau métallique. D'autres causes paraissent avoir coopéré avec celle-ei pour produire une variété considérable dans l'agréga- tion mécanique des roches primitives , aussi bien que dans leurs formes et leur position relative. Dans un mémoire écrit spécialement sur la tempéra- ture antédiluvienne, on ne peut s'attendre à ce que nous cuirions dans un examen détaillé de toutes ces causes ; cependant un coup-d'œil en passant est nécessaire à l'é- claircissement de ce qui doit suivre. L'ciîet immédiat de roxidalion de la masse métal- lique doit être nécessairement une violente ébuUition , (4.3 ) rngiialion et Févaporation du fluide environnant , ainsi fjue la formation de divers gaz et d'oxides gazeux. Lors même que l'extinction de l'ignition aurait eu lieu aus- sitôt que la croûte d'oxide terreux (les ro^Jies primi- tives) fut formée, cependant durant la consolidation de celles-ci, l'action de la vapeur humide, renfermée entre le noyau extrêmement échauffé et l'enveloppe chaude, aurait donné à la vapeur enfermée une force élastique relative à sa chaleur. Lorsqu'on ajoute à cette supposi- tion le phénomène résultant de causes que nous avons tout sujet de croire être semblables , tels que l'élévation soudaine d'îles et de grandes étendues de terre sur les côtes, aussi bien que l'abaissement spontané aussi d'au- tres portions de conlinens , on a alors de fortes raisons de croire que plusieurs parties de la masse granitique imparfaitement solide et encore échauffée, doivent avoir été élevées et déchirées en diverses places , et avoir donné naissance à des groupes et à des chaînes de montagnes granitiques dont les pics, quoique extrêmement aplatis depuis cette époque, présentent encore un caractère ra- boteux et interrompu, qui coïncide entièrement avecla théorie. La description suivante, tirée de l'excellent ouvrage du célèbre baron de Humboldt, est si bien appropriée à ce sujet, et tellement intéressante par elle-même, qu'on nous pardonnera de l'insérer ici. Je dirai d'abord que le pic granitique appelé Duida, dont il est question, est estimé par ce savant voyageur être à i ,3oo toises au- dessus de la mer. tt Le sommet granitkiuc du Duida est tellement coupé à pic que les Indiens ont vainement tenté d'y parvenir. On sait que les montagnes les moins élevées sont quel- (4i4) quefois les plus inaccessibles. A l'entrée et à la fin de la saison des pluies , ou voit , à la cime du Duida , de pe- tites Ûammes qui semblent changer de place. Ce phé- nomène qu'il est difficile de révoquer en doute à cause de la concordance des témoignages, a fait donner à cette montagne le nom impropre de volcan. Comme elle se trouve assez isolée , on pourrait croire que la foudre y met de temps en temps le feu aux broussailles ; mais celte supposition perd de la vraisemblance , si l'on ré- fléchit sur l'extrême difficulté avec laquelle les végétaux s'enflamment dans ces climats humides. Il y a plus en- core : on assure que de petites flammes paraissent sou- vent là où le roc semble à peine couvert de gazon , et que les mêmes phénomènes ignés se présentent, dans des jours entièrement exempts d'orages , au sommet du Gua* raco ou Murcielago , colline située vis-à^-vis de Tembou- chure du Rio Tamatama, sur la rive méridionale de rOrénoque. Cette colline est à peine élevée de loo toises au-dessus des plaines voisines. Si les assertions des na- turels sont vraies, il est probable que, dans le Duida et le Guaraco , il existe quelques causes souterraines qui produisent les flammes ; car on n'en voit jamais paraître dans les hautes montagnes voisines de Rio Jao et dans le Maraguaca , si souvent enveloppés d'orages électriques. » La première cause de ces phénomènes ignés est à d'immenses profondeurs au-dessous des roches secon- daires dans les formations primitives : les pluies et la * décomposition de l'eau atmosphérique n'y jouent qu'un rôle secondaire. Les sources les plus chaudes du monde sortent immédiatement du granité. Le pétrole jaillit du mica-schiste ; des détonations ëfîrayantes se sont fait entendre à l'Encaramada entre les rivières ^rauca et ( 4«5 ) , Cuchivero , au milieu du terrain granitique de TOr^- noque et de la Sierra-Parima. Ici , comme partout ail- leurs sur le globe , le foyer du volcan est dans les ter- rains les plus anciens , et il parait quMl existe une liaison intime entre les grands phénomènes qui enlèvent et li- quéfient la croûte de notre planète et ces météores ignés qui paraissent de temps en temps à la surface, et que par leur petitesse on est tenté d'attribuer à la seule in- fluence de l'atmosphère. » (Humboldt et Bonpland, Re- lation Historique , tom. II , liv. 8 , chap. 24 » P^g* ^^^ et 566. ) Dans la première partie de ce mémoire , il a été établi d'une manière générale^ sur l'autorité du baron de Hum- boldt , que les sources thermales de l'Amérique du Sud recevaient leur chaleur des roches primitives. Les ob- servations suivantes sont remarquables ; en parlant des sources thermales dans le voisinage du lac de Valence , il dit : (( Ces sources jaillissent sur trois points de la cor- dillère granitique de la côte : près d'Onoto, entre Tur- mero et Maracay 5 près de Mariara , au nord-est de l'Ha- cienda de Cura , et près de Las Trincheras , dans le chemin de Nueva-Valencia à Porto -Cabello. Je n'ai pu examiner avec soin que les rapports physiques et géolo- giques des eaux chaudes de Mariara et de Las Trincheras* Lorsqu'on remonte la petite rivière de Cura vers sa source , on voit les montagnes de Mariara s'avancer dans la plaine sous la forme d'un vaste amphithéâtre , com- posé de rochers taillés perpendiculairement , et sur- monté de pics à cimes dentelées.... Le pic de Calavera, qui réunit le Mur du Diable au Chaparro , est visible de très-loin. Le granité y est séparé par des fentes per- pendiculaires en masses prismatiques....)) (Humboldt et (4i6) Boûpîand, Relation Historique, vol. II , liv. 5, chap. 16 , pag. 83 , in-4*. ) J'ai inséré ces extraits, non pas dans l'intention de prouver qu'il existe aucune analogie entre les phénomè- nes ignés de Duida et les volcans , mais seulement pour justiOcr l'assertion concernant les profondes fissures des pics granitiques et la chaleur qui s'exhale de leur base où l'on peut supposer qu'il y a un voisinage avec le noyau encore chaud de la terre. L'amollissement , l'élévation et la rupture de monta- gnes granitiques de première formation , et l'action do l'Océan agité , produiraient la séparation d'un nombre considérable de très-petits grains de substances cristallines nouvellement formées, dont plusieurs seraient suspen- dues mécaniquement durant un temps plus long ou plus court, suivant leur gravité respective d'un côté , et de l'antre suivant l'agitation plus ou moins considérable des eaux. Quelques oxides terreux, tels que l'argile ou glaise, qui ont une espèce d'attraction mécanique pour l'eau, que l'on ne comprend pas parfaitement, auraient été plus long-temps suspendus (jue les très-peiits cristaux de Mica, d'Amphibole , de Quartz ou de Feldspath, qui auraient été précipités , toutes choses étant les mêmes, à une période moins éloignée. La présence de l'Anthracite dans les fissures des ro- ches primitives prouve que le carbone était un ingré- dient' élémentaire dans le noyau du globe primitif-, et il est par conséquent raisonnable de conclure que, durant l'état d'igniiion , il aurait attiré de Foxigène par la dé- composition de l'eau, et formé de l'acide carbonique qui , après s'être combiné avec les eaux, l'aurait rendue (4«7 ) un dissolvant pour tous les oxides métalliques qui ont une puissante attraction pour lui, et qui sont rendus plus solubles par son influence, tels que la Chaux et la Magnésie. La précipitation de ces oxjdes carbonates (roches cal- caires et magnésiennes) aurait dépendu principalement du secours de trois causes bien connues ; i* de la formation continue de ces oxides en quantité pins grande que les eaux n'en purent dissoudre ; 2* de la diminution de température 5 3* de Tévaporation. Ces divers principes jettent beaucoup de lumière sur les formations de Jaspe et de Serpentine d'origine aqueuse et sur celle des roches calcaires , surtout si l'on ajoute à ces causes la chaleur des roches environnantes et la haute pression des couches qui existaient au-dessus d'elles. Ces mêmes principes expliquent aussi les diverses ano- malies que nous rencontrons dans les formes et dans les positions relatives des roches primitives. Toutes les formations , depuis le granité jusqu'aux dépôts sur lesquels reposent les cailloux roulés et les sables diluviens , démontrent par la nature de leurs débris organiques , qu'il y a eu une diminution graduelle de température depuis les premiers temps du monde jus- qu'à l'époque où la terre fut propre à la création de l'homme et de ia race d'animaux actuels , période où notre globe paraît avoir été entièrement sous l'influence du soleil et des changemens de saisons. Durant le long espace de temps compris entre ces points éloignés, le développement de la vie végétale et animale a parcouru une grande variété de formes remar- quables totalement différentes les unes des autres ainsi que de celles qui existent de nos jours 5 mais ce qui ca- TOME V. ^n ( 4-8 ) raclérise parlicnlièromenl les formes vivantes du monde ancien , et ce qui les dislingue des races présentes , c'est , qp'à chaque époque , nous rencontrons des genres et des espèces qui ont une ressemblance parfaite entre elles sur la surface entière du globe, aussi loin du moins qu'il a été exploré. La grande distance qui existe entre les lieux qui ont été examinés , tant par la longitude que par la latitude, donne une grande probabilité à cette assertion. Un examen minutieux de ces anciens débris compa- rativement aux individus qui ont le plus de ressemblance avec eux d.ans notre race actuelle de végétaux et d'ani- maux, semble prouver que le changement s'est eifcctué en allant des formes les plus simples aux structures les plus compliquées , et de celles qui demandent une hu- midité et une chaleur constantes à celles qui étaient ca- pables de supporter les grandes alternatives de chaud et de froid, et une grande variété de sol. Autant qu'on peut se permettre de généraliser d'après la multitude de faits observés relativement aux débris de corps organisés, nous croyons avoir droit de dire que la série des êtres dans leur ordre de succession est à peu près comme il suit : D'abord quelques plantes dont les caractères sont très- incertains dans la plus ancienne Traumate schisteuse ( GrejwacJie Slate)^ ensuite, des Zoophytes et des Mol- lusques avec des Trilobites ^ puis une abondante quantité de plantes acotylédones et monocotylédones. Après celles- ci, une multitude de Mollusques marins et de Zoophytes *, ensuite, des Poissons, des Oiseaux? et des reptiles tous compris dans la famille des Sauriens j après cela , des plantes dicotylédones ; ensuite les Mammifères ma- rins j et enfin les Mamnùjères terrestres , et la race ( 4i9 ) d'animaux actuels. Les débris fossiles de ceux-ci sont en- fouis dans des couches qui sont superposées les unes au-dessus des autres, à peu près dans l'ordre qui vient d'être mentionné; et en général, entre ces couches on en trouve d'autres qui ne contiennent pas de débris fos- siles , et qui marquent les intervalles de temps qui se sont écoulés entre chaque révolution. L'étude de ces débris et des couches dans lesquelles ils gisent est , à ce que je pense, faite pour convaincre en- tièrement toute personne impartiale , que la mort de ces êtres fut lente et graduelle ; leur destruction totale et soudaine n'ayant eu lieu à aucun temps jusqu'au déluge. Lorsqu'on envisage les caractères des végétaux et des animaux de l'ancien monde sous un point de vue physio- logique , comme des caractères de température , on est conduit à croire que les espèces variées actuelle- ment vivantes parurent dans une succession régulière , à mesure que la température de la terre diminuait j toutes les races qui se succédèrent devenant capables par les particularités de leur organisation de supporter un climat plus froid et les vicissitudes plus fréquentes du froid et du chaud. Dans l'état présent du monde, on sait que la propor- tion des plantes dicotylédones aux plantes acotylédones et monocotylédones s'accroît, toutes choses égales d'ail- leurs, suivant la distance des régions aux tropiques. Dans les régions les plus froides des zones tempérées, la pro- portion est comme 60 à i -, dans les zones torrides, comme 5 ou 6 à I *, mais dans le monde tout-à-fait ancien , nous ne trouvons , sur la snrface entière du globe , rien qui ressemble à une plante dicotylédone jusqu'à ce que nous venions au calcaire ooli tique ; par conséquent il est à 27» ( 4^0 ) croire que loules les parties de la surface de la terre , à cette période , étaient plus chaudes que nos régions tnômes les plus chaudes. Nous savons à présent , par divers faits , qu'il y a cer- taines espèces de végétaux et d'animaux qui existent et se multiplient dans une température toujours la même , et qui approche presque de la chaleur de Teau bouil- lante. Dunbar et Hunier, dans le voyage qu'ils firent le long de la rivière Ouachita , dans la Louisiane, trouvè- rent des bivalves , des conferves et d'autres plantes , dans une fontaine chaude dont la température était en- tre 5o et 60" C. Sonnerai et Prévost disent qu'ils décou- vrirent, dans l'ile de Manille, un ruisseau d'eau chaude à 86° c. , et que les racines de VAgnus castus, et une espèce à' A spalaf us croissaient dedans. Mais un fait beau- coup plus remarquable est mentionné par Forster , qui trouva des plantes vivantes qui croissaient à la base d'une montagne volcanique dans l'île de Tanna, et la chaleur du sol dans lequel elles avaient leurs racines était de 99" c. Dans la couche du Lias , on observe une riche collec- tion de débris fossiles 5 mais il n'y en a aucun parmi eux qui prouve l'existence d'un seul quadrupède terrestre. 11 y a des Crocodiles en abondance , et nous trouvons pour la première fois , depuis la formation du granité , la famille des Sauriens. Avant de discuter ceci , on peut observer que le» lois de la vie animale ne donnent pas au naturaliste un moyen aussi sûr pour juger la chaleur du climat que les plantes à elles seules \ car chaque animal, par cela même qu'il est doué d'une faculté locomotrice, peut voyager sur une grande étendue de pays à la recherche de sa nour- C42I ) lîture, et peut vivre partout où il la trouve en quantité suffisante. Néanmoins nous en connaissons plusieurs que leur conformation et leurs besoins obligent de rester dans les bornes d'une certaine température: ceux-ci i ainsi que les individus antédiluviens de leur famille^ sont les seuls témoins qui peuvent concourir avec la flore antédiluvienne à fixer nos opinions. L'exanien des analogies qui ont quelque rapport avec ce sujet est accompagné de difficultés et certainement de q\ielque manque de précision, seulement par la manière vague et lâche avec laquelle les zones géographiques sont appliquées à la résidence des animaux. Quelques-uns sont décrits comme habitant la zone torride , d'autres la zone tempérée , d'autres les régions polaires. Dans plu- sieurs cas cela suffit à des vues générales 5 mais comme plusieurs genres et espèces d'animaux aquatiques et ter- restres sont renfermés dans une étendue qui comprend du 12* au 20° , et comme quelques-uns vivent sur les bords des zones tempérées et torrides, mais non dans tous lieux de chacune de ces zones , ces régions doivent être mieux décrites. Dans ce mémoire, cependant, tout ce qui parait né- cessaire est de faire connaître les exemples les plus frap- pans d'animaux des climats chauds qui ont de l'analogie avec les espèces fossiles du même genre, et de prouver ainsi une similitude de température entre ces climats et les lieux où leurs os ont été trouvés. Avant de faire ceci pourtant, il est bon d'appeler l'attention des lecteurs sur une opinion qui prévaut encore malgré tout ce qui a été écrit à ce sujet et malgré les dernières découvertes du célèbre professeur Buck- land, qui doit avoir détruit pour toujours les doutes à (4*0 cet égard : celte idée est que les débris de Crocodiles , d'Hippopotames, d'Opossums, de Rhinocéros, d'Hyènes et d'autres animaux des climats chauds , que l'on trouve tous sur l'Europe, ne proviennent pas d'individus ha- bitant les régions où l'on observe leurs squelettes et leurs os, mais que ceux-ci furent répandus sur la surface de la terre , après leur mort, par quelque catastrophe des- tructive semblable au déluge de Noé , dont plusieurs de ces fragmens semblent être les produits. La géologie n'oflfre aucune série de faits sur lesquels il soit possible d'établir une hypothèse de cette espèce , car les plus anciennes roches d'agrégation , qui nous ofirent la première apparence d'une chose ressemblant à un dé- tritus diluvien , peuvent résulter aussi de l'étal agité des eaux, occasioné par la chaleur intense des couches en- vironnantes. Mais en accordant la préférence à l'hypo- thèse d'un déluge , il est évident qu'il ne peut être ap- pliqué à la question des débris fossiles. Xa grande série de faits géologiques subséquente est un témoignage de l'action destructive dé causes générales et puissantes , elle ne commence qu!après la formation du calcaire de transition. Bientôt après cette période , il paraît être arrivé un bouleversement général de la na- ture , qui a laissé les preuves les moins douteuses de sa violence (je veux parler de la rupture complète et de la dislocation des couches nouvellement formées avant leur consolidation); elles ne paraissent pas avoir soulïert d'au- tres secousses durant leur formation, que celles dont on peut rendre compte par le mouvement doux des eaux. Les Trilobites et le peu de Coquilles que l'on trouve dans le calcaire de transition sont entières 5 et si les tiges des Encriniles et des Penlacriniles sont lompues ( 4-^3 ) et dispersées, c'est un phénomène que l'oh peut facile- ment expliquer ; le poids du Ma^ma précipité (c.nrbonatc de Chaux) étant suflisant pour briser les tiges minces de ces Zoophyies et envoyer les fragmens à une petite distance qui correspond à la situation relative où l'on trouve les parties rompues. L'on ne peut concevoir qu'une couche d'un demi-liquidp ^^récipité se soit for- mée d'une épaisseur presque toujours la môme dans une portion irès-inclinée , et nous avons par conséquent le droit de présumer que cette position dans laquelle on la trouve ordinairement lui fut donnée long-temps après sa parfaite consolidation par l'action de quelque cause puissante. Il y en a une que l'on peut avec raison supposer avoir eu une grande influence pour produire cet eO'et 5 je veux parler des vapeurs élastiques renfermées entre le noyau métallique fortement échaulTé et la croûte de carbonate de chaux nouvellement formée. Elles peuvent avoir ac- quis une force plus grande que la pression qui agissait sur elles et avoir brisé et renversé la couche supérieure de la même manière que nous voyons à présent de gran- des étendues de terrains renversées par des actions sou- terraines probablement d'une espèce semblable. C'est à cette période que nous devons mettre l'élévation des con- tincns et des moniagnes sur les sommets et les surfaces desquels nous trouvons des preuves de leur origine sous- marine, et c'est aussi à cette époque de bouleverse- ment général que nous devons rapporter l'abaissement des autres parties formant les grands bassins dans les- quels l'Océan se retire, et les bassins plus petits qui fu- rent ensuite remplis d'eau douce par les torrens et les pluies ; mais à cette période, l'œuvre de la création avait (4^4) fait peu de progrès, et les seuls animaux qui existassent appartenaient à la mer. Aucun ne paraît avoir été détruit par celte grande catastrophe 5 et si nous leur trouvons quelques différences, avec les Mollusques marins et les Zoophytes qui furent déposés après, on ne peut rendre compte de ce phénomène que d'après la diminution de température qui arriva graduellement. Depuis cette période de bouleversement jusqu'aux cailloux roulés et aux sables diluviens , je ne connais aucun phénomène géologique qui ait la ressemblance la plus éloignée avec les débris d'un déluge. L'œuvre de la création , au contraire , paraît avoir continué avec une grande régularité ^ les êtres organisés , variant et mul- tipliant selon les variations de la température , et à mesure que la terre sèche et le sol d'alluvion étaient formés. Il est impossible de nier que plusieurs anciens con- linens et des dépôts d'alluvion n'aient été souvent inon- dés par l'eau douce et l'eau salée. Ils ont laissé des témoignages incontestables de ce fait 5 mais tous ces té- moignages sont partiels en con)paraison avec les deux événemens que nous avons décrits et avec le déluge , et il paraît, d'après l'état parfait de leurs squelettes, que les animaux dont on trouve les restes recouverts de nou- veaux dépôts par suite de ces catastrophes, étaient morts avant l'inondation. Lorsqu'on ajoute à ces considérations les dernières observations du docteur Buckland sur la découverte des dents des Hyènes antédiluviennes dans ce pays, on ne peut hésiter à croire que les animaux des climats chauds , dont on trouve les ossemens répandus sur les deux con- linens et à chaque degré de latitude, étaient, dans les ( 4^5 ) temps recules , les habilans naturels des endroits où l'on trouve leurs ossemens fossiles. On sait que les Alligators et les Crocodiles habitent ordinairement les régions les plus chaudes de la terre ; on les trouve principalement dans le Niger, le Nil , le Gange, la rivière des Amazones et les autres rivières de la zone torride j ils ont si grand besoin d'une tempéra- ture chaude, que Ton a trouvé impossible de prolonger leur vie au-delà d'une très-courte période, lorsqu'ils sont transportés dans une zone tempérée, si ce n'est en se servant d'une température artificielle. Bomare , dans son Dictionnaire d'Histoire naturelle, copie le récit suivant d'un rapport de M. Perrault , sur un Crocodile vivant apporté à Versailles. C'est tellement bien sa place , que je ne puis éviter de l'insérer ici : a Disons d'abord que le spectacle de cet animal vivant, déjà si propre par lui- même à exciter la curiosité , parut surtout extraordi- naire par la circonstance de la saison où l'on était alors et par celle du climat ; car le froid est tellement con- traire au Crocodile, qu'en Amérique et en Egypte même , au rapport des auteurs , cet animal ne peut pas- ser les nuits d'été que dans l'eau , qui alors est beaucoup plus chaude que l'air. Ceux qui avaient apporté par terre depuis la Rochelle, le Crocodile dont il s'agit, dirent qu'ils l'avaient cru mort plusieurs fois , et n'avaient pu le faire revenir qu'en le mettant auprès du feu. » Ce Crocodile vécut seulement un peu plus d'un mois. Le Crocodile vivant n'a jamais été trouvé dans aucune partie de l'Europe ^ mais ses restes fossiles se rencon^ Irent sur toute l'Europe et dans diVers lits. Les restes fossiles d'une espèce de Didelphis ou d'O- ( 4î^6 ) possuni ont été tronvés daus les couches oolitiques d'An- gleterre. Aucun Opossum vivant n'a jamais été trouvé dans une latitude correspondante , et il n'en existe pas en Europe. Les espèces vivantes habitent principale- ment l'Amérique du Sud, et on les trouve particulière- ment dans le Brésil , la Guiane , le Mexique, et çà et là en Virginie. La principale résidence de l'Hippopotame est eîi Afrique , entre la rivière du Sénégal et le cap de Bonne- Espérance , et dans plusieurs rivières tropiques de l'Asie. 'On trouve les ossemens d'Hippopotames antédiluviens en grande abondance dans la vallée de l'Arno , et comme le dit M. le baron Cuvier, presqu'en aussi grand nombre que ceux des Rhinocéros et des Eléphans : on les voit souvent aussi dans le voisinage de Rome , et dans le comté de Middlcsex et le voisinage de Brentford .(voyez le Mémoire de M. Trimmer sur ce sujet dans les Trans:.' phil. pour i8r3). On trouve aussi , avec ces ossemens, ceux de Rhinocéros et d'Eléphans 5 quant aux ossemens d'Eléphans , on les voit sur les continens d'Europe et d'Amérique. Non-seulement la Russie d'Europe, mais presque toute la Sibérie en sont couvertes. Il est sans doute inutile de multiplier les faits de cette espèce. Si l'on en désire davantage, le lecteur doit avoir recours aux ouvrages classiques et vraiment philosophi- ques du baron Cuvier, et spécialement à ses Recherches sur les ossemens fossiles. Les débris fossiles trouvés dans une de nos couches les plus supérieures, l'argile de Londres, indiquent, pour tous les lieux de l'Angleterre ainsi que pour tous les autres continens d'Europe, une température égale à celle des ( 4^7 ) Indcs-Occîdcnlales ou du nord de l'Afrique. Dans ce» dé- pôts , les débris fossiles commencent h avoir une forte analogie rfvec les genres et les espèces vivantes. Nous n'avons aucun moyen de mesurer le laps de temps depuis l'époque de ces dépota jusqu'à la création de l'homme. A partir du déluge jusqu'à la naissance de J.-C. , on compte 2848 ans selon le texte hébreux , et par conséquent 4^173 années jusqu'à la date présente. La créa- lion de l'homme est supposée s'être faite i656 ans avant le déluge, ce qui ensemble fait 6829 ans depuis Adam. A présent, en supposant qu'une période de 1000 ans se soit écoulée depuis Textinction de ces races d'animaux jus- qu'à la création de l'homme , nous avons une période de 6829 ans , durant laquelle le climat de la Grande-Bre- tagne a été réduit de la chaleur des Indes- Occidentales ou du nord de l'Afrique à sa température actuelle. La surface entière de la terre parait avoir éprouvé une grande diminution de température par l'action du dé- luge , les eaux agissant comme médium entre la terre et l'atmosphère qui l'entourait. Lors de la retraite des eaux on trouve une autre cause de froid dans l'immense éva- poration qui suivit 5 et comme la radiation de chaleur du centre de la terre continuait toujours , nous avons droit de présumer que l'égalité de température sur la surface de la terre a été promptement détruite par cette catastro- phe , et que la perte de la chaleur terrestre a été beaucoup plus rapide depuis le déluge, que dans un laps de temps égal qui l'a précédé. La chaleur solaire n'est pas suffi- sante pour compenser la perle du calorique dans les ré- gions polaires, où les champs de glace semblent s'ac- croître continuellement. Mais à l'époque du dépôt de Targile de Londres et des ( 4^8 ) formations contemporaines, il paraît probable, parles restes d'animaux qu'elles contiennent , que la chaleur sur la surface de la terre n'était pas beaucoup plus grande dans le temps de leur existence qu'elle ne Test à présent dans des lieux qui sont habités par des peuples de la race hu- maine. Si la terre n'était pas alors convenable pour l'homme, cela doit être dû à d'autres causes et non pas seulement à sa température 5 car elle ne pouvait avoir perdu beaucoup de chaleur par la radiation depuis cette période jusqu'à l'époque de la création. Selon le texte hébreu , la race humaine commença à être renouvelée après le déluge , dans ces régions où l'in- fluence solaire est grande , et par conséquent sous la température qui correspond le plus avec celle qui a été presque universelle sur la terre, lors de la création et jusqu'au déluge. Maintenant la perte de la chaleur terrestre est si grande que nous sommes entièrement dépendans de l'in- fluence solaire. Les glaciers descendeujt des montagnes , et les régions qui étaient vertes de végétation sont à pré- sent entièrement gelées et désertes. Les réflexions que cela suggère sont absolument hors de place ; mon objet a été seulement de rassembler et de présenter une col- lection de faits géologiques remarquables , qu'il me pa- raît temps de généraliser de manière à les rendre plus intelligibles et à pouvoir les éclaircir les uns les autres. (^Jnnals of Phihsophy. F ehrunrj and march. 1825.) Description d'une nouvelle espèce de Séneçon 5 Par m. Léon Dufour , D. M. Séneçon difficile, Senecio dijficilis , Planche 1 1 . Caule erccto , laraoso, pilis lanosis arliculatis plus iuidustc obsito. (4«9) îoliis amplexicaulibus , crassiuscul», bipinnatifido-sinuatis , pînnulis (lentatis obfusiusculis ; floribus radiatis subcorymbosis ; pedunculis tiuifloris squamulosis ; ligulis patulis disco longtoribus ; calyce glabro, striato» haud calyculato, squamis coadunatis apice penicilligeris. Hab. in arenosis saxosisque Hispaniae O. Ce Séneçon varie beaucoup pour sa grandeur et sa vîllosilé suivant les lieux où il croît. Sur les bords sa- blonneux du Turis près de Valence, j'en ai trouvé des individus fort rameux et à tige presque laineuse , qui s'é- levaient jusqu'à un pied et demi de hauteur, tandis que sur les collines caillouteuses de Tudela en Navarre, il n'avait que quelques pouces de hauteur et une tige pres- que simple. Son feuillage ressemble singulièrement à celui du. Séneçon commun, La lige et les rameaux offrent des poils blancs, longs et frisés, plus ou moins abon- dans. Ces poils sont articulés ou cloisonnés comme les fîlamens des Conferves , et j'en observe de tout sembla- bles dans le Séneçon commun. Les pédoncules, assez longs et uniflores , offrent çà et là de petites bractées ap- pliquées contre eux, lancéolées, sphacélées à leur ex- trémité. Les fleurs sont radiées et presque aussi grandes que celles de l^Jacohée. Le calice est cylindrico-conoïde , très-glabre , et remarquable en ce qu'il n'offre jamais à sa base ces bractées qui forment un des traits génériques des Séneçons. On dirait qu'elles sont descendues du ca- lice sur les pédoncules. Les écailles qui constituent cette enveloppe de la fleur sont soudées entre elles, excepté à leur extrémité qui porte un petit pinceau de poils. Elles sont en nombre presque double de celui des demi-fleu- rons. Ceux-ci , au nombre de treize, sont oblongs , éta- lés lorsque le soleil est sur l'horizon, roulés en-dehors dans la condition contraire. L'aigrette est simple et ses- ( 43o ) sile, la graine oblongue, couverte d'im léger duvet blanchâtre , le réceptacle plane , nu , à peine alvéolé. Le Séneçon difficile est annuel et commence à fleurir dès .le mois de mars. Lorsqu'on le froisse entre les doigts il répand une odeur forte et désagréable. Observation, Cette espèce, qui n'est point rare en Espagne et que je crois propre à la zone des Oliviers, a vraisemblablement été confondue avec le S. Gallicus de Villars et le S» Squalidus de Linné, deux espèces que plusieurs auteurs ont mal à propos réunies. Elle n'a au- cune ressemblance avec la Jacohœa minor ahrotani fo^ lio de Barrelier, ic. 262 , II , que M. De Candolle cite pour synonyme du S. Squalidus de la FI. fr., n© 8172, et du S. Gallicus de Villars. Observations sur disperses espèces Minérales, extraites dune lettre de M. Berzélius, à M. Alexandre Bronghiart. Stockholm, i5 mars iSaS. Mes travaux pendant Vhiver passé ont quelquefois été dirigés vers des objets de minéralogie. Je crois vous avoir déjà écrit que le minéral si ressemblant au Zircon, que M. Tank nous montra à Christiania, et dans lequel je trouvai, au moyen du chalumeau, de l'acide phospho- rique, est un Phosphate d'Vttria. Nous avons remarqué aussi un autre minéral qui se trouve dans la Siénile de Fredericwern , qui est noir très-brillant et forme de petits prismes rectangulaires. Je l'ai analysé, et j'y ai trouvé de l'oxide de Titane, de la Zircone , de ITttria, de la Chaux, des protoxides de Fer, de Manganèse et de ( 43« ) . Cérium , avec des traces d'oxide d'Etain , de Potasse , de Silice et de Magnésie. Je l'ai appelé Poljmignite , à cause de cette multiplicité de sa composifion. La Levyne qui m'a été envoyée par M. Brewster, n'est absolument autre chose que de la Chabasie , où une partie de la Cliaux est remplacée par de îa Soude. La Mesole que j'ai analysée et nommée quelque part dans le Journal de Brewster est dans la môme catégorie 5 ce n'est qu'une Cbabasie riche en Soude. J'ai analysé la dernière portion qui me restait du mi- néral qui contenait la Thorine. J'y ai trouvé de l'acide phosphorique uni à l'oxide de Cérium et à l'Yttria ; et j'ai trouvé que cette prétendue terre n'était autre chose que du sous-phosphate d'Yttria. Voilà donc un élément de moins. J'ai examiné deux Fers arséniatés, dont l'un vient de Villa-Ricca , au Brésil , et l'autre est le TVurfelerz, J'ai trouvé pour la formule du premier m Fe As + 2 Fe As -f- iQ^ aq. C'est-à-dire que c'est l'arséniate neutre du protoxide , dans lequel deux tiers de celui-ci soM conr vertisendeutoxide. La formule duWurfelerz est Fe' As' + a Fe^ As* -H 36 aq. C'est le sous-arséniate ordinaire du protoxide dans lequel deux tiers du protoxide sont convertis en deutoxide. La Scorodite de Saxe n'esi' identique avec aucun de ces deux arséniatés. Nous connaissons donc trois arsé* niâtes de Fer natifs difTérens. Ce travail analytique m'engagea à une révision de toutes les analyses des phosphates et d'arséniatcs natifs que nous avohs , d'où il s'ensuit qu'un métal peut donner, avec chacun de ces deux acides , non moins de onze sels diflerens. La miné- ( 43» ) talogie nous présente neuf manières de combinaisons différentes , et les deux autres sont très-communes dans nos laboratoires. Dans un ancien mémoire sur une espèce particulière de Tanialite de Finlande, dont la pesanteur spécifique surpasse beaucoup celle des autres et dont la poudre a une couleur claire de cannelle , j'avais établi que ce mi- néral est un Tantalure de Fer (non oxidé) mélangé avec un Tantalate de Fer oxiduïé en petite portion. Les nou- velles expériences que je viens de faire sur le Tantale prouvent que ce que je considérais alors comme Tantale métallique n'est en effet que l'oxide de ce métal , que j'ai appris ensuite à réduire complètement. Nous avons donc deux Tantalites en Finlande , dont l'un est le Tanialite neutre des proioxides de Fer et de Manganèse, et l'au- tre est la combinaison du protoxide de Fer avec le pro- toxide de Tantale. M. Mosander s'est occupé de l'analyse de la Serpentine blanche que vous avez découverte à Gullsjo, iors de notre i^isite à cet endroit -, vous en trouverez la formule dans Ténumératioii systématique. Cette pierre contient en outre un peu de Strontiane. M. Walmstedt a communiqué à l'Académie des Sciences , un long travail sur le Peridot ; d'où il s*ensuit M I que la formule est ^ V «S. Il n'a pas trouvé de Chaux dans ce minéral. ( 433 ) ClIssification générale des Graminées , fondée sur rétude physiologique des caractères de cette famille -, 4 Par m. Raspail. Seconde partie ( suite et fin» ) ( Lue à rAcadëinie des Sciences de rinstitut, le 14 jaoTier iSa^i.) 3* Sectio. Stigmata disticha, i* Di VISIO. Spiccç et paniculœ in eddem stirpe simul, I. ZEA. Linn. Organisation physiologique. Epi femelle ; chaque glume inférieure devient rachis ^ et la glume supérieure se divise en deux parties qui restent soudées à leur base et dont chacune contient une baie. Chacune de ces di- visions de la glume supérieure sera considérée comme la glume inférieure dans la description. générique. En ne tenant pas compte du rachis comme glume inférieure^ la nervure médiane de la quatrième bractée donne naissance à une baie sessile , dans laquelle les organes mâles se forment quelquefois aux dépens' de la 3* bractée , et l'ovaire commence à la quatrième. Rarement les organes sexuels se développent dans le sein de la baie inférieure, La somme de plusieurs rachis soudés par le dos forme un épi cylindrique et assez épais. Ces rachis se séparent quelquefois , et l'épi devient rameux ou composé : cette dernière circonstance tend môme à rendre l'épi stérile, et c'est ce qui produit les épis mâles. Ces derniers ne diffèrent des épis femelles composés , qu'en ce que, dans l'épi mâle, toutes les locustes sont pédon- culées \ mais chaque articulation porte toujours deux lo- ToME V. 28 ( ^^ ) cusUîs , ainsi rjiu; los arlirulalions femellcvS. Le racliîs est pédonculiformc , parce qu'il est moins comprimé , elles deux gluracs sont inégalement ncrviées et biflores comme les glumes de Tépi femelle. Nous rappelons le principe que nous avons déjà posé , qui est que les baies ou lo- custes ordinairement sessiles, quand elles tendent à se pédonculer , sont presque toujours maies ; ce qui arrive même quand le pédoncule passe la dimension qui lui est ordinaire. Charoct. gêner. Locustae foemincaein spicam ordinatœ ; locustse mascnlae in paniculam. Spica : binae locustœ in quâque excavatione racheos 5 quarum binae glumœ inferiores basi lateraliter coalitœ sunt, etflosculis majores. Gluma siiperiof rachim dorso premens, floscuHs major. Flosculi bini ; infeiior : neuter , bipaleaceus paleis mcmhranaceis latissimis. Supcrior fœmineus. Palese ambae membranaceae latissimae anervia;, sed ex principiis positis palea supcrior binervia utpotè quum bini flosculi udsint. Stamina nulla aut abortiva ; ideo squamœ nullse; ovarium glabrum apice depressum sphaericum. Granum variis modis compres- sum, Isevc, lutescens , scutello maxime et albicante ^ basi angustius. Stigma unicum , taeniœforme , binis yasculis cxaratum. Paniculœ : lo- cuslœ binse insequaliter pedunculatse in quoque dente racbeos. Glumœ binae , concavse herbaceo-coriticeae, flosculis majores. Inferior 9-nervia, superior ô-nervia. Flosculi bini sessiles : palea inferior i-nervia, supe- rior evidenter binervia. Stamina terna antheris rubescentibus. Squama^ bins cunéiformes impressœ glabrae. Ligula membranaceo-piiosa. Zea Mays. Linn, (PI. 10, fig. 4-) 2* Divisio. Spicœ. I. TRITICUM. Linn. Organi saLion physiologique, La glume , ou supérieure ou inférieure , devient le rachis ^ et l'autre glume , par reflet de la pression des baies qui grossissent , se divise en deux portions herbacées ou ligneuses multinerviées. Les baies, par suite de la pression de l'axe ^ se détour- nent sur le côté ei le regardent de liane. Les appareils , - ( 435 ) mâles se forment aux dépens de la cinquième bractée, y compris les glumes, et l'ovaire a commencé à la sixième. La nervure médiane se détache do la paillette supérieure (quatrième bractée) et devient florifère. Charnct. gêner. Gluma ia binas divisa, herbaceas nul ligne-is , muKi- nerviasque, flosculo minores. Flosculi 3-7. Palea inferior concava quin- que nervis exarata, ciim aut sine intermediis j raediano et binis late- ralibus saepe" in aristam rectani evadentibus , aut iinoquoque nervo aristam producentc. Palea superior ovata apice integro aut fisso , nervis herbaceis alalis ciliatisque. Stamina terna antberis> flavescentibus. Squama: binae emarginato-pilosce. Stigmata bina ferc sessilia. Ova- rium pilosum cunéiforme. Granum bine convexum, indé sulcatum. Ligula membranacea , spica simplex aut accidentaliter composita. * Glumœ et paleœ muticœ aut i -aristatœ, Thiticum œstivum bibermioi , caninum, repens , prostratum , mono- coccum, cristatum, etc. ** Glumœ et paleœ sœpè multiamtalœ. (AEcTtops ) ovatum, triuncialc, squarrosum. 2. HORDEUM. Linn. Organisation phjsiologique. La glume supérieure se change en un rachis , et produit deux locustes latérales , pédonculées quand elles avortent, et sessiles quand elles fructifient. La glume inférieure se divise en deux por- tions linéaires i-3 nerviées , qui se rejettent sur la partie opposée au rachis, quand chaque articulation supporte trois locustes , et sur les côtés , quand l'articulation ne supporte qu'une locuste, ce qui arrive toutes les fois que l'épi se' compose. Les organes m«nles se forment aux dépens de la cinquième bractée, en comptant comme bractée le rachis et la double glume ; et l'ovaire commence à la sixième. La nervure médiane de la quatrième bractée (paillette supérieure) reste souvent stérile et devient sou- vent fructifère. « 28^ ( 436 ) Chnract. gewr Locusfsc vuîgù trcsin eodcm articnlo; binîw latoralM an* forliles et st^ssilns ; aut stérile» v\ pcdnnciilatne. (Huma in binas li- neares i-3 ncrvias ilivisu, .«anpè longis.simè aristatas, flosciiln majorer «lit minores. Ho3cu!i 1-7 circifer. l'alea inferiorconcavaquinque nervis rxarata «inorum très me<]iani în arislam evadnnt. Palea snperior ohlonga aiit lanceolata nervis hcrbaccis, alatis , cilialisque. Stamina ternu antbens flavescentibus. Squamac biuae cmarginato-pilosai. Sfig- mata bina ferè sessiiia. Ovarium pilosum cunéiforme. Granum hinc convexuro , indè sulcatum. Ligula membranacoai Spica àiraplex, ali- qoandù composUa. * Locustœ uniflorœ. HoRnEOM hfxastichon, clistichon, murinum; maritimum , secatinura. ** Locustœ multiflorce . lloRD»^.UM {Elytnus Lin. 1 europaeura , giganteum; etc. 3. SECALE. Linn. Organisation physiologique. La mcnie que dans le Triticum. Chavact. gêner. Diflert à trifico in eo tantum quùd glumse et paleae cavinatne sint et gUuiiae semper 3-nerviœ. Secale Céréale, trifloriim, etc» 4. LOLIUM. Linn. - Observation p7i/ysiologique. La glume supérieure s'est changée en rachis, en laissant à sa base assez souvent un débris membraneux. Les appareils mâles se sont dé- veloppés aux dépens de la cinquième bractée pour la baie inférieure, et aux dépens de la troisième bractée pour la baie supérieure. La nervure médiane de chaque paillette supérieure se développe en axe florifère, l'^id, Monerma. Charact. gêner. Gluma exlerior muUinervia lloi»C!jlo major, con- çu va ; aliquando palea inferior cvadens, ilà ut nulla gluma inforior adsil Çloliuin criitatum). Palra inferior concava ({uin([ue nervis cxa- rtlâ , sœpè cum intcrmeJiis; mediano non rarù in aristam subapicula- ( 437 ) , - rem surgcnte. Palea superior nervis binis lundicè alafiset ciliatis. Sta- minu ferna anlhcris flavesc»'nlil)us. S((iiamic aiirictilato aculic. Stip- niata bina anlicè infra apicupi inserla. Ovariiim g.labrum. Granum hine convexum intlù 9i|lcaluin. Ligul» membranacca. Spica simplcx. LoLiuM tenue, perenne, temuleutum , niutlillornin, cristatum , compositum. 5. TRAGUS. Haller. Organisation physiologique. La glunic inférieure s*^esfc changée en nn S(M»1 racliis, r.n îaivSsatit souvetil un débris membraneux et très-petit à sa base -, (débris qu'on observe aussi à la base intérieure du ràcbis des Loliuni, ) Les appareils niàles se sont développés aux dépens de la cinquième bractée y compris le rachis -, et l'ovaire a commencé à la sixième. La nervure médiane de la pail- lette supérieure, quoique détacbée de la paillette, n'a pas pris l'accroisseme^it d'un axe. Characl. gêner. Gluma unica iliaque flosculo major, ^-nervis exa- rata apice coadunatis et dorso longe et rigide aculeatis, concava. Palea inferior concava, Irevis, byalina, 3-nervia intégra. Palea supcrior raein- branacca. Squamaj dilatai x. îjtigmata Inngè pcdunculala. Granum. Çlabrnm non sulcatum. Spica composita et lineurià. Ligula pitusa. Tragus raeemosus. Haller. 6. R0TT130ELLA. Linn. Organisation physiologique. La môme que dans le Monerma et quelquefois le Triticum. Charact. gêner. Gluma superior .«jçpè in binas jiartes gliimiformes divisa, llosculo major; lignea. Palea inferior racnibranacca i -3-nervia. Palea snp. hinervia membranacca. Flosculus unus aut aller sed ambu sessiles. SUimina terna antheris Qavescentil>us. Squamœ binae intégrât ovalae. Stigmata bina scssilia. Spica linearis simples. Ligula mcmbra- uacea. RoTTBOELLA. incurvata , subulala , biilora , pann^nica, ihomaïa. (PI. îo, fig. 2,3.) ( 438 ) ;. NARDUS. Linn. Organisation physiologique. La glume supérieure s'est changée en rachis , et reste quelquefois agglutinée à la base avec l'inférieure , qui grandit peu et semble quel- quefois s'oblitérer tout-à-fait. L'appareil mâle s'est for- mé aux dépens de la cinquième bractée y compris les deux glumes. L'ovaire a commencé à la sixième. Les fi- lamens ordinairement ne laissent point de débris. Le vaisseau qui produit le style ne s'est point divisé en deux stigmates ordinairement. Charact. gêner. Gluma exterior aut siibniilla aut exigua ; flosculus quasi in cyatho insertus. Palea inferior 3 -nervis exarata apice coeun- tibus aliquando in aristam; carinata seu Iriquetra. Palea superior li- nearis apice (runcala ; nervus cujus medianus evadit in axim sajpissimè âubnullum sed aliquando florîgerum. Stamina teroa fîlamentis basi dilâtatis, antheris flavesccntibus. Ovarium glabrum 5 stigma unicuin taeniaeforme , unico vasculo exaratum ; aut. bina sfigmata (monandra.) Squama; nuUœ; aut, unà cum unico staminé, binae auriculatse ( mo/z. ) Nardus stricta (^Rottboella, Cav.) monandra. 3* Divisio. Paniculœ. I. BROMUS. Linn. Organisation physiologique. Les appareils mâles se sont développés aux dépens de la cinquième bractée pour la baie inférieure, et de la troisième pour les baies su- périeures. L'ovaire a commencé à la suivante. La ner- vure médiane de la paillette supérieure s'est détacliée, et est devenue florifère . Charact. gêner. Glutnsebinne inaequales, infer. saltcin floscuio brevior. Inferior 1-7-nervia , superior 3- n-nervia. Flosculi6-ii circiter. Palea inferior concava, 7-nervis pracipuis exarata et sxpissimè aliis inlerme- diis breVioribus ; tribus medianis aliquando in aristanîsubapicularem evadentibu», ratù torJilem. Palea superior ov«ta ^ipice intcgro aut ' ( 439 ) bitido, nerris bints alatis et cilbtis^ iiiferiori minor. Stamina terna an- thoris flavesccntibus. Squamx glal)ia! aut pilosa; , integrs , ovata: aut lancuolatœ. Ovarium pilosum. Granum hinc convextim inJc sulcatuin. Stigmata bina anticè înfrà apicem ov'arii inserta. Lignla membranacea , saspé apice fimbriato. Paniciila simptex aut maxime effusa. Bromus mollis , grossus , arvcnsis, erectus, sterilis , teclorum , iner- mis , purguns (Cebatoculoa , Palis. ) UaioloiJes ; ( Libebtia , Lejeune Revue Je la Flore de Spa) auriciiiatus, Nob. (PI. lo ., fi^;. i.) (Bba- CHTPODiuu, Palis.) Piunatus, sylvaticus , ciliatus, distadiyos. 2. AVENA. LiiHj. Organisation physiologique. Ln nième que dans Je Bromus, Charact. gêner. Glumae binae inaequales , siiperior salt«m - flosculo major. Inferior ï-c)-nervia, superior 3-ii nervia. Flosculi bini aut qua- tuor aut pluri'S. Pal.ca inferior conrava 5-7-nervia, nervo mcdiano in aristam saepi prodticlo seu subapicularera seu Jorsalem, at tortilcm. Palea superior membranacea nervis aliquando iicrbaceis alatis et ci- liatis. Slamina tcrna antheris flavescenlibus, squamac binae auricw- lato-acutîÉ, glabrac. Ovarium pilosum, stigmata bina ferè sessilîa. Granum pilosum liinc convexum, indè sulcatum. Ligula membranacea. Paniculs composits, plus minusve efl'usae. * Glumœ mullincivice. AvEifA sativa, nuda, oricntalis, fatua , steriîis. *'*^ Glumœ 1-3 nen'iœ. AvEMA pubcscens, pratensis,elatior, bromoïdes subspicata ( Festuca , Srailh) varia. ( Anisopogow, R. Brown. ) Anisopogon. (Ardwdo, Des/.) fcstucoïdes, etc. 3. SESLERIA. Scopoli. Organisation physiologique, l.a môme que dans lo g( lire Bromus, \ Charact, gêner. Glu mce, binae, inaequalcs , inferior flosculo roinor i-nerViaj superior i-a-S nervis exarala (uno aut binis lateralibus de- licienlihus , quod lit in dactyli quoque et in paniculis conferlis) Ambae glua-œ meuibrauaceae Palea inferior scmi-membranacca 5-nervia, me- ( 44o ) diano aliquando in mucronem aut aristatn evadente. Palea superior apice bilido, membr»nacea , nervis ipsis membranuccis et pilosis. Sla- mina ttrna antbcris flavosccnlibus. Squarax bin.ie inscqualiter biden- tatse. Stigmata bina fa;nia;formi.'i. Ovarhim pilosum ,^ oYatnm , apiee acuto. Ligida membranacea. Panicula subsimplex. Sesleria caerulea, elongata. * 4. NASTUS. Juss. Organisation physiologique. Aucune graminée ii*a plus de disposition à modifier son organisation florale que le genre Nastus. Ces modifications isolément obser- vées ont fourni le type de plusieurs genres ^ et je ne doute pas que chaque voyageur qui rapportera une es- pèce ayant des rapoorts avec quelques-uns d'entre eux , ne^croie avoir apporté un nouveau genre , quand il con- frontera son espèce avec l'une des phrases génériques que nous possédons déjà j de sorte que le simple genre, que dis-je ? la simple espèce Nastus horhonica nous fournira bientôt à elle seule une famille assez nombreuse en genres et en tribus. Nous ne pensons pas rendre un léger service à la science, en fixant les idées sur la ver- satilité des formes florales du Nastus. Au lieu de partir en ceci d'un principe à priori, je prendrai pour moyen dé démonstration , la plante qui croit le plus commnné- < Aient sous nos yeux, le Poa hulbosa L. On sait que dans celle espèce il arrive souvent que les organes sexuels ne se forment aux dépens d'aucune bractée, et que, dans cet état, !a locuste est un nouveau chaume qui se développe. Il lui arrive souvent, de même qu'à une foule d'autres gramens, qu'au-dessus de plusieurs brac- tées de ce genre , les organes de la fructification commencent tout- à -coup à se développer-, je m'cm-^ pare de celte dernière çircopstance. ( 44' ) I». Je suppose que l'appareil mâle se développe à ta dixième bractée, que l'ovaire commence à la onzième^ que la nervure médiane se détache, s'allonge et reste siérile ou surmontée d'une baie avortée, et que , pressée par les bractées inférieures, elle se pratique une rainure dans la partie correspondante de la bractée à laquelle elle appartenait : dans ce Poa , on aura une locuste du Nastus horbonica. (Kuntli , Journ. de pkjs., août 1822).. ( StemmaLospcrmum Beauv. ) ,2". Si l'organe mâle ne se forme qu'aux dépens de la huitième bractée de notre Poa , et que l'ovaire (neuvième bractée) avorte, que la nervure médiane de la septième bractée produise une baie encore maie, mais dont la paillette supérieure donne naissance par sa nervure mé- diane à une baie femelle , et ainsi de suite , on aura, dans ce Poa, une locuste de Guadaa , Hwmh. et Bonp. Sq. Si, au contraire, les baies femelles sont inférieures et les supérieures mâles ou avortées , au lieu d'un. Guadua , on aura le Bambusa Thouars l'i (Kunlh, Journ^ de phys,), qui ne Sera pas encore le Nastus de Palisot : car l'individu que Palisot a fait figurer se trouve dans l'her- bier f-^entenat, que possède M. Delessert *, ayant obtenu la permission d'analyser quelques locustes de ce Nastus, nous avons trouvé que non-seulement elles étaient vivipares, mais que les nervures médianes donnaient naissance a des baies vivipares, el Quelquefois, surtout à la base de la locuste , à aes baies fertiles. On voit que le Nastus de Palisot devrait aussi former un genre, que je laisserai à d'autres le soin de nommer. ( Foj. pi. 8, fig. 3. ) 4". En opérant les mêmes jeux , la, nature nous don- nera le Chusquea; et si le péricarpe est fortement dis- tendu par le pérîsperme cl produit une graine plus ( 44* ) grosse que les autres, nous aurons le Beesha, Rhecd. Or, ces sortes de variations et une foule d'autres peu- vent se rencontrer souvent sur le même individu. Quant aux différences dans le nombre des styles, nous avons déjà posé en principe que ce n'était point un caractère générique , et qu'il variait sur le môme indi- vidu. Les écailles , au nombre de trois , pourraient aussi se réduire à deux par la petitesse de l'écaillé médiane. Il est inutile de répéter que le nombre des étamines est de nulle valeur. Ces considérations étant mûrement mé- ditées, nous pensons que tout botaniste philosoplie adop- tera l'innovation que l'observation nous l'ait un devoir d'introduire. Charact, gêner. Glumac et flosculi unipaleacei pluies vel paucioros , multinervii. Palea inferior multinervia concava; paîea supeiior uiul- tinervia parinervia. Stainina 3-6, antheris flavescentibus. Stigmala t- a-3 plumosa ferè taeniseformia. Ovariura glabrum. Granum inclusiiih aut liberum (ut in sorgho). Squamœ ternatae raembranaceaî , glabrae, aiit ciliatae; mediana minor. Ligulain aculeos dissecla ligidos et longos. Pauicula simplicissima aut composita. Kastus Borbonica! (BAMBw'iA, Schreb. ) stricfa ! anindinacea Roxb. , Thouarsii , guadua, baccifera Roxb. , chusquea. (Arundinaria, Palis!) macrosperma. (PI. 8, fig. i.) 5. BRIZA. Linn. Organisation physiologique. La même que dans le genre Bromus. Charact. gêner. Glumae binae , inœqirales, carinatse flosculo minores, 5-7 nervis exarafae, quorum medianus distans et utrinque latérales basi fasciculati. Palea inferior compressa, carinata ^-iS-nervis eodem modo ac in glumû se habentibus exarata, et mediano in aristam aliquandù evadcntc. Palea superior oblonga seu ovata, apice integro aut modicè fisso. Squamœ raembranaceœ ovatœ biiida;. Stamina terna. Stigmate bina ferc sessilia. Ovarium glabrum, granum plus minusve carinatum. Ligula membranacca. Panicula efl'usa , ludibrio ventorum tremula. ( 44i ) Briza maxima, média, niinor, viren». (Calothzca , Desv..) erect»^ subaristata. 6. MELICA. Linn. Organisation physiologique, La même que dans les Bromus. La seconde baie et les suivantes restent sou- vent ëtiolëes et rudimenlaires. Cliaract. gêner. Glumae ambae ioaequales flosculo longiores aut bre- •viores. Inferior 1-7 nervia et superiori major aut minor. Superior 7-9 nervia. Ambae concavae. Palea inferior concava , oblonga , fomicata 7-nervis cxarata , sine autcum intermediis. Palea superior ovala, nervis herbaceis alatis et lanuginosis apice integro aut biûdo. Stamina terna antheris flavescentibus. Squamae impressse binae coalitx. Stigmata bina longiùs breviùsve pedunculata , plumoso-ramosa. Ovarium gla- brum hinc convexum indè sulcatum. Ligula pilosa, sed aliquando mem- branacea. Panicula subsimplcx aut efifusa. Melica uniflora , nutans , pyramidalis , ciliata, montana, papilio- nacea(PoA) aquaiica (Gltcebia, /{. Brown.) fluitans. (Damthonia, Dec. ) decumbens , (Dactyhs , Desf. ) reptans. (Schismus , Palis. ) ca- lycina. (Poa, Lin.) littoralis. (Cewtotheca, Palis.) Lappacea. (Pleu- Ropocow , J{. Brown. Chl. Mel. ) sabinii ! (Pl. lo, fig. 5,6.) 7. UNIOLA. Linn. Cest par erreur que le genre tlniola a été mis à côté des Melica sur le tableau; il est remis à côté de VE- riachné, ^ 8. POA. Linn. Organisation physiologique. La même que dans le genre Bromus. Charct. genji: Gluroae binaî flosculo minores, inœqualcs^ inferior i-3 nervia , superior 3-5 nervia. Flosculi 2-7. Palea inferior 5-nervia, ca-. rinata, nervis imparibus saepissimè pilosis ad mediam sui partem et mediano sœpè pilis longis plicalis et setaceis hirto , ac(ut in stirpe IXovae-Holl. vidi) iu uristam subapicularcm cvadente. Palea superior apice bifido, nervis hispidis. Stamina terna antheris flavescentibus. Squainœ bina: auriculalo-obtusae. Stigmata bina breviler pedunculata, ramosa. Ovarium glabrum. Granum carinatum et é contra sulcatum, Ligula mcmbranacia. Panicula elTusa. ( 444 ) PoA neraoralis, angiislifolia, sc.ihia, bulbosa , amuui , praltîBsis^ compressa, rubens, nipina, marilima. ( Schlerochloa ) dura. (PI. 8, fîg.40 ^. ECHINARlA. Desf. Organisation physiologique. La même que dans les Bromus. Les nervures divergentes de la paillette se sont développées toutes en arêtes 5 ce que la culture peut dé- truire. Les deux nervures de la paillette supérieure se sont aussi développées en arêies. Charact. gêner. Glumae binae , inaïquales , flosculo minores , metn- branaceae , sed nervis herbaceis distinctse , inferior unico et superior unico vel binis vel tribus aculeatis , (quœ numerorum variatio fit in ferè omuibus paniculis spicaeformibus coarctatis. ) Palca^nferior lignes concava, quinque nervis iu totidern aristas crassas et rigidas evadcn-^ tibus , basi quaruxn rudimentutx]. ligulœ interiùs ccrnitur. Palea su- pcrior lignea inJeriùs fornicata , exteriCis" sulcata . binis nervis in aristas crassas rigidasque surgcnfibus. îSquamae bin.ne aciculares, Stigmahi bina longissimè pedunculata. Ovarium apice fortassè subincoo.s])ii'i è pilosum. Granum cojïipressuria lateraiiter , anticè cl posticè coovexuRi, basi acutissimum. Ligula mcinbranacea. Panicula simplicissiraa échinât* et capitata. EcHiNAKiA capitata. 10. DESCHAMPSIA. Palis. Organisation physiologique. La mèrae- que dans îe genre Bromus. La nervure médiane de la paillette su- périeure s'est détachée en axe , florifère à la première baie et stérile à la seconde. Charact. gêner. Glumae binse floscula longiores, insequales. Infer. i-nervia , superior 3-nervia binis nervis lateralibus breviorihiis et mi- ntis conspicuis. Ambœ concavae apice obtuso. Flosc. bini. Palea in- ferior coneava , apke truncuto, quinque nervis exarata apice divergen- tibus, aequalibus , mediano in aristam subapicuiarem aut basilarcm evadente. Palea superior membranacea , nérvisquc membranaceis. Stamina terna antiieris flavcsccnlibus. Squamac binau ventricosae. Stigmata bina ferè sessilia. Granum modicè sulcatum. Ligula mem- branacea. Panicula elTusa. ( 445 ) thiscHAMPSiA c»spilosa, juncea. (DrpoifTiA, JR. JBr. , Cht. Met.) X AiROPSis , TJesu, ) Agrosloitlea. II. FESTUCA. Linn. Organisation physiologique. La même que dans le Bromus» Ckaracl. gêner. Glumae binâe , intequales , inférior saltem (losculô •minor. Inférior i-3 nervia, «uperior 3-nervia. Flosculi 7-9; basi oblicé puWinati. Palea ioforior concava (undè à Poa diflert), quinque nervis , exarafa quorum Jres mediani fiunt saepissimè arista apicularis aul sub- apiciilaris aiil rariùs dorsalis, Palea superior membranacea , nervis .ssepissimé berbaceis alatis ciliatisque, apice integro aut fisse. Flosculi suprriores longe pedunculati. Stamina terna aut unicum antbcns fla- vesccntibus. Squanoae binae apice plus minùsve inaequaliter bidentatae^ Stigmata bina ferè sessilia conferta. Ovarium glabrumj granum bine coavcxum, fndè sulcatura. Ligula membranacea. Panîcula subsimplex aut composita, coarctata aut effusa. ' Festuca rubra, duriuscula , glauca, hetecophylia , bromoïdes, myu- rus, uniglumis, alopecurus, eiatior, aruodinacea, ovina(PoA, Lam.) capiUata. (Triticum, Lin.) nardus. (Triticom, Dec.) poa, rottboella, loliacca. (Poa, Lin.) rigida , sicula. (Acnosxis, Lin.) spica venti. (Bro- Mus, Lin.) gigantea. (Dacttlis, Lin.) glomera#i, bispanica. (Trise* TUM, Palis. )flavescens. (Avena, Mœnch.) tenuis. (Koeleria, Pers.) pubesccns. (Festuga, Labitl. ) \i\tora\is. 12. CYNOSURUS. Linu. Organisation physiologique, La même que dans les Bromus et Festuca, Il ne se dislingue de ce dernier que par les locustes antérieures , qui deviennent vivipares et se compriment jusqu'à présenter quelquefois la forme d'un involucre. La culture fait disparaître ces locustes stériles , et alors il n'existe plus d'autre différence entre le Festuca et le Cynosurus , que les glumes i-nerviées de ce dernier. Charact. gêner. Glumœ binae. inaïqualcs , i-nerviae infcrior saltem flosculo rotQor. Flosculi ^-9 , basi oblice pulvjnati et sat longù pcdun- ( 446 ) ^ulati. Palea inferior concava 5-nervia, tribus nervis mcdianis ali- quando in mucronem aut aristam coadunatis. Palea superior obionga , nervis pilosis. Stamina teroa antheris flavescentibus. Squamae binœ auriculato-falciformes. Stigmata bina pedunculata. Ovavium glabruta.- Granum hinc convexum indè sulcatum. Ligulamembranacea. Panicula subsimplex spicaeformis. Ctkosubus cristatus elegans. (ChrtsuRus , Pers.) echinatus. (La.- ukHKïkfDcsf.) aureus. (Festuca (i), Lin.) ciliaris , magellanicus. i3. LAGURUS. Linn. Organisation physiologique. La même que dans le Broinus. La nervure médiane de la paillette supérieure reste sous forme d'axe stérile. Charact. gêner. Glumae binac raembrauaceœ, flosculo minores, aequa- les, uniconervo supra dorsum longè ciliato exaratae, illoque in aristam plumosam producto. Palea inferior concava , quinque nervis exarata quorum medianus arista et bini latérales mucrones fiunt. Palea supe- rior linearis ferè membranaceaque. Stamina terna antheris flavescen- tibus. Squamae binac dentato-Iruncatœ. Stigmata bina taeniaeformîa. Ovariumglabrum. Granum sulcatum. Lî^ula membranacea. Panicula simplex, spicaeformis sericea. Lagurus ovatus. ( A Festuga solis stigmatibus diflcrt. ) 14. DIARRHENA. Shmal. Organisation physiologique. La même que dans le Bromus. Cliaract. gêner. Glumae binae inœquales, flosculo breviores aut paulo longiores. Inferior i-3 nervia. Super. 3-5 nervia. Palea inferior carinata tribus nervis exarata aut apice coadunatis aut apice divcrgentibus. Palea superior membranacea. Stamina terna aut bina antheris fîaves- (1) IM. Gay en cultivant un Cynosurus de Corse , a fini par en ob- tenir un l'estuca des mieux caracterise's. Il a bien voulu me permettre de publier cette circonstance qui confirme entièrement nos principes sur les Cynosurus , genre que nous n'avons séparé des l'estitca que pour ne pas heurter de front les habitudes botaniques. ( 447 ) centibus. Squamae fsaepè obscuriùs bidcntatae. Stigoiala bina aut terna fcTt: sessilia. Granum carinatum. Ligula membraoacea. Panicula ef- fusa. * Ner^^is paleœ inf, apice coadunatis, DiARRHCHA Americana. Nervis dwergentibus. »f DrARRHENA (Catabrosa, Palis.) aquatica. (Schleorochloa,, Palis.) divaricata. (Festucaditaricata, Desf^ festucoïdes. (Psamma, Palis.) littoralis. Ors. Etsi nomen j^cnericum omnibus spcciebus non conveniat , atta- raen ut antiquius elegi. i5. KOELERIA. Pers. Organisation physiologique. I^a même que dans le Diarrhena. Charact. gêner. Glumae binae flosculo longiores, inaequales; inferior 1-dervia. Superior 2-3 nervia , une ex lateralibus aliquando non elon- gato. Flosculi bini aut quatuor. Palea inferior , concava ( undè tantùm difl'ert à Diarrhena) 3-nervia, nervo raediano aliquando in aristam elongato. Palea superior binorvia, membranaccaque apice bifido. .Sta- mina terna antheris flavescentibus. Squamae binae bidentatae acutœ. Ovariuui glabrum. Stigtnata bina brevitcr podunculata. Ligula mem- branacea. Panicula spicxformis. KoELERiA cristata , gracilis. (BromuS; Cau.) ovata. i6. tlOLCUS. Linn. Organisation physiologique. Les appareils mâles se sonl formés aux dépens de la cinquième bractée pour la baie inférieure, et de la troisième pour la supérieure. L'ovaire a commencé à la suivante. La nervure médiane s'est détachée en axe florifère à la première baie, et sté- rile ordinairement à la seconde. L'ovaire reste souvent à un état exigu dans la première baie. ( 448 ) Viiaract. gcner. Criumtv amhx inacquales, infer. i-nervia, superiof B-nervis apice coadunalis. Amhae carinatae et flosculos libcros quasi J)islilluin in linlinnabulo includentes. Flosculi bini et ambo peduncu- iati. Palea inferior i-nervia, cartilaginea , ncrvo mediano , piaecipuè superioris flosc. , in aristam scu hamatam seu rectara cvadcnte. Palca superior ovata membranacea. Stamina terna antheris flavescentibus» Squamae senii - auriculato - falciformes. Stigraala bina feçè sessilia^ Ovariiim glabrum. Granum siitcatum. Ligala membranacea. Panicula «fTusa^ HoLCus mollis, lanalus, borealis. 1^. AIRA. Lînn. Organisation physiologique. Les appareils mâles se sont formés aux dépens de la cinquième bractée , et l'ovaire a commencé à la sixième. La nervure médiane , détachée de la paillette supérieure , ne devient florifère qu'une fois. Charact. genef. Gluma; binse , inœquales , flosculo longiores, carinato- concavœ, infer. i-nervia, superior obscure 3nervia. Flosculi bini, Palea inferior concava , semi-cartibginea, uno nervo exarata in aristam saepè evadente aut basilarem aut dorsalera, apice bifido aut inte^ro. Palea superior membranacea apice intègre aut fisso. Sfaraina terna an- tlieris flavescenlibus. Squamae binae plus miniàsve lunulatae. Sligmaia bina ferè sessilia. Ovarium glabrum. Granum modicè sulcatum. Li- gula membranacea. Panicula composita. AiRA. Caryophyllaea , prœcox , flexuosa. ( Coryrophorus, Palis.) Canescens. 18. STIPA. Linîi. Organisation physiologique. Les a{)parcils mâlos se sont formés aux dépens de la cinquiènio bradée , et To- vaire a commencé à la sixième. Les écailles se sont di- visées en trois lobes , au lieu de se diviser en deux, (^t présentent en cet étal la forme d'une corolle iripaitite. La nervure médiane de la quatrième bractée, quoique séparée de la bractée, ne se développe pas ordinairement en axe. ( 449 ) Charact. gêner. Glum» concavae 6-7 nerviae, herbacé», Unceolato- ovatœ, flosculo majores. Infcrior superiori Jongior. Flosculus unicus. Palea inferior cartilaginea involuta, basi pilosa et conica , 5-nervis* cxarata apice coeuntibiis in aristam , seii longissimam plumosam aut bispi(1ana,seu brevem. Palea superior omnio6 aut semi-inclusa , intégra coriaceaque. Stigmata bina pcduncclata. Staraina terna , antheris ali- quando apice hispidis , at semper lutescentibus. Squamae teroata* glabrae integrae. Ligula membranacea. Paniculse efTusae plus minusTe. Stipâ pennata, tortilis, capillata , juncca, conferta. (Piptatherum , Palis.) paradoxa. Caerulescens. (Oltra, Aira.) latifolia, pauciflora. 19. AGriOSTIS. Linn. Organisation physiologique. Les appareils mâles se sont formés aux tiépeus (Je la cinquième bractée, et To- vaire a commencé à la' suivante. La nervure médiane de la paillette supérieure, quoique détachée, reste stiérile. Charact. gêner. Gluraae ambae flosculo longiores. Inferior i-nervia et superiori longior. Superior 3-ncrvia, nervis latcralibus aliquandù obscuris. Palt-a inferior saepé pilis (paleâ in pilos decompositâ) ad basim cincta j membranacea aut saltem hyalina apice truncato; 3 nervis divergentibus aut fortasse quinque, sed omnibus obscuris; médiane in aristam saepè evadente. Palea superior ovata , aiiquando subinconn- picua apice intcgro aut biûdo. Stamina terna anth» ris flavis. Squama; binae lanceolatae. Ovariiim glabrum. Stigmata bina ferè sessilia. Granum obscure sulcalum, rubescens. Ligula membranacea. Panicula composita. AcROSTis vulgaris, stolonifera, dulcis , piimila, verlicillata , dubia , marilima , setacea (Agraulds ) , canina. (Milicm, Lin.) lendigcra. (Ca.- LAMACRosTis , /Jo(/i. ) lanccolata , epigeïos. (Trichodium, Rich.) pro- cumbens , elegans , laxiflora. ( PotYPocojr , f^esf. ) subspicata. (D£TE€]L1A, Ptf/i*.) airoïdes, montana , etc. 20. PHALARIS. Linn. Organisation physiologique. Les appareils mâles se sont formés aux dépens de la septième bractée , et To- vaire a commencé à la huitième. La nervure médiane , ToMB V. 29 ( 45o ) quoique détachée de la paillette supërieure, ne se déve- loppe pas vîsiblemeiit» .Les deux bractées inférieures s'agglulineDt à la base. Charact. gêner. Glumse ambâe seqoales, 3-nerviae nervis apicc coa- dnnatis, flosciilo majores, basi tantùm coalitse; niervo mediano ali- quandb alnto. Flosciili bini inferiores unipalcacei ^ flosculo fertili bre- TÎores, cnrtiluginbi. Palea inferior flosculi fertilis, cartilaginoa, concava iQOlica, 5-nervia intégra. Palea superior carlilaginea concava , intégra semi-inclusa. Stamina terna , antheris flavescentibus. Squaroae binœ aequaliter bldentatae. Stigmata bina sessilia ferè. Granum non sulcatuni. Ligula membranacca. Paniculœ simpiices aut subsimplices splc»^ formes. Phâlaris arundinacea , minor, canadensis , bulbosa. 21. PHLEUM..Linn. Organisation physiologique. Les appareils mâles «e sont formés à la cinquième bractée, et l'ovaire a com- mencé à la sixième. Les deux bractées inférieures se sont agglutinées. La nervure médiane de la paillette su- périeure, quoique détachée, ne s'allonge pas toujours, et rarement devient florifère. Charact. gêner. Glumae amb%, basi aut suprà basinm connatae, tribus nek'vîs exaralae in raucronem plus minusye loogum coadunatis j flos- eiilo longiores; et saepissîraé aequaîes infcr sese. Palea inferior flosci/li membranacea , 5-nervis exarata apice roadunatis autdivisis. Palea sa- perior membranacea. Staraina terna antheris flavescentibus. Squamae binae aequaliter bidentatae. Ovariura glabrum. Stigmata bina fcrè sessilia. Ligula membranacea. Panicula subsimplex , spicaeformis , seu inter- rupta. "^ Panicida spicœformis ; neivis paleœ divergentîbus . Phi-ebm pralense , ncdosum , alpinum, Bellardi, arenarium. (Pha- I.AH1S, /^05«.) asperum. (PI. 8, fig. 6, 7 , 8, 9.) ** Panicula inicrrupta , locustœ hijlorœ ,* nervis paleœ coadunatis apicc, ( Becrmahku , Hnitr) erucoides. (PI. 8, fig. 5.) ( 45i ) 22. POLYPOGON. Desf. Organisation physiologique. La même que dans le Phleuin, Charact. gêner. Glnmae binœ, ae^iîales , flo»culo ranjoreR , i-nervo exaratte in aristam producto, basi coiinHiae. Fiosculu» vulgb unicus. Palea inferior hyaliiia nervis ohscum, cooiUiva, ncrvo tneMiano «»pc in aris- tam brevissinoam «ingénie, apîce fornicato truncato. Palea siiperior inembranacea iotcgraquc j «lamina terna anUieris flavescentibus. Squamae binac aurir.ulatae. Stigmata bina ferè sessilia. Granutn gla- brum raodiccqiie sulcatum. Ligula raembranacea. Panicula comj^msita spicaef orrais, et pr» arislis glumarum flavo«centibus quasi tntnentosa. PoLYBOGON iiionspelîensis , maritimus. 23. LYGEUM. Linn. Organisation physiologique. L'appareil mâle sVst fopmé aux dépens de la quatrième bractée , et l'ovaire a commencé à la cinquième. Les 2 bractées îuf. ont con- fondu leur tissu cellulaire , et sont restées soudées dans leur moitié inféiieure. La nervure médiane de la pail- lette unique se change en une baie sessile dont la pail- lette , par sa nervure médiane , est susceptible de pro- duire une autre baie pareille, et ainsi de suite. Les parois des glumes forcent ces baies à se ranger circulaî- rement au-dessus de leur base , quand elles sont au nombre de trois ou quatre. Charact. gerter. Glumae binaî parte inferiori connataî ibiqne venlri- cosse et piloss, superiori parte concavse, ovatœ, raultincrvise. Palea nnica a-4 nervia , merabri«nact'a glu mis major. Stamina terna, antheris flave.centibus ; ovarium glabrum. Granura basi ghimaium inclnsum Floscuii 2-4. Locnsia (jiiae jue é foliolo spatbaceo surgens. Ligula mem- branacca. Panicula simplex simplici locuslâ inslructa. Lygeum sparlum. Linn. 24, ZIZANIA. Linn. Organisation physiologiqu^é. L'appareil mâle s'est for- «9* ( 45'^ ) mé aux dépens tle la troisième bractée , et Tovaire a couimencé k la quatrième. La nervure médiane, quoi- que délacbéc de la paillette supérieure, n'a pas pris d'accroissement. Ckaract. §ener. Palca inferior i-nervia aut quinque nervis vix cons- )>icuis, apice aristuto aut aristacformi. Palea siiperior minor apicc fisso. fctamina ferna antheris flavcscentibus. Stigmata bina ferè scs- silia et lœniaeformia. Ovarium glabium; granam naodicè sulcatumi. Ligula menibrunacea. ZizANiApaluslris. (Colf.anthus, Roem. Schmidtia Trat. fl. austr.) subtilis. (PI. 8, fig. a ut l'expl. ) J'ai tout lieu de croire que le Schmidtia subtilis de Trait, n'est autre que Vjégrostis capillaris de Schmidt, icon. rar, plaid, pi. 54- fasc. III. Le port de ces deux plantes est absolument le même , à part la bauteur, qui est plus grande dans VAgrostis capill. D'après l'auteur, l'analyse deVAgjostis capill, est incomplète, ce qui est dû au mauvais état dans lequel il a trouvé la plante de Linné. Or, dans mon opinion , l'erreur serait venue du double emploi de la paillette supérieure du Schmidtia, qui au- rait été prise d'abord pour la glume supérieure , et en- suite pour une paillette inférieure , ce qui m'est arrivé la première fois que fai disséqué le Schmidtia subtilis ^ car je dessinai la locuste telle qu'elle se présentait à moi , et je crus avoir une locuste à'Agrostis, dont la graine aurait pris un accroissement très-grand. Mais en cou- pant Tarliculalion et en détacbant les deux bractées , je m'aperçus que ce que j'avais pris pour la glume supé- rieure , lorsque je la voyais de côté, était une paillette binerviée, profondément bifide. La même illusion se sera présentée à Scbmidt, et comme à cette époque on ne tenait pas beaucoup compte du nombre des ner- vures, Scbmidt aura pris cette paillette pour l'inférieure ( 453 ) des jfgrostis ; quant à la supéiieure, il la décrit, mais il ne Ta pas figurée, et il avertit à cet égard que les or- ganes de la fructification étaient si exigus qu'il n*a pas pu les analyser. La bractée quatrième aurait donc été supposée et non aperçue (i). D*un autre côté , la paillette binerviée aurait été prise, non détachée , comme une glume, et, détachée, comme une paillette inférieure bi- fide ; et le Schmidtia serait devenu un Agroslis. Ce qui porterait à croire à celte hypothèse, c'est que Vyigrostis capilL, que Linné dit être très-commun en Laponie , n'a plus été retrouvé depuis , tel qu'il était décrit , ni en La- ponie, ni ailleurs. Tableau des principaux genres des Auteurs rapportés à ceux que y ai adoptés dans ce travail. Ahola , Adans. 4chnaiherum , Palis. Achneria , Palis. Achnoâonton ^ Palis. jEgopogon, VVild. tEgytops , Lin. AgrauiuSf Palis. Agropyron , Gsrin. Agrostis. A ira. Airopsis globosa , Desr. elegans , Dest. Alopecurus. Amphipogon^ R. Br. Anatherum , Palis. AmJropogon. Anisopogon , R. Br. Anthenantia , Palis. Anthephora , Schreb. Anthiitiria , Liii. Anlhfixantum. Apera , Ailans. Aplud(a , Lin. Aristida , Lin. Arrhenatunim , Pal s. Anhratherum , Palis. Arundinaria , Mich. Arundo , Lin. Asprella y Schreb. dnna. Nob. Agrostis £riachne. Phleum. Crnodon. Triticum. Agrostis. Triticum . Paspalum. Deschampsia. Cjrnodon. Andropogon. Avena. Panicum. Cenchrus. Andropogon. Fesluca. Andropogon. Avena. Aristida, Nastus. Agrostis , cynodon , at'ena. (i) Alopecuri specicm où petalum unicum. Lin. cil. Murr. , j». 96. ( 454 ) , ^theropôgon , Wild. Ajonopus , Palis. Bauibusa , Schreb. Bikc nnnnirt , Host. fiiumenfiachia , Kœl. Jiouteloua , Palis. BrachyelytruTti , Palis. iirnchypoditim , Palis. Briza. Brtmus. Calamagrostis , Rotb. Calamina , Palis. Calothecn , Desv. Campulosus , Desv. C-iiabrosa , Palis. Cencrus. Cenlotheca , Desv. Centropliorum , Trin. Cerntochlna , Palis. Ceresia , Pers. Chœtaria , Palis. Chœturus , Liuck. Chamœniphis , R. Brown. Chomagiostis , Rolh. Chifochloa , Palis. Chforis , Sw. Chondrosum , De.sV. Chrysurus , Pers. Cinna. Clomena , Palis. Cœlachne , R. Brown. CoLladoa , Cav. Colohachne , Palis. Comucopiœ , ôchench. Corynephorus , Palis. Crjpsis , Lin. Curto/jogon , Palis. Cynodon , Rich. Çx'/ioizirwi , Lin. Dactylis y Lin. Dactylnctenium , WiiJ. Danthonia , Dec. Deschampsia. Deyeuxia , Clar. Diarrhena. Diectomis , Humb. et Bonpl. Digitnria, Hall. Dimeria , R. Brown. Dineia , Delilie. Diplachhe ; Palis. Dipngonia , Palis. Dlptôpogoriy R. Brown. Donax y Palis. /ichinana. Cynodon. Nob. Pfjspalum. Nastus. Phleuni. Sorghum. Cynodon, Cynodon testuca , bromus. Agmstis. /indropogon, Briza. Cynodon ( Chloris. ) Diarrhena. Melica. AndropogoT}. Bromus. Paspalunt. Aristida. Sacchfiruin. Panicum. Mibora. Phleum. Cynodon. Cynodon. Cynosurus. Cynodon ? Panicum. npsacum. Alopecurus. Aira. testuca. Cynodon. Cynodon. Agrostis. Andropogon. Panicum. Andropogon. Cynodon. Cynodon. Cynodon. Crnodon. Cynodon , ( 455 ) Echinochloa , Pali». iCchinotatna , Konth. Echinopogon , Palis. fCctrosia. R. Brown. Ehrrarthd. Eteusinc, Lam. Ely/itus , Lin. Elyonurus , Wild. Runth. Efytrophorus , Palis ( i ) . Enneapoffon , Oesr. Epiphysiis , Trin. Eragrostis , Palis. Eriarhne,^. Brown. Eriochloa , Kunth. Erianthus , Mich. Eriochfysis , Palis. ' Eestuta , Lin. Gastridium , Palis. (iauilinia , Palis. Glyceria, R. Brown. Graphephorttm , Desv. (Jyntnopngon , Palis. Gymnothryx , Palis. Gynerium , Wild. Heleochloa , Host. Herniarthria, R. Brown. Heleropogon , Pers. Hierocliloa , Gmel. Holcus , Lin. Holcusy R. Brown. Hordeum , Lin, Hydrochloa , Palis. Hymenachne , Palis. Icfuianthus, Pali«. Imperata^ Cyrill. (a). Isachne , R. Bro^n. /schcemum , Lin. Kœferia , Pers. Lagurus , Lin. Eamarckia , Desf. Lcptaspis , R. Br. Leptochloa , Palis. Lepturas, R. Rr. /.ilfichne , Palis. Lodiciilaria , Palis. f.olium , Lin. Luziola , Juss, Lygeum , Lin. liJani suris , Lin. Megastachya , Palis. Panicum. Nob. Punicum. p Cynodon. Cynodon. Hordeum. Triptacum. Çrnodon. Tripsacum. Cynodon. Paspalum . Saccharum. Saccharum. yfgrostis. ult'ena. Metica, Panicum. Çrnodon phragmitas. Crypsis , phleum. Tripsacum,. Andropogon. Sorghum. ( Andropogon. Panicum. Saccharum. Panicum. Tripsacum. Cynosurua. P haras. Cynodon. Rotlboella. Stipa. Andropogon. Tripsacum . Cynod on . (i) Miserum, et praecipué ex discerptâ, acu botanioA, paleâ tu- pcriori enatura genus ! (3) .£'rror eniendandus : in sncchatrp cylindrico RquADe dtaunt «t |)alea sup. formam squame clUatae induit. (456) Melica , Lin. Melinis, Palis. Panicum y Nob. Meoschium , Palis. Tripsacum. Mibora. J^Jicrochloa ^ R. Br. Cynodon ? Microlœnn , R. Br. MiUum , Lin. Paspalum. MoUnïa , Palis. Cynodon. Monachne , Palis. Panicum. Monerma , Palis. Muhlenhergia , Schreb. Cynodon. JVarJus , Lin. IVastus , Juss. Neurachne , R. Br. Panicum. 0(y-n2 , Lin. Stipa. Ophiuras , Gacrtn. Rotthœlln. OpUsmenus , FI. Ow. Panicum,. Orthoclada, Palis. Melica. Oryza , Lin. Ofyzopiis f Mi cil. > Panicum , Lin. Pappophorum , Lin. Paraclœnum , Palis: Panicum. Pariana, Aubl. Tripsacum. Paspalum , Lin. PeltopJiorus , DesY. Tripsacum. Penicillaria , Sw. Panicum. Pennisetum , Pers. Cenchrus. Pentameris y Palis. yifena ? Pentapogon , lî . Br. Echinaria ? Pentorraphis , Humb. Cynodon. Panicum ? Perotis, Ait. Phalaris, Lin. Pharus , Lin. Phieum, Lin. Piptathemm , Palis. Stipa. ^oa , Lin. Podosemum , Desv. Cynodon. Aaccharum. Pogonatherum , Palis. Pomniereula , Lin. f» ' Polypogon , Uesf. Potamophila , R. Br. .? Psamma , Palis. Diarrhena. Rabdochloa , Palis. Crnodon. Tripsacum. Jîaphis , Lour. Reimaria, Flug. Panicum. RottbceLla , Lin. Saccharuin , Lin. Schenodorus , Palis. Pestuca , broiïius Schisnius , Palis. Melica. SchUrochlna, Palis. Pou , diarrhena. Secale , Lin. Seslcria , Lin. Setaria , Palis. Panicum. Sorghunif Pers. y4ndropogon. Spartina , Schreb. Cynodon. (457) Crnodotif Nob. lYaitus. Stipa ? Panicum, Microlœna, Panicum. Panicum. CynoJon. Tripsucuni ? Çynodon. Cfynodon. Kœleria. Agroslis. Spinifex , Lin. Sporobolus , R. Br. Stemmatospermum , PaKs. Stipa , Lin. Streptachne , R. Br. Sireptoslachys , Desr. Tetrarrhena , R. Brown. Thrasyuy Humb. Thuarea , Per«. Torezia , FI. Fer. Trachynotia {\) \^ta,y. Trachys , Rclz. Tragus, Hall. Triaina , Kunth. Triaihera , De«v. _1 richœta , Palis. ^ Tnchodium , Mich. Trichoon , Retz. Tricuspis , Palis. Triidia, R. Br. Triplasis f Palis. Triraphis , Rob. Brown. Tripsacuni , Lin. Tnsetum , Palis. Triticum, Lin. Trochera , Rick. Uniola, Lin. Urochloa , Palis, ^i/^ , Adans. Xerochloa , R. Br. ^ea , Lin. Zeocriton , Palis. Zeugites y R. Br. .'' Zizania , Lin. Zo;^jia, Wild. Explication des Planches. N. ' B, Pour épargner à nos lecteurs tout ce qu'a de fastidieux une description spécifique , nous avons eu soin de désigner dans ces trois planches, les mêmes organes par les mêmes lettres, et le nombre des nervures des gl urnes et paillettes par un chiffre. La substance mem- braneusc des paillettes est dessinée par des hachures. Comme nous adopterons ces signes dans les planches de Graminées que nous pu- blierons dans la suite, nous avons voulu en donner ici quelques mo- dèles en représentant certains types Intéressans de nos genres. Si les agrostographes et même les monographes en général adoptent jamais des formes semblables . chaque planche emportera avec elle sa des» cription spéciGque, et la consultation ne pourra qu'y gagner. (i) In Trachynotia , itro squamis quac desunt , lilamenta basi lu- berosa evadunl. Cynodon. Melica. Cynodon. Cynodon. Festuca. Ehrrartha. Panicvm. u4grostis. Andropogon prolifcrus. Uordeum. ( 458 ) a. Inflorescence panicule^ aa. infloresceace epi ;/>. locuste; r. glumc inférieure ; ^4 17» 12 Protoxide de Fer .... i5,26 o3,47 Protoxide de Manganèse. 0,48 Alumine , • • 0,18 100,24 et comme la quantité d'oxigène du protoxide de Fer, multipliée par cinq, égale celle qui appartient à la Ma- gnésie , et que Toxigène de la Silice est égal à son tour à celui des deux bases réunies, il en résulte que la compo- sition de rOlivine est exprimée par la formule suivante : fS-i^5MS Nous ferons connaître la suite du travail de M. Walm- stedt, lorsqu'elle nous sera parvenue. ( 46-» ) Sur un sous^genre à former parmi les Polypodes , sous le nom de DRYNAIRE , Drjnana-, Par m. le colonel Bory de Saint-Vincent. (Présenté à rAcadémie des Sciences , dans la séance du 27 juin 18a 5.) Les naturalistes ont eu souvent occasion de s'aperce- voir que dans les genres fortement caractérisés , où Ton avait d'abord cini n'exister qu'une espèce , il en existe souvent plusieurs. Il suffisait que ces espèces se convins- sent par un premier rapport fiappant-pour que, s'abs- lenant de les examiner en détail , on prononçât l'identité. C'était l'un des plus grands inconvéniens de là manière des simples nomenclaieurs , qui abusant de la concision Linnéenne , et ne considérant les objets systématiquement disposés, que par quelques distinctions ou rapports qu'ils nommaient le caractère essentiel , ne poussaient pas plus avant leurs investigations , et rangeaient sous un nom commun , comme identique, tout être à qui le caractère essentiel et la phrase spécifique se pouvait adapter. Aussi, Linné ayant signalé dans son Species, sous le nom de Poty podium quercifolium , une Fougère de l'Inde, avec cette phrase dislin clive : Frondibus ste- rilibus hres^ioribus , obtusis sinuatis ; fructijicanlibus al- ternis pinnatis lanceolatis -, tout Polypode indien, ayai^t des frondes de deux natures , les unes stériles , plus courtes, sinueuses •, les autres plus longues, pinnées et fructifères', devint le Polj podium quercifolium pour tous les nomenclateurs , et nous avons vu sous ce nom, dans divers herbiers , trois espèces bien tranchées, qui peuvent être indilléremment la plante du professeur d'Upsal , sans compter qu'il en doit exister au moins deux autres ( 4B ) qui réunissent le même caractère. Ceci prouve encore la merveilleuse facilité avec laquelle la nature semble se plaire à varier les formes des Fougères -, car les trois espèces de Polypodes à feuilles de chêne, que nous avons eu occasion d'observer , se trouveraient fort éloi- gnées les unes des autres, toutes ressemblantes qu'elles sont par leur aspect général et par la particularité qu'elles présentent dans la diversité de leur fronde, si Ton continuait à répartir, comme on Ta fait jusqu'ici , les espèces dans des sections arbitrairement établies, par la considération des frondes entières , pinnées ou pinnatifides , puisque parmi les Polypodes munis de frondes stériles ou plutôt de bractées que nous allons décrire , il en est où la fronde fertile est pinnée , d'au- tres où elle est piunatiûdc et même à frondes entières simplement sinueuses par leur base. En attendant le grand travail que nous préparons de- puis vingt ans sur les Fougères , et que nous ne nous bâtons point de publier, parce que trop d'ouvrages im- parfaits nous prouvent que des travaux hâtivement mis au jour nuisent bien plus au progrès des sciences qu'ils ne les accélèrent; en attendant, disons-nous, cette publication, nous proposerons la formation d'un sous-genre dans le genre nombreux des Polypodes , pour les espèces qui se- ront le sujet de ce Mémoire. Nous lui donnerons le nom de Drynaire , Drynaria, emprunté de la signification de Quercifolium ( à feuilles de chêne ), qui ne peut plus être admis en botanique , puisqu'il serait indifféremment applicable à cinq plantes fort distinctes, dont trois nous sont parfaitement connues. Les Drynaires formeront donc un groupe naturel fort tranché, composé de Polypodes à tige rampante, appli- (464) quée , produisant des frondes d'une nature particulière , membraneuses, fortement réticulées, stériles, plus cour- tes que les frondes fructifères dont les nervures et Tas- pect sont tout-n-fait difFérens. Le Poljpodiwn heterophyllum , L. Sp. ii, i543, médiocrement figuré dans Plumier, FiL am. tab. 120, nous paraît être l'espèce à frondes fertiles entières , ou du moins simplement sinueuses , qui doit rentrer dans le sous-genre qu'il est question d'établir. Les frondes stériles des Drynaires semblent être une sorte de bractées , toujours sessiles*, leur consistance a quelque chose de sec et de scarieux , avec une demi- transparence et une couleur plus ou moins brunâtre qui en altère singulièrement la verdure 5 nous ne l'avons pas vue rougeâlre sur le vivant ainsi que le représente Schkurh. Les deux espèces dont nous possédons de beaux échantillons complets , ont leur lige appliquée contre le tronc des vieux arbres comme dans notre Polypode vul- gaire, mais couverte d'écaillés brunâtres tirant sur le brun , d'une consistance scarieuse , brillantes , longues et serrées en duvet qui ne le cède pas en quantité aux jets du Polypode doré, si remarquable sous ce rapport. Les Drynaires se lient par cette belle espèce aux vérita- bles Polypodes. Les pinnules des frondes fertiles ont une singulière propension a se détacher du stipe, ce que Schkurh indique fort bien dans sa plancjte i3. Les sores se manifestent â la page supérieure par de petites sail- lies dans les espèces dont la fructification nous est connue. ^ Où les sores , fort petits , sont dispersés sur toute la surface inférieure de la fronde pinnatifîde. i", Polypode ( Drynaire) de Linné, Polypodium ( 465 ) (FÀnnei) (voy. PI. 12) ^ hracteis ovaiis^projunde sinualis , subpinnatijidis , margine integcrrimis ; frondibus pinna • lijidis decurrentibus'connatis , dilatatis, aciiminalO'tnu*- cronatlsj soris numerosissiniîs sparsis, N. {F, S.) Polj podium que rcifolium L. ^S/?. 11. x547. Swartz. syn. p. Sa j^'W. Sclikurii exL Poly podium (^sjlualicwn) frondibus t/ilobis, laciniis oblongis , integerrimis subundulatis ferè œqualibus ^ sti*- pite subtetragorto ^ Schk. Fil, p. latK iab. 8. b. Polypodium indicum Rumph. Amb. vi. p. 78. tab. XXXVI. Nous rei^ardoiis colle espèce comme celle que Linné entendit désigner comme son Polj podium quercifolium , parce que le caractère de lancéolées convient le mieux au»pinnulesdes frondes, ainsi que la %ure de Bumph, citée comme synonyme. Elle est conséquemmenl la même que celle de Swai 12 , qui a fort bien reconnu que le Polypodium sjlvaùcum de Scbkurh n'était que les trois pinnules terminales d'une fronde fructifère, mais qui ne s'aperçut pas que le Poljpodium quercifolium de ce même cryplogamiste ne pouvait être identique , puis- que , dans celui-ci, le botaniste de Wurtemberg repré- sente les sorcs bisériales dans la pinnule de grandeur » naturelle qu'il a représentée dans la plancbe i3, iig. d , tandis que ces sores sont confusément éparses dans la première , ce qui convient exaciement au Polypodc drynaire dont il est question. C'est encore celle espèce qui doit se trouver dans ies parties les plus chaudes de la Chine et de la Polynésie*' !> magnifique échantillon que nous eu possédons nou» a été généreusement donné par M. Gaudichaud, qui Fa recueilli à Rawak 5 M. Fée, à qui nulle branche de la Tome V. 3o (466) crvptogann'e iiVst élranj*cM(;, nous en a égaleiHertt com-^ muniqué une bractée venue des Philippines. Nous ne pouvons rien dire de sa tige; nous présn-^ mens que les éeailles y sont serrëes , brunes , et loilgncs d'une à deux lignes , si nous en jugeons par celles qui revêtent encore la base des frondes que nous pos- sédons. La bractée , parfailerneni ovoïde dans sa circonscrip- tion géut't ald , a plus de hiiit pouces de longueur sur six de large ; profondcmetit sinueuse , chacune des grosses nervures alternes et parallèles qui en forment la char- pente, en s'éloignant les unes des autres de la base nu som- met de la bractée, soutient un lobe obtus très-prononcé, dontle sinus est également arrondi, ce qui fait que chaque lobe, bien séparé, produit dans Tensemble comme irne demi-pinnule à bords parfaitement entiers. La substance en est dure j membraneuse , soutenue par un réseau 1res- remarquable de nervures secondaires trausverses, et de nervur(îs tertiaires plus ou moins parallèles aux princi- pales , et formant comme des mailles dont la plupart approcher,t de la forme quadrilatère ou rhomboïdale. La fronde , lougue d'un à doux pieds, a son stype ni: , dur, ailé presque dès sa l^ase, par la décurrence de piii- nules avortées ^ mais dès le quart ou le cinquième de sa longueur, les véritables pinnules se développent brus- quement; les premières ont de quatre à six pouces de long, les moyennes et la terminale, de huit à neuf. Détachées à leur base , où elles sont étroitement connées, mais avec une nervure perpendiculaire au stipe qui en établit sensiblement la distinction et par où elles se dis- joignent facilement , elles se rétrécissent sensiblement pour se dilater encore vers Texirémité où les termine ( 46? ) assez brusquement une poinle aîgue , f|uclc|uefois con- tournée , bifide et monstrueuse. Leur substance est dure, coriace-, leur bord, comme raarginé, est dépourvu de toutes dentelures , mais légèrement ondulé. La ner- vure mitoyenne est très-forte et supporte des nervures al*- lerni's secondaires et parallèles , entre lesquelles d'autres nervures plus fines , mais toujours fort prononcées , produisent un réseau à petites mailles carrées , assez bieu rendues dans la figure de Schkurh , où deux pin- nules sont représentées obtuses, sorte de monstruosité que nous avons observée dans l'un des écbaniillôns re- cueillis par M. Gaudichaud. La fructification j composée de sores très-nombreuses , fort petites, d'un brun cendré, éparses en très-grande quantité et comme au hasard » ressemble , d'abord sur le dos des frondes qui est luisant , à d'innombrables petites taches. Schkurh , qui eut occasion de les observer fort bien développées , en donne une excellente figure en h. -j-j- Où les sores plus grosses sont disposées séHalement sur la page dorsale de la fronde pinnatifidc. 2*. PoLYPopE (Drynàire) de ScHKmH, Pofypùdium (Schkurhii), bracteis, ovato-oblongis , sinuatis ^ infeine coïoratîs , margine integerrimis ,' frondibus pinnatifidis pinnulls decurrente connatis , lanceolalo - acuminatls : soris in Uneis paralhlis disposais. N. Poljpodium quorcifolium^ Schkurh. Fil. p. i3.pK*t3. syn, excl. ' ' ** } Poljpodium quercifoUuru. Brown. prodr. p. izjy, n* lo. Nous ne connaissons cette espèce que par la figure qu'en a donnée Schkurh 5 mai» il n'est pas douteux 3o' ( 46») qu'elle nt soit forl difréroiite de collos dont nous avcm* observé dos ëchanlillons :, la dkposiiion de ses sores ne permet pas de les confoudre v pnisqu'ici ces organes, en paquets arrondis, bien plus considérables que d^ins la précédente, sont disposés par séries régulières, en li- gnes droites et parallèles aux nervures secondaires, au» nombre de deux entre cbacunc de ces nervures, de sorte que s'il exiàte dans la pinnule vingt de celles-ci, il se trouve environ une quarantaine de sores sériales. La pinnnie, d'ailleurs, plus régulièrement lancéolée, ne paraît jamais se mucroner, et lèà bractées , beaucoup moins profondément lobées, simplement sinueuses, doivent êtro proportionnellement encore plus courtes que les frondes. La ti^e^ ronde, forme des jets tout re- couverts d'écaillés brunâtres qui doivent être moin* longues que dani l'espèce précédenlq et que dans la suivante. Nous rapportons^ au Polypode de Schkurh , le Pofy- podium quercifolium de Brown , puisque ce savant in- dique positivement une disposition sériale des sores qui ne peut convenir à la manière dont ces organes sont se- més ^ir notre Pofyimdmm Linnei\ noii plus qu'à I* disposition si frappante ûe l'espèce suivante. Le Polypode de Schkilrh babiteraît doiic Flnde et la Nouvelle-Hollande, S*». PoLYPOoE (Drynaire) de Wildehow, Poljpodium (JVildenowii)(\oj . PL i3), bracleis Oi^alihus , ohlongisve, obtuse sinuatis, margine subdentatis yfrpndibus elongatis , pinnulis inferioribiis connatis obtusîs. superioribus dis- tinctis , lineari'lanceolatis subcrenatis , acuminatis; soris ampKssimis, in Jineis duabus parallelis. N. (^VF.) f 469 ) Polypodium (quercifolium) frondihus stetilibus ouatis, cordatis sessilibus sintiato-dentatis obtusis, fertilibus pro- funde pinnatijidis sUpitatis , laciniis lanceolatis acutis in- fênoribus ôbtusis; sons seriaKbus. Wild. Sp» tx.' p; t^ï, V 67. Cette «spèce , si distincte des précédentes, est certai- nement xielle que Wildenow entendit désigner dans son dernier volume ^ c'<^stsur un des plus beaux échantillons de notre herbier mis à sa disposition , qit^ii composa sa phrase, rapportant un peu trop précipitamment à notre plante des synonymes qui ne lui convenaient nullement ; et nous nous rappelons distinctement qu\'ilors il ne pos- sédait pas les espèces que nous distinguons aujourd'hui , et qu'il avait trop de sagacité pour ne pas reconnaître à Tinstant s'il les eût eues sous les yeux. Nous avons le premier découvert et répandu dans plusieurs collections cette magnifique fougère ^ nous la trouvâmes d'abord rampant sur les troncs de fort vieux arbres , vers le sommet de la montagne du Pouce à Tlle- de-France. Nous l'avons revue depuis dans les forêts des autres sommets de l'île ; il paraît qu'elleexiste également à Madagascar et à Mascareigne : nous ne l'y avons point aperçue, , , Les tiges fortement appliquées contre 1 humus^ grosses •comme le doigt , sont couvertes d'écaillés de quatre à <;inq lignes de longueur, minces, pointues, pressées, fort flexibles, comme crépues, brillantes, d'une belle couleur marron clair, et formant comme une étoffe sur toute leur surface. Les bractées rapprochées , souvent en paquets d'une belle couleur brune luisante , épaisses , cassantes et co- riaces , varient pour la forme sur les mêmes pieds j il eu est (47o> de presque en cœur, d ovales et de fort allongées , depui» quatre jusqu'à neuf pouces de long , plus constamment do quatre à cinq de large : leur bord est lobé beaucoup moins profondément que dans le Polj podium Linnei, et à peu près comme dans l'espèce précédehte ^ à divisions peu profondes, contiguës , avec leur bord légèrenjent mais sensibiemeut 4enié dans la plupart des individus. Le reseau de nervures , toujours fort brillant , a ses mailles généralen»ent bien plus allongées et conséquem- ment plus rétréçies. La fronde acquiert d'un à trois pieds de longueur, sa forme générale est lancéolée, ailée-, dès sa base à cinq, ou six pouces de son insertion, commencent des pinnules d'abord à pL'u près opposées , longues d'un à deux pouces et demi , très-obtuses , et toujours dépourvues de fruc- tification. Ces pinnules s'allon géant ensuite un peu plus et devenant acuminées , et enfin de plus en plus étroi- tes , pointues et légèrement crénelées , se chargent vers le tiers supérieur de la fronde , où elles sont complète- ment séparées et légèrement crénelées , de sores fort saillantes, devenant très-grosses, produisant à la page supérieure de fortes impressions comme chez le Poly- pode phymatoïde , et disposées en deux séries parallèles , chacune d'elles située longiludinalement entre la ner- vure principale et la marge de la pinnule. Le réseau de nervure qui règne sur toute la fronde est analogue à celui, dçs espèces précédentes , mais plus fin et, moins proéminent ^ les dernières mailles y sont, comme de petits polygones. Ln fructification est d'une Ix^le conb"jr de cannelle doré^ (47') ttt Dont la fructification n« nous est pas connue. A frondes pinnées. 4". PoLYPODE (Drynaire) de (iAunicHAUD, Polypo-' dàirn, (Gaudichaudii) (\ oyez PI. i4), hracteis ouato- ohlongis profunde slnuatis, suhpinnatifidis , marginesuh- dentatis; frondihus pinnatis^ pinnulis olternis petiolcUis. acuminatis serratis. N. ( /^. *S. ) C'est encore à M. GaudicliauJ , dont les recherches ont tant agrant^i le domaine de la botanique, que nous devons la connaissance de cette espèce, qu'il était cdn- spqnemment juste de lui dédier. C'est à Rawak qu'il la découvrit, mais il n*en rencontra point en frucliOcation. Dans cette plante , la forme de la bractée est à peu près celle du Polypode de Schkurh , avec ses lobes pro- portionnellement aussi profonds que dans le Polypode de Linné ; mais le réseau formé par les nervures est bien plus lâche, tandis qu'il est beaucoup plus serré, au contraire, dans les pinnules de la fronde, où , quoi- que très- sensible jusqu'aux nervures secondaires paral- lèles et fort serrées, on ne le distingue guère plus que* sur beaucoup d'«»ulres fougères. Ces bractées, légère- ment crénelées comme dans le Polypode de Wildenow, paraissent avoir été colorées \ elles ont conservé une certaine transparence membraneuse. Il est impossible de distinguer, sur l'échaniillon dont M. Gaudichaud a bien voulu enrichir notre herbier, si la tige est revùlue d'écaîUes ^ pour la fronde , qui paraît devoir atteindre à deux ox% trois pieds de longueur, sa forme générale semble être ovale - lancéolée : des pin- nules alternes très- distinctes la composent. Celles-ci , distantes de six à huit ligues, alternes et parfaitement pé- ( 470 liolées, sont intérieurement eunciformes et sensible- ment décurrentes stfr le pétiole, linéaires, lancéolées^ fort aiguës, longues de trois à cinq pouces, coriaces et dentées en scie par leurs bords. Elles se détachent avec encore plus de facilité que celles des espèces à frondes pinnatifides, n'étant retenues que par le pétiole, dont la chute laisse une petite impression obronde sur les deux côtés du stype. M. Gaudkhaud nous a encore montré une fronde considérable , assez ressemblante à eeîle du Poîypodium aureum ou bien du decumanum , recueillie durant le mé- morable voyage de notre anciçn ami Freycinet , et qu'il se rappelle distinctement être encore une espèce de Dry- naire; mais il en perdit les bractées dans son naufrage aux îles Malouines , et réduits à ne point décrire celte plante , nous ne jx>uvons que la signaler aux recherches des na- turalistes (jui exploreront par la suite la Polynésie. Explication des Planckes^^ PlancLe i:i. Poîypodium {Drynaria ) Lmr\zi\ , Bory . — PI. i3, Poly- ])bdinm ( Z^/jmAm) Wildenowii, Bory. — PI. 14. Poîypodium {^Diy- narin) Gatidichaudii , Bory, Extrait d*u]w Lettre adressée aux Rédacteurs , sur quelques Fossiles du terrain intermédiaire des empirons de Falaise^ Par M. deBasoghe, Lorsque l'intéressant ouvrage de M. Bron- gniart sur les Trilobites fut publié , je ne tardai pas à présumer que le Phyllade des environs de Nantes et du (475) Cotentîn se montrant aussi dans le terrain înlermëdiaîrc de Falaise, je devais rencontrer dans cclui-cî les Trî- lobites qui caractérisent cette roche. De nombreux ëchantillons des diverses parties du Calymène de Trié- tan, que je m'empressai de communiquer au savant àti^ leur, furent pour lui de nouvelles preuves de rulilitë dé Vapplication des pétrifications à la géognosie. J*ai eu depuis peu une nouvelle occasion de confirmer ce principe, dont les géologues anglais et allemands ti- rent un parti si avantageux. A trois lieues au sud-est de la localité Falaisienne , dans les bois de Feuillet , je re- connus un banc puissant du même Phyllade , dans lequel les recherches me furent facilitées au moyen d^m fossé long et profond , creusé récemment. Dans les déblais , je reconnus évidemment des fragmens de Calymène de Tristan , qui présentaient beaucoup de queues de ce singulier crustacé , des portions abdominales et quelques apparences de têtes; enfin, des noyaux arrondis, de la grosseur du poing environ , que je brisai avec précaution , m'ont offert Tanimal entier, ordinairement d'une belle conservation, le plus souvent replié sur lui-même comme les Glomeris, d'autries fois pliis ou moins étendu; enfin, sur deux échantillons, les yeux, à facettes, se voient très-distinctement. Ce ne sont jias, au reste, les seuls fossiles de celte riche localité. Je n'avais pu recueillir, dans celle de Fa- laise , que des fragmens indéterminables d'autres inver- tébrés contemporains ; mais ici , l*on découvre assez fréquemment des valves entières, séparées ou réunies, d'une espèce de Cypricarde non décrite , approchant de la Cjrprîcardia cyclopœa, Brongn. , dont plusieurs échan- tillons laissent voir les deux valves comme attachées par le ( 474 ) ligament au momeDt où elles venaient de s'ouvrir. Toute- fois, le peu de conservation du lest ne perinei pas de bien discerner la charnière. Le moule d'une autre coquille fort allongée aurait en quelque sorte le fades de la Modiola plicata, Sow, Enfin, parmi d'autres fossiles encore, dif- ficiles à distinguer génëriquemeqt , il en est un dont les caractères sont assez tranchés, pour être rapporté au genre Producta de MM. Sowerby (ci-devant Productus de leur père); et le Producta depressa, tab. 459? fig* ^î a beaucoup de ressemblance avec notre espèce , qui ce- pendant paraît devoir en être distinguée. Il est à remarquer qu'à la suite de tous ces fossiles et au même niveau , dans la coupure qui les a mis à décou- vert, vient se montrer tout-à-coup le terrain secondaire , fornié par une des assises supérieures du Calcaire juras- sique, servant de support à la terre végétale , dans la majeure partie de l'arrondissement, et qui est caracté- risée par les Terebralula spinosa^ Lam. *, Lima gibbosa , Spw» ; Pecten lens , Sow. ; Pecten orbicularis , Sow. ; Pecten obscur us , Sow.; ^wiçiila inœquwaiwis, Sow.; Meleagrina cadomensis , Defr.-, Plagiostoma purictata, Sow- » une Pinnite trigone , inédite > et quelques autres coquilles plus ou moins déterminables. En traversant la distance qui sépare les deux localités qui viennent d'être mentionnées et où le calcaire du Jura domine généralement, on voit surgir en plusieurs endroits des masses du même grès quarzeux ou quarz^ grenu , dont est composée une partie du rocher de Fa- laise -, et un coteau assez rapide et étendu de cette for- rpation , à l'extrémité de la bruyère de Vignats , est marqué çà et là d'empreintes extraordinaires et qu'on, Ue çaurail mieux comparer qu'à celle c^ue laisserait It^ (455) pas d'un bœuf dans une glaise humide. Ces empreintes ^ assez nombreuses et se dirigeant en sens divers , offrent parfois des stries transversales, mais pas d'apparence de charnière , et laissent incertain si ce sont des moules extérieures de bivalves ou quelque autre corps organisé ; ce qui les rend encore plus dignes de fixer Tattention , c'est qu'à deux lieues environ , plus loin vers le sud- est , au-delà du Phyllade des bois de Feuillet , se présente de rechef à Bailleul , un monticule escarpé, formé par le même quarz grenu et parsemé d'empreintes sembla- I)les, lesquelles ont fait donner le nom particulier dç Pas-de-Bœuf k cette localité : ici, elles semblent encorç plus prononcées, et sont accompagnées par quelque^ enfoncemens qui ont l'aspect de trous percés par des PhoUades. Peut-être ne sera-t-il pas sans intérêt d'ajouter qu^ plusieurs blocs de ce quarz grenu se font di.slîngueç par des sortes de tubes assez rapprochés , bien détachés de la gangue , pleins de la même pâte , du diamètre d'un, fort tuyau de plume , et souvent de 2 5 à 3o centimètres de longueur, se dirigeant en général en ligne droite , pa- rallèlement les uns à l'égard des autres, et quelquefois divergeant sensiblement et paraissant alors avoir une ori- gine commune. Ces tubes, que ne recouvre aucun test, sont ridés transversalement et, par intervalles, profondé- ment. Des fragmens de la même substance et de la même locnlité, laissent distinguer des empreintes qui rappellent le Poacites du schieferthon , figuré dans la planche XXVJ du Petrejactenhunde de M. de Schîotheim. Y aurait-il du rapport entre ces représentations d'expansions foliar cées et les apparences de tiges précédentes? ( 476 ) Notice sur les Mammifères et /e5 Oiseaux de la baie des Chiens-Marins et de la Noiwellc-Gailes du Sud; sur leurs mœurs et leur distribution géographique ,* (Lue à la Société d'Histoire Naturelle de Paris, le 4 juillet i8.*3.) Par mm. Quot ut Gaimard, Médecins de la Marine royale , Naturalistes tic l'expédition de découvertes autour du monde, commandée par M. le capitaine de l''reycinet. Le continent de la Nouvelle-Hollande , encore si peu connu , s'est offert à nous sous deux points différens. Le premier, la baie des Chiens-Marins , située à l'Ouest ^ est d'une sécheresse et d'une aridité effrayantes. Partout des dunes de sable recouvrant tin grès rougeàlre ne pré- sentent à la vue que des Mimosa et autres arbrisseaux contournés et rabougris. Qu'on ajoute à cela le manque absolu d'eau douce , et l'on ncevra facilement qu'une perpétuelle stérilité doit être le partage de cette terre de désolation. Cependant elle a, nous ne dirons pas seshabitans, parce que la tribu que nous y avons vue ne saurait cons- tamment y demeurer et y vivre ; mais enfin elle est fré- quentée par l'espèce humaine , malgré la privation qu'elle y éprouve d'un des élémens les plus indispensa- bles à son existence. Les animaux de cette baie, qui vivent dans ses petites îles, ou sur le continent non loin du rivage , ont bien été forcés de s'accommoder à cette nécessité. Ainsi , les Kanguroos^ les Potoroos , les Péra- mèles , les Phalangers , les Chiens sauvages , beaucoup d'Oiseaux qui s'éloignent peu , boivent l'eau de la mer. Les naturels qui séjournent sur la presqu'île Pérou , où ils trouvent en Poissons une nourriture assez abondante ^ ( 477 ) sanl probM)lcment forcés d'en faire aiitanl j et chez eux riiabitiido a rendu uuls les eflfels délétères de cette bois» son , si tputefois elle est dangereuse par elle-même. ^ On trouve sur les îles de Dopre et Bernier, le Kaa-* gnroo à bandes , que MM. Piérou et Lesueur ont faie connaître. Il existe aussi dans celle plus grande dç Dirck-IIatichs. C'est seulement sur cette dernière qu^ nous avons trouvé une quantité d'assez gnTnd» trouf pratiqués sous des touffes de Mimosa^ dont les brapches s'étalaient sur la terre, et que nous supposons être ceux d'une très-grande espèce de Péramèle. Ces animaux, que nous ne fîmes qu'entrevoir, paice qu'ils rentraient a^ gite avec une extrême rapidité, nous parurent delà taille d'un moyen Kanguroo. La nuit, ils vont sur le bord du rivage fouiller dans les débris que la mer y entasse. Ils courent' fort vite , toujours à quatre pâtes et sans faire de bondâ. Nous ne pûmes nous en procurer. Une chose qui est à remarquer, c'est que sur le continent, nous np vîmes point de semblables terriers. Los environs recèlent beaucoup de Kangurops-rat» ou Poloroos , à en juger par une infinité de tètes entières que nous trouvâmes avec des débris d'Oiseaux , de Ser- péns,, de Lézards, de Crustacés, de Poissons mçme , au bas de l'aire d'un Aigle ou Autour à vfaptre Jblanp (bt à dos gris. Le nid de cet Oiseau, haut de cinq h six pieds, formé de branches d'arbres symétriquement ran- gées en rond , et présentant l'apparence d'une petite tour, était construit sur un rocher isolé do^t la /iner venait battre le pied. Il était plein jusqu'il sa partie su- pétMeure , et contenait un œuf de la grosseur et de Is forme de celui d'une poule , de couleur fauve avec des. plaques brunes. La femelle le couvait.*, et par la dispo- ( 4^8 ) sition de son aire, elle voyait tout ce qui se passait aii- toyr d'elle et s'envolait à noire approtjie. Cook fait mention d'un semblable nid qu'il vit dans une partie opposée de la Nouvelle-Hollande. Ces Oiseaux, par leur haturè, soht tenus de vivte solitaires : ils consomment tant de cliAir, que plusieurs familles réunies sur un même point, auraient bientôt dépeuplé d'animaux toulé tine cohlrée. Au bas des dunes élevées de la presqu'île Pérou , où M. de Freycinet avait établi son observatoire, l'un de nous tua le petit Pértimèle Bougainville, espèce nouvelle que nous représenterons dans notre Allas zoologique. Il mar- chait en sautillant à la inauière des Lièvres, sous des touffe s de Mimosa. N'étant que blessé, il poussa des cris aigus, comme le font les Rats en pareille circonstance. Nous en vîmes plusieurs qui tous étaient de même taille, ce qui ferait supposer qu'ils n'acquièrent pas beaucoup plus de développement. Dans ce lieu , tous les petits sentiers con^ duisant d'une loufïe d'arbres à une autre ont été faits par ces Mammifères , qui trouvent sous ces réduits un asile assuré contre les attaques des Aigles , des Autours et des Chiens sauvages qui fréquentent cette plage. Si les trous que n Banks est possesseur de la seule peau de cette espèce d'animal qui » ait ële jîorte'e en Angleterre. > INous proposons , pour cette espèce, le nom de Kanguroo Banks (Kangurus banksianus ) , eu l'honneur de l'illustre compagnon de Gook, sir Joseph Banks, Tun des protecteurs de la science les plus justement célèbres. Tome V. 3i ( 48^ ) n'en trouve d'anires avec des couleurs difTéfentes, maïs dont la fourrure sera do même nature. Déjà l'uu de nous , dans un voyage au-delà des Montagnes-Bleues , en ayait apporté une espèce grisâtre (jue nous nommâmes Kan- guroo laineux gris (^Kangurus grisco-^anosus) ^ dont le poil approchait beaucoup de notre Kanguroo laineux. Ce dernier est très-rare dans celte colonie , et il faut aller fort loin au-delà des Montagnes-Bleues poiir se le nrocuicr. Ijn ingénieur anglais, célèbre par ses nombreuses dé- couvertes gé-.)grjvphiques , M. John Oxley , dans ses lon- gues et j^nibles incursions dans l'intérieur de la JNonvelle- Galles du Sud, n'en a rencontré que sur les bords de la rivière Lachlan , où il a vu aussi une auti^e espèce remar- quable par la petitesse et la forme de sa tête , et dont jus- qu'alors il n'avait été fait aucune mention. Nous avons assisté à une chasse aux Kangui>oos dans les environs de Botany-Bay. On force ces animaux avec de grands lévriers que l'on fait venir d'Angleterre. Nous en avons fait une autre dans les Montagnes-Bleues, aux environs de la rivière Cox, et nous avons remarqué que lorsque les Kanguroos étaient vivement poursuivis par les Chiens, ils couraient toujours sur leurs quatre pieds, et n'exécutaient de grands sauts que quand ils rencontraient des obstacles à franchir. Ce n'est que dans un ét^atdetrfth- quillité qu'ils cheminent à l'aide seulement de leurs extré- mités postérieures, en se servant de leur queue tendue roide comme un balancier, pour prévenir la chute en ayant qui pourrait avoir lieu sans cela. Cette allure étonne ceux qui l'observent pour la première fois. Ainsi, sur un terrain uni , il ne serait pas facile à un Kanguroo de se soustraire aux Chiens en faisant des bonds , par la raison que sa queue , quoique forte et longue , ne pour- rait pas assez rapidement rétablir l'équilibre nécessaire ( m ) pour en recommencer d'antres. Ce n'est que dans' cIca Hîirconstances locales qu il liie tin grand avantrge de en moyen. Il ramène donc à eha(j»ie pas qu'il fait sa léle |jrès de leno -, il st*mble alors se blotlir. Celte chasse n'est pas sans danger pour les Chiens \ les Kanguroos leur opposent deux armes puissantes : la queue et le gros ongle de leurs pieds de derrière ; ils les étourdissent avec la première , et leur font avec la 4ieconde des blessures profondes et quelquefois mortelles. Nous avons été à portée d'observer , sur un jeune 'Kanguroo do la petite espèce, conservé assez long-temps à bord tie r Uranie ^ que ces animaux, quoique essen- liellenienl herbivores , comme le prouve l'organisation de leur système digestif, ont une singulière aptitude à manger de tout ce qu'ils rencontrent, du pain, de la viande , même du bœuf salé et du vieux cuir, du sucre , de la confiture , etc. , tout leur est bon : ils boivent aussi du vin «t de l'eau-de-vie. Nxius devons ajouter que la chair des Kanguroos est fort bonne à manger, et qu'elle a un goût analogue à tielle du cerf. Les Potoroos ou Kanguroos-#ats sont d'un naturel très-doux, et moins timides que les Kanguroos. L'espèce dont nous donnerons une bonne figure sous le nom de Potoroo y*f\\\le{Hjpsiprymnus White)^ est la même que White a décrite et figurée , provenant des environs de Sydney. Dans notre voyage aux Montagnes-Bleues , nous eûmes occasion de voir un de ces jolis petits animaux venir enlever familièrement , au milieu de la case en tftrre qui nous servait d'abri , des restes d*alimensi , et s'enfuir par un trou à la manière des Rats. Nous croyons que c'^st une varicié de l'espèce précédente. 3i* ( 484 ) Les Européens détniisem aussi avec beaucoup d'actif- vite les grandes espèces de Phalangers , dont les longs poils soyeux leur spnl de quelque utilité. Les petites espèces seules échappent, l^es Phalangers volans sont connus des indigènes sous le nom de Ouobing. On exter- mine les malfaisans Dasyures, animaux nocturnes, qui commettent les mêmes dégâts que chez nous les Fouines , avec lesquelles ils ont des rapports de mœurs. Ces Mammifères, en désertant les bords de la mer, trouvent dans les naturels d'autres ennemis qui se nour- rissent de leur chair ; car la nature, avare de ses dons envers ce peuple misérable, lui a refusé presque tous ces végétaux utiles , ces fruits délicieux , qu'elle répand ailleurs avec tant de profusion. Obligé de se nourrir sur- tout d'animaux, il est sans cesse errant dans ces vastes déserts ^ et il ne peut se fixer nulle part sur une terre qui exige une industrie agricole supérieure à la sienne , pour lui offrir des produits utiles à sa subsistance. Ainsi , l'on peut calculer le temps où ces animaux , si nombreux lors de l'arrivée des Anglais aux Terres Australes , n'existeront plus que comme des objets de curiosité, et finiront -enfin par disparaître lout-à-faii , pour faire place aux troupeaux, bien plus utiles sans doute, de Boeufs, de Chevaux, de Brebis, etc., devenus indispensables à l'homme civilisé , et qui l'accompagnent dans ses grandes migrations. C'est donc la destinée de ces terres conquises , de voir, nous ne dirons pas seule- ment des espèces de Mammifères étrangères y succéder aux espèces indigènes, mais la population elle-même s'éteindre et être remplacée par une population nouvelle et toujours envahissante. Le contraire de ce que nous venons de dire s'observe pour certaines espèces d'Oiseaux, dont le nombre aug- m ( 4»5 ) mente dans les lieux cultivés et fréquentés par rhomme. Ainsi , la tribu si variée des Perroquets est plus commune aux environs de Sydney, de Parramalla, de Windsor, que partout ailleurs. Dans les Montagnes-Bleues munie , c'est auprès des fermes isolées que nous avons trouvé le plus de jolies Perruches omnicolores. Il en est de même du Kakatoès blanc ou à crête, du familier Cassican (J5a- riUi tibicen), de quelques Pliilédons , du Corbi-Calao surtout , aussi commun dans la plaine qu'il est rare dans les montagnes ; des éléga»s Traquets, dont les buissons fourmillent, etc. Déjà nous avons fait cette remarque à regard du Brésil. Elle est évidente pour tous les pays où la culture est en vigueur, et c'est à ses plantes cé- réales que rile-de-France doit cette grande quantité de j)eiites Perruches à tête grise. Parmi ces nombreuses variétés dlOiseaux que nous ne pouvons toutes énumérer et encore moins faire connaitre par leurs habitudes, nous citerons l'énorme Martin- Chasseur Choucas ou géant, vivant au milieu des forêts. Sr voix a un éclat extraordinaire*, et quand plusieurs se réunissent, ils èe plaisent à faire un bruit terrible res- semblant à des éclats de rire immodérés. Dansée bruyant concert , chaque acteur semble avoir sa partie. Nous reviendrons encore aux Cassicans , qu'on peut considérer comme les Corbeaux de cette contrée : ils sont plus gros que ceux des îles des Papous, et leur chaut paraît avoir moins d'élégance ; mais en revanche leur plumage est plus varié , quoiqu'il n'y entre que deux seules couleur? , le blanc et le noir. Cependant, uous en possédions une espèce nouvelle tout-à-fait grise, et beaucoup plus grosse qu'une Corneille. Nous la nom- mâmes Cassican gris ( Bartta i^riseus ). Nous ferons mention du Philédon Corbi-Calao et delà ( 4B6 ) Perruche à lôlo bleue , connue ki sous \v nom de Perru- che des Montagnes-Bleues , parce qu'elle liabite de pré- fév^etice cette contrée. Ces deux espèces d'Oiseaux sont absolument les mêmes que celles qne noi>s avoiîs Irou- \éi\s à Timor, à une, distance do 24" eu laiihide , ou de livtit cent soixante-quinze lieues. Noi^is vîmes la derrière sur les bords de la Ncpean , se. nourrissant de fltuirs non épanouies d'Eucalyptus ; et le Phîlédon ('orbi-Calao au cou nu , dans les grands bois des environs de Parra- matla , on il conserve son goût pour les br.ies et son cliant aussi bruyant que sous la zone lorride. Il est' bon de pré- venir r\ue lorsqu'on ne fait que le blesser, il enfonce avec farce ses griffes dans les cliairs et fait des blessures très- douloureuses. Les cris qu'il pousse tlans ces instans aili- rent ses semblables , espèce d'instinct commun à beau- coup d'autres Oiseaux. Nous vîmes aussi sur les bords de la Nepean , à Regent-\ille , la Colombi-Galline Ja- miesouy espèce nouvelle que nous avons dédiée à M. le docteur sir John Jamieson. Enfin , laissant cette partie basse du comté de ('umber- land , et franchissant ces faaieuses Montagnes-Bleues , si long^lemps inaccessibles, nous irons au-delà , jusqu'à la plaine de Batburst , en continuant à donner une légère idée de la constitution du sol , alin d'indiquer les affi- nités naturelles que doivent avoir avec lui les animaux qu'on yrenconlre. Tonte la première zone de montagnes peu élevées qui borne l'horizon dans le Nord-Ouest, est composée de grès rougeâtre, en couches horizontales, présentant sur quelques parties des escarpemens à pic. C'est le propre de cette roche d offrir cette disposition, qu'on retrouve dans plusieurs montagnes d'Afrique, notamment sur celle de la Table , au Cap de Bonne-Espérance ^ dispo- < 487 ) sitïon qtû rendit si long-temps Tnipraticcibles les Monta- gnes-Bleues , jusq-v'à ce qu'ayant reconnu lès arêtes qui réunissent louFa« poînr(s les pïus élevés, on puise frayer nn passage jusqu^iux pitons de granile , dont la configu- ration , tout-à-faîl diiîérenle , ne présente plus les mêmes difficultés. Il n'existe plus de iransition entre ces deux formations. On descend 'h's montagnes quartzeuses par une rampe irès-roide , où l'on n'a pu éviter de tracer la route , et Ton entre aussitôt sur le sol granitique. La première partie est aride, desséchée, sillonnée par des vallées profondes qui ressemblent à de vrais bassins à parois perpendiculaires et sans eau. Cette sécheresse fut aussi un des obstacles qui s'oUrireut à ceux qui ten- tèrent de pénétrer plus avant. A-t-on dépassé le grès, Taspect change lout-à-rcoup ; on ne rencontra plus qu'un système de montagnes ar- rondies en pitons, ou bien présentant des ados qui re- tiennent une abondante terre végétale, sur laquelle d'épaisses grann'nées forment des prairies continues. Des rivières, des ruisseaux, coulant paisiblement on tom- bant en cascades , suivent les sinuosités des vallons , dé- bordent dans les fieux bas él inondent les prairies. C'est où leurs ondes sont tranquilles que le paradoxal Orni- thorynque et les Cygnes noirs (IPfouîgo) font leur ha- bitation. Les C.'asoars nommés Maran par les indigènes , recherchent le» plaines humides, et l'une d'elles a pris le nom (TEmu, qu'on donne ace volumineux oiseau, qui est à la Nouvelle-Hollande ce que sont les Autruches à la sablonneuse Afrique, ou bien nuxpanipas verdoyantes de l'Amérique australe. Sur les hauteurs , on trouve leCrave noir à ailes blan- ches, oiseau slupîdo, armé de serres aiguës •, des Coucous ; le Kakatoès banksieu , si diÛérent du blanc par son vol ( 488 ) lent, mesuré , et par son cri aigre ; plusieurs espèces de Perruches, parmi lesquelles nous signalerons celle à bandeau rouge , qui conserve long-temps après sa mort l'odeur aromatique des fruits d'Eucalyptus dont elle se nourrit-, enfin, une foule d'autres Oiseaux inconnus, dont les dépouilles , pénibles à préparer dans un voyage fait avec rapidité , n'ont pu (Vre rapportées en France par relTet de notre naufrage. La plupart de ces espèces , évidemment nouvelles, appartenaient aux genres Faucon, Pie-Grièche , Cassican , Gobe-Mouche , Philédon , Fi- guier , Coucou , etc. Mais le premier Oiseau de la contrée, sans contredit , est. le beau Ménure , nommé aussi Oiseau-Ljre , qui déploie en lyre élégante les plumes de sa queue. U se plait sur les monts rocailleux , et le poste de Spring- Wood est l'endroit où il y en a le plus- Après avoir franchi les points les plus escarpés des montagnes , on les voit diminuer insensiblement de hau- teur jusqu'à la vaste plaine ondulée de Bathurst , que traverse la rivière Macquarie. Jusque-là , on voyage dans une forêt continue d'Eucalyptus j et lorsqu'on en est sorti , la vue s'étend au loin sur une immense prairie couverte de hautes et épaisses graminées. C'est là que se réfugient des Cailles dont le plumage est différent de celui des nôtres. Des Hirondelles noires et blanches volent en troupes autour de la ville naissante -, et leurs nids en terre , sus- pendus aux maisons , ont pour ouverture un tube cy- lindrique prolongé de quelques pouces (i). -- Parmi les Mammifères , nous n'avons distingué que le - ■ r-f (i) Parmi quelques Oiseaux que nous acquîmes au Port-Jackson , se trouva une sorte de Grimpereau , dont la mandibule supérieure s«ulement offrait la singulière anomalie d'être recourbée en haut, ( 489 ) Kauguroo laineux gris, dont le poil est semblable à ce- lui d*unc fourrure que nous avons déposée aux galerie» du Muséum. Le gouverneur avait dans son beau jardia de Sydney plusieurs de ces animaux, qui atteignent une grande taille. Dans les régions montagneuses, ils préfèrent les hau- teurs aux vallées humides. Il en est de même des Pha- laugers. Lors de notre séjour à la Nouvelle-Galles du Sud (novembre et décembre 1819), on avait tout ré- cemment découvert à Baihurst une grosse espèce de Péraraèle à pelage roux , brun en dessus et comme fauve rn dessous , dont nous dûmes un individu à l'obligeance de M. le capitaiije Lawson. Cette espèce nouvelle, que nous avions nommée Péramèlc Lawson (Perameles Lawson) y du nom du gouverneur deBathurst, fut per- due au naufrage de VUranie. Toute cette partie du comtjé de Cumberland qui repose sur des couches de grès, même une portion des Montagnes- Bleues , nous ont paru avoir plusieurs rapports d'organisa- tion générale avec la péninsule que forme le cap de Bonne- C'vîllo courbure ne commençait qu'à la partie moyenne, et allait vers. Ja pointe. La mandibule inférieure était droite. Était-ce accidentel ? LVmpailleur qui nous le vendit assura que non. Cet oiseau n'a été ni décrit ni figuré , non plus qu'un superbe Cére'opis , vivant dans le jardin du gouverneur. Le fond de son plumage était gris de lin mar- que de larges yeux brunâtres, ce qui pourrait foire supposer que c'é- tait nn mâle; il était seul et paissait l'herbe comme le font les Oies, du:tt il avait la taille. Uu autre bel oiseau fort rare est le Loriot Prince-Régent ( Ono/u* re^ens), dont nous apportions un individu et que nous figurerons, ainsi que ta Colombe Macquarie ( CoLumba Macquarie) , espèce nouvelle que nous avons consacrée au lespectable gouverneur de la Nouelle- GaHcs du Sud , dans l'Atlas zoologique de notre voyage. Ce Loriot Ivibite les bords de la rivière Patterson , cl fréquente les broussailles épaisses. Le nôtre avait été tué 4 environ trente milles de la ville de jSewcaslle. ( 490 ) Espérance. Comme en Afrique, lesol altcrnalivenjent y. est ou montueu-x , ou présente des plaines sablonneuses , arides, recouvertes d'arbres plus ou moins rabougris, d'un asvHîct raonolojiie et triste. Les arbrisseaux et les plantes herbacées ont leurs feuilles dures, épineuses-, mais la plupart ont un caractère parliculier, c'est que leurs fleurs sont remplies d'une liqueur sucrée abon- dante , seule nourriture que la nature ait pour ainsi dire accordée à quelques espèces dX)iseaux , et pour biquelle- il« ont reçu , par une admirable prévoyance , une langue réfractile, en pinceau , remplissant l'oflficc d'un sypliou vivant. C'est ainsi que nous avons vu au cap de Bonne- Espérance, les Souïmangas et les PromérOps, toujours suspendus aux Virgilia et aux Protéa , employer presque tout leur temps à pomper un aliment aussitôt digéré que pris. Au Port-Jackson, une famille tout entière participe de la même organisation. Si les Philédons ont aussi la langue plumeuse et sont obligés de picorer comme les Abeilles, la nature ici plus soigneuse a mis à leur portée, avec une sorte de profusion , un bien plus grand nombre de végé- taux mellifères. En efït^t, on ne peut faire un pas sans renconlrer d'énormes Banksia , dont les cônes élégans fournissent un suc abondant-, des forêts entières de gi- gantesques Eucalyptus \ des Xantboréa , plante on arbre singulier, tout-à-fait propre à la Nouvelle-Hollande , comme ses Kanguroos , ses Ecliidnés et ses Ornitho- rinques^ dec Mélaleuca , des Stypbélia, et une foule d'autres arbres donnant plus ou moins de liqueur miel- leuse aux Oiseaux qui parcourent leurs branches. Le plus grand des Philédons est celui à pendeloques. Vient après une espèce grisâtre, dont nous avons nourri pendant quelques jours des individus, en leur présen- ( 49' ) tant de Teàu sucrëé dans laquelle îls plongeaient lout d'abord leur langue effilée. Nous avons dit vrais Phîlëdons , jwrce que le Corbi- Calao , le Philédon à front blanc et le Pliilédon olive qui est très-rare , sont des Oiseaux qnir , quoique places dans ce gewre^ difï(h:ent infiniment des premiers, non-* seulement par la forme de kin:^.krtgue sîmpîcmetil échnncrée h la pointe sans être r(5traclile , ce qui fait qu'ils ne se notirrissent point de sucs , mais encore par leurs mœurs beaucoup ptus vagabondes , si Ton peut se servir de cette expression , que celles des Philédons proprement dits ; car ces derniers , comme tous les Oi- seaux qui sont ainsi organisés , demeurent par nécessité fixés à ccrlaines espèces de végétaux , dont ils ne peu- vent vs'éloigner sans courir le risque de périr. Il serait curieux de rechercher si , ayant constamment, la têle plongée dans les corolles des fleurs, le sens de la vue chez eux est moins parfait. Tout cfe' que nous savons , c'est qu'en général îls Se laissent approcher de fort près. TABLE PLANCHES RELATIVES AUX MEMOIRES CONTENUS DANS CE VOLUME. PI. I. Chlamyphoi\us truncatus Harlan ; de grandeur natu- relié avec détails. PI. n. Flore des lies Malouincs* Fig. i. Orbobolus ôrrus- 4NGULUS, Gaud. ; fig. a. Callixbne marginata , Commers. ; fig. 3. Nanodea mtjsco^a, Gaertn.; fig. 4. Veronica decos- tATA, Willd.; fig. 5. Mtrtcs nummularia, Lamk. ( 49* } . PI. III. Flore des îles Malouincs. Fig. i. Azorella lyco-» TODioÏDES ,• Gaud. ; fig. a. Bolax glebaria , Cominers. ; fig. 3. Nassacvia Gaudichaudii , Cass. ; fig. 4» Oligosporus emarginatds, Gaud. PI. IV. Anatomie des Cigales. Fig. 1,2,3,6,7,8. Cicada oRNi; fig. /\. CzRCOPis spumaria; fig. 5. Ledra aurita. PI. V. Pterocèrbs fossiles. Fig. 1. Pterocera ponti, Brong, ; fig. 2. Pterocera. tetracera, Orb. ; fig. 3. Jeune in- dividu ? PI. VI. Becs de Céphalopodes et Nautile fossiles. Fig. 1 .. Rhyncolite géante; fig. 2. Rhtncolite mouette; fig. 3. Nautile géant. PI. VII. Psyché et Clios. Fig. 1. Psyché globulosa, Rang.; fig. 2. Clio miquelonensis , Rang. ; fig. 3. Clio capensis,. Rang. PI. VIII. Classification des Graminées. PI. IX. Id, y PI. X. Id. PI. 'XI. Séneçon difficile.. PI. XII. Drynaria LiNNiEi , Boiy. PI. XIJ. Jd. Willdenowu, Bory. PI. XÎV. Id. Gaudichaudii, Boiy. TABLE METHODIQUE DES MATIÈRES CONTENUES DANS CE VOLUME. ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE ANIMALE. page». Analyse des travaux Physiologiques de l'Académie royale des Sciences pendant l'année 1S24 ', par M. G. Cvfier, Secrétaire perpétuel. *^^ Note sur des canaux découverts dans les Nerfs ; par M, Bogros. 3^5 ( 933 ) Note sur les contractions musculaires produites par le contact d'un corps solide , avec les Nerfs , sans arc galvanique ; par M. TV* F. Edwards, 5i Extrait d'une Icllrc sur la génération , adressée par M. Fray , aux Rédacteurs. 70 Observations sur les rapports de la Mère et du Père avec les produits , relativement au sexe et à la rcs-^ semblance ; par M, Gi'rou de Buzaringues. 11 Considérations sur l'influence des circonstances exté- rieures dans les conceptions et les naissances mas- culines et féminines ; par M. Bailly. 47 Note sur la génération des Moulettes j par M. Prét^ost. 323 Notice sur les cocons ou les œufs du Lumbricus terréitris ( extrait d*u!ie lettre aux Rédacteurs ) ; par M. Léon Dufour. *7 Redierches anatomiques sur les Carabiqucs et sur plu- sieurs autres insectes Coléoptères ; par M. Léon Dufour. 265 Recberclies anatomiques sur les Cigales; par M. Léon Dufour, *55 ZOOLOGIE. Description du Chlamypborus , nouveau genre de Mam- mifères de l'ordre des Édentés ; par M. Richard Harlan, 5 Notice sur l'utilité de l'importation et de Télève en France des Bètes à laine de race perfectionnée ; par M, Ter n aux l'ainé. 3 1 1 Notice sur les Mammifères et les Oiseaux de la baie de§ Chiens-Marins et de la Nouvelle-Galles du Sud; sur leurs moeurs et leur distribution géographique; ^ar MM. Quoy et Gaimard. 47 6 Remarques sur les Oiseaux Pélagiens , et sur quelques autres Palmipèdes , spécialement considérés sous le rapport de leurs mœurs et de leur distribution géo- ' ( 494 ) paget. graphique sur les gian^cs mers du Globe ; pur MM. Quoy et Gaimard. m 3 Quelques observations sur les genres Hip|iuritc «t Ra- diolite ; par M. G.-P. Deskayes. 20$ Description d'un genre nouveau de la classe des Ptéf^- podes , et de deujc espèces nouvelles du genre Clio j par M. Bang, a83 Nouvelles recherches sur rHistoire Naturelle 4es Pu- cerons ; par M. Dituau. 22^ Rapport verbal fait à l'Académie royale des Sciences , sur la partie Zoologiquc du Voyage autour du Mond«) de M. le ca()ityine de vaisseau Louis de Frejcin^tj par M. Geoffroy St.-Hilaire. 34^ BOTANIQUE. Observations sur quelques plantes de la France \ par M. Léon Dufour. 8i Rapport sur la Flore des îles Malouines de M. Ga^idi- chaud ; par M. MirbeL 89 Rapport sur le Mémoire de M. Lamouroux , intitulé : De la Géographie Botanique-Marine ; par M, MirbeL 194 Adriana ^nouveau genre de plantes dans la famille des Euphorbiacées ; par M, Gaudichaud. 221 Classification généiale des Graminées, fondée sur l'é- tude physiologique des caractères de cette famille ; par M. Raspail. 287 et 433 Quelques idées sur les Graminées ; par M J.-J.~C. de la Harpe» 335 Mémoire sur TAlternance ou sur ce problème : la suc- cession alternative dans la reproduction des espèces , vivant en société , est- elle une loi générale de la na- ture ; par M. Bureau de La Malle. 353 Observations sur quelques plantes rares ou nouvelles de la Flore Française ; par M. Requien. 38 1 ( 4!)5 ) Descrip^tiort d'une noiiveMc espèce de Seneçoa ; par M. f.t'on Dufour, 428 Sur un seus-gcnre k former parmi les Poljpodes , «ou« le nom de Drynaire, Orjnaria; par M» le colonel Bory de Sainl-Vincent. 4^6 MIIÏÉRALOGIE ET GÉOtOCIE. Des changemens dans le système de Minéralogie Chi- mique, qui doivent nécessairement résulter de la pro- priété que possèdent les corps isomorphes, de se rem- placer mutuellement en proportions indéfinies ; par M, Bcrzélins. 235 Extrait d'une Note surfine nouvelle Chaux phosphatée terreuse ; par M. Bonnard. 819 Elxnmcn d'une nouvelle variété de Wolfram ou Schéelin ferrugîné ; y^'îr M. Vauquelm, ne Note s«îr l'analyse d'un échantillon de Phosphate de Manganèse et de fer ; par M. Vauquelin, lia Note sur le Platine de Sibérie , communiquée j^ l'Aca- démie des Sciences; par M. le baron de Humboldt. m\ Examen du Platine trouvé en Sibérie ; par M. Laugier. 333 Sur la présence du Sélénium dans divers Minéraux. 3^4 Note sur un Sable oxidulé Titanifère des bords de La Loire ; par M. C. P. Ollivier ^ d! Angers, 329 Note sur des cavernes de Calcaire grossier à ossemens , découvertes dans les environs de Lunel-Vieil , près de Montpellier ( département de l'Hérault ) ; par M, Marcel de Serres. 33o Notice sur les becs de Céphalopodes fossiles; par M. Des- salines D'Orbigny fils. an Notice sur deux espèces du genre Ptérocère , observées dans le Calcaire Jurassique du département de la Cha- rente-Inférieure ; joar 3/. Dessalines D'Orbigny fils. 188 Catalogue raisonné des variétés d'Amphibole et de fa ( 4î)tî ) pages. Pjroxènc , provenant du Wolsbcrg, près Czerlochin, Bohème ', par M. Fréd. Soret. 387 Mémoire sur le climat du monde antédiluvien , sur son indépendance de l'influence solaire , et sur la forma- tion du Granhcj par M. Alexandre Crichton, - 391 Observations sur diverses espèces Minérales , extrait d'une lettre de M. Berzélius , à M. Alexandre Bron- gniart. 43o Examen chimique du Péridot j par M. Laurent Pierre JValmstedt. 46 1 Extrait d'une Lettre adressée aux Rédacteurs , sur quelques Fossiles du terrain intermédiaire des en- virons de Falaise ; ^ar il/, ^ajoc/ie. ' 47^ * VARIÉTÉS. Notice sur la vie et les travaux de Jean* Vincent-Félix hiunouvons. ; par M, J.-J.'N. Huot. ii3 Coup-d'œil sur.les îles Océajiiennes et le grand Océan ; par M. P. Lésion. \' 172 Nule sur lés cblleétions et les observations recueillies par M. J. D'Urville , durant la campagne de la ' Coquille autour du monde, en 1822 , 1823, 1824 et 1825. , C2 Erratum de la Table du tome IV» A L'anatomie et a la physiologie Animale , ajoutez : Recherches Anatomiques sur IfS Carabiqiics et sur plusieurs autres insectes Co- léoptères ; par M. Léon Du four (suite). Page io!> l^n-^l :-.-î.-a2i:i "^?^l «ai